vendredi 15 décembre 2017

PLAGA ZOMBIE : REVOLUCION TOXICA (2011)


Bill, John et Max ont fini par découvrir l'horrible vérité qui se cachait derrière la peste zombie : les aliens n'avaient jamais projeté de transformer les terriens en morts-vivants afin que ces derniers s'entretuent pour leur laisser le champ libre. En réalité le stade décrépi et purulent des cobayes n'était que symptomatique d'une gestation en cours à l'intérieur de leurs corps. Une fois arrivées à maturation, les carcasses s'ouvrent littéralement pour libérer un nouvel envahisseur extra-terrestre. Les trois copains mettent alors au point un plan astucieux afin de stopper le vaisseau-mère ennemi avant que celui-ci ne se décide à aller infecter une autre ville: Max devra capturer un zombie et le bourrer de poudre à canon avant qu'il ne soit récupéré par l'engin spatial que Bill et John auront préalablement localisé. Mais si sur le papier tout cela parait simple, la réalité va très vite leur rappeler que rien ne se fait sans effort : Bill aura maille à partir avec un agent du FBI belliqueux afin de récupérer un radar à aliens, John, privé de sa force spectaculaire suite aux effets dévastateurs d'un rayon tracteur s'engagera dans une véritable quête pour redevenir celui qu'il était, et Max s'éprendra malgré lui de Junior, le sympathique mort-vivant qui doit lui servir de cheval de Troie.

Dix ans séparent Plaga Zombie Zona Mutante de Revolución Tóxica. Dix longues années pendant lesquelles les comparses de Farsa  n'ont pas chômé un seul instant, accumulant les productions à succès, chacun d'entre eux jouant tour à tour le rôle de metteur en scène, d'acteur ou de scénariste. Leur renommée n'est désormais plus à faire et leurs budgets un peu plus confortables, même si loin d’être mirobolants, leur offrent toujours plus d'opportunités. Ils auraient pu facilement mettre de coté la franchise Plaga Zombie mais ces p'tits gars n'étaient pas du genre à laisser tomber les nombreux fans qui réclamaient à corps et à cris la suite des aventures de Bill Johnson et compagnie. En 2001 ils avaient promis de réaliser un jour ou l'autre un troisième et dernier épisode, histoire de finaliser l'intrigue entamée en 1997; en mars 2008 leur parole est tenue, la Révolution Toxique est officiellement lancée. Le tournage aura lieu à Buenos Aires et le film sera définitivement bouclé en mars 2012, le temps à Pablo Parés et Hernán Sáez, de nouveau derrière la caméra, de peaufiner leur bébé et d'en faire l'opus le plus abouti visuellement. Il est loin le petit truc amateur  de la fin des années 90, mis en boite avec deux copecks et quelques pâtisseries en guise d'effets spéciaux, Farsa Producciones pond désormais des produits capables de rivaliser voire de surpasser des bobines vingt fois plus friquées.


Le long-métrage débute quelques minutes après la fin du précédent opus : Bill, John et Max viennent de faire la lumière sur la mystérieuse peste zombie et, pour avoir subtilisé un bouffeur de cervelle sur le point d’être récolté, sont poursuivis par le gigantesque vaisseau-mère alien.
A l'aide d'un faisceau tracteur l'appareil tente d'embarquer le colis transporté par John et finit par y parvenir après avoir carrément pompé toute la musculature du cowboy. Une combine astucieuse pour expliquer en fait l'importante perte de poids subie par Sebastián "Berta" Muñiz depuis Zona Mutante. Pas toujours évident de mettre en boite une suite une décennie plus tard tout en essayant de faire croire qu'elle se déroule à la même période que la précédente.
On sait bien que nos acteurs ont  pris de la bouteille mais malgré tout l'illusion est parfaite, la transformation de John est plus que crédible et ses deux potes semblent ne pas avoir changé d'un iota. L'étude de leur personnalité déjà bien entamée dans le second opus atteint ici son paroxysme. Peut-être aux dépens de l'action non-stop auquel nous étions habitués diront certains et ils auront surement raison. Mais s'il est en effet plus calme que son prédécesseur, Revolución Tóxica n'est nullement ennuyeux et sait éviter les temps morts grâce à des situations toujours plus délirantes.
A bien y regarder on pourrait même découper le film en trois genres via les croisades respectives des personnages principaux : ainsi si les mésaventures de John ont tout du drame psychologique, celles de Bill s'orientent manifestement vers l'action; Max de son coté incarnant le coté purement comique.

"- Pas de pleurnicheries, je t'avais prévenu que si tu bouffais encore un voisin je te mettais à la diète.
- Gné gné gné gné bleuarrrghhh !
- Comment ça, c'est pas toi ? Et la tête de la vieille mère Tapdur que j'ai retrouvée sous ton lit ?
Te fous pas de ma gueule ! A partir d'aujourd'hui c'est pâté pour chien et puis c'est tout !"

"Et le Yorkshire de la vieille qui sèche dans ton armoire, tu vas me dire que tu n'y es pour rien non plus ?
Allez hop, privé de jeux vidéo pendant un mois ! De toute façons "Zombies Ate My Neighbors" c'est pas bon pour toi !"

Parés, Sáez et Soria, tous trois à l'origine du scénario, savent définitivement où ils vont et éliminent ce petit coté brouillon auquel ils nous avaient habitués jusqu'à présent. Fini les querelles puériles entre les personnages, leur amitié prend ici toute sa valeur et les fait reconnaître pour ce qu'ils sont vraiment : des héros. Et puisqu'on parle de Soria, le lascar abandonne la simple figuration pour enfin trouver un rôle important dans la saga: celui de Junior, le zombie verdâtre mangeur de sucettes de Zona Mutante et qui devient ici ce fameux "zombie de Troie" que veut construire Max.
A l'image du Bub du Jour des Morts-Vivants, Junior est le seul monstre "gentil" du film; une créature répugnante au visage jovial qui s'exprime par borborygmes et que son supposé tortionnaire finit par considérer comme son propre fils à force de le côtoyer.
Rôle plus conséquent également pour le cinquième larron de chez Farsa, Walter Cornás dans la peau de l'agent fédéral Jack Taylor, tête de nœud hautement entraînée au combat qui va donner pas mal de fil à retordre à Bill. Façon Monthy Python, chacune de leur confrontation se terminera par un nouvel estropiage du bonhomme. A noter également le retour du frangin de Pablo Parés, Diego, qui incarnait Willie dans le premier épisode.
Toujours dans le rôle du manager de John, il revient à son tour d'entre les morts pour filer un coup de main à son vieux pote et le remettre sur les rails après le coup dur que lui ont infligé les envahisseurs d'un autre monde. Mais est-ce vraiment lui ?


Tout comme ses grands frères, Revolución Tóxica combine le meilleur des B' Movies, les productions bas du front, gores, autogérées et au final créées pour n’être que de purs divertissements, allusions intelligentes aux grands classiques du cinéma de genre (voir cette fois-ci un hommage direct à Terminator avec ces hideux cyborgs travestis en agents fédéraux où à Rocky via l'entrainement intensif de John pour redevenir maousse costaud). Face aux œuvres étrangères qui s’intéressent au thème du mort-vivant le plus sérieusement du monde, le plus souvent sur un ton paranoïaque ou maladif, la saga Plaga Zombie est surement la première du genre à aborder la question comme une bande dessinée, voire une parodie féroce, toujours truffée d'excellents effets cradingues, d'amputations et de mutilations en tous genres.
Revolución Tóxica ne déroge pas à la règle et respecte à la lettre près le style et l’esthétique de ses prédécesseurs, même si, comme je l'ai déjà dit, il est moins frénétique dans sa construction. Rassurez-vous il comporte son lot de dégueulasseries bien allumées. On ne compte plus les membres arrachés, les coups de pompe qui défoncent les cages thoraciques, les geysers d'hémoglobine, les organes vitaux extraits à mains nues et recyclés en armes létales, les lames de taille-haies maniées comme des tronçonneuses.... L'amateurisme des premiers films made in Farsa a laissé place à des maquillages, certes toujours faits maison, mais extrêmement élaborés et cinquante mille fois mieux foutus que les merdasses en CGI du moment.
Suffit de voir le soin apporté à l'animation des aliens ou de leur gigantesque astronef ; difficile de se dire en constatant tout cela que la péloche a été entièrement autofinancée.

"Yeeeeaaahhhh !!! C'est le moment de jouer à 'Charcle un max de zomblards' !
Celui qui amasse le plus de barbaque en une minute se fait payer à bouffer par les autres !
C'est partiiiiiii !!!!!"

"Yaaaaaaaahhh ! Quel panard !"

Armés d'un admirable autodidacte perfectionné au fil des années, les membres de Farsa Producciones, plus créatifs que jamais et à la plus grande joie de tous les disciples de la franchise Plaga Zombie, terminent donc en beauté via une ultime bataille apparemment inégale entre leurs trois héros et les hargneux envahisseurs grisâtres à l'origine de la peste zombie. Et en guise de cadeau d'adieu ils nous offrent "le" moment culte de toute la saga : encerclés par une horde de mutants enragés, Bill, John et Max afin de distraire ces derniers le temps qu'ils soient suffisamment "murs" pour être embarqués par le vaisseau-mère en orbite au dessus de leur tête (et qui leur permettra par la même occasion d'y introduire leur fameux Zombie de Troie) leur chantent une chanson qui restera dans les anales. Vous vous souvenez du sympathique thème sur West dans Zona Mutante ?
Eh bien oubliez-le, il est minable en comparaison de l'incroyable Plaga Zombie The Musical, un titre dément, hyper entraînant et que vous ne pourrez plus vous sortir de la tête une fois entendu. Un mois après avoir visionné le film je me surprends encore aujourd'hui à le fredonner.
C'est aussi ça le label Farsa, un savoir-faire indiscutable non seulement sur la réalisation et les effets spéciaux mais également sur la composition de délicieuses bandes originales. Mais par dessus tout c'est l'histoire d'une bande de copains soudés, partageant une même passion, et qui savent se serrer les coudes en cas de coups durs. La preuve en est l'hommage que décerne le plan d'ouverture de Revolución Tóxica au responsable de la photographie Diego Echave, décédé subitement en 2011 et qui interprète également dans le film le colossal zombie catcheur que John affronte sur le ring.


Prestations impeccables, mise en scène intelligente, photographie splendide, montage au poil, bande son géniale, humour savamment dosé et effets spéciaux au top, Plaga Zombie Revolución Tóxica clôt avec maestria une aventure débutée en 1997. Un moyen métrage fauché mais réalisé avec amour, passion et ingéniosité aura permis à une bande de copains de percer alors que tout était contre eux, le cinéma horrifique n'ayant jamais été vraiment reconnu dans leur pays d'origine. De quoi furieusement nous donner envie de jeter un coup d’œil à l'intégralité de leur travail.
D'ici là on se contentera de cette trilogie hyper fun, c'est peu mais en même temps beaucoup vu que les œuvres argentines qui arrivent à foutre un pied sur le sol français se comptent au final sur les doigts de la main.
Pour ceux qui ont Netflix vous pouvez y trouver actuellement la dernière réalisation de Pablo Parés, le démentiel Daemonium que je vous recommande chaudement. Un délire sous acide complètement dingue avec des effets spéciaux toujours aussi impressionnants. Si  vous aimez les bastons non-stop entre soldats et démons dégueulasses alors n'hésitez pas une seconde. 
Dernière petite info pour tous les fans de la peste zombie argentine : une pseudo suite purement américaine réalisée par un certain Garry Medeiros est actuellement en postproduction. Même s'il sera difficile de rivaliser avec la trilogie originale, Plaga Zombie Invasion USA s'annonce toutefois sous les meilleurs auspices, Sáez, Parés et Muñiz y faisant même une petite apparition.
  

Comme pour Plaga Zombie noumero ouno, la version proposée ci-dessous est en mp4 et a été mis en ligne par les mecs de Farsa. La qualité est vraiment très bonne, le tout en version originale bien évidemment. Je me suis amusé à créer les sous-titres via un time-code piqué sur Youtube, ces derniers étant en anglais la traduction fût plutôt aisée et assez rapide. J'espère en tous cas que la saga Plaga Zombie vous plaira autant qu'à moi, j'ai certes découvert celle-ci sur le tard mais bon dieu, je dois reconnaître que ça fait du bien de voir encore de tels trucs de nos jours.


Et comme c'est bientôt noël, voici en cadeau la bande originale de toute la trilogie.


FARSA PRODUCCIONES
Walter Cornás, Pablo Parés, Hernán Sáez, Paulo Soria et Sebastián "Berta" Muñiz

dimanche 3 décembre 2017

PLAGA ZOMBIE : ZONA MUTANTE (2001)


Quelques heures après le début de l'épidémie propagée par des êtres venus d'une autre planète, la situation s'est considérablement aggravée chez nos copains argentins. La petite ville qui sert de terrain d'expérience est désormais complètement envahie par les zombies et se retrouve coupée du monde. Quatre personnes semblent toutefois avoir survécu au fléau, mais considérées comme des témoins gênants par un gouvernement visiblement impliqué dans les expériences aliennes, elles sont réexpédiées illico sur place avec espoir que cette fois-ci les morts-vivants leur règlent leur compte une fois pour toute. C'est ainsi que l'étudiant en médecine Bill Johnson est dégagé manu militari de la voiture qui l'avait pris en charge à la fin de l'opus précédent.
Il retrouve très vite ses copains John West, miraculeusement revenu d'entre les morts, et Max Giggs, tout juste sorti du coma, ainsi qu'un sac à cadavre dans lequel semble coincé une mystérieuse personne. Pourchassés par les mutants baveux et par des agents du FBI eux aussi piégés dans la cité contaminée, les trois copains vont tenter de se frayer un chemin vers une hypothétique porte de sortie. 


Personne ne s'attendait à ce que Plaga Zombie, petit film amateur réalisé avec deux francs six sous, obtienne un tel succès. Il faut dire qu'en Argentine ce n'est pas tous les jours qu'on voit débouler un moyen métrage horrifique bien craspec avec des zombies multicolores qui gerbent dans tous les coins et qui se font démembrer par des héros complètement chtarbés. Même la presse ne tarit pas d'éloges sur les trublions de Farsa Producciones : "Comment réussir un film avec 1987 Pesos" ou "Avec un peu moins de 300 pesos, un groupe d'étudiants en cinéma réalise Plaga Zombie, un film qui a très vite atteint le statut d'œuvre culte" peut-on lire à la une de plusieurs canards. L'idée de mettre en branle une suite vient rapidement en tête du réalisateur Pablo Parés et du comédien Berta Muñiz, tous deux friands de trilogies cinématographiques. Ils en parlent à leurs comparses de Farsa : Hernán Sáez, Paulo Soria et Walter Cornás, lesquels sont d'accord pour lancer la mise en chantier d'un second opus intitulé Plaga Zombie Zona Mutante. Pablo et Hernán planchent longuement sur le scénario, étudient plusieurs possibilités, rédigent différents scripts où il est question tour à tour d'un Bill Johnson vivant en ermite au milieu de la forêt, d'une explication en bonne et due forme concernant le retour de John, de l'arrivée d'un éventuel frère jumeau pénible de Mike ou d'un cousin de West, etc.... Mais au bout du compte ils réalisent que la franchise Plaga Zombie tient principalement à ses trois personnages principaux et qu'il ne sert à rien de changer une équipe qui gagne. Le tournage débute en octobre 1998 après de long mois de gestation. Commence alors un véritable chemin de croix qui va s'étaler sur plusieurs années.

John West : Catcheur, cowboy et kinésithérapeute à ses heures perdues.

Difficile tout d'abord de récupérer tous ceux qui participèrent au premier film, les emplois du temps de certains ne collant pas avec le planning souhaité. Les ténors de Farsa ont besoin de monde et décident de faire publier une annonce dans les journaux locaux, demandant à qui voudrait bien se présenter s'il est d'accord pour jouer un zombie purulent dans leur nouveau long-métrage. Les réponses ne se font pas attendre et une pléthore de figurants déboule pour se faire tartiner la tronche à grands coups de latex. L'ambiance y est bon enfant, ça déconne plein pot et chacun y  met du sien pour concrétiser cette nouvelle boucherie folle furieuse, réalisée le plus souvent à l'arrache dans les rues du voisinage et sans aucune autorisation. Entre les mamies du coin outrées de voir autant de dégueulasseries et de mecs braillants comme des damnés à coté de chez elles ou les riverains qui appellent la police dés qu'ils aperçoivent un gars plein de sang déambuler sur la voie publique, les anecdotes ne manquent pas. Parés affirme même qu’à force d'intervenir les autorités locales les considéraient comme des copains.
Malheureusement tous ces bons moments ne durent pas, le tournage s'éternise, traîne en fonction non seulement des disponibilités mais surtout de l'envie de chacun. Coups de mou, fatigue, ras-le-bol, découragement et moral à zéro commencent à gagner l'ensemble des troupes. Alors qu'à peine la moitié de Plaga Zombie 2 est mise en boite, les compères de Farsa décident de s'octroyer une pause et se lancent dans la réalisation d'un autre film bien plus pépère : Nunca Asistas a Este Tipo De Fiestas, l'histoire d'un général à la retraite qui, avec son fils, se retrouve face à une bande de teenagers dégénérés. Nunca Asistas..., qui deviendra le second long-métrage de Farsa Producciones, rebooste tout l'équipe, laquelle après cette bonne bouffée d'air frais créative, décide de finir Zona Mutante. Les dernières scènes sont dés lors achevées le plus sereinement du monde.
Parès, Sáez, Muñiz, Soria et Cornás planchent ensuite pendant un mois complet sur la bande originale de leur œuvre, écrivant eux-mêmes les différentes chansons, quitte à ne pas dormir plus de 6 heures en une semaine. Au final, commencé fin 97, ce second opus sera véritablement terminé quatre ans plus tard; le montage, effectué dans l'urgence absolue, nécessite la suppression de près de 30 minutes de scènes jugées superflues et sera bouclé à peine trois quarts d'heure avant la diffusion programmée du film dans un cinéma de Buenos Aires. La bande de potes déboule ainsi à fond les bielles dans une salle pleine à craquer avec leur ordinateur et projettent le film directement à partir de celui-ci, croisant les doigts pour qu'il n'y ait aucun bug. Leurs efforts seront récompensés : avec ses quelques 3000 dollars de budget global, Plaga Zombie Zona Mutante est un succès instantané, le public l'adore !

"Je pense avoir suffisamment prouvé que j'étais largement en mesure de gérer une nation envahie de déficients mentaux et de moutons décérébrés.
C'est pour ça que je vous annonce ma candidature aux prochaines élections présidentielles françaises !"

Désireux de surpasser le premier épisode en tout point, Farsa Prod. a mis les bouchées doubles voire triples pour en foutre plein la vue au spectateur.
Première étape : toujours plus de zombies, toujours plus d'effets gores ! Les maquillages des morts-vivants sont dés lors beaucoup plus soignés qu'auparavant et restent conformes aux looks voulus par Parés et Sáez dans Plaga Zombie premier du nom. Certains de ces joyeux cadavres peinturlurés deviennent quasiment des seconds couteaux tellement leur présence à l'écran est marquante. On pense à ce mutant verdâtre interprété par Paulo Soria, qui apparaît à intervalles réguliers avec une sucette à la main et qui tente de communiquer à sa manière avec les trois héros; un personnage au final très attachant, presque naïf, et qui aura un rôle majeur dans l'opus suivant. Un autre mangeur de cervelle marque également les esprits : le fameux zomblard éventré qu'affronte Bill au milieu d'une rue déserte et qui, tout en tenant son intestin à la main, arrose le jeune toubib avec des litres d'un liquide couleur chiasse. Ce genre d'humour pipi-caca ne vous fait même pas sourire un peu ? Alors tant pis pour vous ! Zona Mutante ne fait pas dans la dentelle et même s'ils n'ont pas un radis en poche les copains de chez Farsa n'ont de leçons à recevoir de personne en matière de tripailles fumantes. Lors des combats qui parsèment les quelques 100 minutes du métrage, des dizaines et des dizaines de membres auront été arrachés à leurs propriétaires, enfoncés dans des gorges, transformés en armes létales... Un bon paquet d'objets de tous calibres auront été introduits dans diverses parties du corps humain, provoquant à la fois dommages irréparables, gerbes torrentielles d'hémoglobine et fous rires assurés. C'est presque du Itchy et Scratchy en version live. Tout n'est que prétexte à s'amuser, à se défouler, les hommages aux classiques du genre étant cette fois encore plus qu'évident : John qui se reçoit des bassines entières de sang à travers la tronche façon Evil Dead 2, Bill qui court sur les murs comme le Neo de Matrix, la musique de Zombie pendant la visite du supermarché, les agents du FBI Dana et Fox....

"- On peut au moins reconnaître que t'as des tripes, enfoiré de macchab ! 
- Gne the chie à la gôle, moà ! Argh....
- Déjà fait, sac à m..... ! "

Si d'apparence Plaga Zombie n°1 se voulait résolument fauché, tout cela part en fumée avec Zona Mutante. Sans avoir les qualités techniques d'une production à gros budget, le film offre des scènes tournées avec une maestria incroyable, le tout via des cadrages totalement barrés et souvent inventifs. Le montage est frénétique, la castagne omniprésente, l'énergie déployée communicative; le découpage du script ne permet d'ailleurs qu'un seul et unique instant de détente, histoire de souffler quelques minutes. Un moment inoubliable qui devient culte sur le champ : alors que le trio a trouvé refuge dans la maison de John, Max découvre émerveillé la chambre du catcheur, emplit de trophées, de produits dérivés à l'effigie de son cow-boy de copain. Ce dernier, tout fier d'avoir trouvé un fan, cherche à lui en mettre plein les yeux et entame une chanson narrant l'héroïsme de son personnage, nous gratifiant par la même occasion d'un titre fichtrement bien écrit et dont le refrain restera longtemps imprégné dans votre subconscient. 


Et nos acteurs en herbe dans tout ça ? Ont-ils amélioré leur jeu depuis le premier épisode ? La réponse est oui, sans l'ombre d'un doute ! Et histoire de nous le prouver ils se sont mis en tête, au milieu du carnage déliro-dégueu qu'est Zona Mutante, de fouiller un peu plus le passé de leurs personnages. Si John est certes à l'honneur via la fameuse scène musicale complètement débile dans sa chambre, ses deux comparses ne restent pas non plus sur le banc de touche. Bill continue de s'imposer comme le leader du groupe, celui qui prend toutes les décisions, qui éprouve incontestablement un plaisir malsain à démembrer du zombie, qui oblige West à transporter l'encombrant sac à cadavre ou qui demande à Max de bien vouloir décrypter une disquette trouvée sur un agent du FBI, laquelle indiquerait la seule voie d'accès existante pour quitter la ville. Un Max qui par contre semble très mal gérer le fait d'avoir été à moitié trépané par une tondeuse à gazon dans le premier film. Absolument imprévisible, complètement incontrôlable, il cherche à négocier avec les ennemis quand il ne les réduit pas en charpie, laisse un gosse se faire bouffer sans bouger le petit doigt, se fait de nouveau méchamment écharper et pétera ses derniers plombs quand le quatrième survivant que lui et ses associés ont trimbalé comme un fardeau sortira enfin de son emballage en plastique. Un survivant (interprété aussi par Paulo Soria) qui sera indirectement l'allumette qui mettra le feu aux poudres entre les trois bonshommes et les conduira à un affrontement musclé sur un toit alors que se déroule sous leurs pieds un ultime carnage entre zombies, vigilantes armés jusqu'aux dents et rescapés non-contaminés. Inutile de trop s'étendre sur ce final démentiel, retenons juste que les dernières minutes nous révèlent enfin le pourquoi du comment de tout ce merdier. Ben oui, pourquoi les aliens ont-ils répandu cette saloperie de peste zombie ?
La réponse donnée changera carrément la donne et permettra de relancer l'histoire afin de permettre à Bill, John et Max de se jeter dans une ultime aventure aux conséquences forcément cosmiques.
Mais avant d'en arriver là notre trio barjot en aura vu de toutes les couleurs, aura donné mille et un combats, fait couler des citernes de sang, éclaté la gueule d'agents gouvernementaux véreux et surtout nous aura fait passer un putain de bon moment ! Rien que pour ça, bénie soit l'Argentine ! 

"Regarde, John ! Un zombie qui fait le singe au milieu de la rue. Je vais me le faire !"

"- Cowabungaaaaaaa ! 
- Max ! Attends ! C'est pas un zombie ! C'est le rappeur Jul venu tourner un clip en Argentine !"

SCHHHHLAAAAFFFFFFFFFFFFF !

"- Yeah, t'as vu la branlée que je lui ai collé à ce macaque ?
- M'ouais.... Bon, on dira qu'au final tu as rendu service à toute une génération."

Plaga Zombie Zona Mutante est le seul opus de la trilogie qui a réussi à se frayer un chemin jusqu'en France et ce grâce à Uncut Movies et leur dvd sorti il y a déjà quelques temps (donc pas de lien sur ce blog pour télécharger le film). De l'excellent travail, surtout qu'en plus du long-métrage en VOSTFR (Obligé ! Un doublage aurait été une hérésie), leur galette propose un making of hilarant de près de 40 minutes ainsi que toutes les scènes coupées au montage (une bonne demi-heure au total). Un achat indispensable ! 



Vous pouvez également aller trouver l'ami Anacho sur son blog du Zomblard From Outer Space si ça vous dit :  Lien vers la Zomblard Zone

Et on se retrouve bientôt pour l'ultime volet de cette saga décapante avec une traduction du toujours inédit Plaga Zombie : Revolucion Toxica.
Vous pensiez avoir tout vu ? Détrompez-vous.

vendredi 24 novembre 2017

PLAGA ZOMBIE (1997)


Le moral dans les chaussettes suite à un accident qui semble avoir remis en cause une carrière prometteuse, le jeune médecin Bill Johnson rumine en silence dans l'appartement qu'il partage avec son pote Mike. Un soir Mike est enlevé par des extra-terrestres qui pratiquent toutes sortes d'expériences dégueulasses sur lui avant de le renvoyer dans ses pénates, des expériences qui entraînent chez le jeune homme une horrible mutation le conduisant à se métamorphoser progressivement en mutant répugnant. Parallèlement, deux autres copains de Bill se retrouvent confrontés à une situation plus ou moins similaire : l'ex-catcheur John West, dont le manager Willie n'est pas non plus au meilleur de sa forme, et l'informaticien Max Giggs, persuadé que les aliens ont débarqué et que pour conquérir plus aisément notre monde ils s'apprêtent à y répandre une véritable peste zombie. Et c'est ce qui finit par se produire : les quelques quidams victimes des envahisseurs se métamorphosent en bouffeurs de cerveaux et commencent à contaminer tout leur entourage. Reclus dans la maison de Bill, les trois amis vont tout mettre en œuvre pour détruire l'armée de monstres menée par Mike. 
Commence alors une boucherie délirante pour tenter de sauver l'humanité.


Il était une fois en Argentine deux copains passionnés par le cinéma d'exploitation et les films d'horreur. Pablo Parés et Hernán Sáez sont nés en 1978 et se lient d'amitié dés la maternelle. Au fil des années ils se rendent compte qu'ils partagent la même vision de l’art et du divertissement, admirant des metteurs en scènes comme Sam Raimi, John Carpenter, Steven Spielberg, Peter Jackson (période Bad Taste) et les maquilleurs Tom Savini et Stan Winston. Chez eux ils montent toutes sortes de projets : petits films d'animation, effets spéciaux faits maison, pièces de théâtre, avant de lancer en 1988 un fanzine baptisé "La Incompleta" qui sera édité dés le quatrième numéro sous un label qu'ils auront eux-mêmes créé : Editorial Farsa. Un numéro qui sera d'ailleurs le dernier puisqu'en compagnie d'autres potes du même âge, Sebastian "Berta" Muñiz, Walter Cornás, puis un peu plus tard Paulo Soria, ils transforment leur "Editorial Farsa" en "Farsa Producciones" et se lance dans la mise en scène de courts-métrages. Tous ces lascars s'improvisent alors acteurs, maquilleurs, musiciens, scénaristes; la réalisation restant exclusivement du domaine de Parés, de Sáez, voire des deux en même temps. Leur premier bébé est terminé en 1991 et s'intitule "Saga del Hombre Invisibile", pas besoin de connaitre l'espagnol pour savoir de quoi ça parle. S'ensuivront plus d'une dizaine d'autres réalisations du même style : New York Cop, El Último Gaucho Ninja, La Cama, Farsatoons, Mutantes Compactos, El Hombre Rata, El Ataque Del Vampiro Espacial, etc.... le tout s'étalant de 1991 à 1996, année où ils tournent pour environ 600 dollars un tout petit film d'une heure dix du nom de Plaga Zombie.

"Non mais qu'est-ce que c'est que ce bordel encore ? Vous allez fermer vos gueules !"

"Hé Bil, y'a ton coloc Mike avec une bande de copains à lui qui veulent entrer. A mon avis ils ont tous un peu trop forcé sur le Beaujolais.
Je te préviens, c'est pas moi qui vais encore éponger la gerbe comme la dernière fois."

Réalisé sur une quinzaine de mois, essentiellement les week-ends et jours fériés dans la demeure d'un de nos petits démerdards, Plaga Zombie se pose comme le tout premier film de zombies made in Argentine (même si Farsa avait déjà tâté du quidam en décomposition avec le court-métrage de 7 minutes, La Cama). Pablo Parés et Hernan Sáez se coiffent de quasiment toutes les casquettes en s'occupant de la mise en scène, de la photographie, du montage... Muñiz les assiste pour l'interprétation, l'écriture du scénario et la production tandis qu'un certain Pablo Vostrouski s’attelle à la bande sonore du machin. Cornás et Soria leur filent également un coup de pouce en apparaissant dans divers rôles et mettent bien entendu la main au portefeuille afin d'être crédités comme producteurs associés. L'équipe est complète, le carnage peut commencer. 
Filmé avec une seule et unique caméra et ce bien souvent de manière très approximative, le film, au fil de sa mise en scène, tend à s'améliorer et ose prises de vues originales, travelings façon montagnes russes et autres zooms propres à vous exploser le crâne. Sáez et Parés savent ce qu'ils font, c'est certain, même s'il leur manque encore la maturité qui leur permettrait de construire une œuvre moins brouillonne et mieux structurée.
Il faut reconnaître que le scénario est ultra-simpliste et qu'il a tendance à partir dans tous les sens. Nous présentant tout d'abord les prémices de l'épidémie zombie le plus sérieusement du monde, il bascule dans le burlesque le plus total dans sa seconde moitié, laissant tomber les dialogues pour se focaliser exclusivement sur le démastiquage sauvage de morts-vivants. 
Soyons honnêtes avec Plaga Zombie : le script ne sert que de prétexte à nous servir un bain de sang démentiel et à nous balancer non-stop de la tripaille et diverses autres saloperies à la gueule. 

"Greeeuuuargh !"

"No Panic. Avec mon super maquillage réalisé avec le Tiramisu de maman, ce zombie n'y verra que du feu et me prendra pour un pote à lui."

"BLEEUUUUUAAAAAAARRRRRRGHHHHHHH !"

"Ah non, merde, j'ai dû trop forcé sur la dose, ça a carrément retourné l'estomac de ce blaireau.
Je me demandais pourquoi il était si vert, j'ai compris. Arf, j'en prend plein la tronche."

"Cet enfoiré a ruiné des heures de boulot. Putain ça va chier !"

A première vue le budget microscopique du métrage semble être entièrement passé dans les effets spéciaux et pourtant, avec des moyens aussi modestes, autant dire que ça tient plutôt bien la route; surtout quand on sait qu'une très grande partie des maquillages a été confectionnée avec des bouts de ficelle. Ainsi tous les excès de barbaque purulente balancée sur les murs ou restant collée aux surfaces relèvent en vérité du milieu de la pâtisserie, bidouillés ingénieusement avec des gâteaux broyés et colorés. Idem pour les gerbes torrentielles que propulsent régulièrement les macchabées au visage de leurs victimes, chose bien plus acceptable quand on voit ce que ces dernières ont très certainement dues ingérées au cours des scènes d'action. 
Les maquillages des zombies sont assez corrects et ciblent carrément la palette de couleur d'un arc-en-ciel. Jaune, rouge, vert, violet, bleu... les cadavres ambulants adoptent tous les tons, se déplacent plus vite que leurs copains de chez Romero et possèdent même un semblant d'intelligence. On les voit dés lors jouer au poker, fumer des clopes, commander des pizzas par téléphone afin de boulotter le livreur (clin d'œil au Retour des Morts-Vivants) ou jongler avec des cerveaux. Ouaip, on vous avait prévenu, ce sont de sacrés comiques chez Farsa Producciones
Ces derniers ne cherchent jamais à nous tromper sur la marchandise et tentent avant toute chose de démontrer leur amour pour les merveilles que sont Bad Taste et surtout Evil Dead : constamment le  visage barbouillé d'hémoglobine, Bill et ses potes nous rappellent ce bon vieux Ash Williams, contraint d'encaisser des litres et des litres de sang durant son long combat contre les Deadites. Sans oublier le remplacement de la fameuse tronçonneuse par son petit frère : le taille haie, arme tout aussi efficace à ce qu'il semblerait. On collera juste un petit bémol sur le look craignos des aliens, réalisés probablement à partir de banales action figures en plastique.


Tout cela pue donc l'enthousiasme à plein nez, la joie éprouvée par Parés, Sáez et Muñiz étant communicative dés que l'ambiance générale vire au délire visuel le plus total, et ce même si nos trois gaillards se cherchent encore dans leur jeu d'acteur. Pas qu'ils soient mauvais, mais leur manque d'assurance est visible dés le début, les dialogues n'aidant pas beaucoup; surtout avec cette foutue manie de répéter le prénom de son interlocuteur à chaque phrase (un défaut que nos réalisateurs en herbe réutiliseront volontairement pour les deux opus suivants de Plaga Zombie afin d'en faire l'une des caractéristiques les plus fendardes de la saga). 
Le premier quart d'heure traîne un peu la jambe avec la présentation des différents protagonistes qui de prime d'abord ne remportent pas la palme des héros les plus charismatiques du cinoche mais heureusement tout cela ne dure pas. Dés que se propage la fameuse peste zombie c'est open bar, les bonhommes se métamorphosent en véritables bêtes sauvages et semblent trouver un sens à leur petite vie misérable et monotone lorsqu'ils se décident à libérer leurs instincts les plus bas.


Pablo Parés incarne donc le personnage principal, à savoir le jeune toubib Bill Johnson. On ne sait pas trop s'il a foiré une opération ou merdouillé autrement comme le suggère ce fameux "accident" que se plait à ressasser son pote Mike, le fait est qu'il passe le plus clair de son temps désormais à tailler ses plantes vertes dans son minuscule appartement. Plus très sûr de lui, dépassé lorsque se manifestent les premiers symptômes de l'épidémie chez son coloc, il hésite à prendre part au combat qui se présente. Il changera vite d'avis une fois contraint de mettre la main à la pâte et éprouvera un plaisir malsain à écharper du zombie. Un peu comme le catcheur John West (Berta Muñiz), en pleine traversée du désert professionnellement parlant, et qui trouvera de cette même manière une occasion en or pour distribuer à nouveau torgnoles et mornifles. Pour Max Giggs (Hernán Sáez) les motifs diffèrent quelque peu de ses comparses. Féru d'informatique il est la représentation même du nerd binoclard au physique chétif. Il est le seul personnage qui comprendra immédiatement la véritable menace qui s'abat sur sa ville et sa transformation en machine à tuer se fera dans l'humiliation et la douleur : tabassé, torturé, il se fera gerber dessus par des adversaires putrides à l'estomac bien fragile avant d'être à moitié trépané par une tondeuse à gazon, l'obligeant par la suite à porter un casque de cycliste pour protéger son crâne balafré.  

"Avant j'étais un gros geek qui passait son temps à mater Youporn. Mais ça c'était avant.
Amenez-vous les zomblards !"

Alors bien entendu l'aspect amateur du machin pourrait en rebuter plus d'un mais il ne faut pas s'arrêter à si peu, les deux épisodes à venir sont de bien meilleure qualité et représentent à coup sûr ce qu'il s'est fait de plus fun dans le genre. Rappelons que cette trilogie constitue une seule et même histoire et que tout se suit. Et puis Plaga Zombie numéro 1 ça reste surtout l'exemple typique du métrage fauché qui, avec un minimum d'ingéniosité et de débrouillardise, se permet tout et n'importe quoi : oreilles et langues découpées à la cisaille, visage humain en guise de pizza, zombie qui se délecte d'une chiasse verdâtre qui n'est en fait que le bras d'un de ses congénères réduit en bouillie après être passé dans un ventilo, gorges tranchées, perforations ventrales à mains nues, jambes arrachées, décapitations à coups de poings, énucléations, improvisation d'un match de catch entre un mort-vivant et John West, et surtout des litres et des litres de gerbe. Bref, l'inventivité des mecs de Farsa est quasi sans limite et pourrait servir de leçon à pas mal de cinéastes actuels. 
Le public argentin, lui, a immédiatement saisi le potentiel dont disposait la bande de potes, faisant de Plaga Zombie un succès inespéré et lui permettant d'être édité en DVD quelques années plus tard.

"Ouuuudaaaaahh ! Ooouuuyaaaaaahhhh ! Ouada-da-da-da !"

"Heu... non mais là vous en faites trop les mecs. On arrivera jamais à vendre le film si vous êtes pas sérieux."

A la base je ne voulais présenter que le troisième épisode de cette série délirante mais je me suis dit que pas mal de personnes ne la connaissaient surement pas et qu'elles n'y capteraient que dalle si elles n'avaient pas vu les deux premiers volets. J'ai donc récupérer la totale sur le net via Farsa Prodduciones en personne qui a eu la gentillesse de tout mettre en ligne, le tout en version DVD Rip. Chacun des films ne sera par contre dispo qu'en mp4; j'avais essayé de les transformer en mkv mais cela altérait à chaque fois la qualité d'image. Pour les sous-titres de Plaga Zombie 1 j'ai sournoisement subtilisé ceux réalisés par la Team french, laquelle a fait un excellent travail. Je me suis juste contenté de recalibrer le time-code sur la vidéo dénichée et vogue la galère ! J'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi en visionnant les aventures de ces tueurs de zombies en folie et je vous donne rendez-vous bientôt pour le deuxième épisode : Plaga Zombie Zona Mutante.

 Ah oui, j'oubliais ! Les trois Plaga Zombie comportent chacun une scène post-générique censée se dérouler cinq ans plus tard. Pas cinq ans après chaque film mais cinq ans après la fin de la saga. 

FILM : https://1fichier.com/?h6rmnzt412

Sous-Titres : https://1fichier.com/?wsz9r3dmhu

En bonus voici également La Cama,  un court-métrage que Parés et Sáez réalisèrent à l’âge de douze ans et qui met en scène pour la première fois chez Farsa Producciones un mort-vivant. Pas besoin de sous-titres, croyez-moi.

https://1fichier.com/?ue6iztdaf7



dimanche 19 novembre 2017

Ça va charcler !


Des zombies, des aliens et des héros complètement barjots ! C'est la nouvelle trad en cours !

mardi 14 novembre 2017

News Books & Zines



Dispo le 10 décembre, le vingtième Videotopsie entièrement dédié à la boite de Joe D'Amato, la Filmirage, s'annonce comme absolument incontournable pour tous ceux qui aiment les productions fauchées, racoleuses et au fond sacrément bandantes des années 80/90.
Au programme : des guerriers futuristes évoluant dans des décors en carton-pâte, des spectres et des zombies qui ne font pas dans la dentelle, des gnomes dégueulasses bavant comme le père Macron quand il vous expédie votre avis d'imposition, des plantes carnivores à vous dégoûter d'être végétarien et des gonzesses peu avares de leurs charmes. Umberto Lenzi, Lucio Fulci, George Eastman, Fabrizio Laurenti, Deran Serafian, Michele Soavi et D'Amato lui-même mènent la danse dans l'avant dernier opus d'un des meilleurs fanzines français. Eh oui, l'ami David Didelot nous assure que son bébé cessera définitivement de paraître l'an prochain avec le numéro 21. Bien entendu, quand on connait la passion du bonhomme pour ce genre de péloches on sait parfaitement qu'il n'est pas prêt de lâcher sa plume. Mais bon, ça fait bien chier quand même.

Pour le précommander c'est par là : http://videotopsie.blogspot.fr/


Medusa 28 par contre est déjà parmi nous. Paru en octobre, le nouveau pavé du sieur Lefevre vous réserve des heures de lecture en perspective avec ses dossiers sur les vilains bozos peinturlurés du ciné, la mythique Amicus, les slashers des années 80, la coccinelle teutonne Dudu alias Super Bug, les entretiens avec John et Paul Hough, la pléthore de chroniques en tous genres.... Du lourd, du très très lourd ! Et je ne parle pas que du poids du bouquin à même de faire plier la plus résistante de vos étagères. Bref, largement de quoi vous faire sortir les yeux des orbites pendant un bon moment.
Si vous cherchez donc de la lecture pour les longues soirées d'hiver c'est par là : http://lapetiteboutiquedemedusa.tictail.com/product/medusa-fanzine-n28


Passons à présent aux lecteurs maniant aussi bien la langue de Shakespeare que celle de la Cicciolina (même si certains préfèrent la langue de cette dernière, ce qui est fort compréhensible).
Même s'il n'est pas aussi sexy que la blonde Ilona Staller, le grand Sergio Martino sait aussi nous faire rêver et avec bientôt un demi siècle de carrière il pouvait largement se permettre de sortir son autobiographie. Editée par Bloodbuster, la célèbre boutique Milanaise déjà à l'origine de plusieurs bouquins hautement recommandables, "Mille Peccati... Nessuna Virtù"  nous replonge dans cette folle période où le cinéma italien était en mesure de produire plus de 300 films par an, où les metteurs en scènes travaillaient vitesse grand V et avec des bouts de ficelles pour profiter des grands succès US du moment tout en essuyant les foudres de critiques pas vraiment tendres à leur égard. Avec ses 264 pages, dont 32 composées de photos issues des archives personnelles de Martino, voilà un bouquin qui mérite d'avance d'être traduit en français. M'enfin, on peut rêver....
Toujours chez Bloodbuster, déboule simultanément à "Mille Peccati... Nessuna Virtù" une autre autobiographie, celle de l'acteur Luc Merenda, figure inoubliable du poliziotesco des seventies. Mais loin de s'enfermer dans les rôles de flics d'acier à l'image de Maurizio Merli, le français a su s'adapter au fil du temps et continuer sa carrière jusqu'à la fin des années 80, fréquentant quasiment tous les genres : le western, le giallo, la comédie... Complément idéal aux mémoires de Martino, "La Mia Vita a Briglie Sciolte" fleure bon le bis transalpin, les deux livres étant disponibles soit directement sur le site de Bloodbuster soit sur Mamazon.


The Darkside, le magazine du macabre et du fantastique made in UK, ça vous dit quelque chose ? Non ? Alors vous ne savez pas ce que vous ratez. Revue spécialisée dans le cinéma horrifique, Darkside propose toutes les six semaines de parcourir la longue histoire de ces bobines infâmes que nous aimons tant. Avec eux le fantastique actuel passe au second plan. Pas d'Annabelle ou autres saloperies pour ados débiles, mais des monstres, des vrais. Ceux qui nous faisaient frémir étant gosses et que les nouvelles générations qualifient aujourd'hui de ringards. Un mag pour le "real fan" en somme ! Hormis leur canard mensuel, l'équipe de Darkside sort également des bouquins. Ainsi après un excellent volume entièrement consacré à la firme anglaise Amicus, il fallait s'attendre à en voir débouler un sur la Hammer. Ce sera chose faite fin novembre avec "Hammer Haunted House of Horror". En couleur, avec un max de photos, d'affiches, de lobby cards, de prospectus et d'illustrations inédites, ce livre retrace pour notre plus grand plaisir toute l'histoire de la Hammer.
A commander sur le site de Darkside (allez-y sans crainte, j'ai testé et ça arrive rapidos à la casbah).

http://thedarksidemagazine.com/product/hammer-the-haunted-house-of-horror/


Et pour ceux qui auraient loupé le coche au moment de sa campagne de crowdfunding, on rappelle que le B-Movies Posters signé Damien Granger a été financé en totalité et viendra bientôt lui aussi hanter nos chaumières avec toutes les belles affiches qu'il contient. Il était temps !

jeudi 26 octobre 2017

HOUSE OF WITCHCRAFT (1989)


Depuis plusieurs mois Luke Palmer fait régulièrement le même cauchemar : courant dans la campagne, il se réfugie dans une immense demeure et y rencontre une vieille sorcière occupée à faire bouillir une tête humaine dans un chaudron. Une tête qui n'est autre que la sienne. Sa belle-sœur Elsa, qui est également son médecin traitant, lui demande si tout cela ne serait pas lié à ses problèmes conjugaux actuels, son épouse Martha lui ayant depuis déjà  pas mal de temps fermé l'accès à sa petite culotte pour se consacrer exclusivement à l'occulte. Pourtant, sous prétexte de vouloir sauver son mariage, Martha lui fait la surprise d'aller passer un peu de bon temps dans une somptueuse demeure louée au cœur de la Toscane.... la même que celle qu'il visite régulièrement dans ses rêves. Sur place ils rencontrent le propriétaire des lieux, Andrew Mason, un ex pianiste aveugle, ainsi que sa nièce Sharon venue passer quelques vacances chez son tonton. Une nuit, par la fenêtre de sa chambre, Luke aperçoit la sorcière de ses cauchemars en train d'exploser la caboche d'un curé. Et quand d'autres personnes commencent à disparaître autour de lui, ses soupçons se portent immédiatement sur sa propre femme dont le comportement apparaît de plus en plus singulier. 

"- Viens, mon petit Luke ! Viens goûter la bonne tambouille de Tata Maria ! 
- Heu... franchement, vu comme ça fouette j'hésite un peu."

"- Mais non, viens. Y'a que des bonnes choses dans la marmite. J'en mange tous les jours.
- Vu comme ça me brûle les poils du nez je comprends mieux l'état de vos ratiches."

"- Et puis vous vous foutez de ma gueule ? C'est quoi ce truc qui bout ? Une tête humaine ?
- Mais non enfin, pour qui me prenez-vous ? Ce n'est qu'un œuf.
- Un œuf ? Un œuf de quoi ? De pachyderme ? Et en plus il me regarde votre œuf !"

Troisième baraque maudite du cycle "Case Maledette" tourné pour la télévision italienne, voici la Maison du Sortilège, un nouveau charmant petit coin de paradis proposé non plus par Lucio Fulci mais par un autre maestro du bis transalpin, Umberto Lenzi. Bossant pour le petit écran après le sympathique Ghosthouse en 1988, le réalisateur de L'Avion de l'Apocalypse vient tout juste d'emballer Le Porte dell'Inferno, une sombre histoire de moines diaboliques démastiquants des spéléologues coincés dans un réseau souterrain, quand il s'attelle à cette série de téléfilms pour la chaîne Reteitalia. S'il savait que le fruit de son labeur n'allait pas être visible avant un bon paquet d'années, peut-être aurait-il réfléchi à deux fois avant de se lancer dans l'aventure. Pourtant habitué au thème classique de la maison hantée, Lenzi tente de mettre en image un scénario pondu par Daniele Stroppa (Contamination.7, L'attaque des morts-vivants... ouille ça pique !) et Gianfranco Clerici ( L'Antéchrist, Cannibal Holocaust, La Maison au Fond du Parc). 
Les deux premiers segments du papa de Zombi 2 ne cassant pas trois pattes à un canard, celui-ci allait-il parvenir à remonter le niveau ? 

"- Dis donc, le vieux pianiste qui habite ici n'a pas vraiment la main verte. Lui qui est si fier  de sa serre.
- Je te rappelle qu'il est aveugle, crétin !"

La première chose qui saute immédiatement aux yeux lorsque l'on visionne House of Witchcraft c'est la qualité technique bien supérieure aux deux précédents épisodes. Quel que fût le genre auquel il s'est adonné, Lenzi a toujours démontré une maîtrise parfaite de la caméra, ses réalisations étant toujours construites de façon claire et précise. Eléments que nous retrouvons ici et qui font toutes la différence avec les autres métrages signés Fulci. Pas que ce dernier soit un mauvais metteur en scène, loin de là, mais il faut quand même reconnaître que House of Clocks et Sweet House of Horrors sont à certains moments assez bordéliques, avec une furieuse tendance à partir dans tous les sens. Son histoire, Lenzi choisit de la situer en Toscane, profitant de l'occasion pour exploiter au mieux les somptueux paysages de la région italienne via la photographie de Giancarlo Ferrando, l'un des cinématographes les plus prolifiques du bis transalpin (Iron Master, Le Grand Alligator, 2019 après la Chute de New-York, etc....). 
Décors sublimes donc à l'image de la somptueuse villa choisie pour orchestrer ce sinistre conte de fées. Située sur la commune de Rufina dans la province de Florence, la bâtisse paumée aux abords d'une route défoncée (Località Scopeti 28 si ça vous prend l'envie d'aller y faire un tour) est parfaite à tout point de vue. Le sieur Palmer a un sacré bol de pouvoir aller se reposer dans ce coin paisible et idyllique. 
Bon ok, y'a peut-être bien une ou deux sorcières qui y traînent mais on ne peut pas tout avoir non plus.


La sorcière c'est Maria Cumani Quasimodo, là aussi choix idéal puisque la dame, aperçue juste avant dans Nosferatu à Venise ou She, est impressionnante. Flippante, hystérique et grimaçante, elle incarne de par son jeu et son physique l'image que l'on se fait de ce genre de bonne femme diabolique. Chacune de ses apparitions se fait de la manière la plus dramatique qui soit et se termine à chaque fois en véritable bain de sang (même si contrairement à son comparse Lucio, Lenzi préfère mettre la pédale douce sur le gore, se limitant au mieux à quelques décapitations). Le souci c'est que la vieille femme en impose tellement qu'elle éclipse totalement le reste d'un casting composé en majeure partie de comédiens soit pas vraiment folichons soit très mal exploités: Andy J.Forest dans le rôle de Luke n'a aucune consistance avec son air benêt et son jeu approximatif, Sonia Petrovna en épouse somnambule et aux agissements douteux ne semble être là que pour jeter les soupçons sur elle, Susanna Martinkova et Maria Stella Musy en tant que belle sœur et nièce du héros ne servent que de chair à canon pour la tueuse, etc...
Restent le très prolifique Paul Muller et la belle Marina Giulia Cavalli (Andrew et Sharon) qui sont probablement les seuls personnages à influer quelque peu sur l'intrigue. Car visiblement, malgré toute la bonne volonté du monde, Lenzi ne parvient jamais à imposer un rythme correct à un script qui visiblement aurait été parfait pour un épisode de série TV format 45 minutes. Et le réalisateur de meubler le tout avec des courants d'air, des portes qui claquent, des loupiotes qui pètent, des plantes qui flétrissent vitesse grand V ou qui saignent, étirant l'ensemble pour atteindre l'heure et demi exigée par Reteitalia. Il s'applique à brouiller les pistes au maximum, à installer un certain doute quant à la véritable identité du tueur ou de la tueuse. 
Et c'est là que tout devient compliqué. Andrew révèle à Sharon que leur famille est maudite parce que sa femme a brûlé dans un incendie et que sa mère est morte en lui donnant la vie; okay c'est bien mais qu'est-ce que cela a à voir avec Martha ? Martha qui s'applique à porter tous les soupçons sur elle, qui s'habille en robe blanche et, dans un état de transe, entame régulièrement des promenades nocturnes dans le jardin de la villa. Martha qui semble aussi capable de se transformer en un chat noir comme le pense son époux; qui apparaît à chaque fois qu'il y a un mort, qui laisse traîner des cartes de tarot à l'image de la faucheuse partout où elle passe, qui essaie de renverser Sharon avec sa voiture... Serait-elle possédée par une sorcière tuée au sein même de la demeure quelques siècles auparavant ? Vous trouvez ça confus ?

"- Eh ben mon salopiaud, je croyais que tu étais impuissant !
- Non c'est ce que je fais croire à ma femme. 
T'irais te taper une timbrée de cartomancienne qui passe toutes ses nuits à gambader à moitié à poil dehors ?"

Confus, le film l'est également envers tout ce qui concerne les éléments paranormaux. Mis à part la sorcellerie standard, les cartes de tarot et la malédiction familiale, il est fait mention d'orchidées antillaises aux vertus inquiétantes, au vaudou haïtien, à un médaillon étrange porteur de symboles égyptiens. Une camarde squelettique au visage en putréfaction fait même une petite apparition durant le final. Sans oublier cette fameuse scène surréaliste quand Elsa, à la recherche de sa gamine, déboule dans une cave en pleine tempête de neige, le tout avant de succomber comme les autres sous les coups de la vieille rombière qui venait d'adopter l'apparence de sa fille. C'est beau, certes, mais tout ces éléments tombent comme un cheveu sur la soupe, n'apportant pas grand chose au développement de l'intrigue et ne nous filent aucun indice pour résoudre le mystère de cette casbah hantée. Mille fois dommage puisque si l'on écarte tout cela, le reste du film serait plus que recommandable, éclipsant de loin les segments signés Fulci. L'atmosphère est oppressante, l'ambiance poisseuse et la tension palpable à chaque apparition de la sorcière. Fable noire inquiétante dont le déroulement reste imprévisible jusqu'à un final sans espoir, House of Witchcraft profite également des sons harmonieux du Goblin Claudio Simonetti. Peut être pas l'un de ses meilleurs scores mais un travail tout ce qu'il y a de plus honnête de la part du musicien.

"Mais bon dieu, voilà pourquoi ça caille tant dans cette baraque !"

"- Ma chérie, c'est toi qui a laissé les fenêtres du sous-sol ouvertes ?
- Ouaip, j'ai décidé de transformer la cave en patinoire.
- Mais enfin, on gèle ici ! 
- Meuh non, y'a tout plein de bouteilles de pinard pour se réchauffer. C'est pas pour rien que j'ai choisi la cave. Pas conne, hein ?"

Au final La Casa Del Sortilegio reste pour l'instant (reste à mater le second métrage mis en boite par Lenzi, La Casa Delle Anime Erranti) le meilleur segment des Case Maledette, et ce malgré sa durée inadaptée. Mais un film signé par le réalisateur de Cannibal Ferox ça ne se refuse pas et y jeter ne serait-ce qu'un rapide coup d’œil reste hautement recommandable pour tous les fans du bonhomme, surtout en ces heures sombres où la faucheuse une fois de plus s'est décidée à frapper très fort. Depuis le 19 octobre dernier le grand Umberto n'est plus parmi nous, allongeant un peu plus la trop longue liste des metteurs en scène disparus en cette sinistre année 2017. Parti rejoindre l'immense Tomas Milian avec qui il avait réalisé certains des meilleurs polars de la péninsule italienne, Lenzi a définitivement acquis son statut d'icone représentative de tout un pan de ce cinéma Bis qui nous fait encore rêver aujourd'hui. Bon nombre de ses œuvres restant toujours inédites par chez nous. 
Ciao Maestro et encore merci pour tout ! 


House of Witchcraft est disponible en DVD chez nos voisins britanniques via deux éditions: la première sortie en 2003 chez Vipco et la seconde en 2009 chez Cornerstone Media. On le trouve également en Allemagne chez X-rated sous le titre de Ghosthouse 4 (Le 2 c'est La Maison de l'Ogre de Lamberto Bava et le 3 La Casa Delle Anime Erranti de Lenzi... cherchez pas.). Inédit en France, le film attend toujours qu'une âme charitable se penche sur sa traduction, sachant qu'aucun timecode ne semble être dispo sur la toile. A voir au pire en anglais sur Youtube.