lundi 29 février 2016

R.I.P FATHER JACK


Encore une bien triste nouvelle en ce début 2016: la disparition de l'acteur irlandais Frank Kelly.
Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant vous voyez sa tronche à chaque fois que vous mettez les pieds sur ce blog.
Kelly c'est soixante ans passé sur les planches, que ce soit au théâtre, à la télévision ou au cinéma. Son premier rôle sur grand écran ce sera aux cotés de Michael Caine en 1969 dans le film  de Peter Collinson L'or se Barre et il ne retrouvera le chemin des salles obscures que bien plus tard à travers des œuvres comme La Guerre des Boutons : ça recommence en 1994, L'Etrange Histoire d'Hubert en 2000 ou Evelyn en 2002 (avec également Pierce Brosnan)
La plus grande partie de sa carrière il l'a dédiée à la télé en se consacrant dés 1968, et ce pendant 14 ans, à Wanderly Wagon, célèbre show irlandais pour enfants où il interprétait plusieurs rôles tout en participant à l'écriture des scripts. On l'aperçoit également dans Remington Steele, Lexx et dans l'immortel  soap opera d'ITV Emerdale.


Mais "LE" rôle qui l'a immortalisé c'est celui de l'incroyable père Jack Hackett dans le show Father Ted, summum incontesté de la comédie britannique devenue immédiatement culte au moment de sa diffusion en 1995. Totalement méconnaissable sous la soutane du curé le plus abject de l'univers, Kelly est alors au paroxysme de son talent. Hackett, durant trois saisons et 25 épisodes, est constamment en état d'ébriété trèèèèèèès avancée, lorgne sur la gente féminine (mais seulement quand il ne s'agit pas de nonnes), court à poil dans la lande de Craggy Island, provoque catastrophe sur catastrophe et distribue mandales et uppercuts à tour de bras. Le comédien parvient ainsi à donner à son personnage une apparence de véritable bête enragée qui provoque fous rires inévitables à chacune de ses apparitions. Le décès soudain de l'acteur principal Dermot Morgan le 28 février 1998, au lendemain de la fin de tournage de la troisième saison, entraine par la même occasion la mort de la série.
Ainsi est-ce une coincidence si 18 ans plus tard, le 28 février 2016, Frank Kelly s'en va rejoindre son ami ? On ne le saura jamais mais une chose est certaine ce bon vieux Father Jack aura toujours sa place en ces lieux, histoire de rendre hommage jour après jour à un immense acteur.
Il a pas fini de se marrer le vieux barbu sur son nuage.


Et pour ceux qui veulent se laisser tenter par les aventures du trio de curés les plus barrés au monde, vous pouvez retrouver l'intégralité du show en vostfr via le lien ci-dessous :
http://www.planet-series.tv/father-ted/


jeudi 25 février 2016

BLOODY PSYCHO (1989)



Werner Vogler, pranothérapiste doté de capacités extrasensorielles, est embauché par Mme DelSole, une châtelaine paraplégique et cintrée afin d'exercer sur elle ses talents de magnétiseur, la bonne femme espérant ainsi pouvoir retrouver l'usage de ses jambes. Mais une fois sur place le bon docteur a une étrange vision : dans une aile abandonnée du château une donzelle mystérieuse poignarde sauvagement un homme.
Le clodo du coin a beau lui dire que les lieux sont hantés, le père Vogler décide de mener sa petite enquête afin d'éclaircir la situation.


A la fin des années 80 le cinéma bis italien est en fin de règne, gangréné petit à petit par la télévision.
En 1988, les producteurs Luigi Nannerini et Antonino Lucidi, patrons de la "Alpha Cinematografica" demandent à Lucio Fulci de superviser une série de films d'épouvante à destination du petit écran.
Le maestro, après en avoir réalisé deux (Soupçons de Mort et Les Fantômes de Sodome) abandonne le projet, probablement à cause de ses problèmes de santé du moment, posant dés lors problème de conscience aux compères Nannerini et Lucidi. Tant  pis se disent-ils, Lucio n'est plus là mais on continue sans lui, on fait mettre en boite les six films restants par d'autres et on estampille le tout avec la mention "Lucio Fulci présente".
On va quand même pas s'emmerder pour si peu que diable !
Mario Bianchi réalise alors Non Avere Paura Della Zia Marta (aka Muder Secret), Enzo Milioni Luna di Sangue, Umberto Lenzi Le Porte Dell'Inferno (aka... Les Portes de L'enfer forcément), Giovanni Simonelli Hansel et Gretel, Andrea Bianchi Massacre et Leandro Lucchetti ce Bloody Psycho aussi surnommé Lo Specchio ou Nel Nido Del Serpente. D'ailleurs soyons clairs tout de suite. En visionnant cette merveille vous ne trouverez ni tueur sanguinaire psychotique, ni miroir, ni serpent (à part sous la forme d'un tatouage ridicule arboré par la méchante revenante) comme peuvent le laisser suggérer les différents titres italiens. Du foutage de gueule diriez-vous ? Peut-être. Moi je dirai plutôt que Bloody Psycho c'est carrément la fête du slip, le tout orchestré par un metteur en scène venu seulement pour empocher un gros chèque et des acteurs qui devaient avoir pas mal de loyers en retard.

"- Oh Vassili, si tu savais les mauvaises énergies que dégagent ce film.
  Je me demande si on a bien fait d'accepter ces rôles.
- Hic... pas besoin d'être médium Pete, moà j'le sais qu'on a fait une connerie.
 Pourquoi tu crois que j'me bourre la gueule à longueur de temps... hic ! Foutue qu'elle est notre carrière après ça !"
- Seigneur, tu as raison ! Fais péter ton litron !"

Leandro Lucchetti ce n'est ni Bianchi (celui que vous voulez on s'en branle) ni Lenzi. Et encore moins Fulci vous pensez bien. Déjà responsable d'un Mercenaires de l'Apocalypse en 1987 où il caviardait son nanar de guerre de stock-shots par paquets de douze, le client n'a jamais figuré au panthéon des cadors du bis transalpin. Juste avant d'aller fourrer son nez dans le merdier que fût le scénario et la réalisation de Nosferatu à Venise, on le trouve derrière la caméra de ce Bloody Psycho qui ne fait que confirmer une chose: avec Leandro ça vole pas haut mais c'est rigolo !

 "- Ah chère madame, je vois à la fermeté de votre poitrine et à la moiteur de vos mains que vous êtes parfaitement réceptive à mon magnétisme.
- Et comment donc, vil coquin. Je vous assure qu'il n'y a pas que mes mains qui sont moites.
  Je vous en prie, continuez...
- Heu... finalement on va peut-être s'arrêter là pour aujourd'hui."

Bien qu'il s'applique à créer une ambiance tout à fait particulière grâce à des décors judicieusement choisis (le petit village italien, le château, le cimetière/décharge publique...) et un score sympathique même si trop répétitif, le gazier semble incapable de structurer son récit comme il se doit et accumule scènes et situations à la limite de l'absurde. Pourquoi la femme de chambre de la mère DelSole accueille Vogler en manteau à fourrure tout ça pour le laisser tomber à terre quelques secondes plus tard ? Pourquoi la DelSole feint-elle d'être handicapée ? Pourquoi le spectre meurtrier qui hante l'aile abandonnée du château se balade t-il en fauteuil roulant alors qu'il est très bien capable de se tenir debout quand il faut passer à l'action ? Ben oui sinon faut m'expliquer comment un paraplégique arrive à arracher le visage d'un mec à pleine main. Le type est à genoux ? Vous croyez ?
Ah le con ! Alors qu'il lui suffisait tout bonnement de foutre un bon coup de pompe dans le fauteuil pour envoyer valser le fantôme, j'te jure y'en a qui ont pas inventé l'eau chaude. Oui, bon bref c'est le nimportnawak le plus total tout comme ce dénouement visiblement écrit sous acide et parfaitement incompréhensible.

 "- Hé Josette ! C'est quoi ce bruit de ferraille qui grince dehors ?
T'as oublié de refermer le portail ou quoi ? 
Et qu'est-ce que ça schlingue ! T'as déjà préparé le diner ?
- Meuh non mon biquet ! J'ai pas bougé de devant la télé aujourd'hui."

 Schhhklllllliiiinggggggg !!!!!!
"Ah ben non c'est ta mère qui vient encore nous faire chier à l'improviste !
Cette vieille taupe sait toujours pas où se trouve la porte d'entrée !"

Tout ça vous donne l'eau à la bouche ? Attendez ce ne sont que de petits amuse-gueules en comparaison du point culminant de ce chef d’œuvre, du plat de résistance : les acteurs et leurs personnages respectifs. Allez, on se fait une petite revue des troupes histoire de continuer à se marrer entre potes.
William Vogler c'est Peter Hintz, déjà aperçu dans le téléfilm La Casa Del Tempo de Fulci, Les Mercenaires de l'Apocalypse (on change pas une équipe qui foire) et Zone Troopers. Absolument ridicule avec sa petite moustache, ses lunettes et un charisme à faire pâlir de jalousie notre ami Hollande, on se demande comment il peut tenir le rôle principal. Entre ses pseudos-manipulations interminables en tant que meilleur charlatan magnétiseur marabout et ses exercices de Tai-Chi devant le miroir de sa chambre (ah ben si, finalement il est bien question de miroir dans ce film !), il tente de résoudre de manière improbable un mystère vieux de plusieurs décennies sans véritablement savoir ce qu'il cherche.

"Attention concentration maximale. Ouverture intégrale des chakras. Inspiration.
Concentration.... à trois.... un... deux...."

 "...trois ! Wazaaa ! Prise de position à la Tortue Géniale ! Expiration.
Ouchyyaaaahhhhhhh !!!! Aayahhhhhhh !!!! Koumbayaaaaaa !!!"

 "Arrfg ...koff.... koff... ouh putain j'y suis allé trop fort, je crois que je vais benner.
Ça tourne bordel, j'vais gerber."

Faut dire qu'il n'a pas vraiment la tête à se concentrer sur l'énigme en question, la quasi totalité du casting féminin lui tombant inexplicablement dans les bras dés que l'occasion se présente.
Première victime : Simona la femme de chambre, interprétée par la très bandante Nubia Martini, actrice méconnue qui visiblement s'est trompée de genre cinématographique avec ses airs de petite cochonne perverse à voile et à vapeur.

 "Mais enfin, que faites- vous Simona ? Je vous ai juste demandé un verre d'eau suite à un banal malaise vagal."

 "- Faites-moi confiance docteur, moi aussi j'ai un certain pouvoir au creux des mains.
Regardez, en les plaçant là où il faut je parviens à rediriger le trop plein de sang dans votre crane vers une autre partie de votre corps.
- Ah oui, ça alors ! Incroyable ! Accélérez le mouvement pour voir !"

Deuxième trophée à son tableau de chasse : la blonde Micaela De StBon, descendante du fantôme revanchard et qui porte les traits de Louise Kamsteeg, la Olga de Strike Commando pour ceux qui s'en souviennent. Elle et Hintz se tape sans raison apparente un gros délire en plein milieu du long-métrage. Alors que la tension est à son comble (enfin c'est vite dit), Vogler, sans nul doute sous la coupe de substances illicites, arrose copieusement le visage de sa compagne avec du yoghourt tout en lui balançant des " C'est bien. Mange. Tu en veux encore ? Vas-y prends tout maintenant !" Ouais c'est dégueulasse hein ? Qu'on voie des trucs comme ça chez Dorcel okay mais enfin bon, on est dans un film sérieux là ! Non ? En fin de compte il y a une chose de sûre : cette scène inutile qui déboule comme une couille dans le potage peut désormais être considérée comme cultissime.

 "- Aaaaaah oui grosse cochonne ! Hein que t'aime ça en prendre plein la face, hein ?
- Oh oui, encore ! Donne-moi tout !"

 "Ah tu l'aimes le bon Yop à papa, hein ? Dis-le que tu l'aimes !"

Le cul vissé sur un fauteuil roulant quand elle ne se lève pas pour aller tripoter les miches de sa bonne, Brigitte Christensen est Mme DelSole, femme aussi aimable qu'une porte de prison, à priori frustrée sexuellement et qui semble avoir embauché Vogler plus pour la dextérité de ses mains que pour les vertus de son traitement thérapeutique (femme à roulette, femme à.... non laissez tomber j'ai rien dit). Tellement méprisable qu'on a envie de lui coller des gifles, elle trouve quand même en la personne de la journaliste locale Sacha Teller (Sacha Darwin) quelqu'un qu'elle qualifie en terme d'amie. Cette dernière, inutile et professionnellement à la ramasse, décide d'apporter son aide au pranothérapiste en fouillant les archives locales dans le but d'y dégotter des informations utiles sur la grand-mère de Micaela (parait que c'est elle qui fout le boxon dans le village alors qu'elle a calanché depuis belle lurette). Tout le patelin semble connaitre cette dernière sauf elle. Je vous le dis, c'est une burne.
Et des persos comme ça Bloody Psycho en est blindé : un ex-medecin devenu alcoolo sans qu'on sache pourquoi et qui passe son temps à brailler comme un veau dés que l'orage gronde (Vassili Karis), un jardinier qui apparait comme par enchantement pour sortir deux phrases dénuées de sens avant de disparaitre comme il était venu, une vieille femme de chambre qui semble porter un lourd secret mais dont on ne saura rien de plus puisqu'elle finira noyée dans un lavoir, un prêtre limite sorti de La Cage aux Folles (Marco DiStefano) et sacrément flippant, etc..... toute une pléthore de quidams qui surviennent ici et là sans qu'on y comprenne vraiment quoi que ce soit. Après tout il faut bien ça pour meubler une bonne heure et demi déjà sacrément mal branlée.

 "- Excusez-moi mais vous êtes vraiment certain d'être prêtre ?
- Ma perché vous dité ça ? Vous mé prénez pour quoi ? Oune perverse ?"

 "- Hmmm.. ma vous né m'avez pas dit qué vous veniez avec cé charmant yeune homme.
Ça vous dit dé vénir mé voir tout seul cé soir vers minouit mon tout beau ? 
Rassourez-vous, lé seigneur vous pardonnéra tous vos péchés.
- Heu... fais chauffer la bagnole Sacha, on met les voiles !"

J'en vois certains derrière leur écran qui se posent cette question : mais dis-donc tonton Jack, tu nous as parlé du réal, des acteurs mais aussi d'un spectre assassin. C'est quoi ce spectre assassin ?
Très bonne question ami lecteur. Je pourrai te dire d'aller te faire foutre et de regarder le film mais je vais quand même te répondre. Eh bien vois-tu, jeune maso qui s'apprête à télécharger ce chef d'oeuvre, le spectre assassin c'est une vieille peau en liquéfaction trépassée depuis des lustres qui s'amuse à écraser le larynx de ses victimes avec son fauteuil roulant, à leur arracher la langue ou à leur griffer la ganache jusqu'à ce que mort s'ensuive. Du gore ? Ah non, même pas, le budget ne permet pas ce genre de fantaisie. Comment ça je me fous de ta gueule ? M'enfin, t'avais qu'à pas poser des questions à la con après tout. Non mais...

 "- Allons beauté, ne restez pas assise toute seule dans l'ombre. 
Levez-vous et accompagnez-moi sur le dance floor.
- Mais avec plaisir.
- Ah mon Peter, tonight is ze night !"

 "- On y va ?
- Bleuaaaaargh.... ah nom de dieu !
Heu... heu... ah je sais pas ce que j'ai bouffé mais ça passe pas, excusez-moi un instant.
- Mufle !"

Pas d'autre question sur ce Bloody Psycho ? Si ? Pourquoi me suis-je cassé le coquillard à traduire ce film alors qu'à première vue c'est une grosse daube ? Eh bien déjà parce que quand on regarde une grosse daube on s'emmerde grave alors qu'ici ce n'est pas vraiment le cas. D'accord l'histoire part dans tous les sens, on n'y capte que tchi mais on se marre quand même bien tellement l'ensemble est ridicule. Deuxièmement: même si c'est une daube elle ne mérite pas de tomber dans l'oubli et se doit d'exister ne serait-ce que pour assouvir notre soif insatiable de bis made in Italia pour le meilleur ou pour le pire. Troisièmement parce qu'il m'avait été donné de voir cette pépite en version originale parée de sous-titres absolument ignobles qui ne retranscrivaient nullement le texte des protagonistes et que je tenais absolument à remédier à cela. Vous savez ce genre de sous-titres où l'un des persos dit par exemple: "Oh Honey ! You're the best of the best !" et qu'on voit en bas de l'écran une trad du style: "Oh miel ! Tu es le plus meilleur !" Rigolez pas certains en ont fait leur spécialité, allez donc faire un tour sur certaines trad de séries TV vous allez voir.
 
Pour conclure (nom de dieu, 3h30 du matin et je suis toujours sur ce putain d'article !) si vous voulez vous taper une bonne tranche de rigolade matez donc Bloody Psycho via le lien ci-dessous 100% garantie version ritale avec subtitles réalisés à l'oreille (profitez-en avant que je ne devienne sourd).
Croyez-moi ça vaut le coup.

Lien : https://1fichier.com/?c8ehe5hrqz


TRAILER



 "- Bon allez les filles, c'est la tradition. Chez Curious Goods y'a toujours une actrice qui finit à poil avant la fin de la chronique.
   Bon, toi Régine là à ma gauche, t'es dispensée, ça va pas le faire.
- Ah ben zut, j'avais déjà enlevé le bas.
- Ouais t'es gentille tu le remets s'te plait. Qui des deux autres s'y colle ?
- Pas moi je suis paraplégique.
- Nan mais attends t'es pas debout là ?
- Faites pas chier, vous allez voir ce que ça va vous couter de harceler des personnes handicapées.
- Bon, alors y reste plus que toi ma toute belle. Ça tombe bien t'es la plus mignonne.
- Connard !
- Silence Régine ! T'es gentille tu ramasses ton slip kangourou et tu vas voir là-bas si j'y suis.
  Alors on s'y met ou quoi ?
-  Franchement je trouve cette situation dégradante et humiliante. 
  Traiter les femmes de cette manière juste pour faire grimper le nombres de vues sur ce blog grossier, c'est une honte !
 Venez les filles, on se tire !
- Oh vous rigolez ! Vous faites les chaudasses pendant tout le film et là vous jouez les saintes nitouches ? Vous abusez !
- Hé, t'as vu ce qu'on est payées ? Tu peux toujours te brosser !"


 "- C'est bon grand fou, yé vais m'y coller ! Où yé pose ma soutane ?
- Bon allez, là c'est trop on ferme !"