jeudi 24 décembre 2015

MOM (1991)


It's Christmas Day chez les Dwyer ! La douce et gentille Emily festoie comme il se doit avec son fils Clay, reporter pour une célèbre chaine télévisée, et la compagne de ce dernier Alice, laquelle profite de l'occasion pour lui annoncer une bonne nouvelle : elle va enfin pouvoir être grand-mère. La dinde est fourrée à la perfection, on s'offre des pantoufles et des serpillères (ah non... ce sont des couvertures en fait), bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la vieille femme. Cerise sur le gâteau : elle a enfin trouvé un locataire pour la chambre d'amis qu'elle avait mise en location en la personne du fringant Nestor Duvalier. Seul petit problème: le gentil Nestor est en fait un loup-garou/vampire/goule (comme il se qualifie lui-même) grand amateur de chair humaine et plus particulièrement de celle des femmes enceintes. Quand Emily découvre accidentellement la véritable condition de son client, celui-ci n'a d'autre solution que de la transformer elle aussi en créature cannibale. A son fils Clay de gérer désormais une mère affamée et enragée et de limiter le nombre de cadavres qui commencent à s'entasser dangereusement dans le jardin de la demeure familiale.


Quoi de mieux qu'un joli conte de noël pour fêter dignement la naissance du pitit Jésus, surtout quand le joli conte en question est une véritable rareté désormais totalement introuvable en VHS chez nos copains ricains et jamais éditée sur support numérique. Inédit en France et dans pas mal de pays, Mom semble être tombé dans l'oubli le plus total depuis les années 90 et ne s'est permis que de rares diffusions sur les networks US.
Écrit et réalisé par Patrick Rand, déjà impliqué dans la post-production de films comme Bill and Ted's Excellent Adventures, Unborn ou Scanner Cop 2, ce pourtant sympathique long-métrage semble avoir signé illico presto la fin de carrière de notre bonhomme derrière la caméra.
Il faut dire que l’œuvre en question est principalement formatée comme un DTV tout ce qu'il y a de plus classique mais n'en demeure pas moins un produit des plus regardables et devant lequel on ne s'emmerde pas un seul instant. Et c'est bien là l'essentiel.
C'est ça l'avantage d'avoir sous le coude un casting aux petits oignons qui permet une empathie immédiate avec chacun des protagonistes.
Le rôle principal, celui de Clay Dwyer, revient à Mark Thomas Miller. Qui est Mark Thomas Miller me direz-vous ? Les plus jeunes l'ignoreront sans doute mais les autres se rappelleront surement de sa présence ultra-charismatique dans la série TV Superminds (Misfits of Science) où il incarnait aux cotés d'une toute jeune Courteney Cox et des regrettés Dean-Paul Martin et Kevin Peter Hall le rocker survolté Johnny Bukowski. Banane, perfecto, rayban, balançant des décharges électriques à tire-larigot, ce personnage reste à coup sûr l'un des plus mémorables qu'ait pu nous pondre la télé US des 80's même si le show en question ne connu qu'une durée de vie assez limitée (seulement seize épisodes en comptant le pilote de 90 minutes).
Par la suite on le retrouve dans divers téléfilms et séries TV (Alien Nation, Sonny Spoon, Les dessous de Palm Beach...) avant qu'un accident en 1991 ne le contraigne à s'éloigner des plateaux de tournage.
Il se reconvertira dans les aménagement pour personnes handicapées avec un succès assez conséquent et se permettra ponctuellement quelques apparitions dans des shows comme Les Dessous de Palm Beach, The Last Frontier ou L.A 7. C'est bien dommage car franchement il avait quand même un sacré potentiel le père Miller, suffit de voir sa prestation dans le film qui nous intéresse aujourd'hui.
Clay Dwyer c'est le gentil fifils à sa maman. Reporter bourré de talents, fiancé attentionné et futur papa, il voue un amour sans limite à sa vieille mère et s'inquiète dés que celle-ci a un pet de travers. Alors imaginez un peu son état quand il découvre celle-ci en train de dévorer à pleines dents le cadavre encore chaud d'un vieux clodo dans une ruelle crasseuse. Accablé devant les nouveaux gouts culinaires d'Emily il va bien essayer de lui faire avaler autre chose que du steak tartare, malheureusement rien n'y fait, la doyenne veut de la barbaque humaine et rien d'autre. Le pauvre n'a alors plus qu'une solution pour éviter que la police, déjà sur le qui-vive, ne vienne la coller sur un bucher : l'enfermer à double-tour dans sa chambre et faire disparaitre les morceaux de cadavres qu'elle laisse sur son sillage quand elle arrive à faire le mur de sa propre casbah en se prenant pour l'incroyable Hulk ou s'en va taquiner des flics undercover dans les bas-fonds de LA.

 "Ça suffit ma p'tite dame, j'vous ai dit que j'étais pas intéressé.
Les cougars grabataires c'est pas mon truc ! Et en plus j'suis en service là.""

 "Allez mon biquet, je sais que tu en crèves d'envie.
J'ai quand même été Miss California... en 1936.
Et puis j'ai toujours eu un faible pour les forces de l'ordre. Viens faire un bisou à tata Emily !"

 "- Ah non, là c'est trop. En 25 ans de service j'ai jamais été confronté à un truc comme ça.
Adieu monde cruel !
- Ben non alors... hé, reviens biquet !"

A force de balancer des bouts de macchabées dans l'océan ou de les faire griller au barbecue, Clay voit dés lors sa santé mentale subir un sacré coup, l'obligeant à descendre toujours plus de binouzes et de sky, à négliger sa fiancée, à mentir à ses proches et à rester en permanence éveiller pour ne pas que sa mémère ne s'envoie un casse-croute une fois la nuit venue. Dés lors on ne sait plus qui est la mère et qui est l'enfant, les rôles s'interchangeant dés que le journaliste réalise qu'Emily a changé.

 "Bon m'man ça commence à bien faire.
Passe encore que tu bouffes n'importe quoi mais faut vraiment que tu arrêtes de laisser des miettes partout dans la baraque.
Alors tu me nettoies fissa ton plumard avant demain matin."

La force de Mom réside finalement dans ça. Dans la relation mère-fils qu'entretiennent Clay et Emily, dans le combat qu'ils engagent contre la maladie et l'accoutumance, sachant que celui-ci est perdu d'avance, la métamorphose de la pauvre femme imposée par le singulier Nestor Duvalier étant irrémédiable et incurable.
Nestor Duvalier, une créature surement millénaire qui a traversé les ages en boulottant du quidam et auquel prête ses traits un Brion James au sommet de sa forme. Tout de noir vêtu, lunettes de soleil et catogan, ce bon vieux Brion, de sa voix rauque et caverneuse, en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir. Putain que ce mec est bon ! On se demande encore comment il a pu un jour se fourvoyer dans une bouse comme Le Cinquième Élément alors que tout le reste de sa filmo est nickel chrome.


 " Ah, mon cher Nestor. Entrez donc !
Regardez un peu le succulent festin que je nous ai préparé."

 "- Ah c'était donc ça cette vieille odeur de chat crevé que je sentais depuis ma piaule.
Laissez tomber, quitte à bouffer de la merde je préfère aller au McDo.
- Oh Nestor, vil flatteur."

Les autres acteurs, exception faite de Jeanne Bates (Emily), même s'ils sont issus du petit monde de la série télévisée, s'en sortent avec tous les honneurs: Mary McDonough (Alice), Art Evans (Hendricks), Maray Eyres (Carla) ou Stella Stevens (la bien fournie Beverly).
Rand, malgré un budget alloué aux SFX visiblement aussi élevé que celui d'une production actuelle de notre copain Charles Band, s'autorise quelques débordements bien sanglants, des maquillages convaincants et deux trois passages bien craspecs sur fond de tripailles dégoulinantes ou de gorges arrachées à pleines dents.


 "Claaaaaaaayy !!!!!! Claaaayyyyyy !!! 
Tu m'avais dit que ta mère était affectueuse mais là c'est un peu abusé.
Hé Claaaaayyyyyyyy tu m'entends ?!"

 "Putain mais elle va la fermer l'autre dinde ! Pas moyen de pioncer tranquille dans c'te baraque.
En tout cas ton Clay, lui, il écrase Cocotte alors ferme-là. C'est pas vrai, quelle vie de chien !"

On regrettera seulement que l'aspect véritable des créatures incarnées par James et Bates ne soit aperçu que quelques millisecondes dans tout le film. Le peu qui nous est autorisé à zieuter, même si pas trop mal foutu esthétiquement, nous fait penser aux classiques masques d'Halloween que l'on peut trouver chaque année dans les bacs de notre Foir'Fouille locale.

 "Oh oui mon gros loup, prends-moi ! 
Par contre enlève tes lunettes, j'aime regarder mes hommes dans le fond des yeux quand je fais crac-crac."

 "Alright baby. Et puis t'as raison, parait que je suis un autre homme sans mes loutches.
Attends-toi à du costaud. T'es prête ? Ferme les yeux, tu vas avoir la surprise de ta vie."

 "- Vas-y mon gros loup. Fais-moi rêver.
- Ok, c'est bon baby. Tu peux les ouvrir."

 "- Surprise ! Alors j'suis pas trop un playboy ?
- Bleeeuuaarghhhh  !!!!!
- Ah ouais marrant, ça fait toujours cet effet-là la première fois. "

Si le premier quart du métrage laisse présager un film mêlant horreur et comédie, le reste sombre dans le mélodrame et annihile immédiatement tout soupçon d'humour surtout si on le compare à certains machins tournés la même période comme My Mom's a Werewolf (1989) ou My Best Friend is a Vampire (1988). Quelques répliques ou certaines scènes prêtent à sourire certes (Emily tricote tranquillement entre deux carnages, la pute Beverly est plutôt marrante...) mais l'ambiance globale est sacrément triste, la vieille Emily, malgré les atrocités qu'elle commet, demeurant une personne âgée très attachante qui mériterait presque qu'on lui pardonne ses écarts de conduite et ce même quand elle commet l'irrémédiable en s'attaquant à sa propre progéniture. Mom, c'est une descente aux enfers familiale, un drame comme il en arrive bien trop souvent quand des enfants sont confrontés à la déchéance physique ou mentale de leurs géniteurs, seuls témoins d'une situation qu'ils savent impossible à résoudre et qui ne pourra se terminer que de la pire des manières. 

 "Ah flute ! Ce gros sac de Garfield a pété comme une prune trop mure quand j'ai croqué dedans.
Je savais bien que je le nourrissais trop ce chat."

 "Non mais là ça devient vraiment du n'importe quoi. Regardez-moi un peu l'état de la vieille.
Et dire qu'elle gueule quand je fous des croquettes à coté de la gamelle au moment de bouffer.
Bon allez, moi j'me casse d'ici avant de finir en hot-dog."

Heu.. en fin de compte, Mom n'est peut-être pas le meilleur film à visionner en famille le jour de noël... Tentez quand même l'expérience mais évitez de balancer la buche glacée à la tronche de grand-mère si par inadvertance elle se met à ronfler au fond de son fauteuil. Mais bon, tant que ça reste de la buche et non pas le couteau pour découper la dinde tout va bien. Je vois d'ici la une des journaux du 26 décembre: "Un quadra accro aux films d'horreur tente d'immoler sa vieille mère persuadé que cette dernière se transformait en loup-garou alors que tout bonnement elle venait de cracher son dentier.
Il affirme avoir été influencé par le visionnage d'un spectacle familial posté sur le dangereux blog Craignos Goods". Mazette

TRAILER


"Allo Tonton Jack ?
Oui, j'ai bien reçu la paire de serviettes hygiéniques que vous m'avez envoyé pour noël.
C'est très gentil à vous, merci. Si vous saviez comme ça me rappelle le bon vieux temps."

ET JOYEUX NOËL A TOUS !


20 commentaires:

  1. merci oncle Jack, un bien beau cadeau que tu nous fais là.....

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  2. Cadeau appréciable,et apprécié.Merci O J et bonnes fêtes des dindes et des sapins.
    radisnoir

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  3. Merci infiniment Oncle Jack pour ce film qui m'est totalement inconnu mais si bien vendu (comme à ton habitude). Bon réveillon et joyeux noel l'ami :)

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  4. Incroyable ! Sache que tu sais apporter une c ouche d'or fin dans tes présentations à n'importe quel nanar ! Bravo pour ce retour en service actif !!!

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  5. Voilà qui rend Noël plus fun ! Belle chro, et quelle gueule il a le Brion !

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  6. Enorme merci oncle jack pour cette rareté.

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  7. Joyeuse fête et merci pour ce nouveau cadeau :)

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  8. Arf !!!! j'espère que la musique n'est pas de "men at work"?
    Genre musique de boite mais d'intérim ^^
    Par les seins poilus de la louve sanguinaire ;aucun souvenir de cette vieille louloute garou ?
    D'ailleurs c'est un spécial cougar car Cassandra Peterson à eu 64 ans cette année.....

    Merci pour cette pintade de noël enragée

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  9. Merci tonton Jack, je vais le regarder avec ma p'tite maman!
    Joyeux réveillon!

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  10. C'est déjà la fête des mères !
    Excellente présentation (comme d'habitude.....).
    Merci.

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  11. Merci Oncle Jack ! Encore un film que je ne connaissais pas. Bonnes fêtes.

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  12. une jolie rareté en cette période de fêtes! bravo et merci pour le cadeau mom!

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  13. Pour ma part un inédit avec Brion James, sympa merci.

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  14. Aussi une découverte pour moi, merci beaucoup.

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  15. bonjour serait il possible de réuper mom svp?

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  16. bonjour merci beaucoup d'avoir reup mom

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