vendredi 19 mai 2017

TRANCERS 5 : SUDDEN DETH (1995)



Toujours coincé sur Orpheus, monde parallèle régit par la magie, Jack Deth n'a pas perdu de temps depuis ses dernières aventures et a occis la quasi-totalité des Nobles, les Trancers qui y régnaient en maîtres. Toujours désireux de quitter au plus vite cet univers, il entreprend en compagnie de Prospero une quête qui le conduit jusqu'au Château de l'Implacable Terreur, endroit diabolique d'où personne n'est jamais revenu et où se trouverait un cristal magique capable de le renvoyer dans ses pénates. Pendant ce temps, Lucius, l'âme damnée de Caliban a trouvé un moyen de ramener son seigneur. Accompagnés tous deux des derniers Trancers encore en vie, ils lancent un ultime assaut contre les Rats de tunnel, bien décidés à reprendre ce qui leur a été enlevé de force.


Quand nous avions quitté Jack Deth à la fin de Trancers 4, il venait tout juste de se débarrasser du leader incontesté des Nobles, le tout puissant seigneur Caliban. Le peuple d'Orpheus semblait en avoir terminé avec le tyran et notre antihéros préféré pouvait enfin traîner au plumard avec sa nouvelle conquête, l'ancienne esclave Lyra, surnom donné en référence au glacial docteur Lyra Surell qui l'avait envoyé bouler comme un malpropre dans son monde. Mais Jack s'emmerde. La Lyra d'Orpheus se comporte comme un brave toutou bien soumis et ça, ça l'insupporte au plus haut point. Lui ce qu'il veut c'est de la jument de compétition, sauvage, difficile à dompter... et pour cela il n'a pas trente six solutions : il doit vite-fait dégoter un moyen de regagner sa dimension et retrouver l'alter-égo de sa dulcinée actuelle. Seul le Taillmant (Tiamond en vo), objet mystique en forme de gros diamant, peut lui permettre d'arriver à ses fins, même si pour cela il doit survivre aux horreurs que semble abriter le Château de l'Implacable Terreur, endroit légendaire et craint de tous, même de Caliban. C'est via une peinture le représentant que ce dernier parvient à rejoindre notre plan astral, bien décidé à régler ses comptes avec Deth et à reconquérir son royaume. Comment est-il parvenu à un tel tour de passe-passe ? On n'en sait rien et franchement on s'en fout, la présence de Clabe Hartley dans le rôle du seigneur des Nobles était d'avance indispensable pour conclure comme il se devait cette aventure extra-dimensionnelle. Histoire de ne pas faire comme tous les pénibles qui chient ouvertement sur les opus 4 et 5 de la franchise, il faut savoir visionner ces derniers avec un certain état d'esprit, mettre de coté les "pourquoi" et les "comment".
Le but principal de ces B-movies est avant tout de nous distraire pas de nous retourner la cervelle.

"- Non mais sérieux, Lucius ! C'est quoi cette vieille croûte que t'as récupéré chez Caliban pendant l'assaut du château ?
T'aurais pas pu embarquer des armes ou un truc utile plutôt.
- Ben quoi ? Moi je la trouve jolie cette toile. 
Au moins grâce à elle notre magnifique seigneur sera toujours un peu parmi nous."

"- Regardez un peu comme il est sexy ! Aaah mon seigneur, que vous êtes beau !
- Bon, moi je me casse ! Cette fois c'est clair,  les Nobles sont foutus ! Ciao les folles !"

Tourné directement à la suite de Trancers 4 dont il n'est en fait que le prolongement logique, Sudden Deth propose en toute logique un casting identique. Pas de surprises donc, les personnages ne changent pas, même si Lyra accède désormais au statut de nouvel oracle des Rats de Tunnel et Prospero gagne petit à petit la confiance de Deth en se positionnant comme nouveau side-kick officiel du chasseur de Trancers. Les deux compères vont dés lors affronter toutes sortes d'épreuves diaboliques avant de pouvoir enfin accéder au cristal convoité : hordes de playmates en chaleur, doubles diaboliques, mendiants psychos.... et au final on se doute bien que Jack va trouver un moyen de rentrer chez lui. Pourtant le scénario, assez habilement, fera en sorte que son voyage une fois terminé laisse une trace indélébile à la fois sur Orphéus mais aussi dans son propre monde.
Et dire qu'il était au départ chargé de réguler les anomalies temporelles notre gazier !

"Bienvenue fiers aventuriers au château de l'implacable terreur !
Votre châtiment : une éternité de luxure avec les plus torrides chaudières d'Orpheus !"

"Heu.... on est venus chercher quoi déjà ?"

Le réalisateur David Nutter n'est pas vraiment un type qui impressionne par son travail, mais il livre au final un résultat soigné et pas ennuyeux un seul instant. Peter David, toujours au scénario, joue comme toujours avec ses personnages, leurs motivations et leurs sentiments : la Lyra d'Orpheus est une soumise qui se découvre des dons inopinés, Prospero et Shaleen tombent amoureux l'un de l'autre tout en sachant que leur relation est foirée d'avance, Jack se remet en question plus d'une fois quant à son caractère de merde, Lucius n'est plus que l'ombre de lui-même, etc....
Seul Harson, le second de  Shaleen reste tel quel et demeure peut-être le protagoniste le moins intéressant du film.

"Rassurez-vous, bande de cloportes ! A l'heure qu'il est Deth doit souffrir mille morts au cœur du château de l'implacable terreur !
Ce crétin a fait tout le sale travail pour nous ! Ah, ah, ah ! Je n'aimerais pas être à sa place"

"Encore 37 d'entre vous à satisfaire et vous me filez le diamant ? 
No problem, par ici mes poulettes ! Chais pas si je vais repartir du coup."

Encore une fois les effets spéciaux, sans être mirobolants, tiennent plutôt bien la route. Comparés à ceux que Band nous balancent actuellement dans ses dernières prods c'est même carrément Byzance.
Malgré une intro un peu longuette qui insiste pour nous résumer les points importants de l'opus 4, Trancers 5, en même pas 1h15, est un DTV hyper fun qui permet de passer un sacré bon moment et nous ramène à un temps où la Full Moon, toujours secondée par la Paramount, savait encore nous faire rêver. Sept ans plus tard Charles Band produira un sixième opus à la franchise Trancers mais sans Tim Thomerson. Il est préférable de ne pas aborder le sujet.

"- Ah la vache, Jack, je suis complètement claqué. Les épreuves de ce château sont un millier de fois plus éreintantes que les 12 travaux d'Hercule.
- Yep, j'suis cuit aussi. Comment il s'appelait déjà le blaireau qui a construit ce palace ?
- Rock Hossy Freh' Dy.... un truc comme ça."

Dernier film traduit qu'il me restait de coté, Trancers 5 est donc dispo via le DVD Rip ci-dessous. Le temps libre pour ce genre de travail étant de plus en plus rare je ne me contenterai plus, pour le moment, que de traduire des épisodes de Tales from the Darkside. Bon film !



lundi 8 mai 2017

BLACK LAGOON n°1 est sorti !

video

Comme annoncé dans le post précédent, Black Lagoon, le fanzine que nous avons créé mon copain Rigs Mordo et moi-même est enfin sorti de l'imprimerie et est d'ores et déjà disponible par souscription pour tous ceux qui ne pourront pas se rendre au Bloody Weekend. Pour ce faire rendez-vous sur la page Facebook de Black Lagoon où vous seront expliquées toutes les modalités de commande. Et histoire de vous donner un petit aperçu de ce que vous pourrez trouver à l’intérieur de ce canard vous pouvez regarder la petite vidéo ci-dessus.

samedi 29 avril 2017

BLACK LAGOON FANZINE sort la tête de l'eau !



Cela faisait un petit moment qu'on en parlait mais cette fois ça y est : le fanzine sur lequel on bossait mon complice Rigs Mordo et ma pomme (ainsi que quelques escla... chroniqueurs) depuis presque deux ans sera disponible dans quelques jours. Voici donc le sommaire de ce premier numéro, qui fera 100 pages, noir et blanc (putain de frais d'impression qui piquent au derche), couverture couleur, tirage à 200 exemplaires, le tout pour 10 euros :

- Dossier They Came From The Sea : une rétrospective que l'on espère intégrale de tous les films mettant en scène des hommes-poissons.
Le Gill-Man bien sûr mais aussi les B movies des années 50/60, les nanars fauchés, les produits cultes comme Les Monstres de la Mer ou 
Le Continent des Hommes-poissons, les machins modernes qui piquent aux yeux... bref, 56 pages qui sentent bon la marée avec une quarantaine de films chroniqués.

- Nosferatu à Venise : toute la vérité sur le tournage mouvementé du film d' Augusto Caminito... enfin non, de Mario Caiano....  ou de Luigi Cozzi... heu... on ne sait pas trop en fait. Ce qui est sûr c'est que Klaus Kinski, comme a son habitude, y a foutu un merdier phénoménal et c'est tout ce qui compte.

- Dossier Horror Metal Up your Ass ! : pour embrayer sur la chronique du bruyant Deathgasm, le père Mordo, headbanguant comme un possédé sur le clavier de son PC, revient sur les liens indiscutables entre la musique metal et les péloches qui tachent. 
Black Sabbath, Cathedral, Mortician, Frightmare, White Zombie, j'en passe et des plus gratinés... ils seront tous là pour venir dégueuler sur vos pieds leur amour du cinéma horrifique. En bonus, une interview de Pierre Palmas du groupe grindcore Blue Holocaust 

- Popatopolis, in bed with Jim Wynorski : tout sur le documentaire concernant la réalisation de The Witches of Breastwick, petit Z du vieux Jim.
Et vu comme aime bien le gazier, on s'attarde un peu plus sur son cas.

- "Bruno Mattei, itinéraire Bis" de David Didelot, "How I Made A Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime" et "Crab Monsters, Teenage Cavemen, and Candy Stripes Nurses" qui rendent hommage au King Roger Corman, "Contaminations : Guida al Fantacinema italiano anni'80" et "Apocalypse Italia", toute une pléthore de bouquins hautement recommandables que nous avons dévoré pour ceux qui ne lisent ni l'anglais, ni l'italien.... ni le français. 
Ah merde, du coup ça va être dur de leur refiler le zine à ceux-là.

- Des rubriques Comics, Craignos Sentai, Jouets Démoniaques, actus, etc....

Le tout sera disponible mi mai (si tout va bien) en nous contactant directement à l'adresse mail suivante : fanzineblacklagoon@gmail.com (vous pouvez d'ores et déjà réserver si vous êtes intéressé). Ceux qui se rendront à la fin du mois au Bloody Week-end pourront également se procurer le fanzine sur le stand que nous tiendrons avec l'ami David Didelot, qui lui, pour le coup, présentera le tout nouveau numéro de Videotopsie.
Alors si vous avez l'occasion de passer du coté d'Audincourt à ce moment-là n'hésitez pas à venir nous faire un petit coucou (si on n'est pas au stand, c'est qu'on est à la buvette).
N'hésitez pas non à aller faire un tour sur la page Facebook de Black Lagoon Fanzine si vous voulez en savoir plus.



mardi 25 avril 2017

TRANCERS 4 : Jack Of Swords (1994)



2017. Pour empêcher un groupe de Trancers de passer aux présidentielles françaises, Jack Deth remonte le temps et.....  heu......
Non attendez, c'est pas ça. Ah merde, dommage. Bon, on reprend.
Suite à un incident alors qu'il partait en mission à travers le temps, Jack Deth se retrouve sur Orpheus, un monde médiéval où la magie est reine.
Régit par les Nobles, une race de Trancers toute puissante qui se nourrit de la force vitale des humains, cette dimension parallèle sert en fait d'immense réserve de bouffe aux ennemis du vieux Jack. Égal à lui-même, notre héros refroidit le premier vampire qu’il rencontre et s'attire par la même occasion les foudres du seigneur Caliban, leader incontesté des Nobles qui voit en Jack un moyen d'accéder à un autre univers et à de nouvelles ressources en viande fraîche.


Deux ans après le basique Trancers 3, Jack Deth est de retour et il n'est pas content. Déjà qu'il est rarement d'humeur jovial mais là c'est pas le moment d'aller lui chier dans les bottes. A force de flinguer du Trancer notre bonhomme n'en a plus un seul à se foutre sous la dent et à dû se résigner à bosser pour le Conseil. Depuis il engrange mission sur mission à travers le temps afin d'éviter que le continuum ne parte en cacahuètes.
Tout juste revenu d'une escapade qui l'a contraint à enrayer l'invasion de plantes humanoïdes assez vindicatives, les Solonoïds, il se  rend compte que sa journée ne pouvait pas être plus pourrie : son side-kick cybernétique Shark s'est fait démantibuler lors du raid contre les monstres chlorophylliens, sa femme Alice a taillé la route avec l'un de ses supérieurs, Harris, et il se fait rembarrer comme un malpropre dans un bar par une superbe créature qui refuse ses avances. Seule solution pour faire passer la pilule : retourner botter des culs à travers les siècles, au moins, là, il maîtrise la situation.
Illico presto Jack va faire le plein de bastos et de gadgets jamesbondiens auprès du docteur Lyra Surrell, la nouvelle experte en la matière qu'il avait entrepris d'un peu trop près la veille au soir au bistrot du coin. Pressé de s'éloigner au plus vite de cette créature attirante mais peu avenante, Deth embarque dans sa machine à voyager dans le temps sans se rendre compte qu'un Solonoïd s'y est régénéré pendant son absence. Attaqué en plein transfert, il perd le contrôle de l'engin et atterrit en catastrophe sur un monde parallèle moyenâgeux où ses armes sont inefficaces et où pullulent de nouveaux Trancers bien plus intelligents que ceux qu'il avait l'habitude d'affronter jusqu'à présent. Sans défense (ou presque), coincé dans une dimension qui l'insupporte déjà, notre vieux briscard n'aura d'autre choix que de s'allier aux Rats de Tunnel, un groupe de résistants qui luttent comme ils peuvent contre le règne de terreur du seigneur Caliban et de sa bande de sangsues.

"- Cela vous convient-il, seigneur Caliban ?
- Hmmmm... laissez-moi tâter à nouveau ces melons appétissants.
Hmmmm.. oui, je vous prends la paire.
- Je vous les emballe ou c'est pour consommer tout de suite ?"

Si Trancers premier du nom lorgnait ostensiblement vers le film noir et les deux suivants vers la scifi cheapos, les opus 4 et 5, réalisés d'un bloc par le spécialiste en séries TV David Nutter (X-Files, Superboy, Millenium, Urgences..) donnent visiblement dans la bonne grosse comédie ainsi que dans l'aventure façon cape et épée. Tourné en Roumanie comme les trois premiers Subspecies où les forets verdoyantes et les magnifiques châteaux accordent un certain cachet à l'ensemble, Trancers 4 : Jack Of Swords pourrait toutefois décontenancer les fans les plus mordus de ce bon vieux Jack Deth. Tout ce qui représentait l'essence même des trois premiers épisodes est purement et simplement gommé.
La faute en revient au grand Peter David. Si je dis "le grand" c'est parce que c'est la pure vérité car, pour ceux qui le connaissent, David est un des ténors du comics US, son run sur le titre Incredible Hulk est probablement le plus fameux de toute l'histoire du géant vert qui voit rouge.
Son passage sur X-Factor, série dérivée des X-Men, ou sur Spider-Man ont aussi marqué tous les esprits des marteaux de super-mecs en collants. Son point fort : créer des personnages attachants et charismatiques tout en insistant pour injecter régulièrement de bonnes grosses doses de fun.
En cette année 1994 c'est avec la Full moon que David décide de bosser, en signant non seulement le script du doublé Trancers 4 et 5 mais aussi celui d'Oblivion, le western futuriste super cool de Sam Irvin. Avec cette nouvelle aventure de Jack Deth, le scénariste prend le parti de totalement délaisser le coté "film noir" initié en 1985 par Charles Band quand il mis en scène pour la première fois ce personnage qui prenait possession du corps de ses ancêtres afin de mieux traquer ses ennemis. Désormais le flic à la langue bien pendue se balade à travers le temps à bord d'une espèce de navette miniature et trimbale toute une ribambelle d'armes qui lui facilitent grandement la tâche : la montre à durée rallongée qui lui permet de ralentir le temps pendant une courte période, un couteau papillon capable de découper n'importe quoi et un mini-flingue super puissant. Malheureusement, la condition particulière de la planète Orphéus va rendre certains de ses objets totalement inutiles. L'usage de la fameuse montre temporelle va ainsi réserver de grosses surprises à son utilisateur ainsi qu'une des scènes les plus poilantes du film.

"En garde, espèce de gros blaireau ! 
Grâce à l'art ancestral du jtiniktout je vais te rétamer la ganache !
Ouyaaaahhhhh !!!!"

"Hmmmm... mais que fait-il, ce gueux ?
A voir son air pincé je soupçonne un évident problème gastro-intestinal."

"- Ooouubaaahhh !!!
- Vous faites erreur, mon seigneur, il s'agit tout simplement d'un cas prononcé de débilité profonde, un mal récurent chez les terriens.
- Ah oui, effectivement mon cher Lucius."

Ça déconne donc plein pot dans Trancers 4 et Tim Thomerson, comme toujours excellent, s'en donne à cœur joie. Grande gueule, injurieux, dragueur, lourdingue, alignant les punch-lines aussi vite que les mandales... pas de doute : Ash Williams et Jack Deth sont frangins. Et les similitudes entre les deux ne s'arrêtent pas là tant l'aventure qui nous intéresse aujourd'hui nous rappelle L'Armée des morts de Sam Raimi, troisième volet de la saga Evil Dead où Bruce Campbell partait combattre les démons en plein moyen-âge. Ici aussi Deth a droit à une prophétie certifiant l'arrivée d'un élu en provenance d'un autre monde, élu destiné à délivrer les pauvres opprimés du joug du mal. Et tout comme son homologue au bras-tronçonneuse, il va accumuler gaffe sur gaffe à force d'être trop sûr de lui dans un univers qui n'est pas du tout à sa convenance. Surtout que cette fois, ses chers Trancers ne sont plus de vulgaires zombies ramollis du bulbe, ils font preuve d'intelligence et certains possèdent même des pouvoirs surnaturels. 

"- Les mains en l'air, bande d'enfoirés !
- Fais gaffe, y'a de l'orage, Jack !
- Quoi ? Qu'est-ce tu.... ouaaaaaaiiiillllllllllllllaaaahhhhh !!!!!!!!

Caliban est l'exemple parfait du Trancer suprême : force herculéenne, capacités télékinésiques, un peu télépathe sur les bords et faisant preuve d'un sang froid hors norme en toute situation, il représente un sacré challenge à lui tout seul. Même si sa carrière d'acteur n'est pas forcément restée dans toutes les mémoires, Clabe Hartley est parfait dans ce rôle de badguy aux allures chevaleresques et on regretterait presque que le grand blond passionné d'arts martiaux ait préféré par la suite ne se consacrer qu'à son bistrot, le Cow's end cafe sur Venice Beach. Ce qui n'est pas le cas de Mark Arnold, un comédien hyper prolifique qui campe ici Lucius, le sous-fifre lèche-bottes et sadique de Caliban qui ferait tout pour liquider le propre fils de son seigneur, le rebelle Prospero (Ty Miller), jeune homme réservé qui refuse en bloc sa condition de vampire prout-prout.

"Arrête de faire ta chochotte, Prospero. 
C'est pas parce que tu as une tronche qui filerait les jetons même à Ribery qu'il faut que tu chiales comme une gonzesse."

Comme dans tout bon Trancers qui se respecte le casting féminin tient une importance capitale. Après Helen Hunt, Megan Ward ou Barbara Crampton  c'est au tour des sublimes Stacie Randall et Terri Ivens de jouer les Jack Deth girls. La première dans un double rôle, celui du docteur Lyra Surell et de son sosie vivant sur Orpheus (une esclave que Jack renommera également Lyra histoire de ne pas se faire chier) et la seconde en guerrière, chef des Rats de Tunnel, Shaleen, qui voit Jack deth comme le nouveau messie. Avec également un maître d'armes, bras droit de Shaleen, interprété par Alan Oppenheimer, Peter David créé tout un petit univers composé de personnages plus ou moins charismatiques et aligne sans temps morts scènes de baston et rebondissements en tous genres. Ça fighte dés que l'occasion se présente, les filles font tomber le haut au moindre geste du sieur Caliban et on s'amuse bien avec les conneries du père Jack.... alors pourquoi faire la fine bouche ?
Certes on est loin de l'ambiance des trois premiers films, mais contrairement aux pisse-froids de la toile qui se sont fait un malin plaisir de cracher leur venin sur les deux opus signés David Nutter, il est inutile d'être de mauvaise foi : Trancers 4 et 5 sont cools et c'est tout ce qui compte.

"Putain, z'avez pas honte d'afficher des tableaux avec la gueule de ce vieil enfoiré de Ben Laden.
C'est quoi ce monde de tarés ?"

"C'est le seigneur Caliban qui vénère tous ces personnages diaboliques.
Dans sa chambre il y en a un d'un gros sac franchouillard tout graisseux en slip kangourou."

Pour vous faire une idée voici un DVD Rip sous-titré par ma pomme. En attendant un Trancers 5 : Sudden Deth qui nous révélera si notre héros va enfin pouvoir regagner ses pénates et se taper la belle docteur Surell.

Lien : https://1fichier.com/?cc0sffxolf

mardi 11 avril 2017

HOUSE OF CLOCKS (1989)



Aujourd'hui dans la catégorie "les machins perdus et oubliés du bis transalpin" nous allons encore une fois revenir sur la triste période de la fin des eighties, quand le cinéma italien agonisait comme un gros lamantin asthmatique échoué sur une plage de l'adriatique, passant la main bien malgré lui au petit écran. En ces temps pas si lointains, la télévision prenait peu à peu le contrôle du septième art, récupérant du même coup tous les grands artisans du milieu. C'est comme cela que deux d'entre eux, Lucio Fulci et Umberto Lenzi, furent engagés par Reteitalia afin de mettre chacun en scène une paire de téléfilms destinés à être réunis sous le titre de Le Case Maledette (alias House of Doom en anglais). Pour la chaîne le concept est simple : il s'agit de confectionner une minisérie calquée sur les Brivido Giallo de Lamberto Bava mais en supprimant le ton ironique propres à ces derniers et en insistant sur le coté surnaturel, les meurtres violents, la vengeance, etc...  Ni une ni deux Fulci signe La Casa Nel Tempo et La Dolce Casa Degli Orrori tandis que Lenzi accouche de La Casa Del Sortilegio et La Casa Delle Anime Erranti, le tout étant destiné à être diffusé sur Reteitalia fin 89.
Mais là... horreur, malheur ! Après visionnage les quatre films sont jugés bien trop violents pour passer à l'antenne et se retrouvent illico au fond d'un placard. Afin de rentabiliser un tant soit peu les coûts de productions ils sont vendus au marché international de la vidéo et sortent incognito dans des pays comme le Japon, mais même comme ça ces bobines n'obtiennent pas une grande notoriété et sont vite catégorisées comme étant ce que Fulci et Lenzi ont fait de moins bon dans leur carrière. Elles retomberont dans l'oubli jusque dans les années 2000 avant de réapparaître au format DVD chez nos voisins anglo-saxons, désireux visiblement de combler d'extase les admirateurs les plus acharnés des deux metteurs en scène italiens.
Ces fans de la première heure avaient-ils raison de demander si ardemment la sortie des Case Maledette ?
Presque 30 ans plus tard et alors qu'elle est toujours inédite en France, la série est-elle digne que l'on y jette un petit coup d'œil ? Grâce à la toile, les trucs en question sont désormais facilement dégotables et vont nous permettre de voir s'ils sont au mieux de sympathiques séries B (ou Z) ou au pire de sombres étrons qui avaient bien mérité de dormir dans un tiroir durant toutes ces décennies.

"- Allez hop, au pieu le merdeux !
- Ma chère Sara, j'ai l'impression que vous commencez à devenir gâteuse, 
ce n'est pas vraiment ce que ce jeune homme voulait quand il nous a demandé une chambre pour la nuit."

Dans une somptueuse villa perdue au cœur de la campagne italienne vivent Vittorio et Sara Corsini (excellents Paolo Paoloni et Bettine Milne), un couple d'anciens qui coulent des jours heureux, se dédiant entièrement à leur collection de montres et horloges en tous genres et au jardinage.
Deux petits vieux à première vue tout ce qu'il y a de plus normal.... seulement à première vue. En réalité ils cumulent un troisième hobby : l'élimination systématique de ceux qui n'iraient pas dans leur sens. C'est comme ça qu'ils se sont déjà débarrassés de leur neveu et nièce après leur avoir enfoncé un énorme clou dans la gorge. Y'a surement plus simple pour flinguer quelqu'un mais bon, passons... Vittorio et Sara conservent les corps qui commencent sérieusement à schlinguer au fond d'une chapelle et les bichonnent jour après jour en leur tartinant la face de maquillage histoire de masquer la décrépitude. Et quand leur dernière femme de chambre exprime le désir de changer d'emploi, madame Corsini, imperturbable et toujours souriante, embroche la pauvre donzelle sur un pieu avant d'entamer fièrement un petit pas de danse pour fêter ça. Son jardinier borgne (le toujours barbu Al Cliver), lui, s'occupera comme d'hab d'enterrer le corps dans le jardin. Pourquoi tant de haine envers son prochain ?
Pourquoi refroidir sa propre famille ? Quel est donc ce sinistre secret abordé par la boniche avant qu'elle ne casse sa pipe ?
Inutile de chercher, les réponses ne vous seront jamais données.

"Cette fois j'en ai assez, espèce de vieille bique.
Vu que vous avez refusé de m'augmenter, j'ai décidé d'aller tout balancer aux flics.
Terminé les cultures de cannabis, vous irez faire du tricot en zonzon."

"- Ça c'est bien dommage Gertrude, vous étiez d'une grande aide à la maison.
Et je crois d'ailleurs que vous pouvez encore l'être. J'ai justement besoin d'engrais et....
- Que dalle ! Vous irez vous l'acheter vous même votre engrais de m...."

"- Ouaarrghhhhhhhhh !!!!
- Vous m'avez mal comprise, Gertrude, l'engrais je l'ai déjà sous la main. Hi, hi, hi !"

On quitte ensuite nos deux vieux barjots pour retrouver Sandra, Tony et Paul, trois petits malfrat toxicos qui projettent de cambrioler la demeure des Corsini. Trois petites crevures qui accumulent les larcins et ne semblent avoir de pitié pour personne. Après avoir volé une bagnole, dévalisé une épicerie dans une scène qui rappelle furieusement celle qui ouvrait Une Nuit au Cimetière de Bava Jr (d'ailleurs le commerce semble être le même) et enfermé un chat dans un sac en plastique pour le voir crever, les lascars pénètrent chez les deux ancêtres et les braquent avec un pistolet factice. Malheureusement le jardinier vient s'en mêler avec son fusil de chasse et tout part très vite en cacahuète. Baston, coups de feu, cris, etc...
Bilan final : tous les résidents de la villa terminent les tripes à l'air ou le crane fracassé au grand dam de nos jeunes blaireaux qui s'imaginaient plier leur affaire le plus simplement du monde.
Et là, soudainement, les milliers de pendules, horloges, montres et sabliers fièrement exposés dans la casbah s'arrêtent à l'unisson avant de se mettre à tourner à l'envers, entraînant du même coup une sorte de distorsion temporelle dont ne semble même pas se rendre compte nos trois pieds-nickelés. Légèrement traumatisée par le massacre qui vient d'avoir lieu, la blonde Sandra s'en va forniquer avec Tony, se disant que c'est surement la meilleure façon d'oublier tout ce merdier. Paul quant à lui fouine à droite et à gauche jusqu'à ce qu'il se rende compte que les corps des Corsini et du jardinier ont disparu. Forcément, le fait que les horloges tournent en sens inverse a changé la course du temps; les choses se remettent en place dans la demeure et les morts, inévitablement, reviennent à la vie et décident de régler leur compte à leurs bourreaux.


A partir de là tout se complique et on perd vite le fil de l'histoire, le reste du film n'étant plus qu'un jeu du chat et de la souris où Sandra, Tony et Paul tentent de quitter une demeure maudite sans y parvenir. Des molosses surveillent l'entrée principale, certaines portes refusent de s'ouvrir, des macchabées fraîchement ressuscités sortent de terre pour chopper les guibolles de nos antihéros... bref c'est la débandade la plus totale ! Autant dire qu'on ne comprend pas tout avec ce merdier temporel qui ne semble s'appliquer qu'à certains personnages ou objets. On veut bien que les deux vieux et leurs larbins se régénèrent une fois que les horloges partent en sucette, mais pourquoi Paul, flingué après le début du phénomène, entame lui aussi une séance de remise en forme ? Parce que le temps remonte et ce quoi qu'il se passe ? M'ouais, peut-être. Mais dans ce cas les Corsini devraient s'en douter vu qu'ils ont l'air au courant des mystérieux pouvoirs de leurs babioles. Ainsi ils ne s'évertueraient pas à pourchasser les petits malfrats pendant des plombes pour les dessouder, non ? Ou alors ils sont gâteux, probablement. C'est même certain car ils auraient pu se douter que si eux-mêmes étaient capables de revenir d'entre les morts, il en allait être forcément de même pour leur neveu et nièce. Ces derniers une fois remis sur pied vont à coup sûr vouloir se venger de ceux qui les ont occis, c'était couru d'avance. Du coup, Fulci en profite pour alterner non-stop les rôles attribués à chaque personnage : les chasseurs deviennent proies et vice-versa. Et comme le maestro aime bien les chats noirs il donnera l'opportunité à celui étouffé par Paul and Co dans les premières minutes de clore définitivement l'histoire.

"C'est pas possible la poussière qu'il peut y avoir dans cette chapelle !
Vous ne trouvez pas, très chère ?"

"Je ne vous le fais pas dire. Qu'est-ce que ça sent le mort en plus !
Faudrait vraiment penser à aérer de temps en temps.
- Impossible. Rappelez-vous, nous l'avons fait la semaine dernière et les voisins ont menacé de prévenir les services sanitaires tellement ça fouettait."

House of Clocks, comme beaucoup d'autres films réalisés pas Fulci à la fin de sa carrière, est l'adaptation d'un script pondu par le metteur en scène dans la deuxième moitié des années 80, destiné à un format ne dépassant pas les 70 minutes. Le passage voulu par Reteitalia à celui d'une heure et demie est donc un véritable handicap pour le scénario retouché par Gianfranco Clerici et Daniele Stroppa, et contraint le pauvre Lucio à étirer autant que possible certaines scènes. Cela se ressent plus particulièrement dans toute la partie où nos infortunés cambrioleurs tournent en rond dans la propriété des Corsini sans savoir vraiment où aller ni quoi faire. Suffit de voir cette séquence où, alors qu'ils s'apprêtent à mettre les voiles après avoir occis tout le monde, les enfoirés voient le chemin d'accès jusqu'à leur véhicule bloqué par trois dobermans peu avenants. Et l'un d'eux de rétorquer face au danger "Nous n'avons pas le choix. Nous devons attendre qu'il fasse jour pour partir." 
Ooooh bande de buses ! C'est des clébards, pas des vampires ! Réveillez-vous et balancez-leur de la bidoche en espérant qu'ils tombent dans le panneau et vous laisse le temps de vous faire la malle ! Quoi ? Lucio dit que c'est pas possible parce qu'il y a encore une demi-heure à meubler ?
Ah ben dans ce cas-là, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?! De toutes façons ce trio d'ordures mérite de calancher, je défie quiconque d'éprouver une once de sympathie pour eux. Tony, la tête pensante (rien que là on rigole) interprété par Keith Van Hoven (premier rôle dans le Black Demons de Lenzi), reste impassible quelle que soit la situation, profitant de la moindre occasion pour tringler sa copine plutôt que d'essayer de comprendre ce qu'il se trame autour de lui. La copine en question c'est la chanteuse/actrice britannique Karina Huff qui ne tourna qu'en Italie et ce de 1982 à 1994. Mignonne mais pas futée, elle représente en quelque sorte le maillon faible du groupe même si elle ne fait rien pour empêcher les conneries de ses comparses. Le dernier, et pas des moindres, le blondinet complètement taré Paul, est campé par un gars qui nous avait déjà fait mourir de rire dans le Bloody Psycho de Leandro Lucchetti. Rappelez-vous ce fameux pranotherapeuthe sous acide qui arrosait copieusement de lait sa dulcinée dans une scène que l'on croyait tirée d'un porno bulgare. Eh oui, c'est bien de Peter Hintz qu'il s'agit, ici encore plus halluciné qu'à l'accoutumée, le bonhomme n'aimant visiblement pas les félins, ni les vieux, ni les borgnes...

"- Ouah, les potos, c'est vrai qu'elle déchire grave cette jaja ! T'en dis quoi, Sandra ?
- Ouais tu m'étonnes, j'suis complètement refaite. Et toi, Paul, tu vois encore la route après ce que tu t'es envoyé ?
- Ouais nickel, hé, hé,hé...
 Mais bon, font chier toutes ces otaries à traverser la route sans arrêt. J'vais finir par en shooter une."

Souvent dans ses films Fulci cherche à piéger le spectateur, à ce que celui-ci hésite quant au parti à prendre envers tel ou tel personnage; et dans La Casa Nel Tempo il faut bien reconnaître que nous sommes incapables de déterminer qui sont les bons et qui sont les méchants.
Quand Paul, Sandra et Tony abattent froidement Sara dans la salle à manger, notre cœur penche du coté des petits vieux, surtout après le geste désespéré de Vittorio qui se jette sur le corps ensanglanté de son épouse avant d'essayer de la venger... et de succomber à son tour. On sait que ces deux-là ne sont pas nets du tout mais on est touchés par l'amour qui règne encore entre eux. Logique dés lors que notre haine aille vers les trois fumeurs de chichons. Pour un instant seulement, puisqu'une fois les morts revenus d'outre-tombe, nous nous surprenons à espérer que nos tueurs en herbe parviennent à échapper au triste sort qui les attend. Qu'il était fort ce Lucio ! Lui qui, comme à son habitude, en profite pour nous balancer quelques savoureux effets gores à la gueule via d'excellents maquillages réalisés par Giuseppe Ferranti, un habitué de la barbaque à destination du gros bis qui tâche et qui œuvra sur toute une pléthore de classiques du genre : L'avion de l'apocalypse, Cannibal Ferox, Atomic Cyborg, Les Rats de Manhattan, etc.... Il est tellement bon le gazier que le film écope d'une interdiction de passage à la téloche, jugé trop dégueu pour le téléspectateur lambda surement plus sensible que le cinéphile de base (pfffff....). C'était bien la peine de se casser le cul pour en arriver là et le pauvre Giuseppe retiendra la leçon quand il bossera sur La Reine des Hommes-Poissons de Martino quelques années plus tard en ne faisant que le minimum syndical pour la confection des créatures amphibies, à savoir de banals masques de carnaval. Pourquoi se faire chier à concevoir une tunique intégrale pour un téléfilm si c'est pour que la censure vienne te casser les coglioni par la suite ?


 Alors faut-il perdre du temps à visionner ce House Of Clocks ?
Oui si vous appréciez le travail de Lucio Fulci avec son sens soigné de la photographie, une violence toujours aussi exacerbée, des effets spéciaux bien répugnants et une volonté manifeste de piéger le spectateur via des retournements de situations permanents et des personnages tous plus chtarbés les uns que les autres.
Et non si les films étirés plus que de raison pour entrer dans le moule voulu par la production vous exaspèrent, si les dialogues mous du genou vous remémorent les heures les plus sombres de la téléréalité et si le manque de logique ainsi qu'une construction qui part dans tous les sens vous rapelle qu'après avoir visionné un jour des machins comme L’étrange couleur des Larmes de ton Corps vous avez balancé votre télé par la fenêtre.
Maintenant faites comme bon vous semble, le film est dispo sur youtube (sans srt) ou en dvd (US ou UK) mais dites-vous bien que mater La Casa Nel Tempo sera toujours moins douloureux que de visionner l'autre péloche signée Fulci, La Dolce Casa Degli Orrori

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Et un grand merci à Nicolas Hernandes pour nous avoir proposé sa trad du film.
Liens dispos dans les coms.

lundi 3 avril 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : Answer Me

"Il est temps de tester ce téléphone retro que j'ai acheté chez Curious Goods.
On m'a bien dit qu'il fallait rien prendre dans cette boutique mais bon, vu les prix j'en ai rien à cirer."

"Oui, allo ? Bonsoir, je suis l'actrice Joan Matlin.
Pourrais-je parler à monsieur Coppola, il devait me rappeler pour un rôle dans son prochain film."

"- Mr. Coppola ?
- Ouais baby, ici Fred Copula. On a bien reçu tes photos et on t'a trouvé un rôle en or dans mon prochain chef d’œuvre.
Tu interpréteras une vieille Milf chaude comme la braise qui passe ses journées à se faire enfiler des combinés téléphoniques dans le croupion. 
Tiens d'ailleurs, si tu pouvais nous faire une démonstration tout de suite.
- Seigneur... mon copain Leon avait raison. 
Les articles vendus dans cette boutique devaient vraiment appartenir à un ancien tenancier de sex-shop."

Avec cet épisode, Histoires de l'autre monde met encore en scène un objet domestique qui vous fera passer des nuits blanches.
La prochaine fois nous resterons dans le registre des saloperies diaboliques puisqu'il sera question d'une lampe à huile que même Aladin aurait foutu illico à la benne.
Mais il vous faudra patienter un peu car le post suivant sera un inédit made in Charles Band sur lequel je bossais depuis un petit moment.

https://1fichier.com/?jd52vn0d2y

jeudi 23 mars 2017

Ciao Tomas !


Est-il vraiment utile de présenter Tomas Milian, le plus romain des cubains, l'interprète du Commissaire Nico Giraldi, du petit truand Monezza, du sadique Chaco ?
Non... inutile; tout le monde a au moins vu une fois dans sa vie un film avec cet immense acteur.
Le western, le thriller, le poliziottesco, la comédie... Milian était un touche à tout qui excellait dans tous les registres, l'un des comédiens les plus talentueux de sa génération et qui a longtemps contribué au succès du cinéma populaire transalpin.
Aujourd'hui il s'en est allé; là où les artistes de sa trempe deviennent définitivement immortels via l'héritage qu'ils laissent derrière eux.
Ce soir Rome pleure son rejeton préféré mais ce dernier doit déjà, là-haut, faire la fiesta avec son copain Bombolo. Ciao l'artiste, tu vas nous manquer.

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S'il y a un endroit sur la blogosphère qui peut être considéré comme une seconde maison pour le sieur Milian c'est bien l'excellent blog de l'ami Indianagilles :

http://indianagilles.blogspot.fr/

mardi 21 mars 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : All a clone by the telephone

"Bonjour vous êtes bien chez Leon. Je ne peux pas vous répondre alors laissez un message et je vous rappellerai rapidement.
Et voilà, message enregistré. Voyons voir un peu ce que ça donne."

"Bonjour, ici Leon le gros con. 
Je n'ai pas envie de vous répondre alors foutez-vous donc le combiné dans le fondement !"

"Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette merde ?
Ils vont m'entendre à la boutique Curious Goods ! 
Je veux bien qu'ils fassent des "Soldes sataniques sur l’électro-ménager" comme ils disent, mais là c'est vraiment du foutage de gueule !"

Les saloperies maléfiques de tonton Vendredi vous manquent ?
Ce nouvel épisode d'Histoires de l'autre-monde (ainsi que le prochain) va surement vous combler.


 

jeudi 16 mars 2017

NOIRES SONT LES GALAXIES (1981)



La France et ses séries télévisées. On pourrait en parler des heures mais ce serait au risque de se tirer une bastos dans la caboche, surtout si on se décide à aborder le fantastique ou la science-fiction. Allez-y, citez moi un seul show franchouillard qui ait retenu votre attention ?  
Joséphine ange-gardien ? Qui a dit ça ? Le petit Jacques là au fond ? Le fan de Mimie Mathy ? Dégage vite avant que je m'énerve, vaurien !
Par chez nous en effet les séries se cantonnent principalement à conter les aventures mollassonnes de flics narcoleptiques ou ripoux, de magistrates appliquant la loi à la lettre (de la SF...vous croyez ?), d'experts au rabais ou de marseillais vivants apparemment dans une version parallèle de la cité phocéenne. De temps à autre apparaissent quelques incursions intéressantes mais au final force est de reconnaitre que la France est trop souvent incapable de produire de bonnes péloches en lien avec le merveilleux ou l'horreur, que ce soit sur le petit comme sur le grand écran.
Victime d'une malédiction jetée par une société coincée et hypocrite qui gerbe sur le genre tout en se vautrant quotidiennement dans les atrocités balancées par ses chaines infos, le fantastique ne semble être désormais destiné qu'à une tranche de dégénérés boutonneux tout juste bons à se fendre la poire ou a cracher sur les classiques du genre. Pourtant ce ne fût pas toujours le cas. Dans les années 70 et 80 les chaines hexagonales n'hésitaient pas à diffuser à des heures de grande écoute toutes sortes de productions singulières, sans se soucier de savoir si ces dernières pouvaient bien choquer le téléspectateur. On retrouve pêle-mêle des ancêtres de Mulder et Scully avec la série Aux Frontières du Possible en 1971, une Brigade des Maléfices parisiennes (1971 également), un homme mécanique auquel on a greffé le cerveau d'un condamné à mort (La Poupée sanglante en 1976), etc...
Jusqu'au 15 mai 1981, date à laquelle Antenne 2 (future France 2) sort une minisérie qui allait marquer les esprits : Noires Sont les Galaxies.


Si en 1965 le costard noir de Juliette Gréco dans Belphégor faisait méchamment flipper dans les chaumières, il en faut quand même plus au spectateur des années 80 pour être un tant soit peu impressionné. La faute principalement à un septième art qui à cette période n'hésite pas à fracasser tous les tabous instaurés; la violence explose les écrans, renforçant toujours plus la tolérance du cinéphile de base qui ne cesse d'en redemander.
On ne le dira jamais assez : les eighties c'était vraiment le panard ! Fortement influencé par L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman sorti un an plus tôt, Noires sont les Galaxies adapte en quatre épisodes d'une cinquantaine de minutes un scénario de Jacques Armand, lequel avait déjà bossé sur les dialogues de Belphégor et touche ici pour la première fois au domaine de la science-fiction. Daniel Moosman, habitué de ce format TV, passe derrière la caméra et les différents rôles sont confiés à Richard Fontana, Catherine Leprince, François Perrot, Catriona Mac Coll, etc....


C'est en sauvant la danseuse Coretta des griffes d'un tenancier de cabaret complètement psycho que Patrick, jeune interne d'hôpital, se retrouve mêlé à un trafic de cadavres. Mais quand il découvre quelques mois plus tard que les macchabées disparus sont revenus à la vie et qu'ils se baladent comme si de rien n'était au milieu des parisiens, il va se lancer dans une enquête qui le conduira au bord de la folie. Petit à petit Patrick réalise qu'une race extra-terrestre, les Exis, prend possession des morts et s'en sert tels des scaphandres pour vivre sur notre planète sans être incommodée par la pollution. Des êtres à première vue pas véritablement malveillants, mais menacés par une seconde espèce appelée Ninx qui elle, est bien décidée à conquérir notre monde et a posséder tous les êtres humains.
Eh oui, les Body Snatchers ne sont pas loin; et si nos envahisseurs se servent d'appareils importés de leur univers pour transférer leur conscience dans des dépouilles humaines, le coté "végétal qui fait mal"que l'on trouvait dans les chefs d’œuvre de Siegel et Kaufman est bien présent lui aussi.
Les Ninx, afin d'éliminer plus rapidement les Exis, leur font respirer une spore qu'ils ont ramené dans leurs bagages, spore qui se dépose dans l'estomac avant de croitre et de littéralement faire exploser les enveloppes charnelles. Le clin d'œil aux profanateurs chlorophylliens est flagrant, tout comme cette volonté du scénariste d'instaurer un univers hostile et malveillant où il est impossible de se fier à qui que ce soit. Ninx ou Exis, l'ennemi est partout, les jeunes héros Patrick et Coretta l'apprennent à leurs dépens et se retrouvent très vite isolés et contraints de se cacher. Ils seront secondés un certain temps par un couple d'Exis désireux de préserver le semblant de paix qui règne sur Terre, le couple Maubourdin (François Perrot, pointure du ciné frenchy, et la sublime Catriona Mac Coll sortie pour un temps des boucheries du père Fulci), mais celui-ci ne fera pas un pli face aux graines extraterrestres dispensées par les Ninx.


Si noires sont les galaxies, alors sombre l'est également l'atmosphère de cette minisérie. Villages désolés, usines désaffectées et demeures délabrées... une France qui d'un coté se meurt dans des campagnes quasi-désertes et qui d'un autre se complait dans l'insouciance la plus totale et dont la populace se comporte comme un troupeau de moutons déambulant béat dans les artères parisiennes ou sur les quais du métro.
Nul doute n'est permis face aux images qui nous sont proposées : nous sommes bel et bien dans les années 80, et bon sang qu'elle est loin cette époque représentative d'une certaine légèreté d'être, à mille lieues du stress actuel et des dangers permanents qui nous menacent. C'est surement pour cette raison que nos aliens ont choisi ce moment précis pour nous éradiquer, eux qui récupèrent une partie de l'intellect de leurs corps d'emprunt et qui auraient été bien emmerdés en 2017 avec le paquet de têtes vides qu'on se farcit désormais. A partir de là le script signé Jacques Armand semble anticiper de plusieurs décennies la bêtise humaine telle que nous la connaissons aujourd'hui, les paroles de Mme Maubourdin à Patrick trouvent dés lors tout leur sens :"Ce serait très beau la Terre si vous n'étiez pas là, vous les humains". On parle bien entendu d'écologie mais aussi de l'égo surdimensionné d'un être qui ne se rend même pas compte qu'il est en train de flinguer froidement son habitat naturel. Quoi de plus logique qu'il soit remplacé le plus vite possible par une race supérieure, laquelle, contrainte de quitter son monde manu militari, saura prendre soin  de sa nouvelle demeure. Renforcée par une musique jazzy et angoissante, l'ambiance est oppressante à l'extrême mais l'ensemble souffre du syndrome propre à toute production télévisuelle française:  la lenteur exaspérante de la narration. Sur les quatre segments il faudra attendre la fin du second pour que nous soit enfin révélée toute la vérité sur les agissements des Exis, et la conclusion du troisième pour découvrir la présence des Ninx sur terre.
Le rythme est mollasson, de nombreux passages trainent à n'en plus finir et pourrait achever le plus tolérant des spectateurs. Pourtant, bizarrement, impossible de rejoindre Morphée et de lâcher la série; on se dit "putain qu'est-ce que c'est long" mais on a hâte de découvrir ce que peuvent bien manigancer tous ces empaffés d'extra-terrestres aux yeux couleur argent.


Si François Perrot et  Catriona Mac Coll s'en sortent avec les honneurs, il n'en va pas de même pour le couple Fontana/Leprince dont le jeu plus qu'approximatif s'avère très vite irritant. Même si l'interprète de Coretta, malgré un laxisme désarmant lors de certaines scènes dramatiques, se débrouille quand même mieux que son comparse masculin. Fontana n'est pas un bon acteur, ça c'est certain ! Du moins pas devant une caméra.
Il excellait parait-il au théâtre avant de devenir sociétaire de la Comédie Française en 1983. Il poursuivra sa carrière sur les planches jusqu'en 1992, date à laquelle il disparaitra prématurément. L'avoir choisi pour tenir le rôle principal n'était pas le meilleur choix qu'ait pu faire le réalisateur. Exception faite du dernier épisode, on a constamment l'impression que le jeune Patrick ne prend pas toute cette affaire au sérieux et réagit souvent de manière illogique. Jeu très approximatif, sourire en coin permanent, le bonhomme est en parfait décalage face au drame qui se joue autour de lui. Mais ne lui jetons pas la pierre, le montage global du show n'est pas non plus exempt de tout reproche, on a souvent l'impression d'avoir "raté un truc" entre deux scènes. Le charme ringard de la télé franchouillarde en somme.


Qui dit science-fiction dit forcément effets spéciaux et qui dit effets spéciaux à la française dit "my god, mes globes oculaires ont explosé", surtout si l'on remonte plus de trente piges en arrière. Et pourtant, malgré les multiples lynchages que l'on peut lire sur le net à ce sujet, les SFX de Noires sont les Galaxies ne sont pas si mal foutus que ça. Pas nombreux certes mais très convenables. L'immense appareil extra-terrestre que Patrick découvre au fond d'un entrepôt désaffecté et qui sert à "remplir les cadavres" est d'excellente facture et son petit coté retro sympathique nous fait penser à l'intérieur du vaisseau des frangins Bogdanoff dans Temps X. Les monstrueuses plantes qui croissent à l'intérieur des corps humains sont, elles, le petit plus "choc" qui a dû marquer le spectateur des années 80. Les prothèses en latex représentant des thorax, desquels surgissent les énormes lianes verdâtres, font parfaitement illusion. Tout comme cette scène surprenante quand l'arrière d'un véhicule en pleine circulation explose sous la croissance accélérée des végétaux. A se demander si ce n'est pas Noires sont les Galaxies qui a donné envie à nos voisins britanniques de mettre en branle le plus rapidement possible l'adaptation télévisée du roman The Day of the Triffids de John Wyndham (et qui sortira l'année suivante).


Privilège suprême d'une télévision qui en ce temps-là ne se souciait pas encore de ses prudes spectateurs : l'absence de happy end.
Une nouvelle fois calqué sur L'invasion des profanateurs, le final de Noires sont les Galaxies ne cherche pas à épargner ce veau qu'est le terrien. Patrick, tel Kevin Mc Carthy ou Donald Sutherland qui avant lui tentaient d'alerter un monde incrédule que l'invasion avait déjà commencé, se retrouve seul, désarmé et très vite moralement abattu quand il constatera que les Ninx sont tout prêts du but. La séquence dans le métro lors des ultimes minutes est un petit bijou d'angoisse qui vient sceller définitivement le destin des humains.
Noires sont les galaxies... encore plus l'est l'avenir de l'homme. 


Pour visionner cette minisérie il faut donc être d'une tolérance à toute épreuve envers les réalisations d'époque de la télé française: les images sombres et cradingues, les acteurs pitoyables, les dialogues au rabais et la pénible lenteur du récit. Le mieux est encore d'écarter toutes ces tares et de se concentrer sur l'intrigue en elle-même, de se dire que de nos jours les chaines hexagonales sont incapables de produire des trucs aussi gonflés ou les corps humains pètent telles de grosses baudruches sous l'action de plantes extra-terrestres un peu trop envahissantes.
Peu rediffusé sur les petits écrans, Noires sont les galaxies est désormais disponible en coffret 2 DVD depuis février dernier, éditée par Elephant Films, l'une des boites incontournables du moment pour nous avoir déjà offert tous les Universal Monsters restés inédits par chez nous (et pas que...).
Même si l'image peut paraitre parfois un tantinet trop sombre, l'ensemble reste parfaitement regardable et le format 4/3, incontournable de ce type de production, accentue d'autant plus le coté nostalgique du show... enfin pour ceux qui ont eu la chance de le mater sur Antenne 2 à l'époque. Après tout, vu la rareté du machin et son petit coté "OFNI made in France", il serait dommage de faire la fine bouche. Alors remercions le pachyderme et filons lui acheter un gros sac de peanuts !


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vendredi 24 février 2017

KILLJOY (2000)



Il ne fait pas bon être un jeune étudiant tout benêt quand on vit dans un quartier chaud de L.A. C'est ce qu'apprend à ses dépens le pauvre Michael, lui qui chaque jour bave comme un puceau devant la splendide Jeda et qui sert de souffre-douleur à toute une bande de lascars hargneux pas franchement portés sur les études. Lorenzo, le chef du gang et également boyfriend officiel de Jeda, ne supporte pas qu'on vienne marcher sur ses plates-bandes; aussi avec ses copains crétins T-Bone et Baby Boy décide-t-il de donner une bonne leçon à son rival. Malheureusement à force de jouer avec de grosses pétoires sans savoir s'en servir, le petit caïd refroidit par mégarde Michael qui, une fois dans l'au-delà va passer un accord avec un genre particulier de démon : le clown maléfique Killjoy, spécialisé dans la vengeance d'outre-tombe. Un an plus tard, le croque-mitaine rigolard débarque donc dans la téci ricaine pour se débarrasser de la bande à Lorenzo.

"- Yo, ma couille ! C'est moi que j't'ai appelé, alors bouge ton boule et va m'niquer tous ces fils de p....
- Et qui est donc l'infortuné que je dois occire ?
- Zyva, qu'est-ce tu jactes ? J'te d'mande juste de buter des bâtards !"

Les internautes qui viennent régulièrement faire un petit tour sur ce blog le savent très bien, ici on adore les conneries produites par Charles Band.
Que l'on parle de la défunte firme Empire ou de sa petite sœur Full Moon, force est de reconnaitre que toutes les œuvres portant le label de notre sexagénaire californien préféré ont souvent un fumet bien spécifique, signe évident de divertissement assuré ou de séries Z rigolotes. Souvent mais pas toujours comme le prouve ce Killjoy de sinistre mémoire, sorti en 2000. On en a déjà parlé plus d'une fois mais pour les retardataires nous allons revenir cinq minutes sur l'une des périodes les plus sombres dans la carrière de Mister Band.
A la fin des années 90, et comme ce fût déjà le cas du temps d'Empire quand il s'était endetté plus que de raison auprès du Crédit Lyonnais, le bon Charly est dans une dèche phénoménale. Plombé par le déclin du marché vidéo et lâché par la Paramount qui distribuait jusqu'à présent ses films, il tente de sortir toujours plus de métrages, espérant peut-être que l'un d'eux connaisse un succès inespéré et renfloue un minimum son compte en banque à l'agonie. Entre suites bon marché de franchises à succès (Puppet Master), petites ringardises pas déplaisantes mais souvent chiantissimes (The Creeps, Head of the Family, Prison of the Dead) ou grosses bouses imbuvables au scénario rachitique, Full Moon Pictures tire la langue et rien ne semble pouvoir la sauver de la faillite à venir. Pour tenter de donner un coup de collier à sa boutique, Band s'acoquine alors avec JR Bookwalter, réalisateur du sympathique Dead Next Door et big boss de la société de production Tempe Entertainment. L'association des deux bonhommes entraine à ce moment-là un changement majeur pour la Full Moon qui devient la Shadow Entertainment, Charly trouvant que les films qu'il s’apprêtait à sortir s'éloignaient quand même pas mal de l'esprit imposé par sa compagnie lunaire. Horrorvision, Stitches, Witchouse 3 ou le nullisime Jigsaw débouleront sous couvert de cette nouvelle société et prendront de cours tous les fans du réalisateur de Parasite. Fini la folie des glorieuses nineties, les pantins hargneux, les vampires roumains aux pognes à rallonge et les bastons de robots futuristes, la mode est désormais aux sous-scream et aux slashers bas du front. Avec cette volonté manifeste d'en  faire toujours plus histoire de ne  pas tomber dans l'oubli, notre gazier multiplie les labels selon le genre de film qu'il produit : Moonbeam pour les marmots, Torchlight pour ceux qui aiment les films cul-cul avec des gonzesses à poil, Pulp Fantasy pour tout ce qui ne touche pas au fantastique et Big City Pictures qui se concentre sur tout ce qui est horreur urbaine et auquel appartient la clownerie qui nous intéresse ici.



Craig Ross Jr, avant de devenir un metteur en scène spécialisé dans la série TV (Cold Case, Les 4400, Prison Break, Bones...) se fait la main en tentant de mettre en boite cette histoire de démon peinturluré qui sévit dans une sordide cité de Los Angeles. Autant dire qu'il était mal barré pour se faire un nom avec une telle bouse. Budget microscopique, acteurs nullissimes, scénario torché à la va-vite, le pauvre Craig devait se demander dans quelle galère il avait bien pu se fourrer. C'est surement pour cette raison qu'il ne se foule pas trop en filmant le machin comme un gros goret.
Sa caméra semble être tenue par un technicien complètement bourré, l'engin gesticule sans cesse et ne semble pas foutu de se focaliser sur un acteur sans nous coller la nausée. Les scènes sont visiblement cadrées par un aveugle que l'on guiderait par oreillette et des zooms abusifs viennent presque exploser la ganache des persos à chaque fois qu'ils ouvrent la bouche... nous ne sommes plus dans le domaine de l'amateurisme là, mais carrément dans celui du "je m'en foutisme" le plus absolu. Tout semble fait pour plomber les soixante dix petites minutes que dure le film. Car il faut bien le dire, Killjoy c'est le fond du fond du panier percé des prods Band, du même acabit que le lamentable Killer Eye avec son globe oculaire géant qui tripote des donzelles en chaleur pendant plus d'une heure, du Z de chez Z...

"- Hé, c'est quoi ce cadrage foireux ? On voit que dalle !
- On vous avait bien dit que c'était  pas possible d'embaucher un ex-basketteur parkinsonien et alcoolo comme cadreur, m'sieur Craig !"

Pas que l'idée de créer un nouveau croque-mitaine à la punchline facile genre Freddy Krueger soit malvenue mais quitte à se lancer dans ce genre d'expérience au moins faire les choses comme il faut.
Interprété par un Angel Vargas (quelques séries télé et... pas grand chose de plus) visiblement sous coco, Killjoy cabotine en permanence et aligne les pitreries macabres qui trop souvent tombent à plat. Malgré un maquillage pas trop mal foutu, le clown affiche une coiffure façon banane afro surdimensionnée qui le dessert plus qu'elle ne l'avantage, lui conférant un petit coté ridicule qui pour le coup ne lui permettra pas d'entrer au panthéon des clowns psychos à succès aux cotés des Killer Klowns ou du Pennywise de Ça. Comble de la misère pour sa première prestation vidéo, les meurtres qu'il tente de faire passer pour innovants sont d'une pauvreté visuelle à faire chialer, handicapés par un montage qui exclu volontairement toute goutte de sang et massacrés pas des CGI minables.


Dans Killjoy les décors vacillent entre une poignée de scènes extérieures, l'intérieur d'un appartement et une usine désaffectée en guise de monde parallèle où règne en maitre le bozo démoniaque, accentuant d'autant plus l'aspect ultra-fauché du métrage. La banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose, chantait-on dans les années 90; c'est pas faux mais là on pourrait rajouter que la banlieue c'est la loose. On comprend pourquoi tous ces pauvres sauvageons se rebellent constamment contre le système; déjà qu’ils ne sont pas aidés rayon matière grise mais si en plus on les cloitre dans des logements en carton-pâte qui puent la pisse et la gerbe de rat, non là franchement c'est pas possible. Mais tout cela n'est rien comparé au jeu ignoble des comédiens, tous inconnus pour la plupart et dont le doublage franchouillard ne fait qu'aggraver les choses.
Bon, les malheureux ne sont pas aidés non plus avec leur texte, manifestement signé par un rappeur de bas étage.
Wesh gros, mate un peu ce flo qui déchire sa race ! (Attention dialogues authentiques)

"- Tu commences à me gonfler, le clown !
- Ferme ta gueule, l’œuf de Pâques, ou je fais une omelette avec tes couilles !"

"Espèce de bâtard, c'est à moi que tu parles ?"

"- Tu fais quoi ?
- Je vais prendre une douche.
- Allez, reviens te coucher.
- Hé, je fais c'que j'veux.
- Ben allez, va prendre ta douche et me fais plus chier avec tes conneries !
De toute façon tu pues d'la chatte."

Ah ils peuvent s'accrocher les Booba et autres Jul avec leurs proses à deux balles !
J'ai quand même tenu à vérifier si la version originale était du même niveau que la française, des fois que des doubleurs beurrés comme des p'tits Lu se soient amusés à raconter des conneries pour pimenter un film déjà super mal branlé. Eh bien non, même pas, le texte est respecté à la lettre.
Charly se la joue caillera à 100% ! On imagine bien que notre bonhomme, toujours plein d'idées, a certainement voulu mettre en branle une nouvelle franchise basée sur une version hardcore du fameux Grippe-sou inventé par Stephen King, mais la sauce ne prend pas. Quelques petits trucs disséminés ici et là pourrait toutefois se révéler  intéressants : la camionnette de marchand de glace, sorte de Tardis maquillé qui permet aux protagonistes de pénétrer dans l'univers de Killjoy, ou la toute puissance du clown face à des petits caïds beaucoup trop sûrs d'eux. Le scénario pondu par le spécialiste de la blaxploitation gangsta, Carl Washington, s'applique fort heureusement à limiter les temps morts au maximum mais tourne à vide après les 35 premières minutes, une fois refroidi le gang de Lorenzo. Il se rabat alors sur la pulpeuse Jeda, son nouveau copain Jamal et sur leur copine Monique, les jetant dans les griffes du clown sans véritable raison apparente, se permettant même de ramener les lascars dézingués plus tôt sous forme de zombies à la botte de Killjoy. Michael était amoureux de Jeda, pourquoi aurait-il demandé au bozo barjot de la buter elle-aussi ? Et que vient foutre ce gugusse fantomatique qui semble tout savoir sur ce micmac surnaturel et qui divulgue à nos héros toutes les combines pour renvoyer le démon là d'où il vient ? Et pourquoi Ross s'obstine à étirer son final plus que de raison en nous balançant rebondissements sur rebondissements ?
Et pourquoi j'ai maté cette merde, moi ?

 
"- Yo bozo ! Reluque un peu ces pouliches là-bas, elles nous matent depuis dix minutes.
- Hé, hé, hé, c'est moi qu'elles regardent plutôt, parce que toi depuis que tu t'es gerbé sur le marcel t'as plus l'air trop frais."

Manque évident de moyens, violence beaucoup trop timide pour capter notre attention plus de cinq minutes, Killjoy sent des pieds comme c'est pas permis. Et croyez-moi, vu la pointure du clown ça chlingue puissance dix ! Mais prenez-garde, ici l'horreur n'est pas seulement visuelle ou olfactive, elle est surtout auditive grâce à un score hallucinant et surement repiqué à un vieux porno des seventies. On s'attend presque à voir le démon vicelard sortir son gros marteau pour honorer comme il se doit la belle Jeda (si seulement...). 70 minutes de film, 70 minutes à écouter une mélasse dégueulasse propre à vous faire exploser les tympans. Pas une seule seconde de répit ! Le monteur devait fumer des pétards en bossant, je ne vois pas d'autre explication.
Dés lors on se demande comment cette purge a pu suffisamment marcher pour que Band lance deux ans plus tard un Killjoy 2  réalisé cette fois par l'actrice/productrice Tammi Sutton. Quand on voit la qualité de ce premier opus nous sommes en droit de nous attendre au pire, surtout que la franchise en est actuellement à son cinquième épisode ! Généralement les suites cinématographiques se révèlent être de plus en plus calamiteuses au fil du temps, les exemples en la matière ne manquent pas. Mais c'est sans compter sur notre bon vieux Charly qui ne peut jamais faire les choses comme tout le monde. Et c'est tant mieux !
A suivre...

Pour ceux qui désireraient quand même mettre la main sur la galette numérique de cette merveille, sachez qu'Elephant l' a sorti il y a de nombreuses années sous deux éditions différentes : l'une basique et la seconde se présentant sous la forme d'un digipack 2 DVD comprenant Killjoy et Killjoy 2.


Sinon vous avez toujours ce petit lien, la qualité est pas top mais vu que le film ne l'est pas non plus...