mardi 29 mars 2016

REVOLUTION (2016)


Dans un futur proche, la téléréalité, devenue toute puissante, a pris le contrôle absolu des médias, annihilant l'industrie cinématographique et les émissions culturelles. Imaginez-vous bombardés 24h/24 par des programmes TV mettant en scène des chtis lobotomisés, des marseillais consanguins, des poupées barbantes trépanées du bulbe ou des Cyril Hanouna sous extas et vous comprendrez que l'heure est grave.
Normal dés lors qu'émerge un mouvement contestataire particulièrement violent et bien décidé à faire péter les stations émettrices à l'origine de toutes ses insanités. C'est dans l'une d'elles que débarque un commando lourdement armé, lequel entreprend de démastiquer tout être vivant à l'intérieur des locaux : vigiles, journalistes, secrétaires... tout y passe dans la joie et la bonne humeur jusqu'à ce que déboule un redoutable cyborg, envoyé expressément par un labo militaire afin de neutraliser la menace terroriste.

 "- Bon les gars, ça y est on est dans la place alors faites gaffe !
     Je vous rappelle les consignes de sécurité. Quand vous voyez un employé vous lui faites péter la cafetière.
Par contre si vous croisez un de ces débiles des émissions de téléréalité, vous ne visez surtout pas la tête. 
Ça ne sert à rien, c'est pas comme les zombies. Vous y allez carrément à la grenade.
Et si vous tombez sur des poufs comme Débila, Gouiniasse ou Vagina vous ne visez jamais la moindre protubérance mammaire, 
on ne sait pas ce qu'elles y foutent dedans ces connes-là.
Robert ! Je sais que t'as la gâchette facile alors tu fais gaffe, compris ?
- Oui, mon colonel !
- Putain, t'es con ou tu le fais exprès ?"

N'y allons pas par quatre chemins, en 20 petites minutes Revolution met une branlée phénoménale à tout ce qui a pu se faire jusqu'ici en matière de court-métrage, voire même à certaines superproductions soi-disant survitaminées qui ont, depuis quelques années, fâcheuse tendance à prendre le spectateur pour un demeuré. Joffrey Schmitt, à l'origine de cette merveille, a parfaitement compris ce que les cinéphiles voulaient.
Pendant un peu plus de cinq ans le bonhomme a lui-même écrit, produit et réalisé Revolution, le tout avec les moyens du bord et sans aucun soutien financier, désireux d'offrir un spectacle généreux et défoulatoire comme seules les eighties savaient nous en donner. Dés lors une question nous vient immédiatement à l'esprit : comment Schmitt a-t-il pu mettre en boite une telle tuerie alors que d'autres avec des portefeuilles nettement plus gonflés ne pondent que d’infâmes purges sans saveur ? Une seule réponse: le talent et l'amour du genre.

 "Beuaaargh, Colonel !  J'ai trouvé où se planquait l'autre cruche de Débila !
P'tain j'vais m'la faire grave ! Crève connasse ! Beuarh ha ha !"

 "Robert ! Fais pas le con ! Surtout fais bien attention sur quelle partie de son corps tu canardes !"

 " - Beeeuuuaargghhhhh !!! Crèèèèèève connaaaasssssse !!!!
- Pas les nibards Robert ! Pas les nibards !"

 BBAAAAAOOOUUUUMMMMMMMMMM !!!!!
"Ah putain le con !"

Ici tout n'est que clin d’œil au bon gros bis qui tache : cyborg mi-Terminator mi-Predator, terroriste qui se liquéfie comme si Seth Brundle venait de lui gerber dessus, quidams en tenues de protection tout droit sortis de chez Bruno Mattei...... au fil des scènes toutes plus dingues les unes que les autres on pense également à Assaut, They Live, Vendredi 13, New York 1997, au Monstre Qui Vient de l'espace, aux productions Troma (avec ce gaz très très Toxic), bref à tout ce qui nous manque en cette ère où le cinéma fantastique ne se contente plus que de faire claquer quelques portes de chiottes avec espoir de nous foutre les jetons.

 "- C'est bon chef, j'ai bien mis en place les 135 piles Duracel nécessaires, il va péter le feu votre engin.
Je le règle sur quoi : serial killer, tuerie de masse, carnage général, totale boucherie... ?
- Fous-le moi sur Génocide intégral, on va quand même pas s'emmerder. J'ai un rencard à 17h00, faut que ça soit torché rapidos."

Joffrey Schmitt attache également une attention toute particulière à l'aspect graphique de son œuvre, évitant de tomber dans le piège trop facile du CGI pourrave façon Asylum, préférant à certains moments les bons vieux SFX à l'ancienne qui lui permettent d'accentuer d'autant plus l'aspect gore et cradingue de l'ensemble. Là aussi, question barbaque, le réalisateur ne fait pas dans la dentelle : membres arrachés, têtes qui explosent, décapitations, brulures au 36ème degré, corps qui explosent... Revolution, en quelques minutes, nous balance quasiment tout le petit manuel du slasher de base, proposant des meurtres spectaculaires et brassant par la même occasion science-fiction et gunfight movie.

 
Histoire de donner un cachet supplémentaire au court-métrage tout en s'adressant une fois de plus aux cinéphiles, le metteur en scène s'est octroyé les services de trois doubleurs français des plus reconnaissables : Daniel Beretta, Patrick Poivey et Jean-François Aupied, les voix frenchy de Schwarzy, Bruce Willis et Steven Segal. Je ne vous dis même pas le pied que l'on ressent à chaque punchline débile balancée par nos terroristes cagoulés ! On ajoute une ambiance savamment rythmée, des explosions démentielles, une critique évidente de la médiocrité actuelle de certains programmes télévisés et on obtient vingt minutes de pur bonheur !
On vous le dit, surveillez bien Joffrey Schmitt, ce gars-là est promis a un brillant avenir !

 "W.A.T.C.H   R.E.V.O.L.U.T.I.O.N   O.R   D.I.E !"

Inutile donc d'ajouter que Revolution m'a littéralement scotché. Je ne suis pas particulièrement friand de court-métrages mais là, force est de reconnaitre que celui-ci m'a foutu une grande tarte dans la gueule. Si vous voulez vous aussi vous faire une idée sur le travail du sieur Schmitt je vous renvoie aux liens ci-dessous, vous m'en direz des nouvelles.

Revolution (YouTube)

Revolution par Joffrey Schmitt




mercredi 16 mars 2016

LURKING FEAR (1994)



John Martense, fraichement sorti de zonzon pour un crime qu'il n'a soit-disant pas commis, rend visite à un vieil ami, Skelton Knaggs, croque-mort de profession, qui tiendrait à sa disposition une carte laissée par son défunt paternel. Du document John apprend que son daddy, avant de rendre l'âme, aurait enterré un cadavre rempli de billets dans le cimetière de Lefferts Corner, petit patelin désertique qui semble vivre dans la terreur depuis de nombreuses années. A peine met-il les pieds dans la bourgade que l'ex-taulard se retrouve mêlé au combat que mènent Cathryn, une jeune femme désireuse de venger sa sœur assassinée, Harris, le toubib local, et quelques villageois face à d'immondes créatures peuplant le sous-sol de Lefferts Corner. L'arrivée d'un trio de malfrats également à la recherche du pognon de Martense Senior ne va pas arranger les choses.


Charles Band, toujours à l'affut d'une histoire susceptible de lui rapporter quelques biftons, s'est penché à plusieurs reprises sur l’œuvre d'Howard Philip Lovecraft, adaptant, autant sous la bannière Empire que Full Moon, plusieurs récits de l'écrivain. Il faut dire qu'en 1985 Re-Animator, première adaptation produite par ce bon vieux Charly, lui a rapporté un sacré pactole. S'en sont suivi From Beyond en 1986, Pulse Pounders en 1988 avec le sketch The Evil Clergyman, Lurking Fear en 1994 et Castle Freak en 1995. Comme beaucoup d’œuvres cinématographiques tirées du travail de l’auteur américain, les productions Band n'ont jamais vraiment respectées à la lettre le matériel original, préférant s'appuyer sur l'idée globale que proposait celui-ci au lieu d'en retranscrire fidèlement le texte. Lurking Fear ne fait donc pas exception à la règle.
Au départ nous trouvons une nouvelle fantastique rédigée par le père Lovecraft en 1922, "La Peur qui Rôde", récit horrifique où le narrateur se rend dans un petit village des Catskills pour tenter de comprendre le mystère entourant une vieille bâtisse. Réputée hantée par un démon qui emporterait les voyageurs imprudents pour les dévorer, la maison autrefois propriété des Martense, abrite en réalité dans ses fondations l'un des membres de cette famille qui aurait dégénéré jusqu'à devenir une hideuse créature carnivore.
 
"- Je vous écoute mon fils.
- Pardonnez-moi mon père parce que j'ai péché.
Depuis déjà une trentaine d'années mon appétit croissant ne cesse de me tourmenter.
Il faut dire que j'ai toujours aimé la bonne chair mais là ça devient vraiment critique.
- Allons mon fils, je ne pense pas que le péché de chair attire sur vous les foudres de notre seigneur.
- Ouf, vous me rassurez mon père. Je commençais à avoir de sacrés scrupules depuis que j'ai dévoré la quasi totalité du village 
et que je copule chaque jour avec mes sœurs et mes cousines.
D'ailleurs dites-moi, vous m'avez l'air de bien manger à la cantine vous aussi, ça vous dit de passer à la maison ce soir ?
- Pardon ?!!!!"

Le scénariste C. Courtney Joyner, à la demande de Band, accouche au milieu des années 90 d'un script reprenant la trame du monstre dégueulasse planqué sous la baraque Martense et grand amateur de chair humaine. Il garde le principe de la dégénérescence génétique du bestiau, lui ajoute quelques frangins et frangines aussi moches et débiles que lui et se permet de supposer que le personnage principal a, sans s'en douter, des liens de parenté avec tout ce bestiaire mongolo. Bien entendu, confectionner une histoire sensée se dérouler au début du siècle dernier aurait à la fois été problématique et onéreux pour l'écurie Full Moon. Logique donc de transposer tout cela au milieu des 90's et d'y inclure quelques gangsters patibulaires histoire de corser un peu la situation. Résultat : Joyner met en boite à vitesse grand V un petit film apte à remplir un peu plus le catalogue déjà bien fourni de la Full Moon. Une Full Moon qui, rappelons-le, brillait encore de ses mille feux en ces temps-là avant de décliner dés 1995 suite à la fin de son partenariat avec son distributeur officiel Paramount.
1994 reste ainsi une année faste pour la boutique, peut-être même l'une des plus prolifiques avec les sorties de séquelles à la pelle (Puppet Master 5, Trancers 4 et 5, Subspecies 3, Invisible) et de quelques titres non dénués d’intérêt (Oblivion, Shrunken Heads, Dark angel The Ascent), une année où les fans de toutes ces petites productions (que distribuaient allégrement CIC Vidéo en VHS par chez nous) se disaient que Charles Band avait enfin trouver sa vitesse de croisière après avoir dilapider connement le fric gagné durant la période Empire. Les pauvres allaient vite déchanter.
Mais bon, ça c'est une autre histoire, intéressons-nous plutôt à ce Lurking Fear réalisé également par Joyner, lequel était déjà passé derrière la caméra en 1992 pour Trancers 3. En habitué des produits made in Band, le lascar a également œuvré sur les scénarios de Prison, Puppet Master 3 et Doctor Mordrid. Après Lurking Fear ce sera pour lui aussi la chute libre, suffit de voir les tristes produits daubés pour lesquels il dû bricoler un semblant de scénario : Trancers 6, Puppet Master The Legacy, Tomb of Terror, trois merdouilles Full Moon new generation bidouillées à grands renforts de scènes piquées dans les opus précédents. Indigeste au possible. Y'a quand même le sympathique Puppet Master vs Demonic Toys mais ce n'est pas suffisant pour racheter le bonhomme (et puis ce n'est pas produit par Charles Band).
Parvient-il ici à fournir quelque chose de correct, aussi fun que l'étaient à ce moment-là les aventures des poupées du maestro Toulon ou les péripéties du vampire Radu ? Mmmmm..... oui et non pour être franc.


Premier point positif : Joyner s'entoure d'un casting solide qui ne peut que ravir les amateurs de fantastique.
On commence par l'incontournable Jeffrey Combs, présent dans toutes les adaptions de Lovecraft produites par Empire ou Full Moon, ex-docteur Herbert West, tripatouilleur verni de la sublime Barbara Crampton en pleine crise de nymphomanie dans From Beyond.... bref, un acteur charismatique qui rehausse la qualité d'un film juste par sa présence.
Dans la peau d'un toubib alcoolo et pétochard, il est probablement le personnage le plus intéressant qui nous est proposé même si son rôle ne reste pas suffisamment développé.

"- Hé, hé, hé... voilà ma jolie ! Je vous ai refermé cette plaie au bras de façon magistrale.
On verra même pas la cicatrice.
- Je m'en doute docteur qu'on ne verra rien. Surtout en m'ayant recousue directement à travers le chemisier."

"- Ah merde ! Je croyais que c'était un méga tatoo.
- Non sérieux doc, arrêtez la bibine.
- Bougez pas, je vais chercher un sécateur et je vous refais ça illico presto fingers in ze nose.
Mais d'abord un p'tit coup de gnôle pour désinfecter tout ça."

Même chose pour la dure à cuire Cathryn, incarnée par la mignonne Ashley Laurence, tout juste sortie des griffes des Cénobites après les deux premiers Hellraiser. Têtue, décidée et revancharde, sorte de Sarah Connor sévèrement burnée, elle n'hésite pas à jouer des pieds, des poings et du flingue quand cela s'impose. Son combat contre la blondinette Allison Mackie dans le cimetière de Lefferts Corner sous une pluie torrentielle constitue l'une des séquences les plus bandantes du métrage (comment ça des t-shirts mouillés ? M'enfin soyons sérieux...). Cette dernière, charmante au possible, est parfaite en vamp blonde platine qui prend un malin plaisir à chauffer les bonshommes avant de leur latter les couilles. Elle est l'exemple type de la garce profiteuse et cupide qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Le pauvre John Martense aura bien du mal à résister à ses charmes vénéneux.
C'est le beau gosse Blake Adams qui endosse les jeans étriqués du héros de Lurking Fear, rôle qui lui fût confié après une apparition remarquée dans la géniale série TV Brisco County aux cotés de Bruce Campbell. Par la suite, Adams rempilera à deux reprises pour Band avec le très débile Head of the Family et le très nul The Killer Eye (qui porte bien son nom puisqu'il pique sacrément aux yeux celui-là) avant de se consacrer presque exclusivement à la télévision (Walker Texas Ranger, Desperate Housewives....).

"Tu peux toujours courir pour qu'je te dise où j'ai planqué le fric ! 
Tu crois quand même pas que je me suis cassé le cul à tirer tout ce pognon pour qu'un petit branleur
qui se prend pour Lorenzo Lamas le dilapide en soins capillaires !"

"- M'enfin Daddy, tu sais que j'ai toujours aimé prendre soin de ma personne.
Et puis tu vas faire quoi de cet argent maintenant que tu es au ballon ?
- Va chier ! Plutôt crever en sachant que mes thunes ne serviront pas à entretenir la serpillère qui te sert de tignasse ! Fils indigne !"

Le malfrat en chef Bennett est lui interprété par John Finch, premier rôle dans le Mac Beth de Polanski en 70 puis dans Mort sur le Nil en 78, et que l'on pût également voir dans Frenzy d'Hitchcock, quelques productions Hammer (Vampire Lovers, Les Horreurs de Frankenstein, La Maison de Tous les Cauchemars) et pas mal de séries à succès comme Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Les Chroniques Martiennes ou Maigret.
On trouve également le vétéran Paul Mantee (le Robinson Crusoé sur Mars de Byron Haskin) sous la soutane du père Poole, curé pénible qui donne l'impression d'avoir choisi le camp des cannibales underground (Des C.H.U.D ? Ah ouais, presque la même ganache.) au détriment de ses fidèles en plein désarroi.
Dernière tronche impayable du lot, celle de Vincent Schiavelli (Ghost, Buckaroo Banzai, Demain ne Meurt Jamais, etc.... la liste est trop longue et ne sert à rien puisque vous voyez certainement de qui je parle). Sa présence relativement réduite dans la peau du croque-mort qui aime tout spécialement farcir ses clients aux biftons de 500 et à la coco constitue un petit plus non négligeable.

"- Vous êtes absolument sûr que ce cercueil propose un confort absolument hors norme ?
Je n'aimerais pas que grand-papa ait mal partout quand on le mettra en bière.
- Ah y'a pas à tortiller du croupion, vous êtes une vraie blonde vous !
Accompagnez-moi dans l'arrière boutique, je vais vous montrer tout ce qu'il est possible de faire dans ce type de modèle.
Vous verrez, il est tellement spacieux et moelleux qu'on peut même y tenir à deux."

Malgré le budget riquiqui qui lui est surement attribué (t'es un radin Charly mais on t'aime bien !), le gros Courtney réalise l'exploit d'instaurer une ambiance toute particulière, une atmosphère oscillant entre mystère, pluie et crasse dés l'instant où John Martense met un pied à Lefferts Corner.
Le village, paumé au milieu des champs de maïs, ressemble à s'y méprendre à l'un de ses patelins fantômes où ne subsiste que quelques âmes égarées, nous remémorant le lieu singulier que fréquentera le John Trent de l'Antre de la Folie quelques années plus tard (chef d’œuvre de Big John Carpenter et probablement l'un des films les plus fidèles à l'univers de Lovecraft). Pourtant le fait de vouloir recentrer les trois quarts du métrage sur une église abandonnée et son cimetière ne permettra pas d'exploiter à sa juste convenance l'idée première de ce lieu fantomatique qui aurait tout aussi bien pu servir à un épisode de La Quatrième Dimension. Dommage !

"- Franchement doc, dites-le moi en face.
Vous trouvez ça normal que je me retrouve avec toutes ces balafres juste pour avoir voulu faire enlever un grain de beauté ?
- Mais oui mon p'tit gars ! Vous me prenez pour un charlatan ou quoi ?
C'est que dalle, ça ! C'est les effets secondaires obligatoires quand on se sert d'un râteau.
- Un râteau ? Pour un grain de beauté ?
- Oh ! Hé ! C'est qui le professionnel ? Si vous êtes pas content vous avez qu'à allez consulter mon frangin Herbert à l'université Miskatonic. 
Il va vous arranger ça vite fait lui !"

"ZE" méga big souci de Lurking Fear c'est sa durée. Comment mettre en place un semblant d'empathie envers les personnages quand on est dans l'impossibilité de développer correctement leurs traits de caractère et leurs histoires respectives ? Pourquoi le doc de Lefferts Corner est il un vieux poivrot névrosé ? Qu'est donc devenue la nièce de Cathryn dont la mère est tuée par une des créatures dans la séquence d'intro ? Quels sont réellement les liens de parenté entre John et les monstres cadavériques qui se disent être de sa famille  ? (à part une vulgaire tache de naissance commune à tout ce beau monde, on en sait pas plus)

"Regardez bande de débiles ! La voilà la preuve que ce crétin est de votre smala !
Il a la même tache de naissance que vous !"

"- Ah bon ? Une tache de naissance ? Où ça ? 
Faut dire que ça fait cinquante ans que j'ai pas pris une douche alors pour y voir kékchose....
T'as une tache toi Josette ?
- Kess j'en sais. Je me suis bouffé les deux bras y'a déjà belle lurette."

"- Hmmm... et vous jeune fille ? Avez-vous également une tache de naissance comme celle de votre ami ?
Je pense qu'un examen approfondi s'impose, histoire de ne rien laisser au hasard. T'en dis quoi Robert ?
- Ah zolie fifille ! Vi vi à poil ! A poiiilllll ! Aaaagahgaaah !!!
- Allons Robert, un peu de tenue en présence d'une dame je te prie.
Excusez-le, il est un peu con sur les bords.
- Sur les bords seulement ?"

Et ce n'est pas tout. Les êtres cannibales qui tourmentent nos héros sont de toute beauté et sacrément flippants physiquement parlant. Alors pourquoi sont-ils aussi mal utilisés ? Peu de présence à l'écran, écharpant des quidams hors champs, ne laissant la part belle qu'à un seul de leur congénères pendant qu'ils se tapent la cloche dans les souterrains de l'église, les pauvres bêtes avec un tel look méritaient bien mieux que d'être transformées en banals monstres tout juste bons à apparaitre dans un train fantôme miteux. Le gogol mal branlé de Castle Freak fera largement mieux à lui tout seul. Un comble. Peut-être que si on avait eu Stuart Gordon au lieu de Joyner on en aurait eu pour notre fric. Qui sait ?

"- Heu... doc, vous croyez que c'est raisonnable de vous enfiler tout ce sky avant une transplantation cardiaque.
- Hic.... t'inquiète poulette, z'en garde un peu pour dézinfecter le palpitant que z'ai prélevé sur zette vache crevée... hic !
- Ah ouais, maintenant je comprends pourquoi votre femme passe son temps à brouter dans le jardin depuis sa dernière opération.
- Et alors ? Au moins z'ai pas à me cazer le cul à tondre.... hic !"

Avec de telles gloumoutes, un casting en béton, une histoire attrayante et l'un des meilleurs artisans de l'écurie Full Moon, comment l'ensemble a-t-il pu tomber à plat de cette manière ? Tournage trop expéditif ? Pas assez de temps ?  Pas assez de pépettes ? Mystère.
Joyner a essayé de mixer horreur, action et film policier sans toutefois parvenir à ses fins.
Au final Lurking Fear ne restera pas l'un des meilleurs films tirés de l’œuvre de Lovecraft. D'un autre coté il est loin d'être la pire adaptation en ce qui concerne la nouvelle La Mort qui Rôde. Pensez un peu au Dark Heritage de David Mc Cormick en 1989 ou à Hemoglobine de Peter Svatek en 1996 et vous vous direz que le moyen métrage du père Joyner n'est pas si mal au bout du compte.

"Alors voilà mon fils. Après notre récente conversation un peu plus haut sur cette page j'ai bien réfléchi.
Je peux me tromper mais il me semble que la consommation de chair humaine est absolument interdite et constitue un péché capital."

"- Mais enfin mon père, le seigneur n'a t-il pas dit à ses disciples : prenez et mangez ceci est mon corps ?
- Je pense que vous avez mal saisi mon fils. Souffrez-vous d'un certain retard mental ?
Vous pouvez vous confier à moi. Je comprendrai, j'ai un coeur gros comme ça !"

"- Ah ouais ? Faites voir !"
SCHLAAAARRFFFFF !
"- Heurk......."

"- Ah ben ouais z'avez raison mon père. Un coeur gros comme ça. Tenez je vous le rends.
Mon père ? Pourquoi vous êtes par terre ?
- Arff.. pas de doute, vous êtes vraiment débile... aaarggghhhhhh...."

Pour vous faire votre avis personnel sur le machin en question vous pouvez le télécharger via le lien ci-dessous. Vous y trouverez également des sous-titres que j'avais confectionné il y a quelques temps déjà en collaboration avec Joconda Latrodecta.
Et là je me rends compte que j'ai liquidé tout ce que j'avais de coté rayon sous-titrage. Feck, va falloir que je trouve autre chose !

DVD RIP VOSTFR :
http://uptobox.com/gc1j27erraye


Trailer
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