jeudi 22 décembre 2016

JACK FROST (1996)


Jack Frost est une belle ordure. Hormis être complètement dérangé du ciboulot, il prend un malin plaisir à aligner les cadavres et à recycler ses victimes en tartes qu'il sert à des clients peu regardants et qui reconnaissent n'avoir jamais mangé de pâtisseries aussi délicieuses.
Forcément, à force de faire le con, Frost se fait alpaguer comme un bleu par le shérif local auquel il a promis de régler son compte même après être passé sur la chaise électrique. Lors d'un transfert le fourgon qui le transporte heurte un camion de produits chimiques, lui permettant de se faire la malle sans avoir été préalablement copieusement arrosé d'un puissant acide qui le réduit littéralement en purée organique. S'opère alors un singulier phénomène : tous les atomes du tueur fusionnent avec la neige environnante lui permettant ainsi de se créer un nouveau corps fait de glace et de passer à sa guise de l'état solide à l'état liquide. Profitant de ce pouvoir inopiné il entreprend de liquider les habitants de la petite bourgade de Snowmonton et par la même occasion de régler ses comptes avec le shérif qui l'a fait coffrer.

"- Ah la vache, je savais qu'elle était balèze la crève cette année mais alors là !
- Non mais à tous les coups il a fait une overdose de Mister Freeze.
- Ou alors il a été tué par un bonhomme de neige.
- Qu'est-ce que t'es con, j'te jure...."

Vu que nous nous étions pas mal étendus sur les pères noël psychopathes les années précédentes, j'ai jugé bon cette fois-ci de me pencher sur le cas du bonhomme de neige meurtrier, un autre danger qu'il est bon de connaitre en cette période festive. Car oui, Jack Frost est bien un bonhomme de neige, choix judicieux quand on porte un nom pareil et qui permet de passer incognito dans une bourgade montagnarde à la veille des fêtes de fin d'année. Il faut bien reconnaitre qu'à l'image d'un Freddy Krueger champêtre, Frost est un sacré plaisantin en plus d'être un tueur chevronné et que s'amuser avec ses victimes avant de les envoyer ad patres constitue l'un de ses passe-temps favori. Sa nouvelle condition lui accorde une force exceptionnelle, chose pratique quand il s'agit de fracasser le crane à de vieux péquenauds, décapiter de sales merdeux avec des luges, incruster la face des gonzesses dans les décorations du sapin ou enfoncer des manches de hache jusqu'au fond des estomacs. Jouant sur l'effet de surprise, notre vilain se doute bien que ses futures victimes ne se méfieront jamais d'un vulgaire bonhomme de neige planté bêtement dans le jardin de leur villa.
Autre aptitude non négligeable : le fait de pouvoir balancer des congères sur de pauvres hères qui se retrouvent ainsi transpercés de toute part sans comprendre ce qui leur arrive.

"Hé les mioches, appelez les pompiers !
Comme chaque année votre mère en a encore trop fait en décorant le sapin !"

Plus fort que le Terminator, Frost, de par sa nouvelle nature glaciale, devient quasiment invincible et s'infiltre partout à la vitesse d'une chasse d'eau en pleine action. La sublime Shannon Elizabeth, future bombasse d'American Pie et dont c'est ici la première apparition, va en faire la triste expérience quand elle voudra prendre sa douche. A force de jouer les chaudières en allumant tous les garçons du patelin il fallait qu'elle s'attende à se faire refroidir à un moment ou à un autre, l'occasion d'assister à l'une des scènes de viol les plus démentes qu'il nous ait été donné de voir.

"- Dis-donc poulette, on dirait que t'as froid aux miches ! Hé, hé, hé...
- Hiiiiiiiiiiiiii ! T'as les mains gelées mon gros doudou ! 
  Mais au fait, elle est où la carotte qui te sert de nez ?
- Devine."

"Ooooooh ouiii, je crois que j'ai trouvé !!!!!"

Jack Frost, à ne pas confondre avec le film de Troy Miller mettant en scène Michael Keaton lui aussi réincarné en bonhomme de neige, est sorti il y a tout juste 20 ans et est le premier film écrit et réalisé par le scénariste Michael Cooney. Quatre ans plus tard il repassera derrière la caméra pour un second opus avant de lâcher définitivement la casquette de metteur en scène et se cantonner exclusivement à l'écriture de scripts pour le petit et le grand écran (exception faite d'une série de documentaires en 2007). La mise en boite de cette minuscule franchise lui aurait-il filé des sueurs froides ?
Il y a de grandes chances car si Cooney fait preuve d'une bonne humeur communicative au travers de ses réalisations, le manque manifeste de brouzoufs pour concocter un film fantastique à peu près bien foutu va lui attirer les foudres des critiques et des spectateurs, peu enclins à tolérer que l'on se foute de leur gueule aussi ouvertement.
Soyons clairs, Jack Frost n'est pas la méga-daube que l'on pourrait croire. Extrêmement généreux en démastiquage de bouseux lobotomisés, le métrage n'est pas chiant une seule seconde. Le bad guy en titre ne fait pas dans la dentelle et chacune de ses apparitions entraine quasi simultanément la mort d'un des protagonistes, la plupart du temps de manière fun et plutôt bien amené. La petite ville de Snowmonton semble à 90 % composée d'abrutis consanguins de la plus belle espèce, suffit de prendre pour exemple cette famille composée d'un père acariâtre qui traite sa femme comme de la merde, d'une fille qui ne pense qu'à se faire tringler par le premier venu et d'un ado con comme la lune et à l'égo surdimensionné.
Quand ce dernier se fera occire, le reste de sa famille s'en émouvra à peine, c'est dire le niveau intellectuel qui domine ce petit clan de neuneus.

 "Un bonhomme de neige assassin... ça doit pas passer inaperçu un truc comme ça."

Le shérif Sam, interprété le regretté Christopher Allport (habitué des séries TV, aperçu en collègue de l'agent Scully dans l'épisode Lazare de la première saison d'X-Files), semble être à première vue l'image même du fonctionnaire peu ambitieux et pas franchement dégourdi. Pour avoir capturé sur un énorme coup de cul le tueur en série Jack Frost (un Scott McDonald totalement halluciné), il a gagné une petite réputation de super-héros auprès de son gamin. Un gosse un peu ravagé quand même quand on voit qu'il passe la majorité de son temps libre à pourrir la cuisine de sa mère (Eileen Seeley) en concoctant toutes sortes de plats cuisinés dégueulasses à base d'antigel et qu'il offre amoureusement à son paternel en guise de déjeuner. Et dire que c'est Frost qui fût condamné à griller sur la chaise ! On se demande ce que peut bien foutre la police.
Comment ? La famille est justement dans la police ? Ah ben, c'est du propre !

 "- M'maaaann ! Il reste du destop ? C'est pour le p'tit dèj de p'pa ! 
J'ai déjà foutu deux litres d'antigel, mais y'a encore des grumeaux !
- Sous l'évier mon chéri ! "

Ajoutez à tout ce beau monde un commerçant un peu alcoolo toujours prêt à faire de bonne affaires (F. William Parker), un agent du FBI au melon démesuré particulièrement zélé (Stephen Mendell) et un scientifique tout content que ses produits chimiques aient eu un tel effet sur un cobaye humain (Rob LaBelle, trogne reconnaissable entre mille de toute une flopée de shows TV) et vous comprendrez que l'élimination parcimonieuse de ces gaziers prêtera bien plus souvent à rire qu'à frémir.
Tout cela semble bien fendard me direz-vous, alors pourquoi le film de Cooney se traine-t-il une réputation aussi calamiteuse ? La réponse saute aux yeux plus vite qu'une boule de neige en pleine face. Et en parlant de neige, c'est bien de cela qu'il est question quand on mate Jack Frost
Comment peut-on réaliser un long-métrage censé se dérouler dans la montagne, où s'organise le concours du plus beau bonhomme de neige, où un tueur congelé gambade en toute impunité, alors qu'il ne semble pas y avoir plus de deux centimètres de poudreuse dans le décor ? 
N'espérez pas chaussez vos skis à Snowmonton, vous risqueriez de finir avec les dents encastrées dans la première motte de terre venue.

"- Arf, arf, arf ! Qu'il est con ce Billy ! Faire de la luge sur une piste longue de deux mètres...
Regarde-moi la vautre qu'il s'est mis !
- Tu m'étonnes ! Mais y'a plus con que lui. Regarde ! Bobby l'a suivi !"

"Freine Bobby, freiiiiiiiine !"

 "Quoi ? Qu'est-ce tu dis ? Bouge pas j'arrive sur toi, je t'entendrais mieux !"

 Schlaaarrffffffffff !!!!!!!!
"Arf, arf, arf ! Trop forts les mecs ! Vous êtes dignes des Monthy Python !"

On a bien quelques plaques blanches ici ou là mais à bien y regarder on se demande si la neige en question est naturelle.
Une idée confortée par la dégaine des bonshommes blancs que construisent les résidents du patelin et qui ressemblent à des statues en carton pâte recouvertes soit de polystyrène broyé, soit de cette merdasse en bombe dont vous aspergez vos sapins tous les ans pour les blanchir un tant soit peu (vous savez, ce truc qui pue et qui colle aux boules décoratives aussi bien que de la superglue). Et si vous matez scrupuleusement les scènes extérieures vous constaterez qu'aucune vapeur ne s’échappe de la bouche des gens alors qu'ils font tout pour nous faire croire qu'ils sont en train de se peler les roustons.

 "- J'en reviens pas, Johnny. Comment as-tu réussi à faire de telles sculptures ?
Tu l'as trouvé où la neige ?
- De la neige ? Pas du tout ! Juste devant vous c'est ma belle-mère que je viens de sortir du congélo."

Et là nous arrivons au foutage de gueule dont je parlais un peu plus haut : le nouvel aspect Mister Freeze du vilain Jack Frost. Comment les protagonistes peuvent-ils s'imaginer une seule seconde que le bonhomme de neige incarné par le tueur puisse être réel tant il ressemble à un empilage de sphères blanches en  mousse qui à aucun moment ne font illusion. Les effets spéciaux signés pourtant Michael Deak (il a pas mal bossé pour Band et sur des métrages plus couteux comme Tron L'Héritage, Pirates des Caraïbes ou Tremors 4) sont parmi les plus pitoyables qu'il ait été donné de voir dans toute l'histoire du cinéma. Gros moufles blancs en tissu en guise de bras, visage dont chaque expression fait plisser la mousse ou le latex, corps placé sur des roulettes pour faire croire que Frost se déplace à grande vitesse quand il est gelé.... bref, la loose la plus totale ! On aperçoit même les jambes d'un comédien dépasser de la partie inférieure du tueur quand celui-ci attaque le shérif et son mioche enfermés dans une voiture.
Un tel niveau d'incompétence fait vraiment peur à voir ! Ou alors est-ce volontaire de la part de Cooney ? Franchement c'est à se le demander tellement le film joue la carte de l'hystérie permanente et se vautre dans la gaudriole la plus absolue !


Dommage donc car dans l'ensemble le film reste suffisamment débile pour que tout amateur de séries z fauchées y prenne son pied.
Les dialogues sont à se pisser dessus ("Termine mon écharpe, je vais couper du bois" balance un type à son épouse), certaines situations décalées prêtent vraiment à sourire (les héros qui repoussent Frost jusqu’à une chaudière grâce à des sèche-cheveux) et les résurrections à répétition du méchant maintiennent un rythme endiablé qui ne faiblit jamais. Et si vous vous demandez comment un bonhomme de neige peut conduire une bagnole alors qu'il n'a pas de pieds, ne cherchez pas, Jack Frost est bourré à ras la gueule de conneries du même genre. En réfléchissant bien, si l'on mélange à la fois les tares du film ainsi que ses atouts on obtient l'un des trucs les plus déments que le direct-to-vidéo ait bien voulu nous offrir en France.
Il n'en sera malheureusement pas de même pour le second épisode intitulé Jack Frost 2 : Revenge of The Mutant Killer Snowman qui voit notre bonhomme de neige, toujours aux trousses du shérif Sam, débarquer aux Caraïbes. Une suite toute aussi rigolote que l'on aimerait bien voir par chez nous... ou pas.


Allez, joyeux noël à tous ! 
Et si vous voyez ce genre de blaireaux vous dépasser quand vous rentrez chez vous après le repas en famille,
c'est que vous avez trop forcé sur le rosé !


23 commentaires:

  1. Super article mec, et bien content de pouvoir voir ce film, bien gratiné à te lire (les dialogues ahah), qui m'a échappé dans ma jeunesse...

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    1. Attends d'avoir maté le film pour dire que tu es content, tu risque de déchanter.
      Quoique te connaissant je suis sûr que tu vas trouver ça génial. ;)

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  2. Salut Oncle Jack et merci pour ce film fendard. Peut-on espérer le second épisode en vostfr ?
    Je ne crois pas qu'il existe en VF.

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    1. En effet il n'existe pas en VF. J'ai tout ce qu'il faut sous la main pour en faire la traduction, suffit juste de trouver un peu de temps.

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    2. Salut,
      j'ai Jack Frost 2 en VOSTFR et bonne qualité, je vais tenter de le mettre en ligne (je dis bien tenter, je ne capte que deux barres de réseau ici)


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    3. J'ai le deux en vostf, je peux toujours te le up, faut juste que je mette la main sur le dvd sur lequel je l'ai gravé.

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    4. Merci à toi ! Quentin Dubois a uploadé un vostfr qu'il avait. J'y jetterai un oeil et si besoin est je te recontacterai. Passe de bonnes fêtes !

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    5. Ça marche. Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi.

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    6. J'ai le fichier SRT en français à part également, si besoin est.

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  3. "Mais elle est où la carotte qu'était sur ton nez?" XD j'ai bien ri!
    Joyeux Noël tonton!

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  4. Pour les intéressés, Jack Frost 2 en VOSTFR:

    http://uptobox.com/a7t5y6e9qsa1

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  5. salut oncle Jack, j'avais fait la vostfr de jack frost 2 et partagée sur des blogs privés à l'époque, puis sur d'autres team, je crois que djsafe en avait refait un de meilleure qualité niveau image et se basant sur un blueray rip.... voilà pour l'info...
    Passe un bon réveillon

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    1. Merci pour l'info !
      Passe de bonnes fêtes également !

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  6. il est née le divin enfant, voici mon blog joossen.blogspot.fr blog sur les films que j'aime le tous en streaming vf et vost donc merci de le m'etre en site amis good noel à tous.

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  7. Oncle Jack,
    étant nostalgique des productions Full Moon, comptes-tu un jour t'atteler à la traduction des derniers GingerDead man, Killjoy (4,5) et Evil Bong? :)

    Merci de ta réponse

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    1. Salut Quentin.
      Clément Chevalier s'occupe en ce moment même de Killjoy 4 il me semble. Pour le 5 S'il ne le traduit pas je m'y attellerai quand j'aurai un moment, à condition qu'un time-code existe.
      Gingerdead man je ne sais plus trop où en est Band, il me semble que le troisième est toujours inédit chez nous. A voir donc...
      Par contre pour Evil Bong je suis désolé mais là c'est au-dessus de mes forces, la seule vue d'un de ces films me file une chiasse carabinée.
      A plus !

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  8. C'est pas bon de fumer trop de hache

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  9. J'ai un excellent souvenir de ce film.
    En même temps je devais avoir 10 ans grand max quand je l'ai vu.

    Merci tonton de me permettre de voir si mon moi-même de 10 piges avait du goût.

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