samedi 29 avril 2017

BLACK LAGOON FANZINE sort la tête de l'eau !



Cela faisait un petit moment qu'on en parlait mais cette fois ça y est : le fanzine sur lequel on bossait mon complice Rigs Mordo et ma pomme (ainsi que quelques escla... chroniqueurs) depuis presque deux ans sera disponible dans quelques jours. Voici donc le sommaire de ce premier numéro, qui fera 100 pages, noir et blanc (putain de frais d'impression qui piquent au derche), couverture couleur, tirage à 200 exemplaires, le tout pour 10 euros :

- Dossier They Came From The Sea : une rétrospective que l'on espère intégrale de tous les films mettant en scène des hommes-poissons.
Le Gill-Man bien sûr mais aussi les B movies des années 50/60, les nanars fauchés, les produits cultes comme Les Monstres de la Mer ou 
Le Continent des Hommes-poissons, les machins modernes qui piquent aux yeux... bref, 56 pages qui sentent bon la marée avec une quarantaine de films chroniqués.

- Nosferatu à Venise : toute la vérité sur le tournage mouvementé du film d' Augusto Caminito... enfin non, de Mario Caiano....  ou de Luigi Cozzi... heu... on ne sait pas trop en fait. Ce qui est sûr c'est que Klaus Kinski, comme a son habitude, y a foutu un merdier phénoménal et c'est tout ce qui compte.

- Dossier Horror Metal Up your Ass ! : pour embrayer sur la chronique du bruyant Deathgasm, le père Mordo, headbanguant comme un possédé sur le clavier de son PC, revient sur les liens indiscutables entre la musique metal et les péloches qui tachent. 
Black Sabbath, Cathedral, Mortician, Frightmare, White Zombie, j'en passe et des plus gratinés... ils seront tous là pour venir dégueuler sur vos pieds leur amour du cinéma horrifique. En bonus, une interview de Pierre Palmas du groupe grindcore Blue Holocaust 

- Popatopolis, in bed with Jim Wynorski : tout sur le documentaire concernant la réalisation de The Witches of Breastwick, petit Z du vieux Jim.
Et vu comme aime bien le gazier, on s'attarde un peu plus sur son cas.

- "Bruno Mattei, itinéraire Bis" de David Didelot, "How I Made A Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime" et "Crab Monsters, Teenage Cavemen, and Candy Stripes Nurses" qui rendent hommage au King Roger Corman, "Contaminations : Guida al Fantacinema italiano anni'80" et "Apocalypse Italia", toute une pléthore de bouquins hautement recommandables que nous avons dévoré pour ceux qui ne lisent ni l'anglais, ni l'italien.... ni le français. 
Ah merde, du coup ça va être dur de leur refiler le zine à ceux-là.

- Des rubriques Comics, Craignos Sentai, Jouets Démoniaques, actus, etc....

Le tout sera disponible mi mai (si tout va bien) en nous contactant directement à l'adresse mail suivante : fanzineblacklagoon@gmail.com (vous pouvez d'ores et déjà réserver si vous êtes intéressé). Ceux qui se rendront à la fin du mois au Bloody Week-end pourront également se procurer le fanzine sur le stand que nous tiendrons avec l'ami David Didelot, qui lui, pour le coup, présentera le tout nouveau numéro de Videotopsie.
Alors si vous avez l'occasion de passer du coté d'Audincourt à ce moment-là n'hésitez pas à venir nous faire un petit coucou (si on n'est pas au stand, c'est qu'on est à la buvette).
N'hésitez pas non à aller faire un tour sur la page Facebook de Black Lagoon Fanzine si vous voulez en savoir plus.



mardi 25 avril 2017

TRANCERS 4 : Jack Of Swords (1994)



2017. Pour empêcher un groupe de Trancers de passer aux présidentielles françaises, Jack Deth remonte le temps et.....  heu......
Non attendez, c'est pas ça. Ah merde, dommage. Bon, on reprend.
Suite à un incident alors qu'il partait en mission à travers le temps, Jack Deth se retrouve sur Orpheus, un monde médiéval où la magie est reine.
Régit par les Nobles, une race de Trancers toute puissante qui se nourrit de la force vitale des humains, cette dimension parallèle sert en fait d'immense réserve de bouffe aux ennemis du vieux Jack. Égal à lui-même, notre héros refroidit le premier vampire qu’il rencontre et s'attire par la même occasion les foudres du seigneur Caliban, leader incontesté des Nobles qui voit en Jack un moyen d'accéder à un autre univers et à de nouvelles ressources en viande fraîche.


Deux ans après le basique Trancers 3, Jack Deth est de retour et il n'est pas content. Déjà qu'il est rarement d'humeur jovial mais là c'est pas le moment d'aller lui chier dans les bottes. A force de flinguer du Trancer notre bonhomme n'en a plus un seul à se foutre sous la dent et à dû se résigner à bosser pour le Conseil. Depuis il engrange mission sur mission à travers le temps afin d'éviter que le continuum ne parte en cacahuètes.
Tout juste revenu d'une escapade qui l'a contraint à enrayer l'invasion de plantes humanoïdes assez vindicatives, les Solonoïds, il se  rend compte que sa journée ne pouvait pas être plus pourrie : son side-kick cybernétique Shark s'est fait démantibuler lors du raid contre les monstres chlorophylliens, sa femme Alice a taillé la route avec l'un de ses supérieurs, Harris, et il se fait rembarrer comme un malpropre dans un bar par une superbe créature qui refuse ses avances. Seule solution pour faire passer la pilule : retourner botter des culs à travers les siècles, au moins, là, il maîtrise la situation.
Illico presto Jack va faire le plein de bastos et de gadgets jamesbondiens auprès du docteur Lyra Surrell, la nouvelle experte en la matière qu'il avait entrepris d'un peu trop près la veille au soir au bistrot du coin. Pressé de s'éloigner au plus vite de cette créature attirante mais peu avenante, Deth embarque dans sa machine à voyager dans le temps sans se rendre compte qu'un Solonoïd s'y est régénéré pendant son absence. Attaqué en plein transfert, il perd le contrôle de l'engin et atterrit en catastrophe sur un monde parallèle moyenâgeux où ses armes sont inefficaces et où pullulent de nouveaux Trancers bien plus intelligents que ceux qu'il avait l'habitude d'affronter jusqu'à présent. Sans défense (ou presque), coincé dans une dimension qui l'insupporte déjà, notre vieux briscard n'aura d'autre choix que de s'allier aux Rats de Tunnel, un groupe de résistants qui luttent comme ils peuvent contre le règne de terreur du seigneur Caliban et de sa bande de sangsues.

"- Cela vous convient-il, seigneur Caliban ?
- Hmmmm... laissez-moi tâter à nouveau ces melons appétissants.
Hmmmm.. oui, je vous prends la paire.
- Je vous les emballe ou c'est pour consommer tout de suite ?"

Si Trancers premier du nom lorgnait ostensiblement vers le film noir et les deux suivants vers la scifi cheapos, les opus 4 et 5, réalisés d'un bloc par le spécialiste en séries TV David Nutter (X-Files, Superboy, Millenium, Urgences..) donnent visiblement dans la bonne grosse comédie ainsi que dans l'aventure façon cape et épée. Tourné en Roumanie comme les trois premiers Subspecies où les forets verdoyantes et les magnifiques châteaux accordent un certain cachet à l'ensemble, Trancers 4 : Jack Of Swords pourrait toutefois décontenancer les fans les plus mordus de ce bon vieux Jack Deth. Tout ce qui représentait l'essence même des trois premiers épisodes est purement et simplement gommé.
La faute en revient au grand Peter David. Si je dis "le grand" c'est parce que c'est la pure vérité car, pour ceux qui le connaissent, David est un des ténors du comics US, son run sur le titre Incredible Hulk est probablement le plus fameux de toute l'histoire du géant vert qui voit rouge.
Son passage sur X-Factor, série dérivée des X-Men, ou sur Spider-Man ont aussi marqué tous les esprits des marteaux de super-mecs en collants. Son point fort : créer des personnages attachants et charismatiques tout en insistant pour injecter régulièrement de bonnes grosses doses de fun.
En cette année 1994 c'est avec la Full moon que David décide de bosser, en signant non seulement le script du doublé Trancers 4 et 5 mais aussi celui d'Oblivion, le western futuriste super cool de Sam Irvin. Avec cette nouvelle aventure de Jack Deth, le scénariste prend le parti de totalement délaisser le coté "film noir" initié en 1985 par Charles Band quand il mis en scène pour la première fois ce personnage qui prenait possession du corps de ses ancêtres afin de mieux traquer ses ennemis. Désormais le flic à la langue bien pendue se balade à travers le temps à bord d'une espèce de navette miniature et trimbale toute une ribambelle d'armes qui lui facilitent grandement la tâche : la montre à durée rallongée qui lui permet de ralentir le temps pendant une courte période, un couteau papillon capable de découper n'importe quoi et un mini-flingue super puissant. Malheureusement, la condition particulière de la planète Orphéus va rendre certains de ses objets totalement inutiles. L'usage de la fameuse montre temporelle va ainsi réserver de grosses surprises à son utilisateur ainsi qu'une des scènes les plus poilantes du film.

"En garde, espèce de gros blaireau ! 
Grâce à l'art ancestral du jtiniktout je vais te rétamer la ganache !
Ouyaaaahhhhh !!!!"

"Hmmmm... mais que fait-il, ce gueux ?
A voir son air pincé je soupçonne un évident problème gastro-intestinal."

"- Ooouubaaahhh !!!
- Vous faites erreur, mon seigneur, il s'agit tout simplement d'un cas prononcé de débilité profonde, un mal récurent chez les terriens.
- Ah oui, effectivement mon cher Lucius."

Ça déconne donc plein pot dans Trancers 4 et Tim Thomerson, comme toujours excellent, s'en donne à cœur joie. Grande gueule, injurieux, dragueur, lourdingue, alignant les punch-lines aussi vite que les mandales... pas de doute : Ash Williams et Jack Deth sont frangins. Et les similitudes entre les deux ne s'arrêtent pas là tant l'aventure qui nous intéresse aujourd'hui nous rappelle L'Armée des morts de Sam Raimi, troisième volet de la saga Evil Dead où Bruce Campbell partait combattre les démons en plein moyen-âge. Ici aussi Deth a droit à une prophétie certifiant l'arrivée d'un élu en provenance d'un autre monde, élu destiné à délivrer les pauvres opprimés du joug du mal. Et tout comme son homologue au bras-tronçonneuse, il va accumuler gaffe sur gaffe à force d'être trop sûr de lui dans un univers qui n'est pas du tout à sa convenance. Surtout que cette fois, ses chers Trancers ne sont plus de vulgaires zombies ramollis du bulbe, ils font preuve d'intelligence et certains possèdent même des pouvoirs surnaturels. 

"- Les mains en l'air, bande d'enfoirés !
- Fais gaffe, y'a de l'orage, Jack !
- Quoi ? Qu'est-ce tu.... ouaaaaaaiiiillllllllllllllaaaahhhhh !!!!!!!!

Caliban est l'exemple parfait du Trancer suprême : force herculéenne, capacités télékinésiques, un peu télépathe sur les bords et faisant preuve d'un sang froid hors norme en toute situation, il représente un sacré challenge à lui tout seul. Même si sa carrière d'acteur n'est pas forcément restée dans toutes les mémoires, Clabe Hartley est parfait dans ce rôle de badguy aux allures chevaleresques et on regretterait presque que le grand blond passionné d'arts martiaux ait préféré par la suite ne se consacrer qu'à son bistrot, le Cow's end cafe sur Venice Beach. Ce qui n'est pas le cas de Mark Arnold, un comédien hyper prolifique qui campe ici Lucius, le sous-fifre lèche-bottes et sadique de Caliban qui ferait tout pour liquider le propre fils de son seigneur, le rebelle Prospero (Ty Miller), jeune homme réservé qui refuse en bloc sa condition de vampire prout-prout.

"Arrête de faire ta chochotte, Prospero. 
C'est pas parce que tu as une tronche qui filerait les jetons même à Ribery qu'il faut que tu chiales comme une gonzesse."

Comme dans tout bon Trancers qui se respecte le casting féminin tient une importance capitale. Après Helen Hunt, Megan Ward ou Barbara Crampton  c'est au tour des sublimes Stacie Randall et Terri Ivens de jouer les Jack Deth girls. La première dans un double rôle, celui du docteur Lyra Surell et de son sosie vivant sur Orpheus (une esclave que Jack renommera également Lyra histoire de ne pas se faire chier) et la seconde en guerrière, chef des Rats de Tunnel, Shaleen, qui voit Jack deth comme le nouveau messie. Avec également un maître d'armes, bras droit de Shaleen, interprété par Alan Oppenheimer, Peter David créé tout un petit univers composé de personnages plus ou moins charismatiques et aligne sans temps morts scènes de baston et rebondissements en tous genres. Ça fighte dés que l'occasion se présente, les filles font tomber le haut au moindre geste du sieur Caliban et on s'amuse bien avec les conneries du père Jack.... alors pourquoi faire la fine bouche ?
Certes on est loin de l'ambiance des trois premiers films, mais contrairement aux pisse-froids de la toile qui se sont fait un malin plaisir de cracher leur venin sur les deux opus signés David Nutter, il est inutile d'être de mauvaise foi : Trancers 4 et 5 sont cools et c'est tout ce qui compte.

"Putain, z'avez pas honte d'afficher des tableaux avec la gueule de ce vieil enfoiré de Ben Laden.
C'est quoi ce monde de tarés ?"

"C'est le seigneur Caliban qui vénère tous ces personnages diaboliques.
Dans sa chambre il y en a un d'un gros sac franchouillard tout graisseux en slip kangourou."

Pour vous faire une idée voici un DVD Rip sous-titré par ma pomme. En attendant un Trancers 5 : Sudden Deth qui nous révélera si notre héros va enfin pouvoir regagner ses pénates et se taper la belle docteur Surell.

Lien : https://1fichier.com/?cc0sffxolf

mardi 11 avril 2017

HOUSE OF CLOCKS (1989)



Aujourd'hui dans la catégorie "les machins perdus et oubliés du bis transalpin" nous allons encore une fois revenir sur la triste période de la fin des eighties, quand le cinéma italien agonisait comme un gros lamantin asthmatique échoué sur une plage de l'adriatique, passant la main bien malgré lui au petit écran. En ces temps pas si lointains, la télévision prenait peu à peu le contrôle du septième art, récupérant du même coup tous les grands artisans du milieu. C'est comme cela que deux d'entre eux, Lucio Fulci et Umberto Lenzi, furent engagés par Reteitalia afin de mettre chacun en scène une paire de téléfilms destinés à être réunis sous le titre de Le Case Maledette (alias House of Doom en anglais). Pour la chaîne le concept est simple : il s'agit de confectionner une minisérie calquée sur les Brivido Giallo de Lamberto Bava mais en supprimant le ton ironique propres à ces derniers et en insistant sur le coté surnaturel, les meurtres violents, la vengeance, etc...  Ni une ni deux Fulci signe La Casa Nel Tempo et La Dolce Casa Degli Orrori tandis que Lenzi accouche de La Casa Del Sortilegio et La Casa Delle Anime Erranti, le tout étant destiné à être diffusé sur Reteitalia fin 89.
Mais là... horreur, malheur ! Après visionnage les quatre films sont jugés bien trop violents pour passer à l'antenne et se retrouvent illico au fond d'un placard. Afin de rentabiliser un tant soit peu les coûts de productions ils sont vendus au marché international de la vidéo et sortent incognito dans des pays comme le Japon, mais même comme ça ces bobines n'obtiennent pas une grande notoriété et sont vite catégorisées comme étant ce que Fulci et Lenzi ont fait de moins bon dans leur carrière. Elles retomberont dans l'oubli jusque dans les années 2000 avant de réapparaître au format DVD chez nos voisins anglo-saxons, désireux visiblement de combler d'extase les admirateurs les plus acharnés des deux metteurs en scène italiens.
Ces fans de la première heure avaient-ils raison de demander si ardemment la sortie des Case Maledette ?
Presque 30 ans plus tard et alors qu'elle est toujours inédite en France, la série est-elle digne que l'on y jette un petit coup d'œil ? Grâce à la toile, les trucs en question sont désormais facilement dégotables et vont nous permettre de voir s'ils sont au mieux de sympathiques séries B (ou Z) ou au pire de sombres étrons qui avaient bien mérité de dormir dans un tiroir durant toutes ces décennies.

"- Allez hop, au pieu le merdeux !
- Ma chère Sara, j'ai l'impression que vous commencez à devenir gâteuse, 
ce n'est pas vraiment ce que ce jeune homme voulait quand il nous a demandé une chambre pour la nuit."

Dans une somptueuse villa perdue au cœur de la campagne italienne vivent Vittorio et Sara Corsini (excellents Paolo Paoloni et Bettine Milne), un couple d'anciens qui coulent des jours heureux, se dédiant entièrement à leur collection de montres et horloges en tous genres et au jardinage.
Deux petits vieux à première vue tout ce qu'il y a de plus normal.... seulement à première vue. En réalité ils cumulent un troisième hobby : l'élimination systématique de ceux qui n'iraient pas dans leur sens. C'est comme ça qu'ils se sont déjà débarrassés de leur neveu et nièce après leur avoir enfoncé un énorme clou dans la gorge. Y'a surement plus simple pour flinguer quelqu'un mais bon, passons... Vittorio et Sara conservent les corps qui commencent sérieusement à schlinguer au fond d'une chapelle et les bichonnent jour après jour en leur tartinant la face de maquillage histoire de masquer la décrépitude. Et quand leur dernière femme de chambre exprime le désir de changer d'emploi, madame Corsini, imperturbable et toujours souriante, embroche la pauvre donzelle sur un pieu avant d'entamer fièrement un petit pas de danse pour fêter ça. Son jardinier borgne (le toujours barbu Al Cliver), lui, s'occupera comme d'hab d'enterrer le corps dans le jardin. Pourquoi tant de haine envers son prochain ?
Pourquoi refroidir sa propre famille ? Quel est donc ce sinistre secret abordé par la boniche avant qu'elle ne casse sa pipe ?
Inutile de chercher, les réponses ne vous seront jamais données.

"Cette fois j'en ai assez, espèce de vieille bique.
Vu que vous avez refusé de m'augmenter, j'ai décidé d'aller tout balancer aux flics.
Terminé les cultures de cannabis, vous irez faire du tricot en zonzon."

"- Ça c'est bien dommage Gertrude, vous étiez d'une grande aide à la maison.
Et je crois d'ailleurs que vous pouvez encore l'être. J'ai justement besoin d'engrais et....
- Que dalle ! Vous irez vous l'acheter vous même votre engrais de m...."

"- Ouaarrghhhhhhhhh !!!!
- Vous m'avez mal comprise, Gertrude, l'engrais je l'ai déjà sous la main. Hi, hi, hi !"

On quitte ensuite nos deux vieux barjots pour retrouver Sandra, Tony et Paul, trois petits malfrat toxicos qui projettent de cambrioler la demeure des Corsini. Trois petites crevures qui accumulent les larcins et ne semblent avoir de pitié pour personne. Après avoir volé une bagnole, dévalisé une épicerie dans une scène qui rappelle furieusement celle qui ouvrait Une Nuit au Cimetière de Bava Jr (d'ailleurs le commerce semble être le même) et enfermé un chat dans un sac en plastique pour le voir crever, les lascars pénètrent chez les deux ancêtres et les braquent avec un pistolet factice. Malheureusement le jardinier vient s'en mêler avec son fusil de chasse et tout part très vite en cacahuète. Baston, coups de feu, cris, etc...
Bilan final : tous les résidents de la villa terminent les tripes à l'air ou le crane fracassé au grand dam de nos jeunes blaireaux qui s'imaginaient plier leur affaire le plus simplement du monde.
Et là, soudainement, les milliers de pendules, horloges, montres et sabliers fièrement exposés dans la casbah s'arrêtent à l'unisson avant de se mettre à tourner à l'envers, entraînant du même coup une sorte de distorsion temporelle dont ne semble même pas se rendre compte nos trois pieds-nickelés. Légèrement traumatisée par le massacre qui vient d'avoir lieu, la blonde Sandra s'en va forniquer avec Tony, se disant que c'est surement la meilleure façon d'oublier tout ce merdier. Paul quant à lui fouine à droite et à gauche jusqu'à ce qu'il se rende compte que les corps des Corsini et du jardinier ont disparu. Forcément, le fait que les horloges tournent en sens inverse a changé la course du temps; les choses se remettent en place dans la demeure et les morts, inévitablement, reviennent à la vie et décident de régler leur compte à leurs bourreaux.


A partir de là tout se complique et on perd vite le fil de l'histoire, le reste du film n'étant plus qu'un jeu du chat et de la souris où Sandra, Tony et Paul tentent de quitter une demeure maudite sans y parvenir. Des molosses surveillent l'entrée principale, certaines portes refusent de s'ouvrir, des macchabées fraîchement ressuscités sortent de terre pour chopper les guibolles de nos antihéros... bref c'est la débandade la plus totale ! Autant dire qu'on ne comprend pas tout avec ce merdier temporel qui ne semble s'appliquer qu'à certains personnages ou objets. On veut bien que les deux vieux et leurs larbins se régénèrent une fois que les horloges partent en sucette, mais pourquoi Paul, flingué après le début du phénomène, entame lui aussi une séance de remise en forme ? Parce que le temps remonte et ce quoi qu'il se passe ? M'ouais, peut-être. Mais dans ce cas les Corsini devraient s'en douter vu qu'ils ont l'air au courant des mystérieux pouvoirs de leurs babioles. Ainsi ils ne s'évertueraient pas à pourchasser les petits malfrats pendant des plombes pour les dessouder, non ? Ou alors ils sont gâteux, probablement. C'est même certain car ils auraient pu se douter que si eux-mêmes étaient capables de revenir d'entre les morts, il en allait être forcément de même pour leur neveu et nièce. Ces derniers une fois remis sur pied vont à coup sûr vouloir se venger de ceux qui les ont occis, c'était couru d'avance. Du coup, Fulci en profite pour alterner non-stop les rôles attribués à chaque personnage : les chasseurs deviennent proies et vice-versa. Et comme le maestro aime bien les chats noirs il donnera l'opportunité à celui étouffé par Paul and Co dans les premières minutes de clore définitivement l'histoire.

"C'est pas possible la poussière qu'il peut y avoir dans cette chapelle !
Vous ne trouvez pas, très chère ?"

"Je ne vous le fais pas dire. Qu'est-ce que ça sent le mort en plus !
Faudrait vraiment penser à aérer de temps en temps.
- Impossible. Rappelez-vous, nous l'avons fait la semaine dernière et les voisins ont menacé de prévenir les services sanitaires tellement ça fouettait."

House of Clocks, comme beaucoup d'autres films réalisés pas Fulci à la fin de sa carrière, est l'adaptation d'un script pondu par le metteur en scène dans la deuxième moitié des années 80, destiné à un format ne dépassant pas les 70 minutes. Le passage voulu par Reteitalia à celui d'une heure et demie est donc un véritable handicap pour le scénario retouché par Gianfranco Clerici et Daniele Stroppa, et contraint le pauvre Lucio à étirer autant que possible certaines scènes. Cela se ressent plus particulièrement dans toute la partie où nos infortunés cambrioleurs tournent en rond dans la propriété des Corsini sans savoir vraiment où aller ni quoi faire. Suffit de voir cette séquence où, alors qu'ils s'apprêtent à mettre les voiles après avoir occis tout le monde, les enfoirés voient le chemin d'accès jusqu'à leur véhicule bloqué par trois dobermans peu avenants. Et l'un d'eux de rétorquer face au danger "Nous n'avons pas le choix. Nous devons attendre qu'il fasse jour pour partir." 
Ooooh bande de buses ! C'est des clébards, pas des vampires ! Réveillez-vous et balancez-leur de la bidoche en espérant qu'ils tombent dans le panneau et vous laisse le temps de vous faire la malle ! Quoi ? Lucio dit que c'est pas possible parce qu'il y a encore une demi-heure à meubler ?
Ah ben dans ce cas-là, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?! De toutes façons ce trio d'ordures mérite de calancher, je défie quiconque d'éprouver une once de sympathie pour eux. Tony, la tête pensante (rien que là on rigole) interprété par Keith Van Hoven (premier rôle dans le Black Demons de Lenzi), reste impassible quelle que soit la situation, profitant de la moindre occasion pour tringler sa copine plutôt que d'essayer de comprendre ce qu'il se trame autour de lui. La copine en question c'est la chanteuse/actrice britannique Karina Huff qui ne tourna qu'en Italie et ce de 1982 à 1994. Mignonne mais pas futée, elle représente en quelque sorte le maillon faible du groupe même si elle ne fait rien pour empêcher les conneries de ses comparses. Le dernier, et pas des moindres, le blondinet complètement taré Paul, est campé par un gars qui nous avait déjà fait mourir de rire dans le Bloody Psycho de Leandro Lucchetti. Rappelez-vous ce fameux pranotherapeuthe sous acide qui arrosait copieusement de lait sa dulcinée dans une scène que l'on croyait tirée d'un porno bulgare. Eh oui, c'est bien de Peter Hintz qu'il s'agit, ici encore plus halluciné qu'à l'accoutumée, le bonhomme n'aimant visiblement pas les félins, ni les vieux, ni les borgnes...

"- Ouah, les potos, c'est vrai qu'elle déchire grave cette jaja ! T'en dis quoi, Sandra ?
- Ouais tu m'étonnes, j'suis complètement refaite. Et toi, Paul, tu vois encore la route après ce que tu t'es envoyé ?
- Ouais nickel, hé, hé,hé...
 Mais bon, font chier toutes ces otaries à traverser la route sans arrêt. J'vais finir par en shooter une."

Souvent dans ses films Fulci cherche à piéger le spectateur, à ce que celui-ci hésite quant au parti à prendre envers tel ou tel personnage; et dans La Casa Nel Tempo il faut bien reconnaître que nous sommes incapables de déterminer qui sont les bons et qui sont les méchants.
Quand Paul, Sandra et Tony abattent froidement Sara dans la salle à manger, notre cœur penche du coté des petits vieux, surtout après le geste désespéré de Vittorio qui se jette sur le corps ensanglanté de son épouse avant d'essayer de la venger... et de succomber à son tour. On sait que ces deux-là ne sont pas nets du tout mais on est touchés par l'amour qui règne encore entre eux. Logique dés lors que notre haine aille vers les trois fumeurs de chichons. Pour un instant seulement, puisqu'une fois les morts revenus d'outre-tombe, nous nous surprenons à espérer que nos tueurs en herbe parviennent à échapper au triste sort qui les attend. Qu'il était fort ce Lucio ! Lui qui, comme à son habitude, en profite pour nous balancer quelques savoureux effets gores à la gueule via d'excellents maquillages réalisés par Giuseppe Ferranti, un habitué de la barbaque à destination du gros bis qui tâche et qui œuvra sur toute une pléthore de classiques du genre : L'avion de l'apocalypse, Cannibal Ferox, Atomic Cyborg, Les Rats de Manhattan, etc.... Il est tellement bon le gazier que le film écope d'une interdiction de passage à la téloche, jugé trop dégueu pour le téléspectateur lambda surement plus sensible que le cinéphile de base (pfffff....). C'était bien la peine de se casser le cul pour en arriver là et le pauvre Giuseppe retiendra la leçon quand il bossera sur La Reine des Hommes-Poissons de Martino quelques années plus tard en ne faisant que le minimum syndical pour la confection des créatures amphibies, à savoir de banals masques de carnaval. Pourquoi se faire chier à concevoir une tunique intégrale pour un téléfilm si c'est pour que la censure vienne te casser les coglioni par la suite ?


 Alors faut-il perdre du temps à visionner ce House Of Clocks ?
Oui si vous appréciez le travail de Lucio Fulci avec son sens soigné de la photographie, une violence toujours aussi exacerbée, des effets spéciaux bien répugnants et une volonté manifeste de piéger le spectateur via des retournements de situations permanents et des personnages tous plus chtarbés les uns que les autres.
Et non si les films étirés plus que de raison pour entrer dans le moule voulu par la production vous exaspèrent, si les dialogues mous du genou vous remémorent les heures les plus sombres de la téléréalité et si le manque de logique ainsi qu'une construction qui part dans tous les sens vous rapelle qu'après avoir visionné un jour des machins comme L’étrange couleur des Larmes de ton Corps vous avez balancé votre télé par la fenêtre.
Maintenant faites comme bon vous semble, le film est dispo sur youtube (sans srt) ou en dvd (US ou UK) mais dites-vous bien que mater La Casa Nel Tempo sera toujours moins douloureux que de visionner l'autre péloche signée Fulci, La Dolce Casa Degli Orrori

video

Et un grand merci à Nicolas Hernandes pour nous avoir proposé sa trad du film.
Liens dispos dans les coms.

lundi 3 avril 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : Answer Me

"Il est temps de tester ce téléphone retro que j'ai acheté chez Curious Goods.
On m'a bien dit qu'il fallait rien prendre dans cette boutique mais bon, vu les prix j'en ai rien à cirer."

"Oui, allo ? Bonsoir, je suis l'actrice Joan Matlin.
Pourrais-je parler à monsieur Coppola, il devait me rappeler pour un rôle dans son prochain film."

"- Mr. Coppola ?
- Ouais baby, ici Fred Copula. On a bien reçu tes photos et on t'a trouvé un rôle en or dans mon prochain chef d’œuvre.
Tu interpréteras une vieille Milf chaude comme la braise qui passe ses journées à se faire enfiler des combinés téléphoniques dans le croupion. 
Tiens d'ailleurs, si tu pouvais nous faire une démonstration tout de suite.
- Seigneur... mon copain Leon avait raison. 
Les articles vendus dans cette boutique devaient vraiment appartenir à un ancien tenancier de sex-shop."

Avec cet épisode, Histoires de l'autre monde met encore en scène un objet domestique qui vous fera passer des nuits blanches.
La prochaine fois nous resterons dans le registre des saloperies diaboliques puisqu'il sera question d'une lampe à huile que même Aladin aurait foutu illico à la benne.
Mais il vous faudra patienter un peu car le post suivant sera un inédit made in Charles Band sur lequel je bossais depuis un petit moment.

https://1fichier.com/?jd52vn0d2y