samedi 21 janvier 2017

JACK FROST 2 : Revenge of the Mutant Killer Snowman (2000)



Un an tout juste après avoir dézingué Jack Frost, Sam Tiler suit toujours une thérapie afin de se remettre de ses émotions. Déjà que s'il arrêtait de raconter à tort et à travers qu'il a occis un bonhomme de neige mutant il cesserait peut-être d'être la risée de tout le monde. Pour l'aider à se détendre son psy lui conseille de prendre des vacances, chose que fait illico notre shérif en embarquant avec sa moitié et un couple d'amis pour une ile tropicale. Pendant ce temps des agents du gouvernement se sont dit que ce serait une bonne idée de déterrer les bidons d'antigel emprisonnant Jack Frost, histoire de voir si le psychopathe existe toujours sous sa forme diluée. Évidement leurs magouilles débiles entrainent la résurrection du tueur qui, désormais lié génétiquement à Tiler après que son sang se soit mélangé au sien dans l'opus précédent, embarque lui aussi pour les Bahamas.
Jugeant que le climat local ne sied guère à son physique ravageur, il entreprend alors de réfrigérer toute l'ile pour mieux la vider de ses occupants, se gardant son ennemi juré pour la fin.


Allez hop, on prend les mêmes et on recommence ! Trois ans après Jack Frost premier du nom, le réalisateur Michael Cooney ressort son bonhomme de neige psychopathe du congélo et quitte les rues pleines de neige carbonique de Snowmonton pour la playa tropicale. Du moins c'est ce qu'il essaie de nous faire croire, la pauvreté des décors ne nous garantissant à aucun moment que le film ait réellement été réalisé aux Bahamas. On a bien quelques plans tournés sur une plage mais celle-ci pourrait appartenir à n'importe quelle cote américaine, surtout que si l'on scrute attentivement la végétation environnante on remarquera que cette dernière n'est pas exotique pour deux sous. N'espérez pas vous dépayser en matant ce film, vous seriez vite refroidis, chez Cooney on voyage low-cost voire carrément dans la soute à bagage. C'est surement pour cette raison que le metteur en scène s'empresse de balancer des tonnes de poudreuse un peu partout, moyen comme un autre de cacher la misère et un budget encore plus rachitique qu'auparavant. A certains moments, en voyant l'atmosphère générale du machin, on aurait presque l'impression de mater un vieux feuilleton brésilien.

 "- Et à mon psy j'lui ai dit... hic... si, si, si, le bonshomme de neige eh ben il a niqué la gonzesse d'american pie dans la baignoire ! J'vous l'jure ! Hic !
Et tu sais c'qui m'a dit c'con ? Hein, tu sais ? Hic ! Hé, tu m'écoutes quand j'cause ?
- Beuuhh.... pourquoi le petit parasol il passe pas dans ma paille ?"

Si Jack Frost était au final un gentil slasher ponctué régulièrement de petites pointes d'humour dues aux taglines d'un tueur rigolard tout fier de décalquer du gogol, Jack Frost 2, peut-être par souci de vouloir proposer quelque chose de "différent", s'oriente sur une piste enneigée nettement plus hasardeuse : celle de la comédie crétine pour djeuns décérébrés. Frost, à peine débarqué sous les tropiques, prend tout son temps avant de reprendre sa forme de bonhomme de neige en plâtre mal branlé, l'ami Michael préférant se vautrer dans la gaudriole lourdingue pendant toute la première demi-heure en remplaçant son boogeyman surgelé par une carotte parlante, des glaçons pervers tout excités à l'idée de se glisser dans le bikini d'une playmate ou des congères vivantes qui tombent d'un arbre pour empaler une dinde. Sur le coup on se dit que le tueur doit finalement avoir bien du mal à se reformer tel qu'il était sous un cagnard d'enfer ? Eh bien non, une fois les premières facéties passées, Frost reprend l'aspect qui a fait sa renommée comme si de rien n'était, et semble avoir acquis toute une flopée de nouvelles capacités dévastatrices. Tel un demi-dieu asgardien maitrisant la météo, il parvient à déverser des kilos de neige sur une ile paradisiaque tout en créant des "mini-mois" qu'il expulse de son corps comme une armée de Critters albinos. Si cela peut paraitre sympathique de prime abord, la déconvenue est totale devant la qualité exécrable des effets spéciaux.
Les rejetons boules de neige de Frost font sacrément peine à voir, tantôt représentés en CGI dégueulasses tantôt incarnés par de petites peluches animées à bout de bras par des techniciens planqués dans le décor. N'est pas Chiodo qui veut mais là quand même ça la fout mal. Surtout que Cooney ne cache même pas la relation entre les bouboules blanchâtres et les bestioles de même taille qui vinrent foutre le boxon dans les salles obscures au milieu des années 80. Ainsi, tels les Gremlins de papa Joe, les minuscules avatars prennent possession d'un bar, picolent comme des trous, font la fiesta en ravageant tout ce qui leur passe entre les pognes; et comme les Crittes de Stephen Herek, dévorent leurs proies comme de véritables petits piranhas. Les clins d'œil c'est bien, encore faut-il qu'ils créent un semblant d'illusion et qu'ils ne ressemblent pas à une parodie du Muppet Show.

 "Yo Daddy, alors tu tiens le choc ?
Moi j'en suis à neuf bloody mary et cinq binouzes ! Et toi ?"

 "- Beuh.. moi je...je... BLLLLLEEEEEUUAAARGHHHHH !!!!
- Yeah, j'ai gagné ! Comme quoi, pas besoin d'avoir du coffre pour tenir la bibine !" 

Jack Frost, en comparaison de ses premières aventures, a un temps de présence à l'écran nettement plus réduit. Quelque peu relifté, le bonhomme est un peu plus mobile qu'auparavant même si son costume blanc plisse de toute part et ne fait jamais illusion. Au moins a-t-il réussi à se débarrasser de ce souci gênant qu'est l'antigel, le mixage de ses gênes avec ceux du shérif Tiler l'ayant rendu insensible au liquide en question. Alors comment les héros parviendront-ils cette fois à se débarrasser de lui ? La réponse sera purement logique, suffit de connaitre les allergies du bon shérif (oups, spoiler). D'ici là il n'aura eu aucun mal à éradiquer la quasi-totalité des demeurés venus passer les fêtes de noël sous le soleil. Et quand je dis demeurés je parle de l'intégralité du casting : des bimbos bandantes au QI aussi élevé que celui de Ribery, des ados finis à la pisse, des animateurs cons comme c'est pas possible, un directeur de Club Med sans scrupules et des héros.... complètement à la masse. Si Tiler (toujours Christopher Allport) n'avait pas inventé l'eau chaude dans le premier film, là c'est carrément la débandade : dépressif et parano il est supplanté par son épouse Anne (Eileen Seyley) qui, courageuse et mieux apte à maitriser ses émotions que son mari, n'a plus le rôle de godiche inutile qu'elle occupait dans le premier film. Ce n'est pas non plus une guerrière façon Ripley mais au moins nous ne la remercierons jamais assez d'avoir eu la bonne idée de confier son demeuré de fils à sa frangine avant de partir dans les iles. Louée soit-elle pour nous avoir épargné l'ignoble tête à claque du jeune Zack Eginton !
En plus des époux Tiler on se coltine deux autres abrutis made in Snowmonton : Marla et Joe, un couple de demeurés qui mériteraient de périr les premiers sous les coups de Frosty. Pas de bol, même le meurtrier semble ne pas en vouloir.
Et, cerise sur le gâteau, voilà que réapparait le prétentieux agent Manners qui s'était fait bouffer la tronche par le bonhomme de neige dans l'épisode précédent et qui arbore désormais un nouveau visage grâce à une bonne chirurgie plastique (le prétexte idéal pour remplacer Stephen Mendell par David Allen Brooks).


 "Maintenant que je suis chef de la sécurité, fini la rigolade bande de burnes !
On m'a signalé une vacancière écrasée par une enclume géante, vous avez vu quelque chose ?"

 "- Heu...non, non m'sieur Manners. Que dalle.
- Et ça devant vous, c'est quoi ?
- Un requin qui a trop bouffé et qui est venu dégobiller dans la jungle ?"
 
"Hmmmm.... soit ! Je veux bien, ça se tient après tout.
Mais ça par contre, vous l'expliquez comment ?
Des globes oculaires sur une pince à barbecue, vous trouvez pas ça bizarre peut-être ?"

 "- Non, pas du tout. Ce sont des yeux de phacochères, on les fait griller au barbecue, une spécialité locale.
- Sont balèzes vos phacochères !
- Ah ça, à force de bouffer de la gerbe de requin à tout bout d'champ !"

A croire que le club choisi par les Tiler pour passer les fêtes est exclusivement réservé aux handicapés mentaux puisque les autres vacanciers qui ne servent au final qu'à élargir un peu plus le bodycount voulu par le réalisateur méritent tous le sort qui les attend. Franchement, si vous même vous partez dans les iles avec l'espoir de vous faire bronzer la couenne et que soudainement vous vous réveillez avec 20 centimètres de neige et un froid hivernal, vous auriez quand même bien les nerfs ! Surtout au prix du billet d'avion ! Eh bien dans Jack Frost 2 les vacanciers sont tout contents de voir de la blanche poudreuse recouvrir leur petit paradis, et entament illico batailles de boules de neige et constructions de bonshommes.
Être débile à ce point c'est pas dieu possible. Vite Jack, tu n'as qu'une heure et demie pour nous débarrasser de cette plaie !

 "No problem, mon Jacquot, y'a qu'à demander ! Allez hop ! Bataille de boules de neige !"

 "Et vlan ! Dans la gueule !"

Si ce Jack Frost 2 semble s'annoncer sous les plus mauvais augures, on constate toutefois que Cooney a accordé un soin tout particulier aux meurtres de son bad-guy, faisant parfois preuve d'une imagination assez déconcertante comparé à la médiocrité ambiante. Parmi les plus fendards nous retiendrons une enclume géante faite de glace qui tombe d'un palmier pour écrabouiller une jeune donzelle en chaleur, une pouf énuclée par des pinces à barbecue, une langue collée à un poteau arrachée à pleines mains, une tête qui explose littéralement après que sa propriétaire ait ingurgité un "glaçon frostien", des membres arrachés par des boules de neige balancées à vitesse mach 5 et une quantité non négligeable d'empalements à l'aide de congères. Graphiquement ces carnages sont de très bonne qualité avec des maquillages corrects et de la barbaque à foison.

 "Autre spécialité locale : la langue de blaireau ! 
Un poteau gelé, un blaireau et le tour est joué !"

Comble du bonheur, une jolie paire de lolos vient même crever l'écran avec cette belle asiatique qui se défeuille intégralement pour aller faire quelques brasses dans une piscine. Cooney s'amuse comme un pervers à filmer la jeune fille sous (presque) toutes les coutures avant que Frost ne se décide à geler le bassin et à la laisser se noyer sous la glace. Enfoiré de psychopathe qui s'amuse à dégommer le plus vite possible toutes les belles plantes du film !

"Allez ma belle, on fait vite ! Avec ce tueur fou qui rode sur l'ile faut pas trainer.
Vas-y, prends la pose  !"

 " Oui, voilà, comme ça, parfait ! Ah que tu es belle, ah là là.....
Attention, ne bouge plus, le petit oiseau va..."

 SCHHPPLLAAAAAAATSCHHHHHH !!!!
"Merde, trop tard !"

Jack Frost number one vous avait déjà cramé une bonne quantité de neurones ? Alors attendez-vous à ce que cette suite termine la lobotomie entamée. Certes l'ensemble reste divertissant et évite la somnolence sans que l'on ait besoin de le visionner avec une perf de red bull, mais les dégâts cérébraux et auditifs que vous encourez risque de vous handicaper pour le restant de vos jours.
Okay j'exagère, on a vu largement pire depuis; le remake de Poltergeist ou le dernier Paranormal Machintruc sont hautement plus nocifs.
Pour les plus courageux qui auront réussi à tenir jusqu'au bout, ne zappez pas les crédits sous peine de rater une petite scène plutôt sympa qui parodie le genre Kaiju et qui laissait supposer un éventuel troisième opus. Celui-ci aurait pu s'appeler Jackzilla mais ne verra jamais le jour, surement que les spectateurs les plus tolérants ont été plus que refroidis par ce Jack Frost 2 et lui ont réservé un accueil... glacial.


7 commentaires:

  1. Là Jack Frost devient vraiment intéressant. Merci

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  2. Merci, je voulais voir cette suite depuis un moment.

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  3. Je me souviens que le premier film n'était pas déjà terrible, mais là cette suite semble encore pire !

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  4. En cette periode hivernale le choix est de bon aloi merci

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  5. le 1 était bien débile (dans le bon sens du terme)

    Hate de découvrir le 2! Merci!

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