mercredi 9 novembre 2016

LE MYSTERE DE L'ILE AUX MONSTRES (1981)



Qui n'est pas déjà tombé sur des affiches alléchantes promettant exotisme, aventure et divertissement tout en n'ayant jamais eu le temps ou l'opportunité de visionner les œuvres auxquelles elles se rapportent ? Le Mystère de l'Ile aux Monstres fait assurément partie de cette catégorie.
Une belle illustration où des aventuriers luttent sauvagement contre un gigantesque lézard agressif tandis qu'en arrière plan une tribu de zoulous en pagnes et deux grosses bestioles semblent vouloir prêter main forte au dinosaure verdâtre. En voyant cela on se remémore les magnifiques couvertures du magazine Creepy que le maestro Frank Frazetta réalisait dans les années 60/70. Et puis quand même, le nom de Peter Cushing inscrit en gras au bas de l'affiche en question ne peut qu'être gage de qualité. Finalement contraint de regarder le long-métrage pour un petit travail que je devais rendre je partais plus que confiant quant à la qualité du truc. Plus dure allait être la chute....

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet un petit intermède musical signé T. Artelett
 "♫ Il est ooooùùùù le bonheuuuur il est ooooooooùùùùùùùùùùùù ?!! ♪"

 "Hiiii, ce baltringue va faire fuir les lecteurs d'entrée de jeu avec sa sérénade de merde.
Bouge pas mon gros, je vais vite régler le problème."

Jeff Morgan, jeune étudiant vivant à San Francisco, refuse d'épouser sa promise Meg tant qu'il n'aura pas profité pleinement de la vie et voyagé autour du monde. Son richissime tonton William Kolderup l'autorise à prendre part à une expédition pour Pétaouchnok à bord d'un de ses navires.
Afin qu'il puisse continuer à poursuivre ses études tout en se baladant, l'oncle exige qu'il soit accompagné par son professeur d’élocution, l'ultra pénible Thomas Artelett, trouillard invétéré et casse-bonbon de première. Mais, alors que débute leur périple en mer, ils sont attaqués en pleine nuit par une flopée d'hommes-poissons qui mettent le feu au bateau et les contraignent à trouver refuge sur une ile abandonnée où se balade toutes sortes de bestioles singulières, une horde de cannibales et des malfrats à la recherche d'un gisement d'or.

 "- Nous les Mamumbométalo ne toléreront pas cet affront de la part d'un membre de la tribu des Papoudiscos. 
Un dernier mot avant que je tranche le buisson qui te sert de tignasse ?
- Yeah man ! I will survive because I'm born to be alive !
- Aaarghhh ! Words of the Beast ! T'es foutu papou !"

L'espagnol Juan Piquer Simon, reconnaissons-le, fût tout de même l'un des réalisateurs les plus remarquables de la période 1970/1980.
Enfin quand je dis remarquable j'entends dans le sens où son travail s'avérait toujours suffisamment divertissant pour ne pas tomber rapidement dans l'anonymat le plus total. Rappelez-vous ce succulent Supersonic Man et son héros ringard tout de rouge vêtu, les fameuses limaces carnivores de Slugs (Mutations en frenchy) ou le cradingue Sadique à la Tronçonneuse ! Des films qui ne cassent pas trois pattes à un canard mais qu'il est impossible de détester tellement ils sont sympathiques. Malheureusement quand le señor Simon s'attaque à l’œuvre de Jules Verne la sangria a vite fait de tourner au vinaigre. La preuve en 1976 avec cette version du Voyage au Centre de la Terre renommé pour le coup Le Continent Fantastique qui à défaut d'assurer un dépaysement garanti se contentera d'être mollassonne et sans saveur. Alors quand le metteur en scène met en image en 1981 une adaptation très libre de L'Ecole des Robinsons le résultat dépasse toutes les espérances en matière de nanar fendard.

"- Ah my god ! Virez-moi ça, je suis saladophobe !
- Calmos prof, ce ne sont que quelques algues.
- Rien à foutre, c'est de la salade de mer ! Vire-moi ça p'tit c..."

Même si cela me fend le cœur de qualifier de nanar un film avec Peter Cushing il faut bien reconnaitre que ce grand monsieur n'est là que pour cachetonner avec ses dix minutes maxi de temps de présence à l'écran. Idem pour Terence Stamp (le Zod des deux Superman de Richard Donner) en bad guy peu crédible puisque son personnage apparait le plus souvent à visage dissimulé, surement pour qu'il soit remplacé à ces moments-là par un quelconque figurant histoire de ne pas grignoter un peu plus un budget anémique. Les noms de ces deux superstars sont, distribution oblige, particulièrement mis en avant, que ce soit sur l'affiche ou en tout début de générique d'ouverture. Il ne faudrait pas rater l'occasion d’appâter le gogo persuadé de visionner un énième chef d'œuvre interprété par ses comédiens fétiches ! J'allais oublier l'apparition de notre loup-garou hispanique préféré, ce bon vieux Paul Naschy, qui vient gambader dans la brousse de l'ile aux monstres durant les premières minutes avant de se faire sauter lamentablement à la dynamite.

 "Bon on m'attend à Londres pour une convention Star Wars alors vous vous démerdez pour meubler tout ça un bon mois. 
Je reviendrai pour la fin du tournage."

 " - What !? Dites donc vous vous faites pas chier Sir Peter !
- Et alors ? Mon cachet fait dix fois le tien alors tu n'as pas de conseils à me donner ! 
Allez hop au boulot les feignasses ! Et tachez de pas saloper le travail !"

A part ces trois-là le reste du casting ne joue pas dans la même catégorie. Futur habitué des péloches du père Simon puisqu'on le retrouvera par la suite dans Los Diablos Del Mar, Le Sadique à la Tronçonneuse et L'Eclosion des Monstres, Ian Sera dans le rôle de Jeff est fadasse au possible et pas charismatique pour deux sous. Surement que le jeu abusif de son side-kick David Hatton en enseignant geignard et trouillard devait anesthésier les trois quarts de sa matière grise. Et nul doute qu'il annihilera également votre stock neuronal quand vous aurez subi pendant plus d'une heure et demie ses pitreries pitoyables et son hystérie permanente. Surnommé Tartelette par son élève, le binoclard est tellement crétin qu'il en vient lui même à s'affubler de ce sobriquet qu'il déteste tant, se mélangeant les pinceaux quand on lui demande de se présenter. "Je ne suis pas un gâteau" crie-t'il en permanence. Peut-être mais on rêverait de lui coller de grandes tartes dans la gueule. Une calamité sur patte en somme qui passe le plus clair de son temps à se casser la gueule, à se planquer dés qu'il entend un bruit et à tenir des discours pompeux quand il en a la moindre occasion.
Atroce je vous dis ! Je soupçonne fortement Hatton d'avoir trop forcé sur la coco en poudre et l'alcool de banane, c'est pas possible autrement !

 "- Aaaaaaahhh ! Juaaann !!! Des hommes-salades !!! Fuyons !!!
- Arrête crétin, reste dans le champ ! 
Madre de Dios, qui est l'idiot qui a encore mis des conneries dans la bouffe d'Hatton ?
- Personne Juan, il est vraiment comment ça le bonhomme.
- Caramba, on est mal barrés !"

Heureusement que les charmantes Ana Obregon et Blanca Estrada viennent donner une petite touche sensuelle à l'ensemble sinon on jetterait vite fait la téloche par la fenêtre. La première interprète Meg, petite amie de Jeff, pressée d'épouser le jeune homme et dégoutée que ce dernier préfère batifoler dans la nature au lieu de céder illico à ses charmes. Du coup, à l'instar de Cushing et Stamp, elle restera tranquillement à San Francisco avant de réapparaitre sans raison lors des dix dernières minutes histoire de coller une branlée à la blonde Dominique Blanchard (Blanca Estrada), une française également échouée sur l'ile aux monstres et qui tournait un peu trop autour de son Jeff adoré. Affublée d'un accent français à couper au couteau, la vilaine usait en effet de tous ses atouts pour séduire le blondinet et connaitra les mêmes désillusions que sa rivale; quand on vous dit qu'il est à la masse le neveu du vieux Kolderup !

 "Fais ton choix Jeff, c'est elle ou moi !"

 "Hein ? Oh fais comme tu veux, je m'en carre.
Au fait il est où le mignon p'tit singe ?"

"Je suis là mon roudoudou. Allez laissons tous ces bipèdes mongolos et fuyons ensemble au cœur de la jungle. 
Nous cultiverons des bananes et élèverons tout plein de petits ouistitis."

Visiblement Juan Piquer Simon ne cible ici qu'une seule catégorie de spectateurs: celle des gamins de moins de dix ans. Au delà il est impossible pour tout être normalement constitué d'apprécier ne serait-ce qu'un minimum ce long-métrage loufoque tout juste digne de passer de nos jours en seconde partie de soirée sur Gulli. Rien n'est pris au sérieux et la moindre situation est prétexte aux pitreries du prof Artelett. A l'image de Robinson Crusoé nos héros vont donc apprivoiser au mieux les atouts et les inconvénients que propose l'atoll sur lequel ils se sont échoués: aménagement d'une grotte façon forteresse de bric et de broc, construction d'ustensiles en tous genres pour recréer un semblant de confort, etc.... Et comme Crusoé ils rencontreront leur Vendredi à eux en la personne de Carefinotu, un indigène sauvé des griffes de pseudo-cannibales qui s’apprêtaient à le sacrifier. Un quatrième larron viendra rejoindre le petit groupe : un chimpanzé visiblement plus intelligent qu'eux trois réunis. Ils pourraient mener la belle vie en passant leur journée à se dorer le cuir sur la plage tout en sirotant du jus de papaye mais leurs vacances forcées vont très vite se compliquer quand apparaitra un bestiaire qui prête bien plus à rire qu'à frissonner : créatures du lac noir en costumes qui plissent et masques inexpressifs, T-Rex en caoutchouc cousin de Casimir, chenilles géantes toutes rigides, hommes-algues qui brassent de l'air en poussant des borborygmes consternants et cochon sauvage sous acide qui semble carburer au super.
Les effets spéciaux, c'est à coup sûr la seule chose qui peut vous inciter à regarder Mystery on Monster Island. Pas pour leur qualité, loin de là, mais pour leur amateurisme à en pleurer des larmes de sang. Regardez par vous même :

 Le Craignos Gill-Man

 Le Dinoplastoc

 La Chenilleproutprout

Conscient que ses gloumoutes ne ressemblent vraiment à rien, Simon se dit après 80 bonnes minutes qu'il va finir par passer pour un con.
Du coup il retourne plus ou moins la situation à son avantage en nous gratifiant d'un twist final incroyable qui ne peut que laisser pantois.
Nous comprenons dés lors pourquoi les monstres en titre sortent tout droit de l'ile aux enfants; mais en y réfléchissant bien rien ne tient la route dans cette explication foireuse. Pour ne pas vous spoiler le machin je n'irai pas vous révéler de quoi il en ressort mais si après ça vous avez l'impression que l'on s'est foutu de votre gueule pendant plus d'une heure et demie alors rassurez-vous, vous avez parfaitement raison.
En définitif le seul véritable danger qui menace nos protagonistes est constitué d'une escouade de voleurs grimés comme des touaregs, lesquels arpentent l'ile à la recherche de l'or dissimulée dans les tréfonds de la grotte aménagée par Jeff et ses potes (oups, spoiler). Pour contrer ces vilains bandits, notre trio (enfin quatuor si on compte le singe), plus forts que l'Agence Tous Risques, concevra un véritable arsenal d'armes propres à repousser les attaquants les plus chevronnés : catapultes qui balancent des noix de coco, mitraillettes tirant des bananes, machine qui jette des bâtons.... ouaip ça rigole pas, on se croirait presque dans Platoon ! Les pauvres touaregs vont déguster sévère, eux qui ne sont armés que de simples fusils.... Franchement après avoir vu un tel spectacle je me dis que les participants de Koh Lanta sont vraiment des blaireaux, vivre sur une ile déserte c'est quand même le panard quand on est débrouillard.

 "Wouahlà les mecs, z'êtes prêts ? Sortez vos flingues, on va les fumer ces bâtards !"

 "Ah vous croyez ça, bande de métèques ? Tenez prenez ça ! Ha, ha, ha !!!!!"
RAT-TAT-TAT-TAT-TAT-TAT-TAT-TAT-TAT !!!!!!!!

 "Yalaaaa, des bananes !!! Ah le fils de chien galeux ! Fuyez mes frères !"

En conclusion, avec ce Mystère de l'ile aux monstres nous sommes très loin des qualités techniques d'un Voyage au Centre de la Terre version Henry Levin ou du Vingt Mille lieues sous les Mers de Richard Fleischer, et si vous voulez profiter d'une adaptation décente de l'univers de Jules Verne ce ne sera pas vers le film de Juan Piquer Simon qu'il faudra vous tourner. Par contre si vous aimez les nanars de pacotille aux effets spéciaux affligeants de nullité alors n'hésitez pas une seule seconde et foncez sur le lien fourni par nos copains de l'UFSF !
Sinon une galette Zone 1 est dispo dans la collection Midnite movie chez 20th Century Fox (en double feature avec le Gorilla at Large d'Harmon Jones).
Heureusement que ce bon Juan a eu la décence d'abandonner ce genre d’âneries pour se consacrer par la suite à des réalisations bien plus distrayantes. Au fait, si quelqu'un a dans un coin L’éclosion des Monstres je suis preneur, j'aimerais bien revoir ce truc passé il y a belle lurette sur M6 et complètement disparu depuis des petits écrans.


http://muaddib-sci-fi.blogspot.fr/2013/03/le-mystere-de-lile-aux-monstres_24.html

6 commentaires:

  1. Ah oui, celui là, j'ai jamais réussi a le regarder jusqu'au bout, même en me forçant, je finis toujours par jeter l'éponge tellement c'est mauvais.
    Merci pour cette présentation bien plus distrayante et amusante que ce film.

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  2. J'ai vu ça il y à bien longtemps avant le temps de la caverne .
    Singeries en tout genres,Shampoing aux algues,cannibales masqués oh hé oh hé et tout le folklore colonial taillé pour le cinoche de quartier avant la fin des haricots secs.....

    Sinon

    http://www.dailymotion.com/video/x2fyedv

    après faut s'incrire ici et tu auras ton éclosion en VF

    http://streamingr.com/filmcomplet/?id=11sv9rsf#Creation-compte


    https://youtu.be/6b0y6oB8ijk ^^

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    1. Sinon hésite pas a venir te fendre la gueule en "Z" dans ma grotte aux fées PT^^

      http://nofearnowar.blogspot.fr/

      Cordialement her Dr F!!!K

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  3. ca m'a l'air d'etre un nanard sympa! merci !

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