samedi 31 octobre 2015

HAPPY HALLOWEEN : THE CYCLOPS (1957) / PILOTE TALES FROM THE DARKSIDE


 
Afin de retrouver son fiancé Bruce, dont l'avion s'est écrasé trois ans auparavant en plein cœur du Mexique, Susan Winters organise une expédition en compagnie du scientifique Russ Bradford, du géologue magouilleur Marty Melville et du pilote Lee Brand. Suite à une défaillance de leur appareil ils sont contraints de se poser d'urgence dans un canyon mystérieux dont le sol semble gorgé d'uranium. Un minerai qui intéresse fortement Melville venu tout spécialement pour s'en mettre plein les poches. Mais l'aventure vire rapidement au cauchemar quand ils sont confrontés à toute une faune atteinte de gigantisme et particulièrement vindicative. Cela ne dissuade pas Susan de continuer à chercher son boy-friend quitte à mettre en péril la vie de ses compagnons. L'arrivée d'un être cyclopéen de taille colossale ne va rien faire pour arranger les choses.

 "- Oh putain Lee, tu fais chier ! Même pas le temps de finir de bouffer que t'as sifflé toute la tequila !
Fuck, ça fait déjà la troisième bouteille !
- Beuhh... t'inquiète pas Marty, z'en ai recommandé zix autres... hic...
- Ah ben ça va alors.
- Hé les mecs, faudrait p't'être un peu vous calmer, je vous rappelle que vous êtes pilotes d'avion et qu'on décolle dans un quart d'heure.
- T'inquiète, on zère.."

 "- Ohlà... Marty, tu veux bien prendre le manche ? J'crois qu'j'vais gerber. La téquila devait être daubée.
- Hé, hé, hé.... hic... que je prenne ton manche ? M'enfin, zuis pas un mec facile, moa...hé, hé, hé.. hic...
- Putain, on est pas arrivés."

S'il y avait bien trois films de SF "vintage" qui me tenaient à cœur de voir un jour sous-titrés ce sont bien I was a Teenage Werewolf, I was a Teenage Frankenstein et The Cyclops (les autres œuvres de la même période étant trouvables dans le commerce ou un peu partout sur le net). Après trois longues années c'est désormais chose faite, occasion en or pour ma pomme de proposer les machins en question pour les fameuses soirées frissonnantes du 31 Octobre. Faut dire que j'ai toujours eu en tête cette image d'Halloween comme étant une festivité bien particulière qui donne l'occasion non seulement à tous les marmots de se faire exploser l'estomac à grands coups de saloperies caloriques et riches en glucose mais aussi de se réunir entre potes pour se mater de bonnes vieilleries horrifiques bien rétros, histoire de se faire peur tout en faisant les cons. Le trio de péloches que je citais un peu plus haut s'y prêtent tout à fait et pour cette cuvée 2015, on va délaisser quelque peu les teenagers crétins victimes de savants fous sans scrupules pour nous rabattre sur une autre victime de la science : le Cyclope Gordonien des hauts-plateaux mexicains.

 "Lee ! Lee ! T'as raison, la téquila était bien daubée ! Je vois des knackis géants ! Nom de dieu !"

Pourquoi Gordonien, me direz-vous ? Tout bonnement parce que le papa de ce moyen-métrage (1h10 grosso-modo) n'est autre que le fameux Bert I. Gordon, réalisateur surtout connu pour son apparente obsession à vouloir balancer à l'écran toutes sortes de trucs élevés aux hormones de croissance. En 1954, il attaque direct dans le bois dur avec The Serpent Island où il est question de malédiction vaudou et d'un serpent géant (forcément au vu du titre). L'année suivante, avec King Dinosaur, il récidive sans trop se casser le baigneur et propose toute une flopée de dinosaures que des astronautes rencontrent sur une planète mystérieuse avant de leur balancer sur le coin du museau une bombe atomique, histoire de laisser l'endroit propre avant de repartir. On se demande bien ce que pouvait foutre Greenpeace à cette époque. En 1957, l'ami Bert met le turbo en agrandissant coup sur coup des sauterelles (Beginning of the End) puis carrément des bonshommes dans The Cyclops et The Amazing Colossal Man. Ce dernier connaitra d'ailleurs une suite un an plus tard sous le titre de War of the Colossal Beast en même temps que sort The Spider et son arachnide surdimensionnée. Le réalisateur fait subir le même sort à une bande de jeunes loulous ainsi qu'à toute une ménagerie (canard, chat, chien, cochon d'inde.... ah non, le cochon d'inde c'était dans South Park) dans Village of the Giants en 1965 avant de s'octroyer une petite pause dans le bidouillage génétique à grande échelle jusqu'en 1976 et 1977 où il pondra respectivement les plus connus Food of the Gods (encore une basse-cour taille maousse accompagnée de toute une portée de rongeurs) et Empire of the Ants (des fourmis géantes dont les capacités psychiques extraordinaires leur permettent de contrôler l'esprit humain).
Beaucoup de cinéphiles du dimanche diront que Mister B.I.G (pure coïncidence que ces initiales ?) devait visiblement compenser certains attributs de taille ridicule avec cette manie de toujours vouloir faire dans le gigantisme, mais nous diront plutôt que le bonhomme préférait visiblement faire les choses en grand. Après tout les 50's étaient quand même la période propice pour balancer au spectateur toutes sortes de bestioles victimes de l'atome et à l'organisme méchamment altéré par ce que la science a su faire de pire.

 "- Oh Russ, regarde ce pauvre petit hamster en train de se faire dévorer par ce vilain poulet. Quelle horreur !
- Heu... Susan, soit tu es une fausse brune soit tu as tapé dans la bouteille de Marty et Lee." 

The Cyclops, donc, est l'un des premiers films de Bert Ira Gordon, lequel endosse non seulement la casquette de réalisateur mais aussi celle de scénariste et de producteur. Tourné en seulement 6 jours dans des décors assez minimalistes et avec un budget ridicule, l'œuvre en question ne dépasse pas les 75 minutes. Mais c'est largement suffisant à notre mister BIG pour nous offrir un maximum de créatures taille XXXXL (un lézard, un iguane, une souris, un aigle, une araignée, un serpent...). Et comme dans tout bon film présentant des sauriens maousses nous avons inévitablement droit à l'habituelle baston entre bestioles où ces dernières se lattent la gueule tout en faisant des cabrioles sous les yeux médusés des héros.


Après nous avoir bien mis en bouche, le metteur en scène nous présente donc en dernier tiers de métrage son géant cyclopéen, qui vous l'aurez compris n'est autre que le fiancé de la belle Susan; le physique et le cerveau du pauvre homme ayant étés grandement altérés suite à une exposition prolongée à l'uranium. Interprété par Duncan "Dean" Parkin, qui se retrouvera en 1958 sous les traits d'un autre malabar défiguré dans War of the Colossal Beast, notre client, qui semble être tombé face la première sur un fer à repasser chauffé à blanc, passe ses journées à se balader à poil dans la pampa mexicaine. Rassurez-vous il a quand même la décence de cacher ses attributs masculins sous une espèce de pagne en peau de lama (Ou un truc s'y rapprochant. De toute façon vu qu'il a niqué son fer à repasser il n'a plus que ça à se mettre), étant donné la taille du matos qu'il doit se trimballer il ne faut quand même pas déconner. Se rappelant avoir lu l'Odyssée d'Homére, il prend exemple sur son confrère Polyphème et semble apprécier le fait d'enfermer de pauvres humains normaux au fond de grottes qu'il bloque à l'aide de rochers. Pourtant, il a visiblement dû s'endormir avant de lire la fin de l'histoire sinon il ne se retrouverait pas lui non plus avec un pieu enfoncé dans le seul œil qu'il possède ("Surtout ne dors qu'un d'un œil mon grand" lui disait sa mère, oubliant manifestement la particularité physique de son bambin).

 "Arf ! Arf ! Argh, putain de chailles mal branlées, j'ai un bout de bidoche coincé entre deux molaires."

 "- Yo toi là-haut, passe-moi donc le cure-dent que tu tiens !
- Tiens prends ! Non mais c'est pas vrai, t'es bigleux ou quoi ?
- Hé, t'as vu ma gueule ? Essaie un peu de coordonner tes gestes avec la tronche en compote et un seul œil. Lance-moi ton truc !"

 "Okay mon gros. Attrape !"

 "Argh ! Ah ben bravo Ducon ! Comment j'vais faire maintenant pour reluquer les gonzesses ?"

 "- Ah merde, désolé man, j'ai toujours été nul au javelot.
- Tu vas voir où je vais te le carrer ton javelot. Attends que j'te mette la main dessus.
- Tu parles, déjà qu'avant t'y voyais que dalle, alors là....
- Arghh...'culé !"

Ici pas d'Ulysse ou d'aventuriers grecs mais quatre péquins moyens fraichement débarqués sur les hauts plateaux mexicains pour des raisons diverses. Puisqu'il faut toujours faire honneur aux dames, commençons donc par la brunette Susan Winters, laquelle arbore les traits gracieux de la mignonne Gloria Talbott, scream-queen des fifties que l'on retrouve en fille du docteur Jekyll la même année (Daughter of Dr. Jekyll de Edgar G. Ulmer),  mariée un an plus tard à une créature extra-terrestre au look pas très folichon (I Married a Monster from Outer Space de Gene Fowler JR.) ou confrontée à une femme sangsue (qui a dit que c'était un pléonasme ?) dans The Leech Woman d'Edward Dein. Obsédée à l'idée que son fiancé est toujours vivant trois ans après qu'il se soit crashé en avion, la pauvre Susan, déterminée et inconsciente, n'hésite pas à mettre en danger la vie de ses compagnons pour combler son chagrin. Et ce malgré les insistances de Russ Bradford (James Craig), meilleur ami de son amour perdu, qui fait pourtant des pieds et des mains pour conquérir la belle. Scientifique froid et égocentrique, il n'hésitera pas à risquer la vie de la jeune femme en jeu pour se tirer d'un mauvais pas; pas vraiment le meilleur moyen pour brancher des filles tout ça.

 "- Qu'attends-tu pour m'embrasser ma chérie ? A quoi peux-tu donc bien penser ?
- A ce que ce géant peut bien cacher sous son pagne.
-  Espèce de s...... !!!!"

Troisième larron du groupe: le pilote Lee Brand (Tom Drake), texan tête brulée qui déclare être plus ou moins à moitié indien (tout dépend de la situation), et qui trimballe à ses cotés un ami pas des plus recommandables, Marty Melville, véritable ordure pleurnicharde et pétocharde dont la seule préoccupation semble être l'appât du gain.
Pour interpréter ce vil personnage Gordon a tout misé sur la superstar en perdition Lon Chaney JR., alors en pleine période "whisky-à-gogo". Pourtant, même si on le soupçonne d'être particulièrement bien imbibé les trois quarts du film, celui qui immortalisa le Loup-Garou en 1941 joue son rôle à la perfection et campe un homme avide, lâche et pas fiable du tout avec une maestria incomparable.

 "- Ça y est ! Ah, ah, ah ! De l'uranium ! J'avais raison ! Je suis riche !
- Arrête la téquila Marty, c'est juste une merde de rat géant."

Tout ce beau monde va donc tenter de survivre dans un milieu hostile où la présence importante d'uranium a la particularité de faire croitre plus que de raison les créatures vivantes qui s'y trouvent. Du moins, on pourrait plutôt dire qu'ils vont tenter de faire croire à ça car ils ont bien du mal à jouer la comédie quand ils se retrouvent en présence d'effets spéciaux assez... spéciaux. Si Gordon a toujours eu de grandes idées pour ses œuvres, il n'a par contre jamais eu le portefeuille en conséquence et cela se ressent tout particulièrement dans The Cyclops. Utilisant prioritairement les techniques de transparence, il parvient soit à créer l'illusion parfaite soit à offrir des résultats à se pisser littéralement dessus. Dans ce film, l'agrandissement par exemple des sauriens, du rongeur ou de l'aigle ont l'air parfaitement maitrisés. Mais pour ce qui est du reste... aïe Caramba ! A force d'abuser de la transparence on obtient des trucs pas très clairs ! Les passages avec l'araignée ou l'iguane nous mettent en présence d'animaux mal incrustés à l'écran et à travers lesquels on peut apercevoir les arrière-plans.

 "Z'avez raison les copains. Ces bestioles sont si transparentes qu'on les voit même pas.
On les entend bien pourtant. Incredible !"

Et ça c'est sans parler du Cyclope qui, lui, accumule bon nombre de tares : proportions inégales suivant les scènes, silhouette imprécise.... il arrive même à carrément embarquer avec sa pogne tout le décor quand il s'empare de l’héroïne au fond d'une grotte. Trop fort le bestiau ! Manquerait plus que l'abus de transparence nous permette de voir à travers son pagne. Hiark !

 "- Mais attends Russ, pas si vite !
- Ah, ça suffit Susan ! T'as assez reluqué sous son slibard. Avance !"

Bref, des effets spéciaux assez rudimentaires qui sont malheureusement l'une des marques de fabrique du sieur Gordon mais qui n'enlèvent en rien, si l'on est assez tolérant, au sympathique spectacle que représente ce film. Sa durée relativement courte en fait une œuvre rythmée, pas chiante pour un rond et qui à le mérite d'avoir fait entrer son monstre ravagé du faciès au panthéon des Craignos Monsters rubrique "atome en folie". Sans déconner, une telle ganache ne pouvait quand même pas être oubliée par les amoureux du fantastique old school. Dommage que Duncan Parkin soit l'interprète à la fois du cyclope et du Colossal Beast, on aurait bien vu un crossover entre ces deux-là.

 "- Snif, snif..... z'êtes méchante de dire que le colossal man en a une plus grosse que moi... snif !
- Ça alors, je suis arrivée à faire pleurer le colosse !"

C'est donc avec une version DVD RIP piquée on ze net que vous pourrez constater l'étendue des dégâts occasionnés sur la face de ce bigleux mexicain, le tout agrémenté de sous-titres maison faits de A à Z (il n'en existe nulle part ailleurs, croyez-moi j'ai cherché. Ben oui sinon je ne me serais pas fait chier vous pensez bien.).

Film :The Cyclops
Srt : http://uptobox.com/kxe5ymy9p8nu

TRAILER  



Puisqu'on ne change pas une formule qui gagne, voici pour accompagner le machin ci-dessus le pilote de la série Tales From the Darkside (aka Histoires de l 'Autre Monde).
Et puis ça tombe bien, l'épisode en question s'intitule "Trick or Treat" et nous conte l'aventure d'un vieux grippe-sou qui prend un malin plaisir à foutre les jetons aux gamins de sa bourgade à chaque 31 Octobre.
Vous vous doutez que cette fois-ci les esprits en baguenaude lors de cette nuit diabolique vont lui rendre la monnaie de sa pièce.

"- Des bonbons ou une farce, vieux blaireau  !
- Bordel de merde, mon ex-femme ! Tu m'étonnes qu'elle est diabolique cette nuit d'Halloween !"

01. Trick Or Treat
 
Pour info on retrouve au scénario de ce segment le grand George A. Romero, également créateur de la série.
Le rôle du personnage principal, Gideon Hackles, est tenu par Barnard Hughes que les plus jeunes d'entre vous se rappelleront avoir vu dans la série Monsieur Merlin qui fît les beaux jours de l'émission Récré A2 en 1983.
Rappelez-vous :


Pour la suite de Tales From the Darkside, wait and see.....

 "Et joyeux Halloween ! Scrogneugneu !"