mercredi 27 mai 2015

ROBOWAR (1988)


"Jamais deux sans trois" a-t-on l'habitude de dire. Comme il ne faut jamais aller à l'encontre des vieux dictons et que l'abus de produits italiens est toujours bon pour la santé (Mais non, ne commencez pas à sniffer du parmesan !) on va se refaire une petite virée avec le regretté Bruno Mattei pour un machin bien chtarbé comme lui seul savait nous en offrir.
Un an après Strike Commando, le réalisateur profite de sa "superstar" Reb Brown et de la jungle philippienne mise à sa disposition pour mettre en boite cette fausse suite des aventures du soldat Ransom (la vraie étant Strike Commando 2 mais vu que Brown y est remplacé par Brent Huff ça ne compte pas) tout en pillant légèrement (fortement vous dites ? Ah peut-être...) le Predator de John McTiernan sorti un an plus tôt. C'est que ce n'est pas un italien pour rien notre bon vieux Bruno; les tribulations du chasseur extra-terrestre ayant fait carton plein dans les salles de ciné il serait quand même bien dommage de ne pas profiter de ce que la bête soit encore chaude pour lui faire les poches.
Mattei, en compagnie de son complice Claudio Fragasso et de la scénariste Rossella Drudi (ayant déjà collaboré à l'écriture des scripts d'un nombre incalculable de films réalisés par nos deux larrons), pondent sans trop se fatiguer une histoire quasi-similaire à celle du long-métrage mettant en vedette Arnold Schwarzenegger. Robowar se veut un plagiat pur et simple de Predator; Mattei ne s'en étant jamais caché même s'il signe le tout sous son pseudo préféré: Vincent Dawn.

 "- Bon les mecs, tenez-vous prêts. On va jeter un œil sur le scénar du film pour lequel Bruno nous a embauchés.
    Heu.. Dites-voir, il lui arrive quoi à l'autre buse derrière moi ?
Pourquoi qu'il est à moitié coincé comme ça et qu'il tire la langue ?
- C'est à dire qu'il a déjà lu le scénar, chef, et que depuis il semble avoir perdu une partie de ses fonctions cérébrales."

Un groupe de mercenaires mené par le major Murphy Black se retrouve sur une petite ile perdue afin d’exécuter ce qui leur semble être une simple mission de routine. Accompagnés de Mascher, un scientifique, ils découvrent les cadavres de plusieurs guérilleros affreusement mutilés et constatent rapidement qu'une mystérieuse menace rode autour d'eux. Celle-ci porte le nom d'Omega 1 et se présente sous l'aspect d'un soldat cyborg quasi-indestructible et très lourdement armé; un soldat créé par Mascher lui-même et qui échappe désormais à tout contrôle. Un à un les bidasses deviennent les proies de celui qu'ils ont surnommé le chasseur.

 "- Hé, Véronique, elle est où ta copine Davina ? Arf, arf, arf !!!
- Beeuaargh, t'es con toi ! Range pas tes lunettes le nabot, j'crois que tu vois pas bien.
- Hé, hé, ben non, moi je crois pas. 
  Aïe ! Mais il m'a pété le nez ce con!"

Une jungle luxuriante, des militaires avec tout un arsenal à leur disposition, des Viet-Congs crétins qui tombent sous les bastos américaines sans lever le petit doigt, un ennemi surhumain qui joue les chasseurs embusqués.... nul doute n'est permis: Predator au rayon "bisseries ritales" ça se prononce Robot Di Guerra ou plus communément Robowar. A la seule différence qu'ici l'alien rasta est remplacé par un ersatz militaire de Robocop, un troufion tombé au combat dont certaines parties du corps ont été utilisées pour créer de toutes pièces le soi-disant soldat parfait. Sauf qu'il est loin d'être parfait le soldat en question. Déjà, regardez un peu la dégaine qu'il se trimballe le pauvre :

Ah merde, je me suis trompé de photo. Faut dire qu'ils se ressemblent ces cons-là.
Allez... ♪, one more time ! ♫

Voilà, c'est mieux !

Tout de cuir vêtu, épaulières de footballeur américain vissées autour du cou, coiffé d'un casque de motard customisé, l'Omega 1, à la différence de l'Omega 3, n'est pas vraiment bénéfique pour la santé du péquin moyen. Armé d'un fusil laser qui lui sert tout aussi bien à faire exploser des hélicoptères qu'à pulvériser des villages entiers, le cyborg réduit ses victimes à l'état de carcasses liquéfiées plus vite que n'importe quel régime Weight Watcher. Il dispose également d'un tentacule télescopique préhensile façon Docteur Octopus qu'il dissimule on ne sait où (je dirais dans son futal mais ce n'est qu'une supposition) et qui lui permet de saisir ses proies quand celles-ci se trouvent à bonne distance ou à moitié plongées dans la flotte. Doté d'une force colossale et d'une précision hors pair, il est toutefois grandement handicapé par une vision thermographique sacrément mal branlée.
Regardez-moi un peu ça:

Comment vous voulez y voir quelque chose sérieusement ?

Bon ok, c'est vrai qu'on est dans une production italienne à petit budget et qu'investir dans ce genre de matériel peut vite couter un œil mais il faut quand même reconnaitre que la vision de notre super chasseur pixelise un max. Imaginez vous balader en pleine brousse avec un tel bordel devant les yeux; croyez-moi vous allez vite vous retrouver le crane encastré dans un palmier.
Autre handicap de taille: cette putain de manie qu'à notre Robocop au rabais de se parler à lui-même en permanence et de commenter tout ce qu'il fait sur une voix nasillarde ridicule que l'on croirait passée à l'hélium. En gros ça donne ça: (bouchez-vous le nez et prenez le ton le plus aigu possible avant de lire ce qui suit à voix haute)

"Présence humaine à proximité - Reçu.
Localiser la cible - Reçu.
Ennemi en vue - Reçu.
Destruction de la cible - Reçu- Reçu.
Feu - Feu."

Pas facile avec ça d'avoir un semblant de crédibilité ou de faire preuve d'un minimum de discrétion dans certaines situations:

"Nécessité urgente d'effectuer une vidange - Reçu.
Nécessité de trouver lieu adéquat - Reçu.
Localisation rocher conforme pour dissimulation - Reçu.
Présence de cavités dans le rocher permettant éventuel aperçu 
de la tuyauterie de vidange par l'ennemi - Reçu.
Nécessité de trouver lieu adéquat - Reçu. "

Contrairement à son confrère d'outre-espace, l'Omega 1 ne dispose que d'un dispositif de camouflage très relatif. La méthode dite du caméléon, lui, il ne connait pas; la seule dont il est doté a une efficacité qui résulte principalement du degré d'intelligence de ses ennemis.

"- Regardez, là ! Vous le voyez ?
- Quoi, ton doigt ?
- Meuh non, lui là-bas !
- Je vois rien avec ton doigt !"

"- Et là, vous le voyez mieux ?
- Qui ? Le gros arbre ?
- Non, juste à sa droite.
- Quoi ? L'autre gros arbre juste devant nous ?
- Non, ça c'est à gauche. A l'autre droite !
- Oui, le gros arbre au milieu, c'est ce que je dis !
- Bon, laissez tomber j'abandonne. Allez, tirons-nous !"

C'est vrai qu'au niveau cérébral, ses adversaires envoient du lourd. Normal me direz-vous avec un groupe dont le chef (logiquement le plus intelligent) est interprété par notre blondinet de Strike Commando, Reb Brown; le mec qui passe plus de temps à brailler comme un goret qu'à réciter son texte. Mattei semble pourtant lui avoir demandé de mettre la pédale douce sur les grognements bestiaux  même si bien souvent le naturel revient au galop. Aucun doute Murphy Black est le frère jumeau de Michael Ransom.

BEEEEUUUUARRRGGGHHHHHHH  !!!!!!!!!

JAAAAKOOOODAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!

"- Où ça Jakoda ? Où ça ? Aaaaahhhhhhhhhhhhh !!!! Sors enfoiré de coco !
- JAAAKOOODAAAA !!! Tu vas payer pour le p'tit viet, enculéééééé !!!!!!
- Ma dou calme, bande dé cons. Ma che Strike Commando c'est fini, on est sour Robowar !
- Beeuuaahh... Roboquoi, Bruno ? Et Jakoda il est là ou pas alors ?
- Mama mia, c'est la dernière fois qué yé fais oune film avec cet abrouti !"

Son unité d'élite se nomme les B.A.M ce qui signifie en VO "Big Ass Motherfuckers" (soit grosso-merdo dixit gogol trad "enculés au gros popotin") et en VF  "Bêtes A Manger de la fange". Pour une fois la traduction française est plus près de la vérité que la signification originale; surtout que ces atrophiés du bulbe sont loin d'être de véritables professionnels. Il faut les voir crapahuter au milieu de la jungle et canarder à l'aveuglette tout ce qui les entoure dés qu'ils entendent une feuille tomber. Petit conseil: ne croisez jamais leur chemin sans vous annoncer à des kilomètres à l'avance sinon vous risquez de vous recevoir une volée de pralines dans les gencives avant d'avoir eu le temps de leur dire bonjour. Ils font également un usage régulier de certains produits peu recommandables, ce qui ne permet pas non plus d'avoir vraiment les idées claires. Alors quand on a déjà une déficience en neurones, je ne vous dit pas le résultat.

"- Yeah mec, sois pas radin et fais tourner.
- Tiens, c'est de la bonne. Trois taffes et je vois déjà des mecs zarbis fringués façon gay pride des années 80."

Passons à la présentation de ces gentlemen:

L'athlétique Romano Puppo interprète le caporal Neil Corey. Aperçu dans bon nombre de longs-métrages comme Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, Le Temps du Massacre de Lucio Fulci, Le Grand Racket, La Mort au Large et Les Guerriers du Bronx 2 d'Enzo G.Castellari, 2019 après la chute de New-York et Le Grand Alligator de Sergio Martino, Puppo est un visage incontournable du cinéma bis italien puisqu'il a touché à pas mal de genres tout au long de sa carrière (le western spaghetti, le poliziesco, la comédie, le fantastique) et est apparu dans plus d'une centaine de films avant de nous quitter prématurément en 1994.

"Bloody hell ! C'est quoi cette pétoire ? Elle fait un barouf de tous les diables et elle fume un max. 
T'as trouvé ça dans une épicerie philippine, Bruno ?"

Massimo Vanni (aussi connu sous le pseudonyme d'Alex McBride) incarne quant à lui le bondissant soldat Larry Guarino (aka "Diddy Top"). Cet acteur se spécialisera durant toutes les années 70 dans le film policier italien avant de se retrouver la décennie suivante dans plusieurs Mad-Max like, certains réalisés par son cousin Enzo G.Castellari (Les Guerriers du Bronx 1 et 2, Les Nouveaux Barbares) et d'autres par Mattei (Les Rats de Manhattan). On l'apercevra en 1984 dans le Blastfighter de Lamberto Bava avant que le duo Mattei/Fragasso ne se l'accapare entre 1988 et 1996 (Zombi 3, Cop Game, Shocking Dark, After Death, etc...).

"Sont où les viets ? Hein ? Hein ? Sont où... sont où ?"

Jim Gaines, que l'on avait déjà présenté dans The Jail où il jouait le rôle du gouverneur, endosse les traits de Sonny Peel surnommé aussi "Blood", l'expert en arts martiaux qui au final ne nous fera jamais démonstration de ses talents. Gaines, spécialiste du film d'action toute catégorie, avait également un petit rôle dans Strike Commando.

"- C'est bon chef ? Je les ai tous eus ?
- Ouais, nickel Sonny. Tu peux ouvrir les yeux et arrêter d'arroser dans tous les sens maintenant."

L'acteur philippin Max Laurel, interprète en 1985 et 1987 de la version live du super-héros verdâtre Zuma, enfile les frusques de Quang, un rescapé du Viet-Nam passé maitre dans l'art de pister l'ennemi et d'étrangler du Viêt-Cong.

"Alors où y sont les prisonniers ? Allez, parlez ! 
Parlez bon dieu au lieu de tirer la langue comme des débiles ! Quoi ? J'entends rien !"

John P. Dulaney, acteur américain qui officia principalement en Italie, est le médecin du groupe Alfred Bray alias "Papa Doc".
Dulaney est aussi un habitué du poliziesco made in 70's qu'il côtoya à de nombreuses reprises, principalement dans des films dirigés par Bruno Corbucci (la série des Squadra....). On l'aperçoit également dans quelques westerns dont le sympathique Le Retour de Sabata avec Lee Van Cleef. Il faut bien reconnaitre qu'il ne connu en majorité que des rôles de second (voire de troisième) couteau et ce malgré sa bonne bouille. Il disparut des écrans peu de temps après Robowar. Un commentaire à ce sujet, John ?

Ah ben trop tard. Pendant qu'on parlait de ses copains, Papa Doc s'est fait rectifié par l'Omega 1.
Bah, tant pis ! De toute façon il servait à que dalle.

A ces p'tits gars sympas vient s'en ajouter un autre un peu moins cool: le savant fou Mascher, créateur de l'Omega 1 et qui n'hésite pas à dire tout le bien qu'il pense de l'armée US. C'est Mel Davidson qui se met dans la peau de ce salopard qui au final tentera de racheter ses erreurs de manière assez suicidaire. Davidson ne connu qu'une brève carrière d'acteur (seulement cinq ans) et on retiendra surtout de lui son rôle de méchant dans Strike Commando 2.

"- Hé Mascher, y'a un motard masqué qui danse le twist juste derrière toi !
- Très drôle, enfoiré de bidasse ! 
L'Omega 1 je le connais moi et je peux le repérer à des kilomètres à la ronde. Alors me prends pas pour un con."

Dans cet univers gonflé à la testostérone il fallait quand même bien y ajouter une petite touche féminine non dénuée de charme.
C'est la blonde Catherine Hickland qui s'y colle; même si franchement son personnage n'apporte pas grand chose à l'ensemble. Ex-madame David Hasselhoff, visage régulier du soap On ne vit qu'une fois entre 1998 et 2012 et habituée des séries TV de tous poils, elle prête ses traits gracieux et ses formes affriolantes à la journaliste Virginia, rescapée d'un massacre organisé par des guérilleros et qui tentera tant bien que mal de survivre au milieu de tous ces beaux mâles lobotomisés qui tiennent absolument à l'entrainer dans une partie de cache-cache endiablée au cœur de la forêt tropicale. Heureusement le méchant cyborg veille afin d'éviter tout éventuel débordement.

"- Hiiiii au secooourrs ! Viendez vite nous sauver ! Au secooouurrrs !!!
- Beeuuuuaaaïe ! Fais gaffe la blondasse, tu viens de me décoller une mandale !"

Bon voilà, je crois que j'ai présenté tout le monde. Ah non, attendez... j'ai gardé le meilleur pour la fin: le bad guy en personne, le super-soldier né du croisement d'un biker bourré et d'une machine à laver de la mère Denis (tant que c'est pas la mère Denis elle-même ça va), l'Omega number one lui-même, le Robowar, incarné par ........ (attention roulement de tambour)...... par...

...CLAUDIO FRAGASSO himself, crédité sous le nom de Clyde Anderson !!!!

Toutefois, certains affirment que l'intéressé nierait complètement le fait d'avoir endossé un jour une tenue de motard pour aller faire le mariole en pleine jungle philippienne.
Alors qu'en est-il de la véritable identité de notre droïde carburant à l'hélium ? Peut-être le saurons-nous jamais...
Sur fond de musique savamment orchestré au synthé Bontempi et par quelques bons riffs de guitare électrique, nos pieds nickelés vont donc, durant presque 90 minutes, se faire facilement écharper par un motard bionique qui connait à la lettre le scénario du film de McTiernan. Comme dans celui-ci, il va pousser les bidasses vers un petit village viet où nos viandards de service ne pourront pas résister à l'envie d'y flinguer tous les occupants, puis séparer sans trop de difficultés les membres les moins intelligents (?) du groupe pour mieux les dessouder avant de finir par contraindre leur chef à l'affronter mano à mano lors d'un final explosif légèrement différent de ce que l'on pouvait toutefois attendre. Beaucoup diront que Mattei n'est qu'un voleur qui s'accapare volontairement les scénarios des autres pour se faciliter la vie.
Moi je dirais que des réalisateurs comme Marc Forster ont de la chance que là où il est maintenant, ce bon vieux Bruno ne leur fasse pas de procès pour le remake foireux qu'ils ont fait de son Virus Cannibale. Ben oui, World War Z que ça s'appelle et pour un blockbuster récent c'est nettement moins fun qu'un bon vieux bis rital (ou qu'une zèderie-spaghetti diront certains).
Pour apprécier Robowar à sa juste valeur il est indispensable, une fois n'est pas coutume, de mettre sa matière grise sur off et de se laisser porter par des images qui ne manqueront pas, soyez-en certains, de vous offrir des moments de pure jouissance cinéphilique. L'attaque du village en est l'exemple parfait: les bidasses ricains se défoulent comme des fous furieux en employant fusils mitrailleurs, grenades, bazookas, machettes, couteaux,  high kicks ou y vont carrément à grands coups de pompe dans les burnes de l'ennemi, se permettant au passage des répliques bien cinglantes appuyées par quelques œillades qui semblent dire au spectateur:

"Hé, on est chez Bruno, l'oubliez pas !"
"Alors keep cool and enjoy !"

Distribué par la Floria Film, Robowar marque l'une des premières collaborations entre Bruno Mattei et le jeune Giovanni Paolucci (ici directeur de production), lequel, sous le label de sa boite La Perla Nera, produira tous les films du maestro italien réalisés à partir de 2001.
Les plus attentifs remarqueront que les décors utilisés ici peuvent également être aperçus dans d'autres merveilles signées Vincent Dawn ou Fragasso. L’hôpital abandonné où débarquent Black et Virginia ressemble comme deux gouttes d'eau aux petites bâtisses dans lesquelles échouent les protagonistes du Zombie 4 : After Death signé par notre poto Claudio. Et ces fameuses chutes d'eau visibles en fin de métrage quand Black affronte Omega 1 sont les mêmes que Jakoda franchissaient à pieds joints dans Strike Commando (et peut-être même la miss Jennifer dans The Jail).
Bon, vous vous en foutez peut-être mais au moins, si vous allez faire du tourisme aux Philippines, vous pourrez faire les cadors devant les autres gogos en balançant fièrement, une fois au sommet de cette cascade, que c'est ici que le grand Bruno Mattei à tourné Strike Commando et Robowar. Prenez quand même un maillot de bain, on ne sait jamais les réactions que peuvent avoir les gens.

Robowar

Strike Commando

Ultime curiosité: le générique final où nous sont présentés les différents acteurs du film ainsi que leurs rôles respectifs est complètement à l'ouest. Reb Brown interprète ainsi Marphy Black, Catherine Hickland est Virgin (alors que le père Hasselhoff assurait tout le contraire à l'époque), Massimo Vanni et Jim Gaines ont interverti leurs identités et Omega 1 se nomme Robowar alors que tout le monde sait très bien que c'est en réalité un type comme tout le monde. Surement quelques sachets d'herbes qui devaient trainer ici et là au moment de la finalisation du film.
Mais tout cela renforce un peu plus notre façon de voir Robowar comme la réponse italienne à Predator, soit un produit complètement fêlé du cigare, bourré d’exagérations plus ou moins volontaires mais surtout divertissant à 100% sous condition que l'on adhère à ce genre de cinéma.
Pour visionner de nos jours Robowar il n'y a pas trente-six solutions. Soit on ressort son vieux magnétoscope du placard pour lui faire ingurgiter la VHS éditée par Delta Vidéo à l'époque, soit on maitrise l'allemand comme un pro et on se procure le DVD sorti par Best Buy Movies chez nos voisins teutons, soit on va faire un tour chez Humungus qui nous propose un rip VHS et dont vous trouverez le lien ci-dessous.
Va chercher bonheur chez Humungus

TRAILER

Jaquette VHS grecque

Une autre complètement à coté de la plaque en provenance d'Allemagne

Et on termine en musique !

"Mise en fonction appareil MP4 appartenant au soldat Black - Reçu.
Emanation sonore importante - Reçu.
Identification émanation sonore - Reçu.
Saltimbanques français connus sous le nom de Daft Fuck - Reçu."

"Emanation sonore extrêmement nocive pour senseurs auditifs - Reçu.
Saturation des senseurs auditifs - Reçu. Reçu.
Saturation du système cérébro-neuronal - Reçu.
Cerveau électronique en surchauffe - Reçu - Reçu.
DANGER ! DANGER ! DANGER ! - Reçu.
Supplice intolérable - Déclenchement processus d'auto-destruction - Reçu.
Fin de transmission - Reçu."

BAAAOOOUUMMMMMMMM !!!!!!!!!!!

samedi 23 mai 2015

Friday The 13th The Series Saison 3 Episode 8


"Pffffff.... j'suis claqué..
Deux semaines à cavaler de partout pour récupérer une saloperie de croix maléfique. 
En plus y'a fallu se coltiner toute une tripotée de vampires... ça faisait longtemps tiens...
Franchement je suis trop vieux pour ces conneries. Entre les gaffes à répétition de Johnny, les tonnes d'antiquités maudites qu'on a encore à récupérer, le dernier voyage dans le temps jusqu'en 1954 dont le maxi décalage horaire m'a flingué, la taxe foncière de la boutique qui vient de tripler et la nouvelle saison de Ze voice qui vient de commencer je suis au bord de la dépression nerveuse. 
D'ailleurs si cette grosse poche de Tonton Jack pouvait se bouger un peu le cul et terminer rapidement la traduction de cette troisième saison, je pourrais enfin prendre des vacances bien méritées aux Bahamas.
Bon, je vais aller m'en jeter un petit avant d'aller me pieuter; c'est qu'il y a encore 12 épisodes à se farcir après celui-là.
Pffffffffff...."

Pauvre vieux Marshak. C'est promis, je vais essayer d'augmenter la cadence pour que vous puissiez le plus vite possible aller boire des cocktails sur la plage. Mais d'ici là vous êtes prié de retourner vite fait au taf, faut quand même pas déconner....

vendredi 22 mai 2015

BLOODY WEEK-END J -7


Le compte à rebours est déjà bien entamé. Dans une semaine jour pour jour se tiendra la sixième édition du festival international du film fantastique d'Audincourt, autrement dit le BLOODY WEEK-END
Les 29, 30 et 31 mai, l'espace Japy, sous la houlette du fondateur et directeur artistique du festival Loïc Bugnon, ouvrira ses portes à tous les passionnés de cinéma de genre pour ce qu'ils considèrent désormais comme un rendez-vous incontournable. 
Dans une ambiance chaleureuse et bon enfant, loin des conventions étouffantes et ultra-cadrées de la capitale, la petite ville franche-comtoise est parvenue au fil des ans à instaurer un véritable pèlerinage qui donne l'opportunité aux amoureux du fantastique et de la science-fiction de côtoyer le plus sereinement du monde réalisateurs, acteurs et autres artistes. 
Après s'être offert des stars comme Caroline Munro, Ruggero Dedodato, Luigi Cozzi, Mick Garris, le BWE frappe une nouvelle fois très fort en 2015 en recevant l'illustre Brian Yuzna, producteur entre autre de Re-Animator et réalisateur du dément Society, des deux dernières aventures d'Herbert West, du sexy Retour des Morts-Vivants 3 et de plusieurs autres œuvres devenues plus ou moins cultes avec le temps. Il sera accompagné du scénariste John Penney, à l'origine des scripts du Retour des Morts-Vivants 3 et de Deep Water ainsi que des réalisateurs Anthony Hickox (Waxwork 1 et 2, Sundown, Hellraiser 3...) et Jake West (Evil Aliens, Doghouse). Plusieurs films seront projetés en leur présence: Le Retour des Morts-Vivants 3 of course, ainsi que Doghouse, Waxwork, etc...
A tout ce beau monde viendront s'ajouter deux visages majeurs de la presse fantastique: Jean-Pierre Putters et Alain Schlockoff  ainsi que l'éditeur, présentateur et scénariste Jean-Pierre Dionnet.
Ces braves messieurs, outre le fait qu'ils devront satisfaire la soif de dédicaces de leurs fans, constitueront le jury de la compétition de courts-métrages qui se déroulera tout au long de ces trois jours de fiesta.


Il sera également possible d'y faire toutes sortes d'emplettes et d'assister à diverses représentations puisque l'espace exposants, d'habitude rempli à ras la gueule, explosera littéralement sous le nombre hallucinant de vendeurs, associations, artistes de tous poils ou maisons d'éditions qui se sont bousculés pour gratter un morceau de table en ce week-end sain (ou diabolique c'est selon). A noter la présence des éditeurs DVD qui déchirent, Artus Films, Le Chat Qui Fume et Uncut Movies qui proposeront leurs nouveautés du moment et la quasi intégralité de leur catalogue, des sublimes fanzines Medusa et Videotopsie et de toute une pléthore de cosplayers (qui vont à coup sûr nous faire bouffer du Star Wars à la louche... il en faut pour tous les gouts).

Vous pouvez retrouver l'intégralité de ces informations, la programmation complète ainsi que la liste des exposants directement sur le site du festival : http://bloodyweekend.fr/

Alors si vous n'êtes pas trop loin et que vous n'avez rien de prévu à la fin du mois, une seule destination : Audincourt.
Croyez-moi, ça vaut le déplacement.
Allez, on en reparle bientôt.

mardi 19 mai 2015

STRIKE COMMANDO (1987)


Que sont devenues nos glorieuses années 80 ? Cette période idyllique pour le cinéphile où les vidéoclubs, lieux où l'on trainait ses guêtres des après-midi entières à baver devant les alléchantes jaquettes qui ornaient par millier les étals, poussaient plus vite que des champignons. Il faut bien dire que la matière première ne manquait pas en ce temps-là; entre les majors qui proposaient les "gros titres" du moment et les autres éditeurs à moitié chtarbés qui n'hésitaient pas à mettre sur le marché tout et n'importe quoi, le client n'avait que l'embarras du choix. Les Delta Vidéo, Carrere ou éditions du Tigre... combien de VHS destinées à nous autres amateurs de cinéma bis ces boites-là ont-elles sorti durant toute cette décennie ? Combien de séries B décérébrées, de nanars navrants et hilarants, de curiosités en tous genres ?
Des milliers je dirais et devant ce chiffre approximatif je pleure de tristesse à l'heure où le support numérique n'arrive plus à trouver preneur et où nous sommes contraints d'aller chercher à l'étranger les bandes que l'on aimerait bien voir dans notre beau pays si hermétique culturellement (du moins pour ceux qui ont encore cet amour du support physique). Loin de l'aisance apportée aujourd'hui par le net, les années 80 obligeaient le cinéphile à bouger son cul jusqu'au vidéoclub le plus proche, lui permettant par la même occasion d'admirer les affiches pétaradantes qui trônaient ici et là et d'essayer d'en soudoyer une ou deux auprès du maitre des lieux quand celui-ci n'en avait plus l'utilité. Ah, pour ma part j'en ai claqué du pognon dans ces lieux de perdition !
Quand on est ado et qu'on découvre le cinéma fantastique comme ce fût mon cas on a envie d'ingurgiter le plus vite possible toutes les K7 qui s'alignent devant nous, et tant pis si la moitié d'entre elles sont de grosses merdes qu'on a loué seulement en se fiant au visuel.
Car malgré tout, une grosse merde, quand on la regarde entre potes, on lui trouve toujours quelque chose de sympathique, et ce même si le degré de nullité prête plus à rire qu'à frémir.
Moi ma spécialité c'était le cinéma fantastique italien (j'en vois déjà en train de s’esclaffer: "ah ben on aurait jamais deviné...") et la moindre nouveauté du genre en VHS finissait inévitablement dans la gueule de mon magnétoscope: Virus Cannibal Holocaust, L'Avion de l'Apocalypse dans l'Océan rouge, les Prédateurs du Futur de l'an 2019, Killer Crocodile contre les Hommes-poissons, Le Requin Mord au Large et les Rats à Manhattan, etc... la foultitude de titres m'emmêle les neurones. Principalement cantonné au gros rouge qui tâche, je mettais plus ou moins à l'écart les autres styles sans savoir que la majorité des réalisateurs qui signaient les bandes que je visionnais à longueur de temps opéraient non seulement dans le registre qui m'intéressait mais aussi dans une multitude d'autres.
Je les voyais bien tous ces ersatz de blockbusters qui florissaient pêle-mêle au vidéoclub du coin, tous ces copiés-collés d'origine transalpine qui tentaient de grappiller quelques billets sur le succès de tel ou tel film à gros budget; les petits frangins bâtards de Mad Max, les poiscailles en carton clones de Jaws, les droïdes tuyaux de poêle qui voulaient envoyer R2D2 à la ferraille, les serial-killers encore plus mongolos que le fiston Voorhees, les barbares d'opérette et autres bidasses trépanés partis chasser le viet aux Philippines.
Les coupables ? Des mecs du nom de Sergio Martino, Lamberto Bava, Joe d'Amato, Enzo G. Castellari, Luigi Cozzi, Ruggero Deodato et surtout.... surtout.... surtout Bruno Mattei alias Vincent Dawn. De tous les metteurs en scène italiens c'est probablement lui qui le plus s'est donné corps et âme à cette mode du copié-collé cinématographique.
Suffit de voir sa filmo:

- 1977: Nazisploitation avec Hotel du Plaisir pour SS et KZ9-Camp d'extermination.
- 1980: Nunsploitation avec L'Autre Enfer
- 1984: Madmaxsploitation avec Les Rats de Manhattan
- 1988: Predatorsploitation avec Robowar
- 1989: Terminatoraliensploitation (ouais ça commence à être dur là) avec Terminator 2/Shocking Dark.
- 1995: Jawsploitation à retardement avec Cruel Jaws
Et beaucoup d'autres encore que j'oublie de citer ici.

Mais il y a en tous cas une merveille signée par le bonhomme qui mérite que l'on s'y attarde plus longuement. Un film symbolique de cette défunte ère où la VHS était reine, qui découle directement du succès de Rambo 2 et qui s'intitule Strike Commando. Un machin que j'ai découvert il y a seulement quelques semaines et dont j'ai encore un peu de mal à me remettre (merci du cadeau Philippe, je te revaudrai ça).
Attention: débranchement du cerveau fortement recommandé sinon ça risque de piquer dur aux étiquettes.


Afin de mettre la main coûte que coûte sur un dépôt d'explosifs planqué dans un village Viêt-Cong, le colonel Radek envoie au casse-pipe un commando d'élite placé sous ses ordres. Submergés par l'ennemi, les bidasses sont tour à tour abattus et leur chef, le sergent Michael Ransom, est laissé pour mort dans une rivière. Ce dernier, dérivant au fil de l'eau, est recueilli par des villageois vietnamiens qui voient en lui un éventuel sauveur face à la menace russe qui pèse sur eux. Bien décidé à leur prêter main-forte, Ransom leur promet de revenir les chercher une fois qu'il aura regagné sa base et obtenu des renforts. Mais une fois sur place, il se heurte à nouveau à l'hostilité de Radek qui lui propose d'accomplir seul sa mission et de prouver par lui-même la présence de troupes soviétiques dans la jungle.
De retour au village, le sergent va très vite s'apercevoir que tous les habitants ont été sauvagement massacrés par les hommes du terrible Jakoda, un soldat russe particulièrement sadique.

"- Beeuuarrghh... si vous approchez encore les niakoués, j'appuie sur le bouton marche de mon magnéfotone 
qui va vous balancer plein pot dans les esgourdes le dernier tube de la mort de Brice Conrad !
 - Leculez ! Leculez ! Ye le connais il va le faile ! Il est complètement con cet amélicain !"

Avant toute chose parlons du casting puisque c'est assurément le point fort de ce film; Mattei ayant frappé très fort dans le choix de ses acteurs. Dans le rôle de Ransom on trouve le blondinet musculeux Reb Brown, le Captain America version 1979 aperçu également dans des trésors comme Yor, le Chasseur du Futur d'Antonio Margheriti ou le Hurlements 2 de Philippe Mora. Comme son confrère Rambo (Rambo/ Ransom... toute ressemblance n'est que pur hasard ?), Ransom est considéré comme le super-bidasse de l'armée américaine, le mec redoutable capable de dessouder à lui seul tout un village de viets avant que ces derniers n'aient le temps de lâcher leurs bols de riz. Adoptant un look quasi-identique à celui de son copain Sly, il passe la majeure partie du film à se balader pétoire au poing et bandeau serré autour de la tête. Seul petit problème: il oublie malheureusement de le desserrer ce bandeau, ce qui lui bloque régulièrement l'afflux de sang vers la matière grise et lui occasionne de sérieuses surchauffes cérébrales. Ben oui, sinon pourquoi qu'il passerait son temps à beugler comme un goret notre troufion ? D'ailleurs ne dormez jamais à ses cotés, vous risquez l'infarctus au moment du réveil.
La preuve :
"Hé Ransom, tu dors ?"

"Beeeeeeuuuuuaaaaaaaaaaaaaaarrrghhh"... un mot que semble apprécier notre blondinet puisqu'il l'utilise à tout bout de champ sans raisons apparentes. Enfin j'exagère, entre deux braillements il arrive quand même à formuler quelques phrases que l'on croirait tout droit sorties d'une pièce de Shakespeare : "Enfoirés de vietcongs, je vous aurai salauds", "Ouah, y m'a fait peur ce con", "Comment on dit au revoir en Russe ? Auf wiedersein ?"....
Bon ok, le doublage français y est peut-être pour beaucoup mais on se demande quand même comment ce gars-là peut être considéré comme le meilleur élément de l'armée ricaine. Franchement ça fait peur et on comprend un peu mieux la débâcle que fût la guerre du Vietnam avec des bidasses de ce calibre. Vous ne me croyez pas ? Prenez cette scène mémorable où Ransom, assoiffé de vengeance, débarque mitraillette au poing dans le village de Jakoda et canarde comme un malade toutes les maisons vides qui se trouvent devant lui, le tout en beuglant un "Jakoooooooooooodaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!" tonitruant histoire que tout le monde l'entende bien. Un peu moins cons, les hommes du ruskov, planqués un peu plus loin, attendent que Ransom ait gentiment vidé tous ses chargeurs pour aller le cueillir comme une fleur. Si c'est pas de la débilité profonde ça, alors je ne m'y connais pas. Pourtant, cette absence d'encéphale lui permettra de résister aux multiples tortures que lui infligeront ses ennemis par la suite, prouvant sans l'ombre d'un doute que l'absence de neurones annihile totalement la douleur.

"Beeuarr.. sont cons ces ruskovs ! Je leur demande juste un cure-dent pour évacuer un poil de sconse coincé 
entre deux molaires et faut toute suite qu'ils en fassent des tonnes. 
Hé Jakoda, la taille des cure-dents c'est pour compenser celle de ta.... ?!"

"- Alors l'amerloque, t'en boirais bien de cette flotte hein ? Ben regarde ce que j'en fais ! 
T'as les boules. Hein que t'as les boules ?
- Beuh t'es con toi le gros. J'te rappelle que j'ai été élevé par des dromadaires et que de toute façon je bois plus 
parce que je suis obligé de changer de futal à chaque fois que je vais pisser."

"- Ne bougez pas pendant que je vous rase, monsieur Ransom. Il faut vous faire beau pour passer à la radio.
- Beuarr...vous me prenez pour un con ? Me raser pour passer à la radio ?
Qu'elles sont où les caméras de la radio ? Et je me suis pas déjà rasé ce matin moi ?"

Pour tenir tête à Reb Brown, Mattei a choisi le monstrueux Alex Vitale. Une véritable montagne de muscles grimaçante, un bovin élevé aux amphétamines qui ferait passer les frangins Paul pour des gringalets. Vitale, que l'on apercevra par la suite dans un nullissime Giustiziere del Bronx signé Vanio Amici, Robojox de Stuart Gordon ou Nella Terra Dei Cannibali du même Vincent Dawn, ne trouvera jamais de meilleur rôle que celui de Jakoda. Il se prend même pour le Jaws de la franchise James Bond en toute fin de métrage.

"Hé Ransom ! T'as vu la classe ? A coté de ça ce grand blaireau de Jaws c'est une lavette !"

"- Si lui il bouffait des câbles de téléphérique ou des squales, moi je peux croquer des grenades avant qu'elles pètent. Look !
- Beuuahh... t'es tout con le ruskov. Y sont pas bons ces ananas en ferraille.
  J'ai essayé d'en bouffer un une fois et j'ai perdu la moitié de ma cafetière. Beuah, ah, ah..."

 "Da, mais toi t'es une grosse buse. Tu vas voir comment font les pros.
    Gniiiiiiiiii !! Attends, attends, ça vient..... gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!"

 SCHHBAAOOUUUMMMMMM !!!!!!!!
 "Arf ! Arf ! Arf ! Qu'y sont cons ces ruskovs !"

L'excellent Christopher Connely incarne quant à lui le salopard colonel Radek tandis que Mike Monty (rappelez-vous le vieux pervers aux serpents de The Jail), en sosie quasi-parfait du colonel Trautman, prête ses traits au major Harriman, le supérieur direct et ami de Ransom. Deux belles gueules de la série B qui pète mais qui restent toutefois assez en retrait face aux deux autres bœufs lobotomisés.


Avec un tel bestiaire on ne peut attendre que quelque chose d'énorme de ce Strike Commando et on est vite comblé au delà de nos espérances. Précisons que le scénario a été écrit par le duo infernal Mattei/Fragasso, déjà responsables des scripts de Virus Cannibale et des Rats de Manhattan. On est donc en terrain connu et on sait ce qui nous attend même s'il est impossible d'affirmer si Mattei, parti filmer tout ça aux Philippines, avait décidé d'en faire des tonnes de manière volontaire ou pas tellement son long-métrage amplifie à l’extrême tous les stéréotypes et les tics des sous-Rambo. Si vous demandez à quelqu'un de vous imiter John Rambo, celui-ci vous poussera à coup sûr un "Beeuargghh" retentissant et inutile de dire que des "Beeuarrgh" en question vous allez en bouffer dans Strike Commando. Tout comme les canardages dignes de ceux des chasseurs alcoolos incarnés jadis par les Inconnus, les cartouches ne devant pas couter très chères aux Philippines. Bref, ça mitraille, ça bastonne, ça braille et ça raconte des conneries... du pur film de viandard. 
Jouant la carte de l'action non-stop, Bruno Mattei lève le pied de temps à autre, juste histoire de nous offrir quelques moments de bravoure qui resteront à jamais gravés dans votre mémoire. Comme ce fameux dialogue entre Ransom et le petit villageois vietnamien agonisant dans ses bras: (attention il n'y a aucun bidouillage dans le texte ci-dessous)

 "Ils sont venus... ils étaient tlès nombreux... leul chef était gland...il avait une étoile louge...
il s'appelait Jakoda, amélicain..."

"Dis-moi... dis-moi... dis-moi encole Disneyland..."

"Y'a des tonnes de pop-corn tu sais... y'en a plein partout sur les arbres... oui plein...
et y'a des centaines de barbe-à-papa... et y'a aussi du chocolat et des bonbons...sniff...

"Et puis y'a ce génie dans la lampe magique... il nous accorde tout ce qu'on désire... sniff..."

".... ha non....."

"JAKODAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Encore une fois on ne sait pas s'il faut jeter la pierre au doublage franchouillard ou à Reb Brown mais jamais on n'a été aussi peu attendri devant la mort d'un enfant. Pire, on se surprend à pouffer comme des crétins en écoutant les conneries déblatérrées par le bidasse.
Autre exemple: le combat entre Ransom et Jakoda avec ce fameux coup de boule dont le bruit émis par le choc des têtes vides doit encore résonner au fin fond de la pampa vietnamienne... heu pardon, philippienne.

"- Meeuuhhh... Ranssooooooommm !!!!!!
- Bleeuuaarrrghhhhh... Jakodaaaaaaaaa !!!!!"
 SCHHHHBBBOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNGGGGGGGGGGGGGG !!!!!!!!!

Bref, Strike Commando c'est du gros délire comme seul Bruno Mattei pouvait nous en fournir; un mélange de testostérone à l'état pur, d'hystérie bestiale et de connerie profonde, le tout dans des décors exploités avec maestria. 
Un film tellement bête à manger du foin qu'il en devient instantanément sublime. 
Je défie d'ailleurs quiconque de s'ennuyer en visionnant cette merveille, représentante parfaite de ce que le marché de la VHS pouvait offrir de mieux dans les années 80.

Si, alléché par tout ce que je viens de vous raconter, vous vous apprêtez à chercher sur le web une éventuelle galette numérique de ce chef d’œuvre, laissez tomber; il n'existe à ce jour aucun DVD officiel de Strike Commando.

 "WWWHHHHHHAAAAAAAATTTTTTTTTTT ???!!!!"

On est d'accord avec toi Ransom, c'est tout simplement inacceptable !
Seul moyen existant pour visionner Strike Commando: vous procurer la vieille VHS éditée à l'époque par DELTA Vidéo ou passer par youtube via le lien suivant: https://www.youtube.com/watch?v=c4q9UzZAFJg
Vous pouvez également retrouver cette vidéo au format mp4 en passant par ce lien: https://1fichier.com/?qca3bve7ap
Y'a pas à dire, elles nous manquent vraiment ces putains d'eighties. Mattei aussi d'ailleurs...

Petite maj' : Le grand humungus nous informe qu'une version uncut de Strike Commando existe sur son blog à l'adresse suivante:  http://humungus-cinebisart.blogspot.fr/2013/12/double-programme-special-nanars-de.html?zx=ca6239c1ccf41c2d
Proposant aussi bien la VF que la VO, cette version nous prouve que le doublage français suit quasiment à la lettre le texte original. Magnifique !
Un gros merci donc à Humungus !
TRAILER

Reb Brown en 1988 dans Mercenary Fighters de Riki Shelach Nissimoff.
Un petit air de Strike Commando ?