lundi 25 septembre 2017

THE SWEET HOUSE OF HORRORS (1989)



Deux enfants, Marco et Sarah, sont confiés et à leur oncle Carlo et à leur tante Marcia après que leurs parents aient été brutalement tués par un cambrioleur. Mais les deux défunts refusent d’abandonner leur progéniture et reviennent sous la forme de spectres, entraînant l’inquiétude de Carlo et Marcia, fort soucieux devant le comportement singulier des bambins et les manifestations surnaturelles qui sévissent autour d’eux. 

Message de l'Association contre la Maltraitance des Têtes-à claques :
"L'A.M.T se réserve le droit de coller un procès à tout individu qui laissera un commentaire pouvant laisser penser 
que les deux enfants aperçus dans cette oeuvre cinématographique méritent de bonnes baffes."

Seconde baraque maudite pour le père Fulci après la maison des horloges réalisée à la même période pour les Case Maledette, la mini série commandée par la chaîne télé Reteitalia. La Casa Nel Tempo, malgré certains défauts facilement identifiables, constituait une toute petite série B qui se laissait plutôt bien regarder. En est-il de même pour cette Dolce Casa Degli Orrori emballée la même année ? Rien n'est moins sûr. Pourtant le premier quart d'heure promettait un spectacle bien dégueulasse comme seul le metteur en scène de Zombi 2 savait nous en offrir.
Surprenant un voleur cagoulé pas très discret dans leur demeure, Mary et Roberto Valdi se font littéralement mettre en pièce par le malfrat. L'homme est tabassé, se fait exploser la boite crânienne contre un mur et termine le visage lacéré par une espèce de tisonnier. La femme quant à elle reçoit des coups de pilon en pleine poire qui lui font jaillir les globes oculaires des orbites, scène absolument immonde où aucun détail ne nous est épargné.
Sang, chair arrachée, barbaque... la boucherie est totale et le spectateur trépigne de joie en se disant que le maestro Lucio est enfin de retour !
Manque de bol, l'extase ne durera pas plus longtemps, Fulci délaissant le semblant de giallo craspec entamé avec le carnage du début pour se concentrer exclusivement sur les deux enfants du couple assassiné, les très têtes à claque Marco et Sarah interprétés par le blondinet Giuliano Gensini, déjà aperçu en marmot bouffeur de rats dans La Reine des Hommes-Poissons, et la future madame Francesco Totti, Ilary Blasi.

"- Alors comme ça on punit ses enfants pour avoir foutu le feu à la bagnole des voisins ?
L'A.M.T ne peut tolérer ce genre de violences ! Ça va vous rentrer dans le crâne oui ou non ?
- Aïlleuh... m'enfin...."

"- Et toi tu refuses de les laisser regarder Dorcel TV ? Non mais dans quel monde vit-on ?
Tiens, pour la peine tu regarderas plus tes feuilletons à la con que d'un œil !
- Ah la vache, rigole pas à l'A.M.T. Aie ça pique !"

Fulci, les moutards il connait bien et en a dirigé plus d'un tout au long de sa carrière. Il prend généralement un malin plaisir à leur attribuer certaines capacités hors du commun : ils peuvent entrer en contact avec l'au-delà, voir des spectres, ressentir le danger à venir, etc... Des bambins paumés la plupart du temps, incompris des adultes et seuls conscients de la gravité des choses qui surviennent autour d'eux (remember le petit Bob de La Maison près du Cimetière). Marco et Sarah ne dérogent pas à la règle. Recueillis par leur oncle et leur tante qui viennent vivre avec eux dans la demeure qu'ils occupaient avec leurs parents, les enfants entrent très vite en contact avec l'âme de leurs défunts géniteurs. Errant d'abord dans la villa sous la forme de flammèches ricanantes, les parents adoptent ensuite une forme plus humaine histoire de confirmer à leurs gosses qu'ils sont bien revenus pour veiller sur eux et leur doux foyer.

"- Les enfants ! Ça sent le cramé ! C'est vient de votre chambre ?
- Ouais on joue avec des allumettes ! Là on voit qui va tenir le plus longtemps avec la main en feu.
Pourquoi, ça te dérange la vioque ? Fais pas chier ou j'appelle qui tu sais !
- Non, non, pas de souci mes chéris, amusez-vous bien. Et si vous avez besoin d'un peu d'essence dites-le moi."

La violence exacerbée des premiers instants est alors oubliée au profit d'une ambiance sucrée façon Disney, pleine de bonnes intentions et sirupeuse à souhait. Fulci n'ayant nullement l'intention de mettre en boite un énième giallo, l'identité du cambrioleur sadique nous est révélée dés la seconde séquence du film, au moment de l'enterrement du couple. Si certains s'attendaient à ce que le meurtrier soit démasqué lors des dernières minutes comme dans tout bon thriller qui se respecte, eh ben c'est raté ! Le coupable est Guido, l'homme à tout faire de la maison auquel prête ses traits une trogne bien connue des amateurs de bis transalpin, Lino Salemme, un bon pote de Lamberto Bava puisque déjà aperçu dans les deux Démons, Delirium ou Une nuit au Cimetière. Bien entendu ses victimes lui régleront rapidos son compte histoire que le scénario pondu par Fulci ne se fixe plus qu'exclusivement sur les petits orphelins. La mort du tueur sera l'ultime séquence un tant soit peu violente de l'oeuvre, la seconde moitié de cette douce maison des horreurs se déroulant dés lors comme n'importe quel téléfilm diffusé en première partie de soirée sur Gulli. Jouets se déplaçant tous seuls, escaliers taquins qui font chuter un vilain promoteur... témoins de ces étranges phénomènes, les mômes s'amusent comme des petits fous. On se demande d'ailleurs s'ils ont vraiment la lumière à tous les étages ces deux mouflets, suffit de voir leurs réactions lors de la mise en terre de leurs géniteurs. Pleurant à chaude larme tout en faisant des bulles de chewing-gum, ils se moquent de certains adultes et explosent de rire en pleine cérémonie funéraire. On veut bien qu'ils soient fortement marqués par le drame survenu mais la suite n'est pas plus rassurante pour autant : vêtus de masques d'animaux en carton pâte les gnomes entament chez eux un rituel étrange sous les yeux médusés de leurs tuteurs. Et que dire de cette dernière scène où les petits salopiauds se marrent comme des bossus alors que devant eux un homme hurle de douleur quand sa main se liquéfie sous la chaleur d'une pierre aux vertus surnaturelles. Ravagés je vous dis !

"- Non mais c'est bon, arrête de chialer ! Je sais que L'A.M.T y a été un peu fort après que les parents nous aient engueulé 
pour le coup du chat crevé dans leur lit, mais ce qui est fait est fait !
- C'est pas ça ! C'est le curé là ! Y m'fait peur avec sa tronche de vieux pervers. 
Je suis sûr qu'il va essayer de nous tripoter après la cérémonie !
Va t-en vieux vicelard !Tiens je te crache à la gueule moi ! Ptiuuu !!!"

"Mais... mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Enfin jeune homme, pourquoi me crachez-vous dessus ?
Un peu de respect quand même, ce sont les obsèques de vos parents.
Aie ! Mais c'est qu'il m'a balancé du chewing-gum dans les yeux le petit saligaud !"

"- Ha, ha, ha ! Excellent ma couille, tu l'as pas raté !
- Attends je vais lui asséner le coup de grâce. 
M'en vais te lui coller tout le chewing-gum sur la caboche grâce à mon méga-glaviot supersonique. 
Rrrrrrrrrraaaaaat-peuh !"

" Bon dieu de bon dieu, trop c'est trop. A cause de ces petits merdeux mon galure est foutu !
Sales dégueulasses ! Rien à battre, je me tire ! Terminez sans moi !"

Cinzia Monreale (Blue Holocaust, L'au-Delà) et Jean-Christophe Bretigniere (le Lucifer des Rats de Manhattan) semblent se demander dans quel merdier ils ont bien pu se fourrer en acceptant de prendre en charge leur neveu et nièce.Témoins involontaires du retour des deux membres assassinés de leur famille, ils ne font que subir les événements étranges qui se déroulent dans leur nouvelle demeure. Histoire d'en finir au plus vite avec tout ce cinéma ils tenteront de soustraire malgré eux Marco et Sarah à l'influence de la bâtisse. Peine perdue puisque papa et maman fantômes sont bien décidés à garder auprès d'eux leur marmaille en empêchant si besoin est toute tentative de quitter la propriété, et ce de quelque façon que ce soit (brouillard à couper au couteau, mur invisible, bagnole en carafe...). Pas découragés pour autant Marcia et Carlo font appel à un exorciste allemand incarné par le vétéran Vernon Dobtcheff. Dés lors le film atteint des sommets de ridicule. Voyant qu'il lui est impossible de virer les spectres de la demeure, le cureton fait venir un tractopelle pour raser la casbah. On ne va pas quand même pas se faire chier pendant des plombes à essayer d'exorciser la maison, autant la foutre en l'air ça ira plus vite. Mais là aussi c'est peine perdue. Possédé par les parents fantômes, le bulldozer pète un câble, sautille de partout en accéléré sur une musique style Benny Hill et refuse d'obéir à celui qui le manœuvre. Les mioches se fendent la poire, tonton et tata ne savent plus quoi faire et nous, nous sommes atterrés par un spectacle aussi trompeur. Eh bien oui, on commence avec quelque chose d'ultra violent et on termine avec un machin cul-cul la praline destiné aux moins de 12 ans. Difficile de trouver donc des excuses à Fulci qui semble visiblement ne pas savoir quoi foutre de son long-métrage. Est-ce un film d'horreur ? Non, puisque les trois derniers quarts ne peuvent être appréciés que par nos chères tètes blondes. Une comédie fantastique pour gamins alors ? Non plus, les dix premières minutes à elles seules pouvant être déconseillées aux moins de 16 ans. Damned, qui pourrait donc apprécier ce truc à sa juste valeur ?

"Qu'est-ce tu fous Carlos ? Fais gaffe avec ton engin ! T'es encore torché ou quoi ?"

"- Ma quésse que cé qué cé bordel ? Hic.... les commandé elles font n'impourte quoi....
- Elles sont à ta gauche les commandes, grosse piche !"

Avec un budget rachitique, Lucio Fulci s'essaie ici au mélange des genres mais se gaufre dans les grandes largeurs, l'écart entre la première séquence et la suite du métrage étant beaucoup trop prononcée. Comme pour la Casa nel Tempo, Vince Tempera et Giuseppe Ferranti font des merveilles dans leurs attributions respectives, à savoir la musique et les effets spéciaux. Tout cela est mélodieux et bien dégueulasse mais ne nous empêche nullement de nous demander ce que l’on est réellement en train de mater pendant les 90 minutes réglementaires.
Ajoutez-y une bonne rasade de mièvrerie bien sirupeuse sur fond d’hymne au pouvoir de l’amour et vous constaterez qu’avec cette Douce Maison des Horreurs, Fulci s’est décidé en cours de route à troquer ses habits de maestro du gore contre les vieilles charentaises d’un banal papy gâteau. 

"- Regarde frangin, un autre vieux pédophile tout rabougri !
- Bouge pas je vais lui cracher à la gueule. Rrrrrrrrrrr...."

"- Vade retro, engeance de Satan ! Gardez vos mollards putrides pour votre géniteur infernal !
- Heu... mon père, quand on a dit que c'était de véritables petites diables ce n'était quand même pas à ce point-là."

Mais malgré tout, et pour éviter de faire comme les critiques habituelles qui ont tendance à dézinguer le pauvre Lucio dés qu'il s'agit d'aborder la fin de sa filmographie, ce film réalisé sept ans avant le décès du réalisateur  mérite d'être vu par tout fan du bonhomme. Déjà parce que le scénario est signé Fulci himself et, mis à part ce coté inquiétant des deux gosses que cherche à imposer le metteur en scène et qui est plutôt bien foutu, on en vient à se demander comment le film a pu vriller de la sorte dans sa deuxième moitié. Ensuite parce que malgré tous les défauts cités plus haut, le métrage n'est à aucun moment ennuyeux. Souvent affligeant tellement il est niais quand il se centralise sur les deux marmots, ça c'est certain. A se pisser dessus de rire dans son dernier quart, y'a pas de doute. Mais ennuyeux, ça ô grand jamais ! Nous sommes quand même à mille lieues de somnifères transalpins comme  l'indéfendable Killing Birds de Claudio Lattanzi (L’Attaque des Morts-Vivants en français) et si Fulci a facilement fait mieux tout au long de sa carrière, tout visionnage du machin est recommandé afin de se faire soi-même sa propre opinion. Après tout, une œuvre aussi versatile dans sa construction ça ne se voit quand même pas tous les jours.

"- Prête frangine ? Le premier qui arrive en bas des escaliers sans faire tomber la bougie et foutre le feu à la moquette à gagné !
- Ouais mais j'y vois rien avec ce masque.
- Normal, sinon ce serait trop fastoche."

"- Mon chéri, il faut se rendre à l'évidence, je crois qu'il va falloir les interner. 
Ils sont complètement à la masse.
- Je sais pas trop. Depuis qu'ils portent ces masques j'ai nettement moins envie de les baffer."

Inédit en France aussi bien en VHS qu'en DVD, Sweet House of Horrors est disponible soit chez nos voisins d'outre-manche via la galette éditée par Cornerstone en 2009 (Piste anglaise sans sous-titres) soit chez Shriek Show aux USA (Pistes anglaise sans sous-titres non plus).



10 commentaires:

  1. https://www.multiup.eu/fr/download/24d63e2ec8ae461a8b67104aad2f7b7c/Sweet_House_of_Horrors__The_aka_La_dolce_casa_degli_orrori.srt

    Bonjour, pour l'instant, je ne vois que ce SRT, c'est un SRT youtube donc étrange.
    Il faut retravaiiler tout le timing et traduire dans la foulée !
    J'ai déjà utilisé ce procédé plusieurs fois, faute de mieux !

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  2. Hello Jack, Ta Rentrée à l'Ecole S'Est Bien Passée ? Tu N'Est Pas Sans Savoir Qu'Il Existe la Version UK de Ce Film Sur Youtube, Pour les Fans, Je Laisse le Lien, Merci Sans Toi, Encore une Fois, Je Serai Passé à Côté d'un Génial Kindertrauma...

    https://www.youtube.com/watch?v=uGyxbLd10vI

    Traumatises Pas Trop Tes Camarades de Classe Cette Année...

    Ticomix

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  3. Voici un lien qui vaut ce qu'il vaut... C'est récupéré de la version YOUTUBE (version anglaise) que je suis en train de récupérer...
    http://www.multiup.org/download/81e94c7a2e7a0fc69d11ad32d7f99379/Sweet_House_of_Horrors_The_aka_La_dolce_casa_degli_orrori__English_.srt

    C'est en anglais,mais, une fois que l'on aura nettoyé les inscriptions bidons de ci de là, je crois que ce n'est pas trop mauvais comme traduction. Moi, je ne m'y attaquerai pas, c'est de l'anglais, comme je disais et je ne comprends pas cette langue. Par contre, cela pourra peut-être servir de base pour que quelqu'un puisse créer un srt fr.
    Merci pour cette idée qui me fait saliver, j'adore Walt Disney... Heu Lucio Fulci.

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    1. Thanx JorGrinch. Effectivement si quelqu'un a un moment la trad ne devrait pas être trop difficile quand on voit le niveau des dialogues :)

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  4. Je Suis d'Origine Ecossaise, Donc Parfaitement Bilingue, Si Ca T'Intéresse, J'Aimerai Bien Vous Aider Sachant Que Je Vais Visionner le Film Dans 1 ou 2 Jours, Ce Sera Ma Première Collaboration, Je Suis un Ancien Mad Movisien...Indique Moi la Démarche à Suivre & Hocus Pocus, le Tour Est Joué, Mon "Fulci" Préféré Est : "A Cat in the Brain"...Tu Peux Aussi Me Rejoindre Via Facebook, J'Attends Tes Détails...Bises...

    Ticomix

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    1. Merci à toi Ticomix. Le souci c'est qu'il n'existe à première vue aucun time-code pour ce film et qu'il faut créer celui-ci de toute pièce. Il m'est arrivé d'en faire plusieurs avec media subtitler mais cela prend énormément de temps. Si quelqu'un à ce fichier sous la main et veut bien de te le donner pour que tu y ajoutes le texte traduit, tu gagnerais pas mal d'heures de travail. Avis aux amateurs qui ont ceci sous le coude !

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  5. merci d'avance pour cette trad! ;) je cherche ce film en plus! big thanks

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  6. Merde Fulci aurait inventé les Pokemon vu la goule des masques!!!!!!
    je pense pas que je vais supporter plus ses morpions que Rusty dans Rintintin ou l'autre petit con de Bud avec son dauphin Flipper.

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