dimanche 28 juin 2015

LE CAUCHEMAR AUX YEUX VERTS (1980)


"Bonsoir ! Hi, hi, hi ! Aujourd'hui, grâce au téléviseur maudit que Tonton Jack conserve jalousement dans la cave de son bouiboui, nous allons vous faire revivre la soirée du 24 Septembre 1984 tout en nous branchant sur TF1.
Non, ne fuyez pas tout de suite chers téléspectateurs, hi, hi, hi ! Notre belle chaine en ce temps-là n'était pas encore gangrénée par les saloperies d'émissions de téléréalité et autres feuilletons franchouillards à base de gnomes anges-gardiens, et savait encore nous offrir des programmes de qualité comme l'Avenir du Futur, un talk-show créé par un grand monsieur de la petite lucarne: George Folgoas et présenté par Robert Clarke et Jean-Pierre Hutin. Abordant des sujets liés principalement à la science, à l'espace, la robotique, les OVNIS, les extra-terrestres, l'émission se divisait en deux parties bien distinctes. Débutant tout d'abord avec un long-métrage (on eu droit à des œuvres célèbres comme La Machine à Explorer le Temps, King Kong, Planète Interdite, La Planète des Singes, Saturn 3...) elle se poursuivait en deuxième partie de soirée avec un débat dont le sujet était plus ou moins en relation avec le film qui précédait.
En ce 24 Septembre 84, c'est donc le téléfilm "Le Cauchemar aux Yeux Verts" que vous allez pouvoir regarder, suivi d'un passionnant débat intitulé "Les Orphelins de l'univers". Je vous souhaite une bonne soirée bien décontrastée comme dirait mon ami Garcimore et je vous laisse avec Jean-Pierre Hutin et toute son équipe. Allez, générique !  Hi, hi, hi !"

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"Mesdames messieurs bonsoir et bienvenue à L'Avenir du Futur. Ce soir nous allons explorer les mystères insondables de l'espace et nous poser une fois de plus cette question cruciale: "Sommes-nous seuls dans l'univers ?" 
Pour essayer de répondre à cela je serai entouré de plusieurs spécialistes avec lesquels nous essaierons d'apporter un semblant de réponse à cette énigme. Mais d'ici là je vous laisse avec notre hôte Tontonjack qui va vous présenter notre film d'aujourd'hui : Le Cauchemar aux Yeux Verts. On se retrouve juste après. Bon film." 
 
TF1, Treets, Picorette, Pouss' Mouss', Tang et la Vache Grosjean présentent :

Les aliens sont là ! A bord d'un gigantesque vaisseau interstellaire, ils débarquent par une belle nuit étoilée avec la ferme intention de faire main basse sur notre bonne vieille terre. Leur première cible: le barrage de Boulder City, pas très loin de Las Vegas, qui leur conférerait selon eux une source d'énergie non négligeable et où ils décident de prendre possession du corps d'un des employés, Russ Garner.
Dotés de pouvoirs mentaux considérables qui leur permettent de manœuvrer aisément n'importe quel être humain, ils semblent à première vue inarrêtables. Mais l'astrophysicien Scott Dryden, témoin de l'arrivée des extra-terrestres, est bien décidé à contrecarrer leur plan diabolique.


Diffusé pour la première fois le 2 mars 1980 sur la chaine américaine NBC, Le Cauchemar Aux Yeux Verts (The Aliens are Coming) est une production Quinn Martin et se voulait l'épisode pilote d'une potentielle série télévisée. Pensée à l'origine comme un remake des Envahisseurs, elle ne verra jamais le jour suite au faible taux d'audience rencontré par le téléfilm; la dure loi de la télévision ricaine.
Combien d’œuvres du même acabit susceptibles de donner naissance à un show hebdomadaire ont fini à la benne de manière similaire ? Rappelez-vous du sympathique Annihilator dont nous avions déjà parlé sur ce blog.
Le sujet est ainsi quasi-similaire à la série culte inventée par Larry Cohen en 1967, à savoir l'invasion secrète de notre belle planète par des aliens belliqueux qui ont la capacité de prendre forme humaine, et cela afin de préparer l'arrivée prochaine de millions de leurs congénères. Ici, pas d'auriculaire atrophié qui permettrait de les distinguer; les extraterrestres endossent parfaitement l'enveloppe charnelle de leurs victimes même si leur absence totale d'émotion éveille rapidement les soupçons autour d'eux. Êtres d'énergie pure, ils sont toutefois contraints de se régénérer régulièrement via un appareil qu'ils tiennent toujours à portée de main et sans lequel ils ne pourraient conserver la stabilité de leur prise de contrôle. Quand ils ne foulent pas le sol terrien à bord de nos carcasses, ils se retrouvent coincés dans des scaphandres très certainement empruntés dans un futur proche au groupe Daft Punk (comme quoi Robowar n'est pas le seul) et, un peu à la manière de leurs confrères Daleks, semblent avoir quelques difficultés à se mouvoir avec aisance sous des oripeaux qui les font ressembler à de grosses saucisses verdâtres ficelées par des tubes en plastique et coiffées d'un casque lumineux.


Ce n'est qu'à la toute fin du long-métrage que nous sera révélé le nom de ces envahisseurs: les Zeltronics, un nom qui rappelle immédiatement celui d'un petit bonhomme survolté qui nous donnait des conseils sur l'énergie électrique au début des années 80 sur Antenne 2.
Mais si ce dernier s'avérait plutôt sympathique (quoique parfois un peu gonflant), ses potes d'outre-espace eux le sont beaucoup moins et n'hésitent pas, grâce à des capacités mentales hors-normes, à réduire définitivement au silence tous ceux qui interféreraient avec leur mission. On est d'ailleurs en droit de se demander pourquoi ils ont jeté leur dévolu sur un banal barrage, lequel serait selon eux le point de départ idéal pour s'assurer une maitrise de l’énergie hydro-électrique. Parait qu'avec ça ils auraient un avantage certain sur leurs adversaires. M'ouais.... A leur place je me serais plutôt projeté dans les années 2010 et j''aurais pris le contrôle des corps de nos chers dirigeants; avec l'intelligence dont ces derniers font preuve, un brusque changement de comportement occasionné par une éventuelle possession extra-terrestre serait indécelable. Vu le nombre de conneries qu'ils nous pondent, des lois aberrantes destinées à annexer la planète à une puissance alienne seraient passées comme une lettre à la poste.
Heureusement, dans ce téléfilm réalisé par l'un des plus fervents artisans de la télévision US, Harvey Hart (tout plein d'épisodes de séries Tv comme Star Trek, Mannix, etc...), les envahisseurs trouvent immanquablement leur David Vincent à eux en la personne du docteur Scott Dryden, un scientifique quelque peu exubérant, dragueur invétéré et grand amateur de hamburgers (?). L'acteur Tom Mason, aux faux airs du Patrick Duffy de l'ère Dallas, est parfait dans le rôle de cet astrophysicien loufoque et impliqué qui, une fois qu'il aura compris que les aliens ne sont pas venus pour se taper la cloche avec nous, mettra tout en œuvre pour les renvoyer chez eux.

"J'vous l'dis, monsieur le directeur ! Votre barrage est menacé par des extra-terrestres aux yeux verts ressemblant 
à de gros étrons fermentés qui vous donnent non seulement une chiasse d'enfer quand ils prennent possession 
de votre corps mais vous refilent en plus la myxomatose !

- Qui ressemblent à QUOI ? Répétez un peu pour voir ?
- Heu....... ah, attendez, on m'appelle sur mon portable.
- Les portables n'existent pas en 1980, enfoiré d'humain raciste !"

A l'inverse du personnage incarné auparavant par Roy Thinnes (du moins au début de la série), Dryden n'est pas tout seul dans son combat contre l'ennemi. Témoins également de l'arrivée de celui-ci via les écrans de leur centre de recherche, ses collaborateurs l'épaulent rapidement dans sa croisade. Parmi eux on remarque la présence du grand Victor Newman en personne, Eric Braden, ainsi que d'un tout jeune Ed Harris. D'autres "gueules" du petit et du grand écran viennent aussi faire leur petit tour : l'increvable Gerald McRaney (rappelez-vous les séries Simon et Simon ou Major Dad) en shérif incrédule, Max Gail dans le rôle de Russ Garner et qui retrouve ici un autre acteur qu'il côtoyait dans le show éphémère de 1983 Les Petits Génies, Matthew Laborteaux, lequel délaisse pour un instant les travaux forcés que son papa Charles Ingalls lui imposait dans leur Petite Maison dans la Prairie (La légende raconte d'ailleurs que les producteurs de ce show avait compris "Matthew Labourtout" quand la mère du garçon était venue le présenter au moment du casting. Le pauvre bambin ne savait pas ce qui l'attendait par la suite. Le monde de la télé est vraiment rempli d'esclavagistes !)

"- Entre mon petit, c'est tout vert !
- Laisse béton Tonton Jack, ta blague pourrie ils l'ont déjà faite au moins dix fois chez Nanarland."

Si ces stars parviennent à tirer leur épingle du jeu, il n'en est pas de même pour ce qui est des moyens techniques et financiers dont semblent disposer cette production Martin. Le manque de pépettes se fait cruellement sentir, le peu d'effets spéciaux se limitant à quelques rapides vols d'engins spatiaux et à la dégaine totalement improbable, voire ridicule, des Zeltronics. Comparé aux Envahisseurs, qui se voulait une critique acerbe de notre société et où l’égoïsme et les faiblesses de l'homme constituaient un atour majeur pour les aliens dans la conquête de notre belle planète, la trame du Cauchemar aux Yeux Verts est bien trop simpliste et fait parfois preuve d'une naïveté stupéfiante quand il s'agit de dépeindre l'American Way of Life. Condamné d'avance, le show aurait peut-être été viable 30 ans auparavant quand les gloumoutes de tous genres débarquaient par paquet de douze chaque mois dans les cinémas américains, mais pas en 1980.

- Qu'arrive-t-il à X137-W89-G009 ? Pourquoi est-il dans cet état catatonique ?
- Pour mieux s'acclimater aux habitudes terrestres, il a voulu regarder ce que les humains appellent un programme télévisé sur une chaine nommée NRJ 12. Mal lui en a pris, son cortex cérébral semble avoir été complètement désintégré par l'afflux massif d'inepties diffusées.
- Nom d'un Melmacien ! Quelle arme terrifiante !"

La série TV War of The Worlds, produite par la Paramount est diffusée en 1988 par CBS, reprendra à peu de choses près les mêmes caractéristiques que The Aliens are Coming : martiens possédant les corps humains, travail de fourmi des envahisseurs pour tenter de saper les progrès techniques des terriens, groupe de défenseurs qui sont seuls à connaitre l'existence de l'ennemi... jusqu'aux scaphandres abritant les extra-terrestres trop sensibles à l'atmosphère terrienne et à ses bactéries qui ressemblent énormément à ceux des Zeltronics. Disposant de moyens un peu plus costauds et d'un scénario qui se veut comme étant la suite du classique de 1953 signé Byron Haskin, le show se sabordera malheureusement tout seul au bout de deux saisons et ce malgré des débuts prometteurs.


Ce Cauchemar aux Yeux Verts (référence à la couleur de pupille des quidams possédés quand ils se servent de leurs pouvoirs psychiques) reste au final un petit téléfilm sans prétention et nullement ennuyeux. Un produit emballé vite fait pour les chaines US, estampillé tout public (comprenez par là qu'il ne faut pas vous attendre à des effusions de sang ou à des corps humains se liquéfiant à tout bout de champ comme dans War of the Worlds) et qui se laisse regarder gentiment plus pour son coté nostalgique bien ancré dans les années 80 que pour sa qualité globale.
N'ayant plus été rediffusé sur nos tristes chaines françaises depuis belle lurette, le seul moyen de visionner ce téléfilm est d'aller faire un petit détour du coté de l'UFSF où le généreux Outlander y propose un Rip TV d'époque qui, si la qualité n'est pas tip-top, s'avère plus que regardable.
De toute façon il n'existe à ce jour aucune galette numérique du machin et à part quelques VHS ricaines ou britanniques qui circulent encore ici et là, vous pouvez toujours courir pour trouver mieux.

"- Toi qui travaille chez l'éditeur Le Chat qui Fume, je t'ordonne de sortir le plus vite possible ce film 
contant mes aventures sur support numérique voire même directement en Blu ray !
- Je veux bien obéir, maitre, mais on a claqué tout notre fric avec le Venin de la Peur de Fulci 
et on n'a plus un radis pour acheter les droits de votre truc.
- Bordel de Smerde !"

Lien UFSF:
The aliens are comiiiiiiinnnnng !!!!!!

Profitez bien de cette petite rareté et une fois visionnée je vous invite à revenir ici même pour assister au trépidant débat animé par Jean-Pierre Huttin. Une façon comme une autre (surtout une autre) de revivre à la sauce Curious Goods nos si généreuses années 80.

Petite page de pub réglementaire....
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Allez JP, c'est à toi !
"Les Orphelins de l'Univers" ou, pour interpréter différemment ce sujet : "Sommes-nous seuls dans l'univers ?". 
Y'a t-il d'autres êtres vivants au delà des frontières de notre galaxie ? Si oui, pourquoi n'entrent-t-ils pas en contact avec nous, les empaffés ? Pourquoi bousillent-ils nos champs de blé en dessinant des cercles zarbis qui ne ressemblent à rien sinon à faire parler d'eux ? 
Pourquoi kidnappent-ils certains d'entre nous pour leur coller des sondes dans le cul alors que ce genre de pratique est déjà monnaie courante chez tous les proctologues terriens ainsi que dans certains clubs SM ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous recevons ce soir Maurizio Dibastardo, professeur de chimie et d'astronomie à Rome, Oussama Lairlouchtoussa chef en travaux de physique à Abidjan, le colonel  Xavier Kapahêtla chef d'opération à l'état major de la force aérienne et responsable de l'aviation tactique et de la détection de tout objet volant non identifié, et enfin Vincent David chef de travaux à l'institut d'astrophysique et président du SBOUB, la Société des Binoclards Obsédés en Ufologie Bayonnaise.

Commençons tout d'abord avec vous, colonel. Qu'avez-vous pensé de notre film de ce soir ?

- Eh bien, pour être tout à fait honnête avec vous monsieur Hutin, je n'avais jamais vu une telle merde. Prétendre que les extra-terrestres ressemblent à de gros lombrics verdâtres qui auraient copulé avec ces deux gauchistes de Daft Punk, c'est vraiment du n'importe quoi.
- Je tiens à préciser colonel, que les Daft Punk n'apparaitront pas avant une bonne vingtaine d'années et qu'étant donné que nous sommes en 1984, vous n'êtes pas censé avoir eu vent de leur future existence.
- Taisez-vous insolent ! Je vous rappelle que l'armée sait tout, voit tout en entend tout ! C'est grâce à nous que la science avance ! 
D'ailleurs nous étudions en ce moment même un support qui va révolutionner le cinéma et les diffusions sur petit écran. Le Laserdisque que ça va s'appeler, un objet peu encombrant qui va envoyer les vieilles VHS pourries comme celle qui a servi à passer l'étron que nous avons subi en première partie de soirée directement à la poubelle. Je vous le dis ça va faire un malheur ! Avec l'armée, l'avenir est en marche ! Mais revenons-en  justement à votre film: vous croyez vraiment que si les aliens débarquaient ils s'amuseraient à prendre le contrôle de gros beaufs ricains élevés à la bière ou de pétasses lycéennes au Q.I aussi élevé que celui de leur caniche, hein ? Non franchement, c'est n'importe quoi. On s'était déjà farci le nain rabougri de Spielberg, les envahisseurs cucurbitacées de Corman et toutes sortes d'autres débilités pour ados atrophiés du citron, voilà qu'aujourd'hui on doit se taper ce nouveau genre d'affront à toute éventuelle existence d'une vie extra-terrestre. Quelle honte ! Vous mériteriez d'être flagellé en public pour diffuser de telles insanités !

- Heu.... merci colonel pour cet avis très éclairé. Je laisse la parole à présent au signore Dibastardo.
Signor, il paraitrait que vous avez été témoin de l'apparition d'un objet non identifié un soir en plein cœur de la capitale italienne.

- Si, signor Yean-Pierre Houtine. C'était en yanvier dernier. Y'étais avec des amici et nous vénions de fêter l'anniversaire dé ma maitresse Angélina qui est d'aiyeurs oune sacrée cossonne ma là n'est pas lé suyet. On avait oune peu picolé c'est vrai et yé eu oune pétite absence dé oune ou deux heures. Tout cé dont yé mé rapellé c'est qué quand yé rouvert les yeux yé aperçou oune étrange objet triangoulaire au déssus dé moi douquel émanait des loumières étranges et moulticolores qui changeaient sans arrêt. A cé moment yé vou Angélina qui sé trémoussait bizarrement pas très loin dé moi comme si elle était possédée par oune force ineconnoue, tandis qu'oune voix étrange m'a dit sour oune ton mélodieux et dans oune langue bizarre:  
"Boooooooorne..... boooornetoubiheulaïveeeeeeeee.... youssiyouwaireborne borne bornetoubiheulaïve"
Yé n'ai yamais pou tradouire ces mots. Quelques minoutes plous tard oune autre voix qué yé né connaissais pas m'a donné lé nom de l'entité qui s'était adressé à moi: Patry-Ka-Rnandez. Avec oune nom pareil yé mé souis dit que cé né pouvais être qu'oune être vénoue d'ailleurs. Tenez, yé vous ai d'ailleurs apporté lé croquis que yé fait dé la chose qué yé voue. Guardate !

Incredibile, no ?

- Signor Houtine ! Hé, signor Houtine ! Incredibile, no ?
- Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz !
- Signor Houtine, hé, sveglati figlio di....... !!!!!

- Hein ? Que.... ha, heu, oui, très intéressant signor Dibastardo, très intéressant.
Passons à présent à monsieur Vincent. Alors monsieur Vincent, comme ça il paraitrait que vous aussi vous les auriez vus, ces êtres d'un autre-monde ?

 - Moi c'est monsieur David. Vincent c'est mon prénom. Faites-y attention à l'avenir, je n'ai pas envie de passer pour un illuminé comme l'autre con avec ses histoires de stroboscopes et de boite disco.
- Toutes mes excuses. J'y ferai plus attention à l'avenir... du futur. Ha, ha, ha ! Excellent, non ? 
A l'avenir du futur ! Ha ! Ha ! Ha ! Marrant, non ?

- Non, c'est nul !
- Ah bon.. heu... mais je vous en prie, parlez-nous de votre expérience.
- Pour moi tout a commencé par une journée ensoleillée du coté d'Aubusson alors que je cherchais un raccourci que jamais je ne trouva. 
C'est là que je l'ai vu, cet étrange appareil volant qui survolait la Creuse ! J'ai juste eu le temps de le prendre en photo. Regardez !

- Incroyable, non ? Si c'est pas une preuve formelle de l'existence des soucoupes volantes alors je veux bien me faire grignoter les baloches par un hamster enragé !

- Ma ché.... Ma vous vous foutez dé notre gôle ! En plissant les yeux, on voit très bien qué cette foto elle est trouquée ! 
Y'a jamais eu d'immeubles de cette taille à Auboussone !

- K'est-ce t'en sais le macaroni ? Fais bien gaffe à ce que tu dis où j'te pète la gueule. 
Je te préviens que je maitrise à la perfection la prise du cobra. Regarde ! Ouuuuuuuyyaaaaaaaaahhhh !
- Calmez-vous messieurs, voyons ! Colonel, je vois que vous avez un commentaire à faire sur ces clichés ?

- Oui, j'ai jamais vu de telles photos de merde ! On dirait du Ed Wood ! Non mais de qui se moque-t-on, je vous le demande. Hein ? De qui ? Oh, Huttin, c'est à vous que je parle ! De qui se moque-t-on, bordel ?
- Heu... certainement pas de vous, colonel.
- J'espère bien. Parce que les vrais clichés attestant sans l'ombre d'un doute qu'il existe bien des vaisseaux venant d'une autre planète, eh bien c'est moi qui les ai.
Et je vous le prouve ! Regardez ! Et osez me dire que ce ne sont pas des preuves formelles !

 
- Vous voyez comme on les aperçoit bien ces engins ?

- Sauf votre respect colonel, c'est un peu flou tout ça en comparaison de la photographie que moi j'ai amené.

- Alors ? Vous en dites quoi ?

- J'en dis que c'est de la merde ! A tous les coups c'est surement une grosse buse en train de survoler un champ en plein brouillard. 
Et puis le photographe, à l'image de l'autre idiot de Dilenculo, devait très certainement être bourré lui aussi.
- Ma ché s'tou dit lé trouffione ? Comment tou m'a appelé ?

- Du calme s'il vous plait, messieurs.
Ah, on me souffle dans mon oreillette que nous avons un invité de dernière minute, le professeur Grosglande, responsable du C.O.N.A.S.S, le Centre d'Osservation et de Nalyse des Appareilles Spatios Sucepets...... nom de dieu, c'est quoi ce bordel la régie ? ....vous avez vu comment c'est écrit ? C'est normal ? Ah bon ?! Ben, c'est à vous monsieur Grosglande.

- Gnéhéhéé.... Ça se prononce Grosseglande, mais c'est pas grave. En voyant à la téloche votre émission, et comme j'habite dans une chambre de bonne juste au dessus des studios, je me suis dit qu'il était indispensable que je vienne vous apporter un cliché top-secret que mon tonton François qui bosse à l'Elysée, et qui voulait me faire plaisir pour mon dernier anniversaire, a subtilisé dans les archives du colonel Kapahêtlà. Regardez et tremblez ! Gnéhéhééééé....



- Non mais... non mais... non mais alors là.... ça me troue le cul !
Jamais je n'ai vu une preuve aussi flagrante ! Incroyable !

- Bordel de merde ! C'est un scandale ! Ce cliché est classé "secret-défense" et personne n'aurait dû pouvoir mettre la main dessus. 
C'est de la haute trahison ! Personne ne doit savoir que ces têtes-de-noeud ont débarqué ! Vous l'aurez voulu, je fais boucler tout le monde ! Sergent Burns, foutez une branlée au caméraman, récupérez les bandes et faites-moi rapprocher le panier à salade; on ramène tous ces anarchos à la base. Et qu'on embarque également le vieux pochetron qui présentait ce film de merde qu'on nous a infligé. 
Ça lui apprendra à proposer des conneries pareilles !
- A vos ordres, colonel ! "



Et un gros merci à C Dan pour avoir fait un montage bien sympathique à partir de mon texte:

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vendredi 26 juin 2015

Friday The 13th The Series Saison 3 Episode 12


"Ahlala... quand je dis que le football est un sport dangereux.
Encore un supporter crétin qui a réussi à s'embrocher sur les grilles de séparation d'un stade.
Bon allez, je vais t'embaumer ça vite fait bien fait moi. 
Ça va me donner l'occasion d'essayer cet appareil acheté chez Curious Goods qui te vide un corps plus vite qu'oncle Jack ne descend une bouteille de sky.
Parait que cette boutique est maudite mais j'y crois pas une seconde.

Allez c'est parti ! 
Non de dieu, mais ça fait un barouf à réveiller les morts cet engin !

- AAAAAAAAAAHHHHHH ! ♫ PSG, PSG, PSG !!!! ♪ PSG, PSG, PSGéééééééééééé ! ♫
MARSEILLE ! MARSEILLE ! ON T'ENCULE ! ♪ MARSEILLAAAIIIS VA NIQUER TA.......
- Aaaaah ! Quelle horreur ! Mais c'est donc vrai qu'elle est maudite cette boutique ! J'ai ressuscité un crétin !"

Et dire que certains pensent que le métier de croque-mort est ennuyeux à mourir.
Si vous ne me croyez pas, matez donc ce nouvel épisode qui finira certainement de vous convaincre.

jeudi 25 juin 2015

Thanks Mr. Macnee !


Deux semaines après Christopher Lee c'est un autre immense artiste qui nous quitte ce jour.
Né la même année que l'interprète du seigneur des ténèbres (un signe ?), Patrick Macnee s'est éteint aujourd'hui à l'âge vénérable de 93 ans à son domicile californien de Rancho Mirage.
Nul n'oubliera l'agent John Steed de la cultissime série Chapeau Melon et Bottes de Cuir ni tous les autres rôles interprétés par ce Londonien naturalisé américain: le Dr. Wagner d'Hurlements, le Godfrey Tibbett de Dangereusement Vôtre (aux cotés de Roger Moore), le major Crossley du Commando de sa Majesté, le Sir Wilfred des deux Waxwork d'Anthony Hickox, l'hilarant professeur Plocostomos de L'Homme-Homard venu de Mars, Sherlock Holmes, Watson, etc...
Sans parler de toutes ses apparitions dans un nombre incalculable de séries TV (Galactica, Magnum, Caraïbe Offshore, etc....).
Un acteur qui a bercé la jeunesse de toute une génération, une étoile de plus au firmament des stars.
Goodbye Mr. Macnee and thanks again !

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samedi 20 juin 2015

Friday The 13th The Series Saison 3 Episode 11




"- Yeah man ! Putain ça fait plaisir de te revoir mon pote !
Ça faisait une paie qu'on était pas sorti de la chambre-forte du vieux Lewis !
- Tu m'étonnes. En tous cas depuis la dernière fois où on a botté le cul de tous ces crétins de japs que leur paternel voulait liquider pour s'assurer la vie éternelle, je peux te dire que je me suis sacrèment fait ièche. Qu'est-ce qu'on s'emmerde dans c'te taule ! Même pas une souris à boulotter ! Que dalle !
- Ouais c'est la loose, man ! Mais là je crois que la chance va enfin nous sourire. Y'a un sataniste qui a dû forcer le coffre de l'antiquaire et nous libérer, c'est sûr. Sinon je vois pas comment on pourrait se retrouver ici.
- Ouais t'as raison. Putain, pour fêter ça on devrait aller faire un tour au zoo de Central Park, histoire de se taper quelques guenons et de trucider des sales mioches.
- Yeah !!! Ça roule mon pote ! Et ensuite on ira trancher la gorge aux pingouins, j'peux pas les encaisser ces saloperies de bestioles.
- Ouaiiiss, fuuuck ze Pingouins ! Et après on ira boulotter des petites vieilles à....



- Allez les macaques, la balade est terminée. Je viens de finir le nettoyage de printemps de la chambre-forte et vous allez pouvoir gentiment la regagner et profiter de son incomparable confort.
- Quoi ? La vache, ils ont embauché des sadiques chez Curious Goods ! Maintenant ils nous laissent croire qu'on est libre pour mieux nous refoutre au gnouf. Et après on dira que c'est nous qui sommes maléfiques. Enfoiré, va !
- Ouais, ouais, c'est ça..... Allez, bonne nuit les macaques !"

Vous voulez connaitre la véritable histoire de ces petits singes sataniques ?
Si oui, dépêchez-vous de cliquer sur la fiche de la série avant que Johnny ne la balance elleaussi au fin fond de la chambre-forte.

mardi 16 juin 2015

MAD FOXES (1981)


Hal Walters, fils à papa plein aux as et queutard invétéré, part en boite fêter les 18 ans de la belle Babsy, une jeune chaudière à qui il a promis une nuit d'amour torride. Mais en cours de route, il s'attire les foudres d'une bande de motards psychos qui ne tolèrent pas que le jeune homme fasse le mariole dans les rues au volant de sa superbe voiture de sport. Au cours du différend qui les oppose l'un des bikers se tue connement en perdant le contrôle de sa bécane, donnant ainsi à ses comparses le motif parfait pour exercer une vengeance impitoyable sur le couple. En sortant de discothèque, Hal est alors roué de coups et Babsy violée par les loubards. Bien décidé à ne pas laisser les choses en l'état, Hal fait appel à des amis karatékas pour coller une bonne branlée à ses agresseurs sans se douter une seule seconde qu'il vient de mettre en branle une redoutable spirale meurtrière.


Soyons clairs tout de suite: vous ne ressortirez pas indemnes du visionnage de Mad Foxes (Los Violadores en VO).
Les cinéphiles du début des années 80 devaient certainement se dire qu'ils avaient tout vu en matière de films débiles et trash au cours de la décennie précédente; mais la sortie de ce moyen-métrage espagnol (seulement 80 minutes) en 1981 leur a rappelé que l'invasion d'absurdités cinématographiques n'en étaient qu'à ses balbutiements, prémices de la multiplication prochaine des délirantes productions de Lloyd Kauffman et de sa firme Troma. Le réalisateur, Paul Grau (à ne pas confondre avec Jorge Grau; question de talent) subissait-il encore les effets de certains psychotropes consommés abusivement durant la période hippie quand il s'est décidé à mettre en boite cet OFNI ?
Nul ne peut le dire. Totalement bordélique du début à la fin, limite cartoonesque par moment, son film enchaine à cent à l'heure des situations démentes et sans la moindre logique. D'ailleurs il est inutile de chercher ne serait-ce qu'une once de logique ou de bon sens dans Mad Foxes, les personnages étant tous plus illuminés les uns que les autres et évoluant dans un univers que l'on croirait tiré d'un comics de Garth Ennis.

"- Aaaaarrhh... aa....aa...allo le samu ? Au.... au secours.... Je suis.... blessé....aarrrh....
- Comment vous dites ? Parlez plus fort, on dirait que vous avez posé le combiné sur votre crâne !
- Je... je suis blessée connasse.... peux pas parler plus fort.... ai un couteau dans la poitrine.....aaaarrhh..
- Donnez-moi votre identité complète, votre âge, votre poids, votre taille, votre nationalité, votre adresse, votre numéro de téléphone 
pour effectuer un contre-appel, votre groupe sanguin, votre numéro de sécurité sociale, le numéro de votre carte de donneur d'organes, 
celui de votre carte de séjour, la taille de la lame dans votre poitrine, la marque du couteau, si c'est un couteau papillon ou à cran d'arrêt, 
la profondeur de pénétration exacte de l'objet, la quantité approximative de litres de sang que vous avez déjà perdu, 
l'heure exacte des faits, le.... allo ? Allo ? Vous êtes là ? Allo ?"

José Gras, tout frais sorti du Virus Cannibale de Bruno Mattei, incarne l'anti-héros Hal Walters. Péteux comme c'est pas possible, suintant le pognon par tous les orifices, pensant bien plus avec sa queue qu'avec son cerveau, Hal est le connard dans toute sa splendeur, la tête de nœud par excellence que l'on croise occasionnellement près de chez soi en train de faire le kéké dans la rue au volant d'une bagnole thunée qu'il chérit bien plus que sa femme et ses gosses. Les premières minutes du film nous plongent tout de suite dans le bain : Hal fonce avec sa Corvette Stingray à travers la ville tout en bécotant sa copine Babsy, tout juste majeure, à laquelle il a assuré la perte de virginité avant la fin de la nuit. Encore une preuve que certaines jeunettes n'ont pas grand chose dans le cigare : offrir sa fleur à un crétin fini qui passe son temps à tringler tout ce qui passe à sa portée, il faut vraiment avoir le feu au cul (et puis quelle gamine attend maintenant d'avoir 18 ans pour faire ce genre de chose ?). Pour être certain de la faire passer à la casserole, Hal l'emmène donc picoler au Big Apple Disco, une boite de nuit perdue à mi-chemin entre les années 50 et les 70's où se croisent adeptes du rock acrobatique et ringards défoncés amateurs de disco, nous gratifiant par la même occasion d'interminables scènes où se trémoussent sur le dance floor toute une faune mongolo.

"Hic ! Mais... mais qu'est-ze que z'est que ze bordel ? Hic !

  - Hic.... zé dingue. Ze zais pas c'que t'as mis dans mon verre mais alors za déchire gravos. 
Quand je regarde la pizte... hic... zé l'imprezion d'être dans les années 50.
- T'inquiète Sophie Marceau, c'est le GHB qui fait ça. Tu verras, ça va vite passer.

- Hic....ah ben ouais, za y est, za pazze.... hic... j'vois plus que des gros beaufs bourrés sous acides qui s'dandinent zur la piste... hic....
- Ah bon ? Surement un effet secondaire de la coco que j'ai mélangé à ton champagne. 
Pas grave ma poule, tu vas voir, Tonight is your night ! 
Par contre évite de gerber sur mes pompes en croco ça m'arrangerait."

Une fois sa copine bien imbibée, notre fils à papa se décide à la ramener chez lui afin de tenir la promesse qu'il lui a faite.
Lui aussi bien pochetronné, il ne verra pas venir la bande motard barjots avec laquelle il s'était fritté quelques heures plus tôt et qui vont s'occuper personnellement du dépucelage de la nunuche Babsy. A partir de là le reste du métrage ne sera plus qu'une succession de scènes de vengeance entre les deux parties : Hal embauche des potes karatékas pour péter la gueule aux loubards/les loubards entreprennent de lui rendre la monnaie de sa pièce en s'en prenant à sa famille/pour les punir de ce massacre, Hal s'en va les buter un par un/pour venger ses potes, le dernier loubard tend un piège à Hal. Voilà en gros le schéma directeur du film.
Dans Mad Foxes, l'adage de tendre l'autre joue à celui qui nous a frappé n'est pas vraiment de mise, ce serait plus du "œil pour œil, dent pour dent" ou du "tu violes ma meuf, je te coupe la bite", l'escalade de la violence se faisant jusqu'à l'inévitable point de non-retour.
Ici on ne fait pas dans le sentimental et, malgré les multiples passages érotico-cucul, les relations amoureuses sont quasi-inexistantes. Chez Paul Grau l'amour ça n'existe pas; les hommes et les femmes ne se rencontrent que pour baiser, un point c'est tout. Et notre héros bourré de thunes l'a bien compris, lui qui, entre chaque baston avec les loulous enragés, ramasse des donzelles à droite et à gauche dans le seul objectif de leur passer dessus. Faut dire que ces dernières ne se font pas prier. On n'est pas chez Dorcel mais presque. La preuve en est cette scène surréaliste où une auto-stoppeuse accompagnée de son petit copain abandonne lâchement celui-ci sur le bord de la route pour aller se faire tringler le plus naturellement du monde par le beau Hal qui vient de l'embarquer à bord de sa rutilante caisse à savon.
Un passage stupéfiant où la blondinette prénommée Lily accepte d'accompagner chez ses parents un type qu'elle ne connait ni d'Adam ni d'Eve et qui vient de la ramasser sur un trottoir avec la ferme intention de la déboiter dans les grandes largeurs dés que l'occasion se présentera. Aussi hallucinant que le fait qu'au bout de vingt minutes de film Hal ait complètement oublié la pauvre Babsy qui végète depuis son viol à l’hôpital. Idem pour cette mystérieuse femme qu'il rejoint dans son lit juste après le combat dans l’amphithéâtre; n'aurait-il pas dû plutôt aller s'enquérir de l'état de santé de sa copine hospitalisée ? Eh ben non, il s'en carre le coquillard et préfère aller se vider les baloches auprès de quelqu'un de frais et dispo. Une belle enflure je vous dis !
Preuve d'un montage chaotique, le moindre temps mort est donc prétexte à une scène de cul, offrant à cette œuvre des allures de film érotique de bas étage comme on en voyait si souvent en troisième partie de soirée sur la chaine M6. Et ne comptez pas sur moi pour vous refiler quelques screen-shots de ces passages dégradants, je vous rappelle que nous sommes sur un blog sérieux !

Hé toi là, j'ai dit quoi ?!
"- Mais non monsieur Tontonjack, vous vous méprenez. 
Sous mes allures de motard membre du Fuckin' Blue Boy je suis en réalité chirurgien plastique. 
Cette charmante jeune fille me demandait de vérifier la symétrie de ses implants mammaires, 
lesquels par ailleurs, si vous regardez attentivement, ne sont pas parfaitement dans l'axe. 
Voyez ce travail de goret entre les deux seins !
- Ah bon, vous êtes sûr docteur ? Ils m'ont pourtant couté une blinde ces nibards !"

Si je vous ai parlé d'Hal le queutard et de ses conquêtes en chaleur mais pas encore du gang de bikers cinglés, c'est parce que je tenais à garder les meilleurs pour la fin. Baignants constamment dans l'alcool, la drogue et la luxure, ces six loubards (sept si on compte celui qui claque dés les premières minutes du film) sont de véritables bêtes totalement dénuées de sentiments et de matière grise. Pervers, sadiques et vicieux, chacun de leurs membres est un phénomène à lui tout seul. Regardez-moi un peu ces visages qui respirent l'intelligence :


Et encore leur leader n'est pas sur la photo. Look !


Ce Gérard Jugnot rachitique et survolté, tout droit sorti d'un dessin animé de Tex Avery, nous fait un véritable one-man à chacune de ses apparitions. Dans sa tenue qui ferait pâlir de jalousie n'importe quel membre des Village People, il ne peut s'exprimer sans en faire des tonnes et sans grimacer à outrance façon Michel Courtemanche. Même se faire trancher le pénis par des karatékas en colère ne suffira pas à l'envoyer au tapis. Trois autres membres du gang parviennent également à imposer leur charisme hors du commun:

un chevelu cagoulé aux faux airs de Michaël Youn...

 ...un barbu toxico friand de Fräulein en cuir...
"Ouah la loose ! C'est quoi c't'arnaque ? Hé, moi j'ai payé pour une Fräulein nazie avec des big boobs comme sur l'affiche du film, 
pas pour une planche à repasser ! Non, mais c'est quoi ça ? 
Ma poule, tu ressembles plus à Jane Birkin qu'à Dyanne Thorne ! Ha, ha, ha !"

"Arh ! Ezpèze de zous-merde hippie ! Che fais t'apprendre à rezpecter le troizième Reich moi !
Tiens, prends za dans ta gueule !
SCHHHLLAAAFFFFF !!!!

- Mais aïeuh ! T'es pas bien Gretchen, ça fait mal ton truc !
- Halt die klappe, mizérable fermine ou je t'enfonze ze fouet dans ton ridikule popotin de femmelette !

- Non, non, pardon maitresse Gretchen, je ne le ferai plus j'vous jure !
- Arh ! Et puis mets zette kagoule zur ta zale faze, tu me donne enfie de fomir !"

....et surtout Stileto (le seul dont j'ai retenu le nom), un copycat de Freddie Mercury fringué comme un bidasse qui passe les trois quarts du film à se balader à poil. A se demander si son interprète, Eric Falk, ne se croyait pas encore dans les films de cul teutons où il apparaissait les années précédentes et que Grau ne le payait pas ici au temps passé à exhiber ses attributs. Et dire que ce type est quand même apparu dans le magnifique Le Corps et le Fouet ! Heu... attendez... en fait il s'agit de Le Corps et le Fouet réalisé en 1980 par Erwin C.Dietrich, un WIP avec Brigitte Lahaie. Ah ben non, finalement l'honneur est sauf !

"- Hé les mecs, z'avez vu ? Stileto a encore oublié de se fringuer en se levant ! Mort de rire !
- Comment ça, chuis pas habillé ?! Hé, j'ai mis mes rangers quand même ! 
Et puis là c'est l'heure du p'tit dèj alors faites pas chier ! 
Allez hop, rien de tel qu'une bonne rasade pinard pour se mettre en forme !

- Et avec ça, quelques exercices physiques pour bien débuter la journée ! Un, deux ! Un, deux !
- Ouah putain, casse-toi ! Déjà que niveau hygiène corporelle c'est pas la joie mais en plus se farcir 
la vue de ta merguez de grand matin, ça me fout un peu la gerbe, mec !"

Bien que très performants quand il s'agit d'étriper des domestiques, de flinguer des vieilles en fauteuil roulant ou d'exterminer toute une tripotée de disciples de Bruce Lee à la sulfateuse, nos motards s'avèrent par contre de bien piètres pilotes quand ils doivent chevaucher leurs bécanes ou conduire une voiture. La preuve avec ces quelques gifs qui mériteraient d'être vus avec le thème principal de Benny Hill en fond sonore afin de les apprécier à leur juste valeur. De sérieux concurrents pour Video Gag !


Petite curiosité que les plus attentifs d'entre vous ne manqueront pas de remarquer : les svastikas ornant les brassards portés par les bikers lors des scènes en intérieur disparaissent comme par magie quand ces derniers se retrouvent en extérieur.
L'équipe du film aurait-elle craint d'éventuelles représailles juridiques si un tel emblème avait été aperçu en pleine rue par le péquin moyen ?
Le fait que nos loulous arborent fièrement toutes ces croix gammées et semblent vouer un culte plus ou moins fidèle au troisième Reich a par ailleurs un coté bien plus amusant (voire affligeant) que menaçant. N'ayant pas véritablement le look de l'aryen moyen, ils ne semblent vénérer l’œuvre du vilain moustachu autrichien que pour satisfaire leurs instincts les plus vils. Un peu comme une certaine jeunesse dorée actuelle qui fait dans le gangsta rap en agressant des petites vieilles pour se donner un minimum d'importance, la bande à Stileto s'empare d'un défunt (?) mouvement vindicatif et meurtrier sans réellement en connaitre le sens et les origines. Du moment qu'ils peuvent trucider, niquer et picoler au nom de l'idéologie facho ça leur convient parfaitement. Un point que Paul Grau tient à mettre en évidence, insistant sur l'ignorance et l'endoctrinement des classes les plus pauvres du système tout en les opposant à celles plus aisées mais pas forcément plus intelligentes.
Le personnage d'Hal représente l'image même de cette aristocratie coincée, prétentieuse et méprisante du petit peuple; à partir de là la partie du film se déroulant dans l'immense propriété des Walters en devient ainsi proprement écœurante. Les domestiques zélés, les maitres de maison qui se complaisent dans le luxe et qui ne pensent qu'à leurs investissements du moment, la volonté d'Hal d'en coller plein les yeux à sa dernière conquête en lui faisant profiter de tous les avantages qu'offre la vie de millionnaire; tout est fait pour ne pas nous émouvoir du sinistre destin qui sera réservé à ces gens-là quand débarqueront les Hell's angels fachos. Et pour en remettre une couche, Grau se complait à filmer les longues déambulations de la Corvette du héros à travers les cités espagnoles, un peu comme s'il tenait à bien mettre en valeur le contraste flagrant qui existait à l'époque entre les différentes classes.
La Stingray, circulant dans les rues grises au milieu de véhicules archaïques et obsolètes, ressemble à un engin futuriste dont la présence s'avère complètement surréaliste au milieu des décors urbains choisis par le réalisateur. On se surprend à ardemment désirer la destruction de la voiture tant cette dernière donne l'image d'une preuve de supériorité absolue des classes bourgeoises sur les autres moins chanceuses. C'est marrant, ça me fait penser à un certain ministre qui s'en allait récemment assister à un match de foot à Berlin à bord d'un jet privé tous frais payés alors que de pauvres hères ont dû économiser des mois durant pour effectuer la même démarche au volant de leurs vieilles caisses déglinguées qui leur coute très certainement les yeux de la tête. Mad Foxes un film d'anticipation ? Assurément.

"- Je suis désolé monsieur Hal, je ne savais pas que vous débarqueriez à l'improviste.
Il ne restait dans le frigo qu'un peu de homard, de foie gras et de caviar que nous avons ouvert hier.
- Quoi ? Du caviar ouvert la veille ? Mais vous me prenez pour qui, Consuela ? Je ne suis pas une poubelle !

- Donnez donc ces saloperies à la "sans-dent" que j'ai ramenée. Ces gens-là ingurgiteraient n'importe quoi. 
Et puis pour une fois qu'elle peut goûter à de la vraie nourriture elle ne va pas faire la difficile, n'est--ce pas très chère ?"

Malgré ce coté critique bienvenu, il est toutefois impossible de prendre Mad Foxes au sérieux; Paul Grau (ici sous le pseudo de Paul Gray, mais on l'a reconnu) semblant incapable de maitriser sa réalisation. Les dialogues sont répétitifs, creux et navrants; certaines scènes inutiles débarquent à l'improviste comme un cheveu sur la soupe (la vieille qui bouffe des biscuits en regardant par la fenêtre de son salon, les danses endiablées dans la discothèque...), le scénario regorge d'incohérences (tout le monde semble savoir où tout le monde se trouve) et les scènes d'action sont d'une mollesse qui feraient passer un épisode de Derrick pour une production Michael Bay (l'affrontement entre les karatékas et les bikers est un brassage d'air absolument navrant).

"- Hé, Jacky Chan, tu veux voir ma bite ?
- Ha non, hein ! Ras-le-bol de te voir te balader la teub à l'air ! Tiens, encaisse enfoiré !
  Après ça elle va tellement tripler de volume que tu pourras plus la sortir de ton froc !
- Ouillouillouillouie ! Mais t'es con toi !"

Rien d'étonnant donc à ce que Paul Grau n'ait pas véritablement fait carrière par la suite, le reste de sa filmographie se limitant à une comédie sexy teutonne sans grand intérêt. Pourtant, malgré son incompétence évidente, il parvient avec Mad Foxes à nous offrir un spectacle tellement déjanté qu'il est impossible de s'y ennuyer. L'enfilage frénétique de scènes gores et de passages érotiques où la plastique de la quasi-totalité du casting féminin est scruté dans le moindre détail par la caméra (sauf la mère d'Hal, faut quand même pas déconner) a un coté hypnotique digne du pire des nanars franchouillards. Ajoutez à cela une bande originale sévèrement burnée proposée par les groupes Krokus et The Jackys (la caisse du héros n'a-t-elle pas d'ailleurs la "Jacky's touch" ?) ainsi qu'un thème disco bien sympa propre à chacune des apparitions des motards en folie et vous prendrez à coup sûr un pied phénoménal.

"- Non mais c'est pas possible ! Tout est bon pour s'exhiber la stoukette !  
Allez, les mains en l'air, je te fais arrêter pour exhibition sexuelle !
- M'enfin mec, chuis aux chiottes là....
- Rien à foutre, vil pervers ! Cette fois tu as dépassé les bornes !"

Mad Foxes pourrait être rangé dans plusieurs registres tellement il bouffe à tous les râteliers: le rape and revenge, le home invasion, le vigilante movie; mais son coté bordélique en fait plutôt une œuvre inclassable. Mixe improbable entre le cinéma Grindhouse, le porno soft des années 70, les délires gores du début des 80's et les films d'action Bronsonien du moment, il ne représente pas vraiment ce que le septième art espagnol a fait de mieux mais demeure au final un machin sacrément bandant et parfaitement jubilatoire de par son coté démentiel.
La meilleure façon de vous en rendre compte est soit de vous procurer le combo Bluray/DVD sorti en Autriche, soit de visionner le DVD Rip  ci-dessous en provenance de chez notre copain le canard trépassé. Les sous-titres sont comme d'habitude faits maison.

https://1fichier.com/?wbegothncc

Mais que vois-je ? Nous sommes le 16 juin ! Ça fait donc deux ans pilepoil que j'ai ouvert ce blog ! (Z'avez vu comme je feins bien d'avoir l'air surpris ?) Bon dieu, mais il faut fêter ça !
Allez, j'avais bien dit un peu plus haut que ce blog était un endroit sérieux mais au fond.... on s'en fout un peu, non ?!
Pour l'occase Mad Foxes nous offre deux gifs qui vont surement m'obliger à remettre un avertissement pour contenu adulte sur la page d'ouverture. Vas-y Hal, c'est à toi !

"- Dis-donc mon gros, elle est pas un peu jaune la flotte ?
- Shut up Josette and move your body !"

"- C'est pas vrai, tu es vraiment insatiable mon gros minet !
- Mais non Josette, c'est juste pour que tonton Jack puisse coller des gifs de cul sur son blog débile.
- Ah bon, ben dans ce cas-là vas-y mon minou !"