mercredi 11 octobre 2017

RETRO WIZARD DAY 2017



Le 8 octobre dernier se tenait donc dans la douce ville de Liège le second Retro Wizard Day, convention ciné/comics/manga/etc... en passe de sérieusement concurrencer le fameux Bloody Weekend Audincourtois. N'ayant pu assister à la première édition je m'étais sérieusement fait pourrir par l'organisateur du festoche, le pourtant ultra-sympathique Pascal Gillon, lequel s'apprêtait à balancer sur la toile des montages photos de ma personne en train de trinquer avec Macron si je refusais de débouler cette fois-ci en Belgique. Connaissant le lascar il ne valait mieux pas prendre de risques (je plaisante, Pascal est une crème).


Après huit bonnes heures de route me voilà donc en terre liégeoise avec Madame pour une soirée pré-convention qui se tenait dans la salle de spectacle nommée "La Zone". Rapidement je retrouve avec une joie indescriptible tous les copains bisseux : mon frangin et partenaire aquaphile Rigs Mordo (alias ze human machine who never sleeps), Mister Videotopsie David Didelot (toujours aussi furax envers Tarantino pour avoir plagié sans vergogne le travail de Bruno Mattei), le papa ours du fanzinat Didier Lefèvre qui avait ramené pour l'occasion l'énooooorme dernier numéro de Medusa, le Fanzinophile au grand cœur Laurent Faiella et l'un des ténors de l'excellent site Monster Squad, le poto Tom Phénix. Même si cela ne faisait que quelques mois qu'on ne s'était pas revus "en vrai", on avait l'impression de s'être quittés depuis une éternité. Ensemble nous assistons à la projection de quatre courts-métrages tout spécialement sélectionnés pour l'occasion : Le Hibou de Laetitia Arquembourg avec l'actrice Vee Honoré en nouvelle quinquagénaire sur le point de sérieusement péter un câble, La Quatrième Nuit de Vincent et Stéphane Leroux, belle et délicieuse fable onirique sur fond d'enlèvement extra-terrestre, le tonitruant Revolution de Joffrey Schmitt, véritable déclaration d'amour au cinéma d'exploitation des années 80 (voir chronique sur ce même blog) et Cruelle Est La Nuit d'Alan Deprez avec ses trois activistes complètement fêlés qui s'en vont traquer un politicien véreux en pleine partouze échangiste (violence, sexe, gore... que demander de plus ?). Ambiance de feu et véritable déchaînement d'applaudissements viennent ponctuer la séance, le summum de cette folie jubilatoire ayant été certainement atteint après le passage de Revolution qui visiblement faisait l'unanimité. Occasion rêvée de pouvoir enfin discuter face à face avec son réalisateur et lui demander comment il avait pu accoucher tout seul d'une œuvre aussi bandante et aussi bien foutue. Honte à vous si vous ne l'avez toujours pas vue et honte à tous ceux qui la refuse dans leurs soi-disant festivals de courts-métrages ! Le sieur Schmitt est un gars en or et mérite bien mieux que ça ! Honte aussi de boycotter la réalisation d'autres "gars en or" : les frères Leroux. Difficile de trouver plus gentils, vous pouvez me croire. Leur immense talent mériterait vraiment d'être reconnu à sa juste valeur, et si vous les connaissiez vous aussi vous sauriez que mes propos ne tiennent nullement du banal cirage de pompes.
La soirée se poursuit avec la diffusion sur grand écran du cultissime Braindead de Peter Jackson, mais l'appel du ventre ayant pris le dessus nous décidons de nous éclipser pour refaire le monde au resto du coin. Et comme ce genre de discussion se prolonge toujours tard dans la nuit, il faut se faire violence pour lâcher prise et regagner nos chambres d'hôtel. Je tente bien de parcourir à bout de bras le dernier Medusa allongé sur ma couche mais celui-ci m'échappant des mains, m'assomme jusqu'au petit matin. A lire sur un lutrin donc.


Dimanche matin, Centre Culturel de Chenée, ouverture à 10h00 d'un Retro Wizard Day qui s'étale sur deux immenses salles. Des exposants à foison, du DVD, des goodies, des auteurs, des acteurs, des cosplayers et nous-mêmes, tous installés à nos tables respectives afin de présenter le matos que nous avions ramené. Rigs et ma pomme présentons l'ultime micro-tirage de notre fanzine Black Lagoon, même si au final nous avons passé plus de temps à papoter à droite et à gauche, laissant la charge du stand à Tata Jack. Il faut dire que ce genre d'événement est l'occasion ou jamais de rencontrer à la fois nos lecteurs (big thanx à Ruben, Vincent, Lucas, Stéphanie et tous les autres) mais aussi de retrouver d'autres personnes chères à notre cœur : Romuald et Patrice le duo d'enfer d'Uncut Movies, le romancier tatoué Eric Palumbo (Les Ténèbres de l'Aube que je ne cesserai jamais de recommander chaudement), Richard Duquet et son étal démentiel de galettes numériques en tous genres, Lemmy Lemonhead, Luis, Patrick et Christian du Boulevard du Cinéma, etc... etc... Un panard d'enfer !


Il y a surtout ceux que l'on n'espérait pas. Petertaste, pilier incontestable de la blogosphère et maître chevronné en traduction de péloches improbables vient me serrer la pogne ! Si je m'étais attendu à ça ! Autour d'une bonne bière (la prochaine tournée est pour moi mon pote !) nous nous remémorons les films sur lesquels nous avons travaillé, du plus recommandable à la plus sinistre des daubes. Sans parler du temps passé à essayer de décrypter tel ou tel dialogue. Que de souvenirs !


Et pendant que le sieur Mordo partait jouer les tyrans en tant que membre du jury cosplay (T'étais en stormtrooper, t'avais perdu d'avance), je lâche encore une fois mon stand pour aller glaner quelques revues de presse made in Empire auprès de la charmante Hélène Merrick, sympathique "fille de Starfix" et de quoi nourrir mon lecteur DVD/BR chez les dangereux comparses d'Uncut et le sieur Richard. Dangereux pour mon portefeuille j'entends bien.

"Cette fois-ci, Mr. Mordo, si vous n'aimez pas le déguisement de cette jeune fille, évitez de le montrer avec autant d'entrain. 
Ne faites comme avec le candidat précédent, celui qui est assis tout penaud dans le fond.
Les parents apprécient moyennement de retrouver leurs bambins avec un couteau de boucher planté dans le crane."

Quand vient l'heure de quitter tout ce beau monde on en a gros comme dirait Perceval, on remblaye tout son matos dans le coffre de la bagnole en se disant que la journée est passée bien trop vite à notre gout. Comme le Bloody Weekend, le Retro Wizard Day s'est imposé à son tour comme un lieu unique de rendez-vous pour tous les passionnés du genre. Une bouffée d'air frais au milieu du train-train quotidien. Une occasion inespérée de se retrouver entre potes et de laisser de coté pour un temps les Facebooks et autres Messengers qui pallient au fait que nous habitons tous loin les uns des autres. A l'heure où je tape ces lignes, ces mecs-là me manquent déjà énormément. Pour ça et pour tout le reste, merci Pascal ! Tu as bien fait de me faire chanter pour venir à ta convention ! ;)


Alors si vous aussi vous avez l'occasion l'année prochaine d'aller faire un tour à Liège n'hésitez pas à venir au RWD. Non seulement c'est pour la bonne cause (l'ensemble des bénéfices a été reversé à CAP 48, organisation belge permettant de récolter des fonds à destination des personnes handicapées) mais c'est aussi parfait pour vous rebooster jusqu'au prochain événement du même acabit.

See you next year comme qui dirait !

 Quelques liens bien pratiques pour visionner certains des courts-métrages cités ci-dessus : 



Le Hibou

lundi 25 septembre 2017

THE SWEET HOUSE OF HORRORS (1989)



Deux enfants, Marco et Sarah, sont confiés et à leur oncle Carlo et à leur tante Marcia après que leurs parents aient été brutalement tués par un cambrioleur. Mais les deux défunts refusent d’abandonner leur progéniture et reviennent sous la forme de spectres, entraînant l’inquiétude de Carlo et Marcia, fort soucieux devant le comportement singulier des bambins et les manifestations surnaturelles qui sévissent autour d’eux. 

Message de l'Association contre la Maltraitance des Têtes-à claques :
"L'A.M.T se réserve le droit de coller un procès à tout individu qui laissera un commentaire pouvant laisser penser 
que les deux enfants aperçus dans cette oeuvre cinématographique méritent de bonnes baffes."

Seconde baraque maudite pour le père Fulci après la maison des horloges réalisée à la même période pour les Case Maledette, la mini série commandée par la chaîne télé Reteitalia. La Casa Nel Tempo, malgré certains défauts facilement identifiables, constituait une toute petite série B qui se laissait plutôt bien regarder. En est-il de même pour cette Dolce Casa Degli Orrori emballée la même année ? Rien n'est moins sûr. Pourtant le premier quart d'heure promettait un spectacle bien dégueulasse comme seul le metteur en scène de Zombi 2 savait nous en offrir.
Surprenant un voleur cagoulé pas très discret dans leur demeure, Mary et Roberto Valdi se font littéralement mettre en pièce par le malfrat. L'homme est tabassé, se fait exploser la boite crânienne contre un mur et termine le visage lacéré par une espèce de tisonnier. La femme quant à elle reçoit des coups de pilon en pleine poire qui lui font jaillir les globes oculaires des orbites, scène absolument immonde où aucun détail ne nous est épargné.
Sang, chair arrachée, barbaque... la boucherie est totale et le spectateur trépigne de joie en se disant que le maestro Lucio est enfin de retour !
Manque de bol, l'extase ne durera pas plus longtemps, Fulci délaissant le semblant de giallo craspec entamé avec le carnage du début pour se concentrer exclusivement sur les deux enfants du couple assassiné, les très têtes à claque Marco et Sarah interprétés par le blondinet Giuliano Gensini, déjà aperçu en marmot bouffeur de rats dans La Reine des Hommes-Poissons, et la future madame Francesco Totti, Ilary Blasi.

"- Alors comme ça on punit ses enfants pour avoir foutu le feu à la bagnole des voisins ?
L'A.M.T ne peut tolérer ce genre de violences ! Ça va vous rentrer dans le crâne oui ou non ?
- Aïlleuh... m'enfin...."

"- Et toi tu refuses de les laisser regarder Dorcel TV ? Non mais dans quel monde vit-on ?
Tiens, pour la peine tu regarderas plus tes feuilletons à la con que d'un œil !
- Ah la vache, rigole pas à l'A.M.T. Aie ça pique !"

Fulci, les moutards il connait bien et en a dirigé plus d'un tout au long de sa carrière. Il prend généralement un malin plaisir à leur attribuer certaines capacités hors du commun : ils peuvent entrer en contact avec l'au-delà, voir des spectres, ressentir le danger à venir, etc... Des bambins paumés la plupart du temps, incompris des adultes et seuls conscients de la gravité des choses qui surviennent autour d'eux (remember le petit Bob de La Maison près du Cimetière). Marco et Sarah ne dérogent pas à la règle. Recueillis par leur oncle et leur tante qui viennent vivre avec eux dans la demeure qu'ils occupaient avec leurs parents, les enfants entrent très vite en contact avec l'âme de leurs défunts géniteurs. Errant d'abord dans la villa sous la forme de flammèches ricanantes, les parents adoptent ensuite une forme plus humaine histoire de confirmer à leurs gosses qu'ils sont bien revenus pour veiller sur eux et leur doux foyer.

"- Les enfants ! Ça sent le cramé ! C'est vient de votre chambre ?
- Ouais on joue avec des allumettes ! Là on voit qui va tenir le plus longtemps avec la main en feu.
Pourquoi, ça te dérange la vioque ? Fais pas chier ou j'appelle qui tu sais !
- Non, non, pas de souci mes chéris, amusez-vous bien. Et si vous avez besoin d'un peu d'essence dites-le moi."

La violence exacerbée des premiers instants est alors oubliée au profit d'une ambiance sucrée façon Disney, pleine de bonnes intentions et sirupeuse à souhait. Fulci n'ayant nullement l'intention de mettre en boite un énième giallo, l'identité du cambrioleur sadique nous est révélée dés la seconde séquence du film, au moment de l'enterrement du couple. Si certains s'attendaient à ce que le meurtrier soit démasqué lors des dernières minutes comme dans tout bon thriller qui se respecte, eh ben c'est raté ! Le coupable est Guido, l'homme à tout faire de la maison auquel prête ses traits une trogne bien connue des amateurs de bis transalpin, Lino Salemme, un bon pote de Lamberto Bava puisque déjà aperçu dans les deux Démons, Delirium ou Une nuit au Cimetière. Bien entendu ses victimes lui régleront rapidos son compte histoire que le scénario pondu par Fulci ne se fixe plus qu'exclusivement sur les petits orphelins. La mort du tueur sera l'ultime séquence un tant soit peu violente de l'oeuvre, la seconde moitié de cette douce maison des horreurs se déroulant dés lors comme n'importe quel téléfilm diffusé en première partie de soirée sur Gulli. Jouets se déplaçant tous seuls, escaliers taquins qui font chuter un vilain promoteur... témoins de ces étranges phénomènes, les mômes s'amusent comme des petits fous. On se demande d'ailleurs s'ils ont vraiment la lumière à tous les étages ces deux mouflets, suffit de voir leurs réactions lors de la mise en terre de leurs géniteurs. Pleurant à chaude larme tout en faisant des bulles de chewing-gum, ils se moquent de certains adultes et explosent de rire en pleine cérémonie funéraire. On veut bien qu'ils soient fortement marqués par le drame survenu mais la suite n'est pas plus rassurante pour autant : vêtus de masques d'animaux en carton pâte les gnomes entament chez eux un rituel étrange sous les yeux médusés de leurs tuteurs. Et que dire de cette dernière scène où les petits salopiauds se marrent comme des bossus alors que devant eux un homme hurle de douleur quand sa main se liquéfie sous la chaleur d'une pierre aux vertus surnaturelles. Ravagés je vous dis !

"- Non mais c'est bon, arrête de chialer ! Je sais que L'A.M.T y a été un peu fort après que les parents nous aient engueulé 
pour le coup du chat crevé dans leur lit, mais ce qui est fait est fait !
- C'est pas ça ! C'est le curé là ! Y m'fait peur avec sa tronche de vieux pervers. 
Je suis sûr qu'il va essayer de nous tripoter après la cérémonie !
Va t-en vieux vicelard !Tiens je te crache à la gueule moi ! Ptiuuu !!!"

"Mais... mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Enfin jeune homme, pourquoi me crachez-vous dessus ?
Un peu de respect quand même, ce sont les obsèques de vos parents.
Aie ! Mais c'est qu'il m'a balancé du chewing-gum dans les yeux le petit saligaud !"

"- Ha, ha, ha ! Excellent ma couille, tu l'as pas raté !
- Attends je vais lui asséner le coup de grâce. 
M'en vais te lui coller tout le chewing-gum sur la caboche grâce à mon méga-glaviot supersonique. 
Rrrrrrrrrraaaaaat-peuh !"

" Bon dieu de bon dieu, trop c'est trop. A cause de ces petits merdeux mon galure est foutu !
Sales dégueulasses ! Rien à battre, je me tire ! Terminez sans moi !"

Cinzia Monreale (Blue Holocaust, L'au-Delà) et Jean-Christophe Bretigniere (le Lucifer des Rats de Manhattan) semblent se demander dans quel merdier ils ont bien pu se fourrer en acceptant de prendre en charge leur neveu et nièce.Témoins involontaires du retour des deux membres assassinés de leur famille, ils ne font que subir les événements étranges qui se déroulent dans leur nouvelle demeure. Histoire d'en finir au plus vite avec tout ce cinéma ils tenteront de soustraire malgré eux Marco et Sarah à l'influence de la bâtisse. Peine perdue puisque papa et maman fantômes sont bien décidés à garder auprès d'eux leur marmaille en empêchant si besoin est toute tentative de quitter la propriété, et ce de quelque façon que ce soit (brouillard à couper au couteau, mur invisible, bagnole en carafe...). Pas découragés pour autant Marcia et Carlo font appel à un exorciste allemand incarné par le vétéran Vernon Dobtcheff. Dés lors le film atteint des sommets de ridicule. Voyant qu'il lui est impossible de virer les spectres de la demeure, le cureton fait venir un tractopelle pour raser la casbah. On ne va pas quand même pas se faire chier pendant des plombes à essayer d'exorciser la maison, autant la foutre en l'air ça ira plus vite. Mais là aussi c'est peine perdue. Possédé par les parents fantômes, le bulldozer pète un câble, sautille de partout en accéléré sur une musique style Benny Hill et refuse d'obéir à celui qui le manœuvre. Les mioches se fendent la poire, tonton et tata ne savent plus quoi faire et nous, nous sommes atterrés par un spectacle aussi trompeur. Eh bien oui, on commence avec quelque chose d'ultra violent et on termine avec un machin cul-cul la praline destiné aux moins de 12 ans. Difficile de trouver donc des excuses à Fulci qui semble visiblement ne pas savoir quoi foutre de son long-métrage. Est-ce un film d'horreur ? Non, puisque les trois derniers quarts ne peuvent être appréciés que par nos chères tètes blondes. Une comédie fantastique pour gamins alors ? Non plus, les dix premières minutes à elles seules pouvant être déconseillées aux moins de 16 ans. Damned, qui pourrait donc apprécier ce truc à sa juste valeur ?

"Qu'est-ce tu fous Carlos ? Fais gaffe avec ton engin ! T'es encore torché ou quoi ?"

"- Ma quésse que cé qué cé bordel ? Hic.... les commandé elles font n'impourte quoi....
- Elles sont à ta gauche les commandes, grosse piche !"

Avec un budget rachitique, Lucio Fulci s'essaie ici au mélange des genres mais se gaufre dans les grandes largeurs, l'écart entre la première séquence et la suite du métrage étant beaucoup trop prononcée. Comme pour la Casa nel Tempo, Vince Tempera et Giuseppe Ferranti font des merveilles dans leurs attributions respectives, à savoir la musique et les effets spéciaux. Tout cela est mélodieux et bien dégueulasse mais ne nous empêche nullement de nous demander ce que l’on est réellement en train de mater pendant les 90 minutes réglementaires.
Ajoutez-y une bonne rasade de mièvrerie bien sirupeuse sur fond d’hymne au pouvoir de l’amour et vous constaterez qu’avec cette Douce Maison des Horreurs, Fulci s’est décidé en cours de route à troquer ses habits de maestro du gore contre les vieilles charentaises d’un banal papy gâteau. 

"- Regarde frangin, un autre vieux pédophile tout rabougri !
- Bouge pas je vais lui cracher à la gueule. Rrrrrrrrrrr...."

"- Vade retro, engeance de Satan ! Gardez vos mollards putrides pour votre géniteur infernal !
- Heu... mon père, quand on a dit que c'était de véritables petites diables ce n'était quand même pas à ce point-là."

Mais malgré tout, et pour éviter de faire comme les critiques habituelles qui ont tendance à dézinguer le pauvre Lucio dés qu'il s'agit d'aborder la fin de sa filmographie, ce film réalisé sept ans avant le décès du réalisateur  mérite d'être vu par tout fan du bonhomme. Déjà parce que le scénario est signé Fulci himself et, mis à part ce coté inquiétant des deux gosses que cherche à imposer le metteur en scène et qui est plutôt bien foutu, on en vient à se demander comment le film a pu vriller de la sorte dans sa deuxième moitié. Ensuite parce que malgré tous les défauts cités plus haut, le métrage n'est à aucun moment ennuyeux. Souvent affligeant tellement il est niais quand il se centralise sur les deux marmots, ça c'est certain. A se pisser dessus de rire dans son dernier quart, y'a pas de doute. Mais ennuyeux, ça ô grand jamais ! Nous sommes quand même à mille lieues de somnifères transalpins comme  l'indéfendable Killing Birds de Claudio Lattanzi (L’Attaque des Morts-Vivants en français) et si Fulci a facilement fait mieux tout au long de sa carrière, tout visionnage du machin est recommandé afin de se faire soi-même sa propre opinion. Après tout, une œuvre aussi versatile dans sa construction ça ne se voit quand même pas tous les jours.

"- Prête frangine ? Le premier qui arrive en bas des escaliers sans faire tomber la bougie et foutre le feu à la moquette à gagné !
- Ouais mais j'y vois rien avec ce masque.
- Normal, sinon ce serait trop fastoche."

"- Mon chéri, il faut se rendre à l'évidence, je crois qu'il va falloir les interner. 
Ils sont complètement à la masse.
- Je sais pas trop. Depuis qu'ils portent ces masques j'ai nettement moins envie de les baffer."

Inédit en France aussi bien en VHS qu'en DVD, Sweet House of Horrors est disponible soit chez nos voisins d'outre-manche via la galette éditée par Cornerstone en 2009 (Piste anglaise sans sous-titres) soit chez Shriek Show aux USA (Pistes anglaise sans sous-titres non plus).

Ou si quelqu'un a une trad sous la main, qu'il n'hésite pas à nous la faire partager.

video

lundi 4 septembre 2017

Liste scolaire pour passer une bonne rentrée.


"Youpi c'est la rentrée !" a failli titrer un célèbre magazine de ciné fantastique. Heureusement tout ceci n'était qu'histoire de remuer un peu plus le couteau dans la plaie. Je t'en foutrais moi des "Youpi, c'est la rentrée !". Car cette sombre période ne signifie qu'une chose : repartir pour une année de taf avant de pouvoir à nouveau souffler un peu. Et vu comme ça s'annonce nous avons de bonnes raisons de nous inquiéter. Entre Manu la Menace qui affûte déjà ses couteaux pour nous saigner à blanc avant de se servir de nos biftons pour ramasser les crottes de son clébard, et l'invasion silencieuse de ces enfoirés de Mangeurs de Cerveaux qui se poursuit sans que personne ne daigne réagir, je vous garantis qu'on ne va pas vers de beaux jours. Vous pensez que je débloque ? Allez faire un tour dans la rue ou tout simplement sur les réseaux sociaux, vous verrez si j'ai tort ! D'ailleurs moi aussi j'ai dû contrer une attaque lancée sur ma matière grise après avoir eu la malencontreuse idée de visionner Alien Covenant il y a quelques semaines. Du coup je n'ose plus regarder de nouveautés de peur de me transformer en octopode maléfique.
Bref c'est tellement la débandade en ce bas monde que même nos idoles prennent le parti de l'abandonner : George Romero, Tobe Hooper, voire dans un tout autre registre Mireille Darc, icone représentative d'un temps révolu où les comédies franchouillardes savaient encore nous divertir.
Triste tout ça !
Maintenant que je vous ai bien plombé le moral voici une combine radicale pour éviter de sombrer lamentablement dans la bibine face à tant de misère (vous devriez être habitué depuis le temps que je vous ressers les mêmes conneries à chaque nouveau mois de septembre). Vu que potasser un bon bouquin vaut toujours mieux que de s'abrutir devant les gogoleries du petit écran, nous retiendrons aujourd'hui une cargaison de saines lectures prêtes à  débouler prestement dans nos chaumières. Certaines sont même déjà là tel le nouveau numéro de l'excellent fanzine Trash Times (le dix-huitième pour être précis) qui nous a concocté un sommaire particulièrement alléchant : un hommage à Santo avec douze pages revenant sur les débuts de carrière de L'Enmascarado de Plata, une interview de son fiston et de Jimmy Pantera, un retour sur l'Apesploitation et les ersatz de La Planete des Singes, sur The Wanderers de Philip Kauffman, une rencontre avec le musicien Harley Flanagan, une autre avec l'illustrateur belge Dave Decat, le tout en passant par Gibsonton le refuge des freaks américains. Ajoutez à cela les news  habituelles, les hommages à nos chers disparus, les reviews de comics, zines et livres tout frais sortis ainsi qu'un entretien avec Frederic Stokman, le fondateur de Neofelis Editions, et vous comprendrez pourquoi Trash Times s'impose comme l'un des magazines non-pros les mieux foutus du moment. Entièrement en couleurs et ultra-documenté... pas de doute, les rédacteurs de ce zine bordelais savent comment nous faire partager leur passion et nous attendons avec impatience leur future rétrospective sur la carrière ciné de Santo.


Puisqu'on en est à parler de Neofelis, ces derniers ne sont pas en reste puisque ils nous ont sortis il y a quelques mois leur second numéro de Comics Signatures, le fanzine des super-héros. Après un premier opus intégralement consacré au monte-en-l'air de chez Marvel, voici venu le tour des X-Men et de l'un des plus grands artistes ayant œuvré sur ce titre, John Byrne.


On change à présent carrément de registre avec le neuvième numéro de Toutes les Couleurs du Bis qui se penche sur le cas de Traci Lords.
Bon, c'est sûr que nous aussi on aimerait bien se pencher sur son cas mais vu qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut on se contentera de passer en revue les 61 chroniques relatives à ses 19 premières années dans le cinéma. Certains se plaignent déjà d'avoir choppé des ampoules aux mains, soit-disant à force d'avoir trop feuilleter ce petit bouquin. Ben voyons !  Ce serait pas plutôt à force de s'user les poignets devant les photos de la belle ?
Gardez des forces les gars, un second volume est prévu pour très bientôt !


On passe maintenant aux futures sorties, et pas des moindres puisque se profile à l'horizon le bottin du fanzinat, le King Size de chez Mac Lefevre....
le Medusa n°28. Le sommaire est tellement maousse qu'il serait difficile de tout faire entrer ici. On y trouve donc un méga dossier coulrophobie (56 pages) avec tout plein de méchants clowns, un autre sur le slasher, un sur la fameuse firme anglaise Amicus, des chroniques de bisseries en tous genres à la pelle, des entretiens avec John Hough et son fiston Paul, etc....  Avec ça vous aurez de quoi bouquiner pour les six prochains mois.

En précommande dés maintenant à l'adresse suivante :

Autre précommande qu'il était impossible de passer sous silence : le livre tant attendu de Damien Granger, B-Movie Posters volume 1.
150 affiches et chroniques de séries B qui envoient du gros ! The Amazing Bulk, Night Feeder, Alien Within, Black Roses, Death to The Pee Wee Squad, Mutantis, Battle Queen 2020... ces quelques titres ne vous disent rien ? Alors attendez un peu de voir les autres !
Pour en savoir plus il vous suffit d'aller jeter un œil sur la page Ulule où ce magnifique objet n'attend plus que vous pour voir le jour.


Il y a donc largement de quoi s'occuper avec tout ça; et si vous avez la chance d'avoir un minimum de connaissances en anglais vous pouvez aussi ajouter sur votre liste pas mal de bouquins en provenance d'outre atlantique.



Sur ce, bonne rentrée à tous !


vendredi 21 juillet 2017

HOLIDAYS, BIG THANX & FINAL REUPLOAD !


Les vacances sont là et avec elles une certaine envie de ne rien glander, de gambader dans les champs ou de profiter de la plage les doigts de pieds en éventail. Et après une année bien remplie et riche en émotions (Jul qui décroche une victoire de la musique, Tom Cruise qui pisse sur les monstres d'Universal, etc...) il est sérieusement temps de s'aérer les neurones et d'annoncer les changements que vont connaitre ce blog dés la rentrée.
Certains l'ont remarqué, les posts se font beaucoup moins nombreux qu'auparavant. Le fait est qu'il m'est désormais impossible de trouver suffisamment de temps à consacrer à de nouvelles traductions, déjà que j'ai du mal à boucler les épisodes de la saison 1 de Tales From The Darkside que je distille au compte-goutte... La sortie du fanzine Black Lagoon, sa distribution, sa création... tout cela empiète grandement sur le reste.
Mis en vente début mai ce très très modeste canard, dans lequel mon comparse Rigs Mordo et moi-même avons mis tout notre cœur, a été dilapidé en même pas deux mois. On ne s'y attendait pas vraiment pour tout dire. 200 exemplaires ce n'est certes pas beaucoup mais l'engouement et les retours positifs concernant cette première immersion dans le lagon noir nous a tellement reboosté que nous n'avons pas traîné à nous remettre au boulot pour un second opus qui, nous l'espérons, sera encore plus beau. Alors pour tout l’intérêt que certains d'entre vous ont démontré vis à vis de notre bébé difforme, nous souhaitions adresser un énnnoooorme MERCI !
Mais revenons un instant à Curious Goods. S'il n'est nullement mon intention de fermer ce blog, je dois bien reconnaître qu'il m'est par contre difficile de l'alimenter aussi bien qu'auparavant, du moins en ce qui concerne les traductions de films. Pour tout vous dire j'en ai surtout ras-le-bol de passer une éternité à réuploader les liens morts, la faute à un débit déplorable à la baraque qui me donne régulièrement envie de savater ma box en espérant que ça lui fera se bouger le cul.
J'ai donc décidé, à partir de septembre, de supprimer tous les liens présents sur ce blog et d'uploader l'intégralité des fichiers srt chez opensubtitles. Avant ça, je procède actuellement à une ultime remise en ligne de tous les films et épisodes de séries télé qui sont à ma disposition.
A l'heure actuelle vous pouvez déjà retrouver les 72 épisodes de Friday The 13th, ceux de Tales From the Darkside et la quasi totalité des longs-métrages que j'ai encore sous le coude. A la réouverture du blog fin Août les liens seront tous actifs mais ne seront plus renouvelés et disparaîtront au fur et à mesure qu'ils deviendront obsolètes. Alors si quelque chose vous intéresse ne traînez pas.
Et pour la suite alors ? Tout sera une fois de plus une question de temps, mais il est fort peu probable que de nouvelles traductions de films apparaissent dans les mois à venir. Je vais essayer de boucler au moins la première saison d'Histoires de l'Autre-Monde et après on verra.
Afin d'alimenter le blog un tant soit peu je posterai quelques chroniques de raretés dégotées sur le net ou de nouveautés éditées par chez nous (ou ailleurs) qui mériteraient d’être mieux connues : du dvd, du Bluray, des bouquins, etc.... Ensuite il ne sera plus utile de demander les liens des films qui furent traités, les srt seront chez opensubtitles et les vidéos... à droite et à gauche sur la toile.
Sous-titrer quelque chose d'inédit est vraiment passionnant à faire, je ne vous le cache pas; sans parler du plaisir d'avoir enfin entre les pognes une péloche que notre beau pays n'a pas jugé digne de voir débouler sur son sol. Mais le temps que ça demande est considérable et malheureusement ce temps-là je ne l'ai plus (il faut dire aussi que j'ai plus ou moins fait le tour de tous les trucs non-sous titrés qui m’intéressaient).
Il y aura quand même quelques exceptions (l'arrivée prochaine des futurs Puppet Master en étant une parmi d'autres) mais sinon je passe la main à tous les copains qui, grâce à leurs repacks d'une qualité souvent exemplaire, continuent d'apporter dans nos chaumières toujours plus de pépites tombées dans l'oubli depuis la mort des vidéoclubs.
De mon coté je fais ma valoche et je pars dompter les vagues de l'atlantique (à moins que ce ne soit le contraire), de bons bouquins à portée de main, ainsi que le PC histoire de taffer un peu sur le prochain Black Lagoon.
Alors bonnes vacances à vous tous, on se retrouve à la rentrée !

Big bisous d'Oncle Jack aka Jack Hatchet (mais pas "Uncle" Jack bordel de m... !)

lundi 17 juillet 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : Snip, Snip.

"Bienvenue chers gogos pour ce nouveau tirage du Blairomillions !
Nous vous rappelons que la cagnotte de ce soir se monte à 140 millions d'euros !
Donc une fois enlevé le nouvel impôt sur les loteries imposé par sa seigneurie Macron, l'ISF que vous ne pourrez pas éviter, 
la taxe sur les nouveaux sans-dents qui ont du flouze, il vous restera....
1 million tout rond ! Ce qui est quand même une belle somme ! Prêts ? Je lance l'essoreuse !"

"Ouais vas-y mon gros, fais-moi péter le ticket gagnant.
De toute façon c'est moi le futur millionnaire, j'ai passé un pacte avec Satan pour qu'il me file les bons numéros.
Et ton Macron et tes taxes à la con tu peux te les foutre où je pense, j'ai déjà pris mon billet d'avion pour la Thaïlande.
J'empoche le pactole et je mets les voiles. Bonne chance pour  me retrouver !
Allez, balance les résultats ! Balance !"


Lien : http://uptobox.com/krn5zjcawvfj

R.I.P GEORGE A. ROMERO & MARTIN LANDAU


Sombre journée pour les cinéphiles de tout âge. Aujourd'hui lundi 17 juillet la Faucheuse a fait coup double emportant avec elle le maestro Romero et l'acteur Martin Landau. Aujourd'hui 17 juillet les morts-vivants sont en deuil et la base lunaire Alpha continuera à dériver sans fin au fond du cosmos puisque son commandement n'est plus là. Aujourd'hui 17 juillet c'est tout un pan de notre culture ciné et TV qui disparaît avec ces deux grands messieurs.

lundi 3 juillet 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : In The Cards

"Je vois un homme... oui, un homme. Il est beau. Il est élégant. Il est bien coiffé.
Actuellement il n'a que 14 ans mais un jour il sera grand et deviendra "ze" big boss !
Pognon, larbins, bagnoles de luxe et passe-droits à gogo... tout ça aux frais de la princesse ! 
Ah ouais les cartes ne mentent pas ! Si vous assurez avec cet élève vous allez vous faire des couilles en or !"

"Incroyable ce que vous me dites là, madame Catherine ! 
Je le savais vu  les regards lubriques que m'adresse ce petit vicieux quand il est en classe.
On m'avait dit que vos cartes étaient magiques mais alors là, c'est vraiment démentiel !
Ok, je suis prête à attendre vingt piges s'il le faut !"

Si vous désirez vous aussi vous faire tirer le portr.... heu, les cartes afin de connaitre votre destinée alors rendez-vous chez Madame Catherine, voyante dans l'autre monde. Vous allez casquer mais ça vaut le coup !

http://uptobox.com/o72mdlcbekm5

mercredi 14 juin 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : Djinn No Chaser


"- Si vous croyez que je vais sortir de cette lampe pour exaucer vos vœux, vous pouvez vous gratter, sales primates dégénérés.
Plein le cul de vos conneries égoïstes ! Tu veux quoi, toi la dinde ? 
Ne plus ressembler à une planche à repasser ? Parce que vu ta dégaine ça m'étonnerait pas !
Et toi frisouille ? Un ravalement de façade qui te permettrait de ne plus ressembler à un débile profond ? 
Eh ben allez vous faire foutre ! 
- J'crois qu'on s'est fait avoir avec cette lampe magique achetée chez Ikea, chérie. C'est vraiment de la merde."

Nouvelle Histoire de l'Autre Monde avec cette fois-ci un génie pas franchement génial:
http://uptobox.com/xk1hlzf9q8u9

mercredi 31 mai 2017

BLOODY WEEKEND 2017



Une fois n'est pas coutume la fin mai fût consacrée au désormais fameux Bloody Weekend organisé par Loïc Bugnon et son épouse Aurélie.
Pour certains c'est l'occasion de rencontrer des invités toujours plus prestigieux, des stars que l'on ne peut approcher qu'ici, très loin du tumulte parisien.
Lors de cette huitième édition on pouvait y croiser le grand Sergio Martino, Linnea Quigley, Lynn Lowry, Vernon Welles, Naomi Grossman, Igor et Grichka Bogdanoff... des personnalités qui ont sué sang et eau pour faire plaisir à leur public sous un cagnard de tous les diables. Mais pour une grande majorité des festivaliers, malgré le bonus non négligeable qu'est la présence de tout ce beau monde, le BWE c'est avant tout l'occasion de retrouver les copains. Car oui, par dessus tout, ce festival est et restera l'opportunité chaque année de rencontrer d'autres passionnés, de nouer des liens qui débouchent parfois sur une profonde et sincère amitié et de revoir en live ces gars que l'on ne fréquente le reste de l'année que via les réseaux sociaux ou les messages privés. Pour ma part je n'ai nul honte à dire que 80 % de mes meilleurs potes je les ai rencontrés là-bas, dans ce petit patelin franche-comtois qu'est Audincourt et dans lequel je n'aurais certainement jamais eu l'idée de foutre les pieds si le festoche avait eu lieu ailleurs.


Si lors des éditions précédentes je m'étais contenté de ne débouler que comme simple visiteur, je suis cette fois-ci passé de l'autre coté des étals histoire de présenter, en compagnie de mon poto Rigs Mordo, Black Lagoon, le fanzine que nous venions tout juste de sortir. L'occasion du même coup de partager la table de David Didelot, grand gourou du mythique Videotopsie (dont le nouveau numéro sortait tout juste des cartons) et que nous ne remercierons jamais assez pour tout le soutien qu'il nous a apporté dans cette aventure. Alors oui, j'en vois déjà qui vont ramener leur gueule avec des "tu fais de la lèche" et autres joyeusetés du même acabit... Perso je m'en carre; depuis la paire d'années que je fréquente le metalleux chaumontais je pense quand même avoir le droit de dire que c'est un gars en or. Et autant vous dire que ça déconnait pas mal sur le stand, le plus important pour nous étant avant tout de nous amuser tout en rencontrant ceux qui nous ont fait l'honneur d'acheter nos fanzines et de venir partager leurs premières impressions sur les produits concernés. Leur gentillesse, leur sympathie, la présence quasi insignifiante de quelques crevards qui tentaient quand même de se faire offrir le canard (style "Je vais prendre le zine. Ouais, ouais, je vais vous le prendre. Non mais je vais vous le prendre. J'écris dans machintruchose et je fais des bidules à droite et à gauche, mais je vais vous le prendre") tout ça, ça vous regonfle à bloc et vous incite à vous remettre au boulot le plus vite possible (pour tout dire on n'avait pas attendu le Bloody Weekend pour ça !).


Le café, les bières (bien planquées derrière les présentoirs; on ne voulait quand même pas passer pour des poches), le coca... tout ça a coulé à flots pour nous permettre de surmonter à la fois la fatigue (les nuits sont courtes à Audincourt) et la chaleur caniculaire. Est-ce les effets de cette dernière qui ont fait voir à plusieurs festivaliers un mystérieux OVNI dans la nuit du vendredi au samedi ? Pas sûr quand on mate les vidéos réalisées par certains. Ou alors était-ce les frangins Bogdanoff en retard qui cherchaient à stationner leur vaisseau spatial ? On ne le saura jamais puisque de notre coté nous étions bien trop occupés à refaire le monde à La Pataterie du coin, puis à la buvette du festival. Le héros de Serbian Film avait-il rêvé ses mésaventures ? Les frangins Grimsby, cachés dans une foufoune d’éléphante pouvaient-ils vraiment surmonter l'assaut simultané d'un pachyderme mâle en pleine excitation ? Et machin-chose là, il est où ? Planqué derrière la salle en train d'éventrer un clébard pour se vautrer dans ses viscères ? Que de questions existentielles qui méritaient bien d'être débattues autour d'un pichet.


L'avantage de tenir un stand à 3, voire même à 6 ou 7 par moment, c'est que cela nous laisse également du temps pour aller claquer un peu de blé auprès des vilains éditeurs DVD, lesquels font exprès de se pointer avec une cargaison de nouveautés pour nous saigner à blanc : Thierry et Kevin aka les Artus Boys accompagnés du grand Alain Petit, Stéphane et Philippe du Chat Qui Fume, Romuald et Patrice d'Uncut Movies, Christophe dit Mister Ecstasy of Films ou Alex de Crocofilms. Et nous de nous ruer sur les sublimes galettes de La Longue Nuit de l'Exorcisme, de Graduation Day (digibook somptueux que tout le monde s'est empressé d'aller faire dédicacer à la délicieuse Linnea Quigley), de Zeder, etc.... On ajoute quelques revendeurs aux tarifs imbattables, une poignée d'artistes et de romanciers particulièrement talentueux, et on se dit qu'il va encore falloir bouffer des patates durant tout le mois de juin. Si Macron augmente les impôts, c'est clair, l'année prochaine à la même date je risque bien de me retrouver en slip.


Bref, une fois de plus le Bloody Weekend tenait toutes ses promesses. Certes, tout n'était pas idyllique et beaucoup ont reproché le fait que la grande majorité des invités fassent payer leurs dédicaces contrairement aux éditions précédentes... mais ho, les mecs ! Un peu de sérieux bordel !
Allez donc voir si dans une convention américaine, anglaise voire tout simplement parisienne, vous allez pouvoir approcher les stars sans mettre la main au portefeuille ! La plupart du temps vous raquez pour une seule et unique dédicace. Sans parler des biftons à lâcher en supplément si vous voulez vous faire prendre en photo avec les intéressés. Cette année à Audincourt, certes les acteurs américains étaient payants, mais le nombre d'autographes n'était pas limité, et les clichés ne nécessitaient aucun supplément. Nous savons tous que c'est dans la nature humaine que de râler pour des broutilles, autant ne pas y prêter attention.

"Allez prendre un pot avec des stars du petit et du grand écran dans un festoche classique, vous !"

Des conventions liées au fantastique il n'y en a plus beaucoup en France, voire quasiment pas, alors ne boudons pas notre plaisir de se retrouver chaque année dans le nord-est de l'hexagone pour festoyer entre connaisseurs. Et si l'année prochaine vous ne savez pas quoi faire et que vous n'avez pas envie de vous emmerder en famille pour la fête des mères, venez nous rejoindre en Franche-Comté, le déplacement vaut le coup !

vendredi 19 mai 2017

TRANCERS 5 : SUDDEN DETH (1995)



Toujours coincé sur Orpheus, monde parallèle régit par la magie, Jack Deth n'a pas perdu de temps depuis ses dernières aventures et a occis la quasi-totalité des Nobles, les Trancers qui y régnaient en maîtres. Toujours désireux de quitter au plus vite cet univers, il entreprend en compagnie de Prospero une quête qui le conduit jusqu'au Château de l'Implacable Terreur, endroit diabolique d'où personne n'est jamais revenu et où se trouverait un cristal magique capable de le renvoyer dans ses pénates. Pendant ce temps, Lucius, l'âme damnée de Caliban a trouvé un moyen de ramener son seigneur. Accompagnés tous deux des derniers Trancers encore en vie, ils lancent un ultime assaut contre les Rats de tunnel, bien décidés à reprendre ce qui leur a été enlevé de force.


Quand nous avions quitté Jack Deth à la fin de Trancers 4, il venait tout juste de se débarrasser du leader incontesté des Nobles, le tout puissant seigneur Caliban. Le peuple d'Orpheus semblait en avoir terminé avec le tyran et notre antihéros préféré pouvait enfin traîner au plumard avec sa nouvelle conquête, l'ancienne esclave Lyra, surnom donné en référence au glacial docteur Lyra Surell qui l'avait envoyé bouler comme un malpropre dans son monde. Mais Jack s'emmerde. La Lyra d'Orpheus se comporte comme un brave toutou bien soumis et ça, ça l'insupporte au plus haut point. Lui ce qu'il veut c'est de la jument de compétition, sauvage, difficile à dompter... et pour cela il n'a pas trente six solutions : il doit vite-fait dégoter un moyen de regagner sa dimension et retrouver l'alter-égo de sa dulcinée actuelle. Seul le Taillmant (Tiamond en vo), objet mystique en forme de gros diamant, peut lui permettre d'arriver à ses fins, même si pour cela il doit survivre aux horreurs que semble abriter le Château de l'Implacable Terreur, endroit légendaire et craint de tous, même de Caliban. C'est via une peinture le représentant que ce dernier parvient à rejoindre notre plan astral, bien décidé à régler ses comptes avec Deth et à reconquérir son royaume. Comment est-il parvenu à un tel tour de passe-passe ? On n'en sait rien et franchement on s'en fout, la présence de Clabe Hartley dans le rôle du seigneur des Nobles était d'avance indispensable pour conclure comme il se devait cette aventure extra-dimensionnelle. Histoire de ne pas faire comme tous les pénibles qui chient ouvertement sur les opus 4 et 5 de la franchise, il faut savoir visionner ces derniers avec un certain état d'esprit, mettre de coté les "pourquoi" et les "comment".
Le but principal de ces B-movies est avant tout de nous distraire pas de nous retourner la cervelle.

"- Non mais sérieux, Lucius ! C'est quoi cette vieille croûte que t'as récupéré chez Caliban pendant l'assaut du château ?
T'aurais pas pu embarquer des armes ou un truc utile plutôt.
- Ben quoi ? Moi je la trouve jolie cette toile. 
Au moins grâce à elle notre magnifique seigneur sera toujours un peu parmi nous."

"- Regardez un peu comme il est sexy ! Aaah mon seigneur, que vous êtes beau !
- Bon, moi je me casse ! Cette fois c'est clair,  les Nobles sont foutus ! Ciao les folles !"

Tourné directement à la suite de Trancers 4 dont il n'est en fait que le prolongement logique, Sudden Deth propose en toute logique un casting identique. Pas de surprises donc, les personnages ne changent pas, même si Lyra accède désormais au statut de nouvel oracle des Rats de Tunnel et Prospero gagne petit à petit la confiance de Deth en se positionnant comme nouveau side-kick officiel du chasseur de Trancers. Les deux compères vont dés lors affronter toutes sortes d'épreuves diaboliques avant de pouvoir enfin accéder au cristal convoité : hordes de playmates en chaleur, doubles diaboliques, mendiants psychos.... et au final on se doute bien que Jack va trouver un moyen de rentrer chez lui. Pourtant le scénario, assez habilement, fera en sorte que son voyage une fois terminé laisse une trace indélébile à la fois sur Orphéus mais aussi dans son propre monde.
Et dire qu'il était au départ chargé de réguler les anomalies temporelles notre gazier !

"Bienvenue fiers aventuriers au château de l'implacable terreur !
Votre châtiment : une éternité de luxure avec les plus torrides chaudières d'Orpheus !"

"Heu.... on est venus chercher quoi déjà ?"

Le réalisateur David Nutter n'est pas vraiment un type qui impressionne par son travail, mais il livre au final un résultat soigné et pas ennuyeux un seul instant. Peter David, toujours au scénario, joue comme toujours avec ses personnages, leurs motivations et leurs sentiments : la Lyra d'Orpheus est une soumise qui se découvre des dons inopinés, Prospero et Shaleen tombent amoureux l'un de l'autre tout en sachant que leur relation est foirée d'avance, Jack se remet en question plus d'une fois quant à son caractère de merde, Lucius n'est plus que l'ombre de lui-même, etc....
Seul Harson, le second de  Shaleen reste tel quel et demeure peut-être le protagoniste le moins intéressant du film.

"Rassurez-vous, bande de cloportes ! A l'heure qu'il est Deth doit souffrir mille morts au cœur du château de l'implacable terreur !
Ce crétin a fait tout le sale travail pour nous ! Ah, ah, ah ! Je n'aimerais pas être à sa place"

"Encore 37 d'entre vous à satisfaire et vous me filez le diamant ? 
No problem, par ici mes poulettes ! Chais pas si je vais repartir du coup."

Encore une fois les effets spéciaux, sans être mirobolants, tiennent plutôt bien la route. Comparés à ceux que Band nous balancent actuellement dans ses dernières prods c'est même carrément Byzance.
Malgré une intro un peu longuette qui insiste pour nous résumer les points importants de l'opus 4, Trancers 5, en même pas 1h15, est un DTV hyper fun qui permet de passer un sacré bon moment et nous ramène à un temps où la Full Moon, toujours secondée par la Paramount, savait encore nous faire rêver. Sept ans plus tard Charles Band produira un sixième opus à la franchise Trancers mais sans Tim Thomerson. Il est préférable de ne pas aborder le sujet.

"- Ah la vache, Jack, je suis complètement claqué. Les épreuves de ce château sont un millier de fois plus éreintantes que les 12 travaux d'Hercule.
- Yep, j'suis cuit aussi. Comment il s'appelait déjà le blaireau qui a construit ce palace ?
- Rock Hossy Freh' Dy.... un truc comme ça."

Dernier film traduit qu'il me restait de coté, Trancers 5 est donc dispo via le DVD Rip ci-dessous. Le temps libre pour ce genre de travail étant de plus en plus rare je ne me contenterai plus, pour le moment, que de traduire des épisodes de Tales from the Darkside. Bon film !