jeudi 29 décembre 2016

TALES FROM THE DARKSIDE : Pain Killer

"Hé Nadine, au lieu de te gaver comme une grosse vache, tu peux me filer un de ces délicieux caramels ?"

"- Tu peux toujours courir, Harvey !
D'une t'es déjà bien assez gras comme ça, et de deux je te rappelle que les caramels vont encore ruiner ton dentier.
- Allez, sois pas vache, c'est le réveillon quand même !
Et tu sais bien que je me suis niqué le dos se matin en débouchant les chiottes, je ne peux pas bouger.
- Rien à foutre !
- Le Dr. Roebuck affirme que c'est le stress qui occasionne mes douleurs lombaires.
Je crois que je vais suivre ses conseils et te balancer par la fenêtre.
- Ouais, ben vu que t'es coincé dans ton fauteuil comme un gros lamantin échoué sur la banquise je crains pas grand chose.
Hmmmmm... délicieux ces caramels ! Hé, hé, hé...
- Ouh putain, attends un peu, vieille bique..."

Havey mettra-t-il la main sur la boite de chocolats de sa rombière ? Cette dernière va-t-elle passer par la fenêtre ?
La réponse dans ce nouvel épisode d'Histoires de l'autre monde. La suite, l'année prochaine !

https://1fichier.com/?cwr2ygvah7

jeudi 22 décembre 2016

JACK FROST (1996)


Jack Frost est une belle ordure. Hormis être complètement dérangé du ciboulot, il prend un malin plaisir à aligner les cadavres et à recycler ses victimes en tartes qu'il sert à des clients peu regardants et qui reconnaissent n'avoir jamais mangé de pâtisseries aussi délicieuses.
Forcément, à force de faire le con, Frost se fait alpaguer comme un bleu par le shérif local auquel il a promis de régler son compte même après être passé sur la chaise électrique. Lors d'un transfert le fourgon qui le transporte heurte un camion de produits chimiques, lui permettant de se faire la malle sans avoir été préalablement copieusement arrosé d'un puissant acide qui le réduit littéralement en purée organique. S'opère alors un singulier phénomène : tous les atomes du tueur fusionnent avec la neige environnante lui permettant ainsi de se créer un nouveau corps fait de glace et de passer à sa guise de l'état solide à l'état liquide. Profitant de ce pouvoir inopiné il entreprend de liquider les habitants de la petite bourgade de Snowmonton et par la même occasion de régler ses comptes avec le shérif qui l'a fait coffrer.

"- Ah la vache, je savais qu'elle était balèze la crève cette année mais alors là !
- Non mais à tous les coups il a fait une overdose de Mister Freeze.
- Ou alors il a été tué par un bonhomme de neige.
- Qu'est-ce que t'es con, j'te jure...."

Vu que nous nous étions pas mal étendus sur les pères noël psychopathes les années précédentes, j'ai jugé bon cette fois-ci de me pencher sur le cas du bonhomme de neige meurtrier, un autre danger qu'il est bon de connaitre en cette période festive. Car oui, Jack Frost est bien un bonhomme de neige, choix judicieux quand on porte un nom pareil et qui permet de passer incognito dans une bourgade montagnarde à la veille des fêtes de fin d'année. Il faut bien reconnaitre qu'à l'image d'un Freddy Krueger champêtre, Frost est un sacré plaisantin en plus d'être un tueur chevronné et que s'amuser avec ses victimes avant de les envoyer ad patres constitue l'un de ses passe-temps favori. Sa nouvelle condition lui accorde une force exceptionnelle, chose pratique quand il s'agit de fracasser le crane à de vieux péquenauds, décapiter de sales merdeux avec des luges, incruster la face des gonzesses dans les décorations du sapin ou enfoncer des manches de hache jusqu'au fond des estomacs. Jouant sur l'effet de surprise, notre vilain se doute bien que ses futures victimes ne se méfieront jamais d'un vulgaire bonhomme de neige planté bêtement dans le jardin de leur villa.
Autre aptitude non négligeable : le fait de pouvoir balancer des congères sur de pauvres hères qui se retrouvent ainsi transpercés de toute part sans comprendre ce qui leur arrive.

"Hé les mioches, appelez les pompiers !
Comme chaque année votre mère en a encore trop fait en décorant le sapin !"

Plus fort que le Terminator, Frost, de par sa nouvelle nature glaciale, devient quasiment invincible et s'infiltre partout à la vitesse d'une chasse d'eau en pleine action. La sublime Shannon Elizabeth, future bombasse d'American Pie et dont c'est ici la première apparition, va en faire la triste expérience quand elle voudra prendre sa douche. A force de jouer les chaudières en allumant tous les garçons du patelin il fallait qu'elle s'attende à se faire refroidir à un moment ou à un autre, l'occasion d'assister à l'une des scènes de viol les plus démentes qu'il nous ait été donné de voir.

"- Dis-donc poulette, on dirait que t'as froid aux miches ! Hé, hé, hé...
- Hiiiiiiiiiiiiii ! T'as les mains gelées mon gros doudou ! 
  Mais au fait, elle est où la carotte qui te sert de nez ?
- Devine."

"Ooooooh ouiii, je crois que j'ai trouvé !!!!!"

Jack Frost, à ne pas confondre avec le film de Troy Miller mettant en scène Michael Keaton lui aussi réincarné en bonhomme de neige, est sorti il y a tout juste 20 ans et est le premier film écrit et réalisé par le scénariste Michael Cooney. Quatre ans plus tard il repassera derrière la caméra pour un second opus avant de lâcher définitivement la casquette de metteur en scène et se cantonner exclusivement à l'écriture de scripts pour le petit et le grand écran (exception faite d'une série de documentaires en 2007). La mise en boite de cette minuscule franchise lui aurait-il filé des sueurs froides ?
Il y a de grandes chances car si Cooney fait preuve d'une bonne humeur communicative au travers de ses réalisations, le manque manifeste de brouzoufs pour concocter un film fantastique à peu près bien foutu va lui attirer les foudres des critiques et des spectateurs, peu enclins à tolérer que l'on se foute de leur gueule aussi ouvertement.
Soyons clairs, Jack Frost n'est pas la méga-daube que l'on pourrait croire. Extrêmement généreux en démastiquage de bouseux lobotomisés, le métrage n'est pas chiant une seule seconde. Le bad guy en titre ne fait pas dans la dentelle et chacune de ses apparitions entraine quasi simultanément la mort d'un des protagonistes, la plupart du temps de manière fun et plutôt bien amené. La petite ville de Snowmonton semble à 90 % composée d'abrutis consanguins de la plus belle espèce, suffit de prendre pour exemple cette famille composée d'un père acariâtre qui traite sa femme comme de la merde, d'une fille qui ne pense qu'à se faire tringler par le premier venu et d'un ado con comme la lune et à l'égo surdimensionné.
Quand ce dernier se fera occire, le reste de sa famille s'en émouvra à peine, c'est dire le niveau intellectuel qui domine ce petit clan de neuneus.

 "Un bonhomme de neige assassin... ça doit pas passer inaperçu un truc comme ça."

Le shérif Sam, interprété le regretté Christopher Allport (habitué des séries TV, aperçu en collègue de l'agent Scully dans l'épisode Lazare de la première saison d'X-Files), semble être à première vue l'image même du fonctionnaire peu ambitieux et pas franchement dégourdi. Pour avoir capturé sur un énorme coup de cul le tueur en série Jack Frost (un Scott McDonald totalement halluciné), il a gagné une petite réputation de super-héros auprès de son gamin. Un gosse un peu ravagé quand même quand on voit qu'il passe la majorité de son temps libre à pourrir la cuisine de sa mère (Eileen Seeley) en concoctant toutes sortes de plats cuisinés dégueulasses à base d'antigel et qu'il offre amoureusement à son paternel en guise de déjeuner. Et dire que c'est Frost qui fût condamné à griller sur la chaise ! On se demande ce que peut bien foutre la police.
Comment ? La famille est justement dans la police ? Ah ben, c'est du propre !

 "- M'maaaann ! Il reste du destop ? C'est pour le p'tit dèj de p'pa ! 
J'ai déjà foutu deux litres d'antigel, mais y'a encore des grumeaux !
- Sous l'évier mon chéri ! "

Ajoutez à tout ce beau monde un commerçant un peu alcoolo toujours prêt à faire de bonne affaires (F. William Parker), un agent du FBI au melon démesuré particulièrement zélé (Stephen Mendell) et un scientifique tout content que ses produits chimiques aient eu un tel effet sur un cobaye humain (Rob LaBelle, trogne reconnaissable entre mille de toute une flopée de shows TV) et vous comprendrez que l'élimination parcimonieuse de ces gaziers prêtera bien plus souvent à rire qu'à frémir.
Tout cela semble bien fendard me direz-vous, alors pourquoi le film de Cooney se traine-t-il une réputation aussi calamiteuse ? La réponse saute aux yeux plus vite qu'une boule de neige en pleine face. Et en parlant de neige, c'est bien de cela qu'il est question quand on mate Jack Frost
Comment peut-on réaliser un long-métrage censé se dérouler dans la montagne, où s'organise le concours du plus beau bonhomme de neige, où un tueur congelé gambade en toute impunité, alors qu'il ne semble pas y avoir plus de deux centimètres de poudreuse dans le décor ? 
N'espérez pas chaussez vos skis à Snowmonton, vous risqueriez de finir avec les dents encastrées dans la première motte de terre venue.

"- Arf, arf, arf ! Qu'il est con ce Billy ! Faire de la luge sur une piste longue de deux mètres...
Regarde-moi la vautre qu'il s'est mis !
- Tu m'étonnes ! Mais y'a plus con que lui. Regarde ! Bobby l'a suivi !"

"Freine Bobby, freiiiiiiiine !"

 "Quoi ? Qu'est-ce tu dis ? Bouge pas j'arrive sur toi, je t'entendrais mieux !"

 Schlaaarrffffffffff !!!!!!!!
"Arf, arf, arf ! Trop forts les mecs ! Vous êtes dignes des Monthy Python !"

On a bien quelques plaques blanches ici ou là mais à bien y regarder on se demande si la neige en question est naturelle.
Une idée confortée par la dégaine des bonshommes blancs que construisent les résidents du patelin et qui ressemblent à des statues en carton pâte recouvertes soit de polystyrène broyé, soit de cette merdasse en bombe dont vous aspergez vos sapins tous les ans pour les blanchir un tant soit peu (vous savez, ce truc qui pue et qui colle aux boules décoratives aussi bien que de la superglue). Et si vous matez scrupuleusement les scènes extérieures vous constaterez qu'aucune vapeur ne s’échappe de la bouche des gens alors qu'ils font tout pour nous faire croire qu'ils sont en train de se peler les roustons.

 "- J'en reviens pas, Johnny. Comment as-tu réussi à faire de telles sculptures ?
Tu l'as trouvé où la neige ?
- De la neige ? Pas du tout ! Juste devant vous c'est ma belle-mère que je viens de sortir du congélo."

Et là nous arrivons au foutage de gueule dont je parlais un peu plus haut : le nouvel aspect Mister Freeze du vilain Jack Frost. Comment les protagonistes peuvent-ils s'imaginer une seule seconde que le bonhomme de neige incarné par le tueur puisse être réel tant il ressemble à un empilage de sphères blanches en  mousse qui à aucun moment ne font illusion. Les effets spéciaux signés pourtant Michael Deak (il a pas mal bossé pour Band et sur des métrages plus couteux comme Tron L'Héritage, Pirates des Caraïbes ou Tremors 4) sont parmi les plus pitoyables qu'il ait été donné de voir dans toute l'histoire du cinéma. Gros moufles blancs en tissu en guise de bras, visage dont chaque expression fait plisser la mousse ou le latex, corps placé sur des roulettes pour faire croire que Frost se déplace à grande vitesse quand il est gelé.... bref, la loose la plus totale ! On aperçoit même les jambes d'un comédien dépasser de la partie inférieure du tueur quand celui-ci attaque le shérif et son mioche enfermés dans une voiture.
Un tel niveau d'incompétence fait vraiment peur à voir ! Ou alors est-ce volontaire de la part de Cooney ? Franchement c'est à se le demander tellement le film joue la carte de l'hystérie permanente et se vautre dans la gaudriole la plus absolue !


Dommage donc car dans l'ensemble le film reste suffisamment débile pour que tout amateur de séries z fauchées y prenne son pied.
Les dialogues sont à se pisser dessus ("Termine mon écharpe, je vais couper du bois" balance un type à son épouse), certaines situations décalées prêtent vraiment à sourire (les héros qui repoussent Frost jusqu’à une chaudière grâce à des sèche-cheveux) et les résurrections à répétition du méchant maintiennent un rythme endiablé qui ne faiblit jamais. Et si vous vous demandez comment un bonhomme de neige peut conduire une bagnole alors qu'il n'a pas de pieds, ne cherchez pas, Jack Frost est bourré à ras la gueule de conneries du même genre. En réfléchissant bien, si l'on mélange à la fois les tares du film ainsi que ses atouts on obtient l'un des trucs les plus déments que le direct-to-vidéo ait bien voulu nous offrir en France.
Il n'en sera malheureusement pas de même pour le second épisode intitulé Jack Frost 2 : Revenge of The Mutant Killer Snowman qui voit notre bonhomme de neige, toujours aux trousses du shérif Sam, débarquer aux Caraïbes. Une suite toute aussi rigolote que l'on aimerait bien voir par chez nous... ou pas.
En tout cas si quelqu'un s'est déjà penché dessus qu'il se manifeste, ça m'éviterait de me taper les plus de mille lignes que compte le time-code trouvé sur le net.
D'ici là, si vous n'avez jamais vu le premier opus de Frosty le bonhomme de neige complètement givré vous pouvez toujours aller faire un tour sur le lien ci-dessous :

https://1fichier.com/?zv8ustwusc

Allez, joyeux noël à tous ! 
Et si vous voyez ce genre de blaireaux vous dépasser quand vous rentrez chez vous après le repas en famille,
c'est que vous avez trop forcé sur le rosé !


lundi 12 décembre 2016

TALES FROM THE DARKSIDE: I'll Give You a Million


"Chose promise chose due, Duncan.
On avait parié que j'étais pas foutu de te filer mon âme en échange d'un million de dollars, alors voilà...... c'est cadeau mon gros !
Vu que j'ai calanché y'a deux jours en matant un truc merdique avec des poissons congelés 
que j'avais téléchargé sur Craignos Goods, j'en ai plus besoin de ce machin.
Alors grouille-toi de prendre ça, j'ai rencard avec Satan à minuit pour une bouffe.
Il m'a promis de me faire cuire des œufs..... pas trop compris mais bon..."



"Ah bon dieu, t'étais déjà con de ton vivant mais là ça bat des records !
Alors premièrement tu dégages de chez moi avec ton espèce de gode géant phosphorescent, je ne mange pas de ce pain là, enfoiré de pervers.
Deuxièmement tu fouettes tellement que la tapisserie commence à se décoller des murs.
Et troisièmement, je pense que Satan t'a plutôt dit qu'il allait te faire cuire "tes" œufs. 
A ta place je prévoirais un calbut en téflon avant d'aller à son rencard.
Allez fous-moi le camp !"


Voilà une scène qui, si elle prête à rire, devrait vous passer l'envie de faire des paris à la con; surtout s'ils impliquent votre âme.
Si vous voulez connaitre les conséquences de ce genre de petit jeu malsain rendez-vous illico sur le lien ci-dessous ou sur la page de la série en question.

https://1fichier.com/?zqfz2nd6sf

vendredi 2 décembre 2016

PLANKTON (Creature Degli Abissi) 1994


Cinq amis partis faire les guignols en mer à bord d'un zodiaque réalisent un peu trop tard qu'ils ont oublié leur jerrycan d'essence sur la plage. Forcément ils se retrouvent à la dérive et finissent par trouver refuge sur un cargo vide de tout occupant. Servant visiblement de laboratoire à une poignée de scientifiques, le navire abrite toute une flopée de poissons surgelés ramenés des grands fonds et qui semblent avoir subis une étonnante mutation. En effet, après avoir ingéré du plancton radioactif les bestioles ont développé un intellect hors norme et une forte tendance à la mégalomanie. Bien décidées à éradiquer l'espèce humaine elles ont également la capacité de contaminer les êtres humains et de prendre le contrôle de leur corps. Les cinq copains vont alors tout faire pour survivre à la nuit d'horreur qui s'annonce à eux.
Malheureusement le fait d'avoir un Q.I pas plus élevé que celui d'un Bernard l’Hermite ne va pas les avantager.

                                       Merci aux Nuls.

Milieu des années 90 : le cinéma fantastique italien est mort. Certains réalisateurs ou fervents ouvriers du milieu refusent toutefois de laisser le cadavre refroidir et de céder aux propositions que leur fait la télévision transalpine. Des mecs comme le regretté Bruno Mattei sont dés lors restés à la barre jusqu'au bout, accouchant toujours plus de films fidèles à leur réputation et refusant obstinément les contraintes qu'auraient pu leur imposer la petite lucarne. Si le papa de Virus Cannibale nous a gratifiés de ses délires zombiesques jusqu'à ce que la faucheuse vienne le chercher, d'autres comme Alvaro Passeri ont fait preuve d'une logique quelque peu singulière.
Débutant sa carrière dans les années 70, le bonhomme a passé le plus clair de sa carrière en tant que sculpteur ou décorateur sur une quantité astronomique de productions ritales, avant de se lancer dans les effets spéciaux dés 1983. On le retrouve ainsi derrière certains maquillages pour des œuvres comme Les Prédateurs du Futur de Ruggero Deodato ou encore 2072 les Mercenaires du Futur de Fulci, mais ses participations discrètes lui valent bien souvent d'être à peine (voire pas du tout) crédité au générique du produit concerné. En pleine agonie du bis transalpin il crée sa propre boite de prod : Production Film 82 et alors qu'il n'avait jamais foutu les pieds derrière une caméra, décide de poursuivre coûte que coûte la tradition du cinéma de genre italien au moment précis ou celui-ci avait été abandonné. Sachant fort bien qu'il est extrêmement difficile de produire un film fantastique en cette triste période (c'est d’ailleurs toujours le cas actuellement), Passeri et son équipe réalisent un premier long-métrage, Creature Degli Abissi (alias Plankton pour les anglophones), en pensant tout d'abord vendre le résultat final à l'étranger, et plus spécifiquement aux Etats-Unis. Pour ce faire il s'entoure d'un équipe technique et artistique presque exclusivement américaine et s'en va tourner ses plans extérieurs à Miami, plans extrêmement brefs puisque la quasi totalité du métrage est un huis-clos en pleine mer, les protagonistes évoluant su un luxueux yacht fantôme.
Alvaro Passeri - à ne pas confondre avec le metteur en scène Massimiliano Cerchi que certains moteurs de recherche sur la toile affirment être un pseudonyme- est-il parvenu à atteindre son but ? A t-il réussi à faire perdurer un genre tombé en désuétude ?
Avant de répondre à cette question cruciale faisons un peu durer le suspense avec une petite leçon culinaire dispensée par les héroïnes du truc qui nous intéresse aujourd'hui.

Comment bien préparer le bon colin du Captain Bigleux 

"- Alors pour préparer ces délicieux colins péchés dans la baie de Naples par le sémillant Captain Bigleux 
il faut observer une préparation très minutieuse dite "à la Maïté".
- Oui, surtout que les éboueurs sont toujours en grève à Naples alors il faut bien nettoyer le poisson.
- Une fois les colins dans la poêle vous les arrosez copieusement de carburant. 
Ne vous ruinez pas, du sans plomb 95 fera très bien l'affaire. Vas-y Julie, mets la dose !"

"Ne soyez pas avare, il faut que les poissons soient bien imbibés."

"Voilà ! Maintenant vous laissez le tout frire pendant une bonne quinzaine de minutes jusqu'à ce que les bestioles aient passé l'arme à gauche."

"- Aaaaaarghhh ! Espèces de salopes ! Aaaahhh, Crevez, bande de chiennes, on aura votre peau !
Notre peuple vaincra !
- Surtout vous les laissez bien brailler jusqu'à ce qu'ils ferment leur gueule.
- Mais pourquoi qu'ils gueulent comme ça d'ailleurs, Margie ? Est-ce bien normal ?
- Ben oui, cela prouve qu'ils sont de première fraicheur.
- Ah bon, d'accord."

"- Une fois qu'on ne les entend plus c'est qu'ils sont à point.
A présent jetez un torchon humide sur la poêle pour refroidir le tout.
Et hop !
- Impec Margie ! Au moins cette fois la cuisine n'a pas pris feu."

"- Et voilà le travail ! Il ne vous reste plus qu'à assaisonner votre préparation et à la servir. Pas vrai Julie ? Julie ?
Ah merde, son cerveau a encore disjoncté. Ne bouge pas ma belle, je m'en occupe.
Dés que tu auras reconnecté tes neurones fais-moi plaisir et nettoie-moi tout ce merdier.
- Gné ?"

"- A table les loulous !
- Yo, c'est pas trop tôt ! P'tain ça chlingue ton truc !  C'est quoi c'te merde ?
- Allons Bobby, ce sont les délicieux colins du captain Bigleux, tu en raffoles !"

"- Hmmmm.... zarma, ils ont pas le même goût que d'habitude.
J'ai l'impression qu'ils ont mariné dans des excréments de clébards et qu'un clodo a pissé dessus.
- Beurk... finalement j'ai plus trop faim."

Maintenant que ces charmantes donzelles vous ont bien mis en appétit passons aux choses sérieuses et présentons les infortunés personnages de ce film. Nous avons donc trois filles et deux gars soit une foultitude de possibilités si nous étions en train de visionner un Dorcel mais beaucoup moins dans le cas présent. Pour ce qui est du sexe fort le terme est déjà très mal approprié; entre l'étudiant binoclard Mike et le super lourdingue Bobby le niveau ne vole pas haut. Le premier fait office à la fois de leader et de cerveau, seul du groupe à réaliser pleinement le danger qui les menace et que les poissons congelés ou en bocaux qui peuplent le labo du bateau sont loin d'être inoffensifs. Une théorie que ne partage pas son abruti de copain, obsédé sexuel invétéré et amateur de blagues à deux balles, persuadé qu'en réalité le yacht sert de couverture à une bande de trafiquants de drogue venus en pleine mer raffiner leur cocaïne. Ses dires pourraient s'avérer exacts au vu de la quantité non négligeable de poudre blanche qui traine un peu partout et que notre crétin de service, même si ce n'est que suggéré, aura tôt fait de se coller dans les naseaux, espérant ainsi atteindre le nirvana et lui donner plus de vigueur pour culbuter l'une des deux frangines blondes qui l'accompagne. Seul problème: la blanche en question est en réalité du plancton lyophilisé hautement contaminé par des déchets radioactifs balancés dans l'océan. Vous vous imaginez bien que le résultat de la sniffette  sera des plus catastrophiques.

"- Dorothy !  C'est toi qui as gerbé par terre ?
- Désolée Margie, j'ai quand même voulu tester le colin, j'aurais pas dû.
Le battant des toilettes s'ouvrait pas et l'évier semblait bouché !
- Comment ça, bouché ?"

"Aaahh ! Oui effectivement y'a un gros morceau de calamar coincé à l'intérieur !
Quelqu'un sait où est le Destop ?
Ah mais c'est qu'en plus il se défend le merdier !"

Aux cotés de ces beaux mâles on trouve un trio féminin composé de Margareth la fiancée de Mike, de Dorothy et de sa sœur Julie.
Difficile de trouver un seul point de différenciation entre ces filles tant elles ne font preuve d'aucun réel trait de caractère qui permettrait de les départager. Alors pour ce faire, le mieux est encore d'appliquer la règle suivante : Julie a une bonne paire de roberts, Margareth une moyenne et Dorothy une petite; et Passeri, comme pour confirmer cela, n'hésite pas à nous en donner la preuve dés que l'occasion se présente.


"Eh ouais les filles, c'est moi qui ai les plus gros, nananère !"

"- Fais pas la tête Julie, ils sont pas mal les tiens non plus.
- Sniff, fais chier d'être reléguée en troisième position.
Fais voir les tiens.
- Heu... ah attends, je crois que Mike m'appelle."

Clay Rogers, Michael Bon, Laura Di Palma, Ann Wolf, Sharon Twomey... autant de noms qui ne vous diront rien et dont les porteurs ne sortiront pas indemnes de ce Plankton. Hormis la miss Twomey qui poursuivra une carrière dans la série télévisée italienne, les autres retourneront vite fait à leurs précédentes occupations. Il y a quand même un sixième larron sur le yacht maudit : le professeur Clark, seul rescapé du massacre de l'équipage par les poissons zarbis et qu'interprète tout de même Deran Serafian, premier rôle dans le Zombi 3 signé Fulci/Mattei et scénariste/producteur/réalisateur de nombreux épisodes de séries à succès (Les Experts, Dr. House, etc...). Absolument méconnaissable en scientifique moustachu et constamment en état de choc, son jeu réduit au minimum ne permet pas de relever le niveau d'un casting en complète roue libre.
Premier mauvais point donc pour Passeri : il semble incapable de diriger des comédiens; et ce serait le comble de nos soucis s'il n'y avait pas d'autres carences facilement remarquables. La construction de certaines scènes est véritablement chaotique, la preuve en est cette longue séquence d'ouverture alternant les déboires de nos héros perdus en pleine mer et l'attaque d'un poisson mutant à bord du navire : les raccords sont foireux, les alternances tombent comme un cheveu sur la soupe, le tout sur une musique répétitive que le réalisateur nous assènera pendant la quasi totalité de son œuvre. Mais ce n'est pas le pire. Pourquoi le metteur en scène s'est-il borné à nous resservir en permanence ces fameux plans à la première personne, filmée façon "œil de poisson", et qui nous laisse penser que nous regardons ce qui nous entoure à la place d'une entité mystérieuse ? Réalisée bien souvent à même le sol grâce à une mini-caméra placée à coup sûr au fond d'un verre à bière, cette "fish-vision" comme nous l’appelleront n'a plus aucun sens dés le moment où les protagonistes ont le regard tourné vers elle et aperçoivent..... eh ben absolument que dalle !
Bon dieu, on aurait affaire à un poiscaille mutant invisible alors ? Que nenni mes amis, jamais l'explication ne vous sera donnée, mieux vaut ne pas chercher à comprendre !
A noter également un comique involontaire omniprésent qui vient souvent plombé des scènes supposées dramatiques ainsi qu'une surenchère de séquences insensées: Bobby qui se fait mordre le cul par un poisson décongelé, Dorothy qui dégobille des scarabées alors qu'elle a bouffé du colin, Margareth qui annonce en plein chaos à Mike qu'elle est enceinte et qu'elle veut l'épouser, l'ordinateur qui commande l'installation électrique du bateau et qui, représenté par l'image d'une belle brune, s'amuse à faire bouger la lunette des chiottes ou à tenir des propos lubriques quand une fille est sous la douche.... Sans oublier la lampe dans la chambre qui..... heu non.... là, une belle photo vaut mieux qu'un grand commentaire...

"- On n'y voit pas bézef dans ta piaule, Bobby.
Comment on allume la lampe de chevet ?
- De la même façon qu'un mec, baby."

 SCHHDOIINNGGG !!!!
"Ah oui, tiens c'est marrant ça !"

Habitués que nous sommes désormais aux creatures features que nous pondent régulièrement SYFY ou The Asylum, nous commençons à être rodés en matière d'acteurs has-been ou trouvés au coin de la rue, alors peu importe du moment que le fun reste de rigueur. Tout bon spectateur s'attend avec ce genre de production à se délecter des méfaits de bestioles dégueulasses contre des personnages qui ne servent au fond que de chair à canon. Avec seulement six quidams au générique Plankton ne débute pas sous les meilleurs auspices, nous infligeant trois bons quarts d'heure avant que ne s'ouvrent réellement les hostilités. Quarante-cinq minutes de visite guidée du yacht avec clowneries répétitives de Bobby, bla-bla scientifique incompréhensible, images kaléidoscopiques "qu'on sait pas ce qu'elles foutent là" et fish-vision à gogo... et pas une seule poiscaille qui ne se décide à passer à l'attaque.
On s'attend toutefois à ce que la situation dégénère rapidement puisque quelques inconscients consomment soit du poisson contaminé soit du plancton radioactif mais non, ça traine....
Et soudain.... le miracle survient; Passeri, dans les trente minutes de bobine qu'il lui reste à tourner nous offre un spectacle trash qui vous passera l'envie de bouffer du maquereau pendant un bon moment. S'il nous sert en guise d'apéro la gastro d'enfer que se paie la jeune Dorothy après avoir boulotté le bestiau cuit par sa frangine (voir recette culinaire plus haut), le réalisateur se lèche les babines en tournant une scène de cul pas piquée des hannetons : Julie se fait besogner par un Bobby en pleine mutation et ne s'aperçoit même pas que ce dernier n'a plus rien d'humain. C'est à l'instant même où elle régurgitera involontairement un œil perdu par son amant qu'elle réalisera que son Don Juan n'en est plus vraiment un.
Pervers jusqu'au bout des branchies, le mutant continuera à la violer jusqu'à ce que la cruche soit en mesure d'assurer sa descendance.

" Oh Bobby, un peu de tenue, ne me bave pas dessus.
C'est moi qui te fait perdre tes moyens comme ça ?"

" Raaaahhhh ma grosse tanche, tu me rends tout chose ! "

En pro des effets spéciaux Passeri réalise cette scène "à l'ancienne", en utilisant des moyens traditionnels sans tomber dans le piège classique des CGI indigestes, mais fonce tête la première dedans quand il s'agit de faire voler des poissons réanimés (le passage dans le labo quand Mike et Bobby affrontent un merlu agressif est à s'en crever les yeux).
La transformation de Dorothy mélange les deux de manière plus subtile : miss p'tits nibards, elle aussi contaminée, voit une espèce de murène dégueulasse lui sortir du crâne et prendre le contrôle de son esprit, l'obligeant ainsi à essayer d'écharper le pauvre Mike.
Assez original et plutôt pas mal foutue, la séquence se termine malheureusement en soupe numérique des plus indigestes.

"- Et voilà, vile femelle humaine, tu es désormais sous mon contrôle absolu !
Ton cerveau n'obéit plus qu'à moi ! Je t'ordonne d'aller immédiatement trancher la gorge de tous tes amis.
Tu as compris ? Alors bouge ! Hé, tu m'entends ?
Hého, y'a quelqu'un dans cette caboche ?"
- Oh mon dieu, on a volé les bijoux de Kim Kardashian !"

"C'est pas possible, j'ai choisi la seule qui avait un cerveau aussi gros que celui d'un bulot.
Ras-le-bol, j'me casse !"

Du CGI qui pique les yeux, des maquillages et des gloumoutes old school.... manquerait plus que de la stop-motion pour bien faire !
Alléluia, Al est grand seigneur et se la joue Harryhausen du pauvre quand il s'agit d'animer un Bobby dans la phase ultime de sa transformation, soit sous l'apparence d'une créature mi-homme, mi-poisson et mi-pieuvre. Eh oui, tant qu'à faire autant lui ajouter quelques tentacules au machin histoire de justifier celui qui sortait du lavabo de la salle de bains quelques minutes auparavant et qui tentait d'étrangler Margareth. Le monstre est assez amusant mais de la stop-motion mal branlée, si elle pouvait encore passer quarante ans en arrière, fait plutôt peine à voir à la veille du nouveau millénaire.

Bleeuuuarrrrrrghhh Goulougoulougoulou !!!!!

"Bon ça suffit tes blagues à la con, Bobby ! 
Enlève ce déguisement de... heu... de quoi d'ailleurs, c'est quoi ce machin ?
Bref,vire-moi ce truc et aide-moi à foutre au lit le prof Clark; tout comme toi il a trop forcé sur la coco."

Si tout ceci prête à rire, Passeri lui semble se la jouer le plus sérieusement du monde. Croyant dur comme fer à l'aspect horrifique de son bébé il n'hésite pas à sacrifier son casting à dose homéopathique jusqu'à un final pessimiste et hautement prévisible. Une bonne intention certes, mais rayon chocotte il faudra repasser. Creature Degli Abissi reste donc une peloche rigolote assez trash, avec des monstres plus ou moins originaux dans l'ensemble, caviardée de scènes inutiles et de dialogues pathétiques... bref tout ce que l'on attend d'une bonne série Z. Alors quant à la question "Alvaro Passeri est-il parvenu à accorder quelques soubresauts au cinéma de genre italien ?" la réponse est NON bien entendu, faudrait quand même pas exagérer. Toutefois Plankton apparait comme un véritable blockbuster, voire un chef d’œuvre, en comparaison du reste de sa filmographie.
En effet, pas décontenancé une seule seconde par la qualité somme toute relative de son truc, ce bon vieux Al va faire encore pire par la suite.
Oui, oui, c'est possible avec les deux dernières merveilles que réalisera notre client en 2000 et 2003.
La première s'intitule The Mummy Theme Park, histoire de parc d'attraction construit au dessus d'une cité mortuaire égyptienne qui vous laissera pantois devant ses effets spéciaux à base de CGI immondes et de décors numériques où les personnages évoluent aussi bien que dans L'Incroyable Bulk de Lewis Shoenbrun (c'est dire l'étendue des dégâts). A sauver pourtant une scène de transformation qui a dû être écartée de Plankton tant elle rappelle celle de la métamorphose de ce crétin de Bobby (tronche de poiscaille qui sort de la bouche d'un type et décor ressemblant comme deux gouttes d'eau à l'intérieur du yacht).
L'ultime chef d’œuvre de Passeri titré Volo per l'Inferno frôlera encore plus les limites de l'irregardable. Sorte de faux remake de Creature Degli Abissi avec un avion en guise de bateau, le bordel affiche des SFX que même The Asylum n'oserait pas nous jeter en pleine face.
Si vous ne me croyez pas allez donc faire un tour sur Youtube, ces deux films n'attendent plus que vous, mais ne venez pas vous plaindre si vous perdez la vue après les avoir visionnés.
Malgré tout il est impossible d'en vouloir à Alvaro Passeri tant ce brave homme a fait pour le cinéma de genre italien en matière d'effets spéciaux, contribuant de manière substantielle au succès de bon nombre de pellicules chères à nos yeux. On te pardonne Al, mais qu'on ne t'y reprenne plus !

"- Hé, regardez les gars, ce sont les bestioles que nous avons croisées sur le yacht où on est tous morts !
- Tais-toi crétine, on tourne aujourd'hui la scène d'ouverture du film.
- Oups, je me disais aussi je suis toujours en vie. Hi, hi, hi !"

En attendant, le lien ci-dessous vous permettra de mater Plankton bien peinard dans votre canapé en grignotant les fameux bâtonnets de colin dégueux du captain Bigleux.
Il s'agit pour l'occasion d'un DVD Rip tiré de la galette italienne et facilement dispo sur le net. J'ai opté pour la version italienne qui réduit quelque peu le jeu lamentable des comédiens et qui collait parfaitement avec le timecode que j'avais sous la main. Vu le paquet de conneries qu'avaient à raconter tous nos aventuriers demeurés je peux vous dire que la traduction m'a pris un temps phénoménal. Enfin, j’exagère un peu, j'avais aussi d'autres trucs à faire.... mais il est vrai que c'est l'un des films les plus maousses que j'ai eu à traduire. Heureusement qu'il ne durait pas trois heures sinon j'y serais encore.
Exception faite de la France où, une fois n'est pas coutume, nous sommes encore à la ramasse, le DVD est assez facilement trouvable aux USA ou en Angleterre, même si je conseillerai plutôt l'édition transalpine parue chez Quadrifoglio et qui a l'avantage de proposer la version anglaise et la version italienne (sans sous-titres français bien évidemment).


Made in USA

Made in UK