mercredi 29 avril 2015

Friday The 13th The Series Saison 3 Episode 6


"- Hé, les amis ! Ça y est j'ai retrouvé la pièce de Zozoclès et avant de la ramener j'en ai profité pour ressusciter daddy. 
   Depuis le temps qu'il croupissait dans son cercueil ça aurait été dommage de ne pas l'en sortir. 
   Vous voyez, il pète la forme ! J'ai pas bien fait ? Hein ?
 - Beuuuaarhhh... miam-miam cervoooooo.....
 - Chut p'pa, tu m'fous la honte devant mes copains. Et arrête de baver sur la moquette.


- Non mais c'est pas possible, Johnny ! Ça commence à bien faire tes conneries !
  Bordel, on t'a déjà dit cinquante fois de ne pas faire l'idiot avec les objets maudits.
- Ben quoi Jack, j'ai rien fait ...
- Rien fait ?! Rien fait ?! 
  Et le comics diabolique que tu as prêté au petit voisin ? 
  On n'a pas encore fini de rembourser les dégâts dans l'appartement de ses parents après qu'il se soit transformé en robot surpuissant.
  Et la poupée Rita que t'as filé à ta nièce et qui a tenté d'étrangler sa nounou et fait bouillir son poisson rouge ? 
  Et la pipe maléfique avec laquelle tu as déconné quand tu étais bourré l'autre soir et qui a rendu stone la moitié de ton immeuble ? 
  Quelle idée d'y fourrer des herbes de provence aussi ?
  Et la brosse à ch.....
- Okay, okay, c'est bon. J'ai compris. Je vais aller ranger la pièce dans la chambre-forte. 
  Par contre j'imagine que c'est mort pour la petite blague que j'avais prévu de faire à ma copine avec l'épouvantail ?
- Ouh pitain !!!!!!"

samedi 25 avril 2015

TORINO COMICS HORROR FEST 2015 : Rencontre avec Sergio Stivaletti


Deuxième et dernier petit tour à Turin pour parler de l'Horror Fest, le mini-festival sur le thème du cinéma fantastique qui se tenait les 17-18-19 Avril au sein même du salon Torino Comics. En association avec l'association culturelle Immaginaria Studios, cette première édition de l'Horror Fest turinoise est l'idée du photographe et metteur en scène James Garofalo qui, en collaboration avec Clay Dembech, président de la Ghostbusters Italia (voir post précédent), a permis au public de revoir bon nombre d’œuvres cultes et de rencontrer certaines personnalités pas piquées des hannetons.


Garofalo, pour le présenter, hormis être le fondateur d'Immaginaria Studios, est surtout un photographe extrêmement doué. Il a déjà sorti une bonne vingtaine de recueils de photos dont certains se présentent comme de petits romans où l'artiste met en scène toutes sortes de créatures vénéneuses aux courbes affriolantes, tout en partageant avec elles son amour pour le cinéma de genre. L'une de ses muses d'ailleurs était venue l'assister dans son initiative d'introduire un peu de frisson au cœur d'un salon habituellement réservé aux héros de papier et autres poubelles cybernétiques en provenance de Tatooine (ras-le-bol des droïdes!!!). Et pas n'importe quelle muse puisqu'il s'agissait de la sublimissima Stefania Senatore, model de 19 ans, interprète d'un des personnages créés par James Garofalo, De-Monika. Autant dire que l'ambiance était torride à chacune des apparitions de la belle qui, de son coté,  ne se faisait pas prier pour prendre la pose aux cotés des festivaliers. La preuve en est que j'ai eu du mal à stabiliser mon portable au moment de la prendre en photo; pas facile de cadrer juste avec le palpitant qui joue la samba. La preuve:


La présence de cette déesse mis à part, l'organisateur de l'Horror Fest proposait également plusieurs petits stands en relation avec l'horreur et le fantastique. Deux d'entre eux attiraient immédiatement l'attention: celui des Horror Bad Guys avec ses porte-paroles déguisés en Freddy, Jason, Chucky et compagnie et celui de Terra Di Goblin tenu par "LE" plus grand collectionneur au monde de tout ce qui touche au groupe de rock progressif Goblin, le sympathique Roberto Attanasio, un véritable passionné venu nous présenter une partie de ses trésors et qui partageait son stand avec l'artiste Cristina Accettulli de Crisiplastica, créatrice d'un magnifique buste à l'image de la poupée robotique des Frissons de l'Angoisse de Dario Argento (qu'elle avait apporté pour l'occasion).



L'Horror Fest c'était aussi la programmation de films fantastiques regroupés par thème. Après la journée du vendredi qui servait d'ouverture aux festivités avec des œuvres un peu moins connues, le samedi se voulait un spécial morts-vivants avec deux classiques du genre: Le retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon et L'Armée des Morts de Zack Snyder, suivi un peu plus tard par le premier Resident Evil signé Paul W.S Anderson.
Le dimanche était encore plus riche et sous l’appellation de "Il demone in corpo" proposait pas moins de quatre films 100% italiens dont le but n'était pas seulement de fêter le trentième anniversaire du film Démons de Lamberto Bava mais aussi de revoir les deux premiers longs-métrages réalisés par le magicien des effets spéciaux Sergio Stivaletti, invité d'honneur de cet Horror Fest.


Début des hostilités en cette journée du 19 avril à 11h00 avec la projection du magnifique Masque de Cire. Stivaletti, venu présenter sa première réalisation nous a confié toute l'estime et l'admiration qu'il portait à Lucio Fulci, le metteur en scène attitré du film qui disparu avant d'avoir pu tourner la moindre scène. Il ajouta que ce fut pour lui un véritable honneur que de devoir succéder au maestro de l'horreur et qu'il s'est investi à 100% dans cette production italo-française, essayant de proposer les effets spéciaux les plus saisissants possible. Crachant ouvertement sur l'édition DVD italienne du Masque de Cire qu'il juge exécrable, il en profite pour annoncer la future sortie du Blu-ray qui donnera enfin à cette œuvre la qualité qu'elle mérite.
A 13h00 on passe à I Tre Volti Del Terrore, une anthologie horrifique que nous avons déjà abordé sur ce blog et qui met en vedette l'excellent John Philip Law, un acteur que Stivaletti est heureux d'avoir eu comme ami. Venu après le déclin du cinéma de genre italien (et pas que de celui-ci d'ailleurs), I Tre Volti Del Terrore, bien que réalisé pour la télévision, permet au bon Sergio d'offrir un rôle a ses deux copains Claudio Simonetti et Lamberto Bava et de concocter deux sublimes créatures: un loup-garou lorgnant ostensiblement sur ceux du Hurlements de Joe Dante et un monstre marin que le réalisateur veut comme étant un hommage aux créations du grand Ray Harryhausen.


15h00: c'est l'heure du cultissime Démons. Le "mage des effets spéciaux" (comme il est surnommé en Italie) nous parle de la flopée de maquillages et de prothèses qu'il a dû réaliser pour cette œuvre, des dizaines de paires de gants qu'il a passé des journées à enfiler sur les différents acteurs, des combines qu'il a employées pour créer les fameux yeux phosphorescents des créatures, du cinéma abandonné qu'on leur avait autorisé à entièrement ravager à lui et à toute l'équipe du film et du fait qu'il préfère le travail qu'il a effectué sur Démons 2 dont les effets sont selon lui un peu plus élaborés. En parlant de ce deuxième opus il rappelle à tous l'amour tout particulier qu'il porte à sa création fétiche: l'espèce de petit démon griffu surnommé Menelik que certains comparèrent à l'époque à un Gremlins. Il aurait bien aimé l'amener avec lui mais la pauvre bestiole, trente ans après, n'est pas au meilleur de sa forme.

Pour ma part je n'avais jamais vu le premier volet de ce diptyque délirant sur grand écran, à la différence du second que j'avais été mater dans un petit cinéma aujourd'hui disparu de ma bourgade natale. A l'époque, âgé de 13 ans, les effets spéciaux du film m'avaient refilé quantité de cauchemars et occasionnés quelques bonnes frayeurs nocturnes; il faut dire aussi que c'était mon premier film de "contaminés" et que le sujet m'avait pas mal impressionné. 30 ans plus tard, la boucle est bouclée, je me serai finalement tapé les deux Démons sur grand écran et c'est toujours un vrai panard que de voir et revoir les aventures de ces saloperies baveuses aux griffes acérées.


A l'issue, Stivaletti, installé sur le stand de La Quinta Colonna (V) s'est octroyé quelques minutes pour refaire le portrait à Stefania Senatore avant de retourner en salle de projection pour une conférence en son honneur. Étant censé durer approximativement une demi-heure, l'interview du bonhomme dépassera largement les 60 minutes, forçant James Garofalo à annuler la projection de Démons 2. Mais peu importe, écouter le réalisateur/maquilleur italien nous parler de sa carrière et de ce qu'est devenu aujourd'hui l'artisanat des effets spéciaux méritait bien ce petit sacrifice. Une fois lancé, impossible de l’arrêter le Sergio: de l'époque où, gamin, il a découvert ce qui allait devenir son art à travers des œuvres comme 2001 L'Odyssée de l'Espace à son rôle de professeur dans sa fameuse école d'effets spéciaux à Rome, Stivaletti s'est avéré une mine d'informations inestimable pour qui s’intéresse un tant soit peu à l'envers du décor de toutes ces bisseries spaghettis que nous chérissons tant. Il nous a même annoncé le titre de son futur projet cinématographique : Demoni vs zombi. Après qu'un membre du public lui ait demandé s'il était satisfait de sa carrière, Stivaletti répondra que non, que son perfectionnisme lui donne envie de refaire tous les trucages qu'il a réalisé et qu'il espère bien être en mesure de continuer à progresser dans son art et à émerveiller toujours plus les spectateurs.

Le site italien Cinefilos avait envoyé pour l'occasion une partie de son équipe afin d'interviewer le réalisateur et je n'ai pas résisté à l'envie de traduire ici une partie de cet entretien qui vous donnera un échantillon de certains points abordés durant la conférence.
Vous pourrez retrouver cette interview (pour ceux qui comprennent la langue) à l'adresse suivante : http://www.cinefilos.it/tutto-film/interviste



"Cinefilos: Sergio, nous étions en 1985 quand est sorti dans les salles italiennes Démons de Lamberto Bava. Quels souvenirs as-tu de cette période ? Peux-tu nous raconter quelques anecdotes de tournage et surtout quel lien as-tu avec le film ?

Sergio Stivaletti: J'avoue que Démons est le premier film auquel j'ai "officiellement" pris part: c'était ma "thèse de fin d'études" après le premier banc d'essai sur Phenomena de Dario Argento. Dans le film de Bava il fallait réaliser une transformation complexe en animatronique, et c'est pour cette raison que je sentais sur moi un sentiment d'"attente", d'espoir qui reposait entre mes mains, parce que j'étais un jeune qui se lançait pour la première fois dans le monde des effets spéciaux et Bava tout comme Argento avaient une grande confiance dans mon travail et l'espoir qu'en Italie aussi il était possible de réaliser une séquence comme celle tournée par John Landis dans Le Loup-Garou de Londres, sorti dans les salles en 1981, qui avait révolutionné l'histoire des effets spéciaux en introduisant pour la première fois une métamorphose en créature monstrueuse étape par étape, cadrage après cadrage. Des réalisateurs qui, en Italie, avaient osé utiliser des effets spéciaux dans leurs films il y en avait déjà eu quelques uns (Lucio Fulci par exemple) mais ici pour la première fois nous voulions expérimenter davantage, oser faire ce que personne n'avait jamais tenté, réaliser la réponse italienne à Landis.

Ton travail sur les effets spéciaux est un exemple classique d'un artisanat qui vit des maquillages, des prothèses et de la sculpture. Comment leur rôle a changé aujourd'hui, dominé par l'infographie et les merveilles numériques ?

Tout d'abord je tiens à préciser que je n'ai jamais été un défenseur acharné de l'usage du maquillage dans les effets spéciaux. J'ai commencé à "faire du cinéma" dans les années 70, l'époque de Star Wars et des incroyables effets spéciaux infographiques élaborés par Lucas, destinés à réaliser ce qui jusqu'à présent semblait impensable. Par conséquent, mes premières approches avec ce monde ont impliqué les effets optiques, puis intégrés l'utilisation du maquillage avec une attention toute particulière de ma part au rendu réel dans le film.

Eh bien, en fait, tu as été un pionnier des effets spéciaux en Italie ?

Je dirais que oui, vu que j'ai tout de suite expérimenté les différentes utilisations que l'on peut faire des effets spéciaux. Je les ai déclinées dans toutes leurs variantes, en me servant de matériaux différents entre eux dans chacun des films, dans ceux d'Argento comme dans le mien, Le masque de Cire.

Et aujourd'hui ? Comment vois-tu l'avenir de ton art ?

Selon moi, aujourd'hui la meilleure façon est d'appliquer l'infographie et les effets numériques en général à la physique pour simuler et imiter la réalité qui nous entoure, en y intégrant les prodiges des nouveaux logiciels. L'objectif serait d'être en mesure de tromper le spectateur, comme une sorte de tour de passe-passe, les effets devant le distraire et capturer son regard avant de le pousser à l'étonnement et à la surprise. Personnellement je suis favorable à l'utilisation du numérique mais en l'intégrant à autre chose; l'utiliser seulement par facilité est une erreur et réduit son potentiel. Mais il faut au contraire l'utiliser en même temps que d'autres effets combinés avec l'artisanat ou des mouvements de caméra bien particuliers, permettre de renforcer l'aspect final, rendre plus "rationnel" le travail de post-production en réduisant les couts grâce à quelques astuces qui sont l'apanage des experts du métier. Malheureusement, aujourd'hui, trop souvent ces astuces tombent dans l'oubli et la tradition disparait petit à petit, alors qu'il faudrait au contraire la préserver.

Cette année à l'occasion du Torino Comics et à l'intérieur de cette première édition de l'Horror Fest ont été mis en place des stands où tu tiens des cours pratiques sur les effets spéciaux; une initiative aussi étroitement liée à ton école, la Fantastic Forge School à Rome, où tu tiens des cours et par conséquent, entre constamment en contact avec la nouvelle génération, tes héritiers dans ce domaine. Que recherchent ces jeunes qui se préparent à marcher sur tes pas ?

Concernant les stands installés au Torino Comics, je n'ai malheureusement pas pu apporter avec moi tous mes instruments de travail. A cause du temps imparti (3 jours) je n'ai pas pu approfondir certains aspects que j'ai tendance à analyser dans le cadre de l'école, mais j'ai cependant cherché à condenser ma philosophie: celle de ne pas enseigner les techniques standards préemballées à mes étudiants, m'inspirant plutôt de l'enseignement des grands maitres américains comme Dick Smith, Rambaldi, Baker, Winston, Greg Cannom et d'autres. Je préfère expliquer l'utilisation des matériaux les plus utiles et des résultats qu'ils donnent, pousser ces jeunes à imiter librement la technique qu'ils préfèrent, y compris la mienne basée sur mon expérience et sur les tournages, en se laissant influencer par la réalité elle-même qui fournit toujours des idées très intéressantes. Je ne cherche pas à imposer aux élèves de l'école quelque chose de particulier, juste de leur fournir les outils puis de laisser parler librement leur créativité. Mon école, plutôt que de suivre la méthode traditionnelle d'une académie, suit plutôt la structure et l'organisation d'une boutique où l'artisan n'enseigne le métier qu'à ceux qui veulent l'apprendre sérieusement. Dans ce contexte, certaines caractéristiques spécifiques importantes: les compétences personnelles qui exploitent l'intelligence, la créativité, la curiosité (l'une des plus importantes) et l'amour pour la science. Ça semble incroyable mais le talent artistique seul ne suffit pas quand on regarde des effets spéciaux, il faut connaitre la zoologie et l'anatomie afin de comprendre les mécanismes de la peur, du dégout, de la crainte et de l’émerveillement que le produit final suscite aux spectateurs.... et à cet égard, il me vient à l'esprit un travail réalisé par Carlo Rambaldi et Hans Ruedi Giger dans la création de l'Alien: pour susciter la répulsion du public, ils se sont inspirés de la structure des insectes, en particulier des cafards. Ce qui démontre combien la nature est pleine d'exemples utiles et à partir desquels on s'inspire. A travers les techniques numériques/prothétiques/animatroniques on peut étudier ces mécanismes pour pouvoir ensuite les utiliser. Et toujours à ce sujet il me revient à l'esprit Rambaldi, que j'ai eu la chance de rencontrer, quand il dû planifier E.T; il disait qu'il avait été inspiré par la structure de la tête d'un bébé chat, avec ses grands yeux qui inspiraient de la tendresse.
Une autre science qui peut s'avérer utile pour qui s'occupe des effets spéciaux est la physionomie, même si elle est désormais discréditée, qui sert à mieux connaitre les caractères humains et à les reproduire.
Ce que j'espère trouver dans le futur c'est la possibilité d'obtenir de nouvelles satisfactions à travers l'école italienne des effets spéciaux, en améliorant la qualité de travail à travers une plus grande tranquillité, des délais moins serrés et des budgets moins limités pour pouvoir faire ressortir au mieux la créativité de chaque artiste.
J'espère ne pas exagérer en disant que mon modèle est Leonard De Vinci, un artiste/artisan à 360° capable d'explorer l'art à travers la science, comme je cherche moi aussi à le faire sur les plateaux comme dans mes cours."


Un gros merci donc à Cinefilos pour avoir mis en ligne cette interview du maitre.
A la fin de la conférence (18h00 passé), l'ultime journée du Torino Comics touchait à sa fin et les allées surpeuplées encore une heure auparavant se vidaient petit à petit. Pour terminer ce week-end en beauté Sergio Stivaletti m'a accordé quelques minutes. J'hésitais à lui demander un autographe sur la jaquette de mon édition franchouillarde du Masque de Cire vu ce qu'il avait balancé sur la galette italienne mais il n'a pas hésité à me la dédicacer, m'assurant que notre DVD était de bien meilleur qualité que celui paru dans son pays. Même s'il ne vaudra jamais la future édition Blu-ray qui selon lui s'avèrera être des plus complète et d'une qualité inégalée. Une autre petite dédicace sur ma jaquette de I Tre Volti del Terrore, quelques mots de ma part sur le fait que malgré qu'il ait été descendu en flammes par certains critiques bien pensants je trouvais son film vraiment excellent (et ce n'est pas du cirage de pompe), une ch'tite photo en sa compagnie prise par le sieur Garofalo (impossible qu'elle soit ratée donc) et le maestro, homme d'une gentillesse exemplaire, s'en est allé aux cotés de son hôte.
En attendant donc une prochaine édition de cet Horror Fest made in Torino qui, espérons-le, soit aussi bonne que celle-ci.

Quelques liens pour les curieux désireux d'en savoir un peu plus sur tout le petit monde dont je vous ai parlé dans cet article:

Roberto Attanasio et son site Terra Di Goblin :
http://www.terradigoblin.it/


Crisiplastica, la petite entreprise de Miss Accettulli :
http://crisiplastica.com/


Le site de James Garofalo :
http://www.immaginaria.eu/jamesgarofalo/

On termine avec une interview de Sergio Stivaletti réalisée juste avant la projection de Démons au Torino Comics Horror Fest 2015 et une photo un peu moins floue de Stefania Senatore.

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mercredi 22 avril 2015

TORINO COMICS 2015


Alors qu'en France nous ne sommes pas foutus de conserver un festival dédié à la culture comics plus de 4 ou 5 ans (l'absence totale d'infos à l'heure actuelle sur le Paris Comics Expo 2015 n'augurant rien de bon), nos voisins transalpins, eux, disposent non seulement d'une quantité phénoménale d'événements de ce genre dans leur beau pays, mais parviennent également à les faire perdurer. Il n'y a qu'à voir le Torino Comics qui affichait cette année une vingt-et-unième édition absolument démente et qui a permis à plus de 39000 visiteurs (un record) de s'en mettre plein les mirettes. Offrant chaque année un espace toujours plus grand, le salon s'étalait, ces 17, 18 et 19 Avril dernier, sur plus de 17000 m2, plus un pavillon entier spécialement dédié aux cosplayers. Ayant visiblement retenu la leçon des éditions précédentes où le manque de place dans certaines salles entrainait quelques soucis liés à la sécurité, les organisateurs, cette fois, n'ont pas lésiné sur les moyens: les exposants disposaient de stands assez conséquents, les allées permettaient pratiquement de circuler en voiture et les points de restauration et d'hydratation, indispensables après avoir parcouru huit ou dix fois tous les recoins de l'espace Lingotto, ont été multipliés par trois.


Pour donner à son salon l'image d'une petite ville, le directeur artistique Vittorio Pavesio l'a divisé en plusieurs quartiers: le Comics Shopping Center destiné à vous vider le portefeuille, le Japangate pour tous les amoureux de manga, le Turinwood réservé à la science-fiction, le Dragons's Lair (fantasy), le Dark Side (horreur et mystère), etc...
Venant pour la cinquième fois, autant dire que je n'ai pas été déçu du voyage; surtout que cette année se tenait au sein même du festival le tout premier Horror Fest de Turin avec comme invité le réalisateur/spécialiste des effets spéciaux Sergio Stivaletti. Mais je garde ça pour un prochain post.


Les artistes et auteurs de cette cuvée 2015 ont fait le bonheur des lecteurs italiens avec la présence en invité d'honneur de Leo Ortolani, créateur du fumetto RATMAN (parodie italienne des super-héros US), des dessinateurs Luigi Piccatto, Pasquale Ruju, Sergio Giardo, Gigi Simeoni (tous quatre œuvrant sur les séries-phares de la Bonnelli: Dylan Dog, Martin Mystere et Nathan Never), Marco Natale, l'excellent Paolo Eleuteri Serpieri, Danielle Statella, etc.... Les aficionados pur et dur de comics ne regretteront que l'absence des superstars italiennes travaillant pour Marvel et DC comme Gabrielle Dell'Otto, Simone Bianchi ou Sara Pichelli, invités réguliers des précédentes éditions. Pas grave, pour ma part je me suis vengé sur les fumetti bradés par la quantité astronomique de vendeurs, m'abstenant quand même de me ruer sur les figurines, bustes et autres produits dérivés qui m'auraient mis sur la paille en moins de deux. Petit bémol toutefois concernant l'absence de plusieurs maisons d'éditions habituellement présentes et qui, inexplicablement, ne sont pas venues proposer leur matos. Dommage..


Au cœur des différents "quartiers" du salon, on tombait immanquablement sur  les associations de fans: le Doctor Who Italian Fanclub, la Ghostbusters Italia qui proposait toutes sortes d'activités sympathiques (parait même que ces derniers retenaient dans un piège à fantômes le toxicryptkeeper Rigs Mordo, un dangereux blogueur qui ne cesse de les harceler pour obtenir un pack à protons), la Umbrella Italian Division et leurs mises en scènes pétaradantes (basées sur la franchise Resident Evil) où zombies et bidasses s'écharpent dans la joie et la bonne humeur, la Quinta Colonna et les envahisseurs reptiliens de V, sans oublier toute une tripotée de fans-clubs de Star Wars qui semblaient à eux seuls monopoliser un tiers du pavillon. C'est simple, impossible de se balader tranquillement sans croiser des jedis en herbe en train de se fritter à coups de sabres-lasers ou des droïdes en quête de quelques godets d'huile de vidange. Une poignée de Cylons essayaient bien de voler la vedette à ces boites de conserves, mais sans grand succès; les saligauds faisaient les beaux, profitant de la sortie en fin d'année de leurs prochaines aventures sur grand écran. Mais aucun d'entre eux n'arrivera jamais à nous subjuguer comme le font années après années les centaines de cosplayers (plus de 250 recensés), passionnés de mangas, de BD, de ciné, venus cette fois encore présenter leurs plus belles créations et participer au traditionnel concours organisé durant toute la journée du dimanche (Premier prix: un voyage au Japon quand même !).
Une petite galerie s'impose.

 

Il y aurait tant de choses à dire sur ce salon mais il faut bien reconnaitre que mon attention a été tout particulièrement accaparée par l'Horror Fest et que je n'ai pas profité "à fond" de tout ce que pouvait offrir le "Lingotto Fiere" de Turin. Mais si vous avez un jour ou l'autre l'occasion d'aller y faire un petit tour, ne vous en privez pas; l'ambiance y est totalement différente des salons français. Dans le prochain post je m'étalerai plus longuement sur la présence de Sergio Stivaletti, venu tout spécialement pour le 30ème anniversaire du Démons de Lamberto Bava et sur tous les films projetés durant ce week-end. En attendant je vais aller ranger toutes les saloperies que j'ai achetées là-bas.

vendredi 17 avril 2015

Friday The 13th The Series Saison 3 Episode 5


"- Alors belle blonde, heureuse ?
 Ne t'avais-je pas promis une nuit endiablée ?
 Même avec tout ce que je me suis envoyé hier soir en boite je peux te dire que j'ai assuré grave.
 Adam la foreuse infernale qu'ils me surnomment les copains.
- Oui mon biquet, c'était formidable."


(Ah le con. Tu parles, cet abruti était tellement bourré quand on est rentré qu'il a essayé de s'enfiler mon poisson rouge. Puis il a gerbé dans le bocal et s'est effondré sur mon lit après avoir pissé sur les draps. Mais bon, je peux quand même pas lui dire ça, ça le vexerait. Déjà qu'il est à moitié sourd comme un pot malgré le vieux sonotone pourri qu'il se trimballe. Bordel, moi aussi faut que j'arrête la picole en boite, je ramène toujours des gros losers à la baraque).



(Hmmmm... finalement ce sonotone acheté chez ce vieux gripsou de Lewis et qui permet de lire dans les pensées a quand même quelques petits inconvénients.)

Si vous voulez vous aussi savoir ce qui se passe dans la tête de votre copine, alors jetez-vous sur ce nouvel objet maléfique. Attention il est indispensable de faire le plein de Dolipranes avant toute utilisation.

vendredi 10 avril 2015

LE FÜRHER EN FOLIE (1973)


Si l'on parle beaucoup de ce fameux match de football improvisé par les troupes françaises et allemandes le 24 décembre 1914 en plein milieu des tranchées, il n'en est pas de même pour une autre rencontre sportive survenue durant la seconde guerre mondiale et qui aurait parait-il mis un terme au conflit. Comment ça c'est des conneries ? Et le film réalisé par Philippe Clair en 1973 nous relatant cet évènement capital et intitulé Le Führer en Folie, c'est des conneries ça aussi ? Oui ? Ah bon ?!
Afin de vérifier cela, faisons un bond dans le temps jusqu'en 1944-1945, au moment précis où Adolf Hitler décide de jouer l'issue de la guerre sur un match de foot opposant l'Allemagne à la France. Partagés entre un commandant pétochard et les attaques germaniques, les troupes françaises s'entrainent comme elles le peuvent. Mais leur efforts sont régulièrement parasités par les soldats Johnny, Harry et Toto, trois demeurés particulièrement feignasses sur les bords qui n'en ont strictement rien à carrer de ce qui se passe autour d'eux. Désireux de se débarrasser de ces abrutis le plus rapidement possible, leur supérieur décide de les envoyer en mission top-secret dans le camp ennemi afin de capturer le führer en personne. Vêtus de leur plus beau pyjama (bleu, blanc et rouge) le trio de crétins est parachuté en Allemagne et est rapidement fait prisonnier par le méchant moustachu qui les prend pour des stars du ballon rond. Le dictateur décide dés lors de les enrôler dans son équipe, espérant avoir mis la main sur un atout considérable qui lui permettrait de remporter les doigts dans le nez la rencontre à venir.


Si je vous parle aujourd'hui du Führer en Folie, c'est à cause d'Anacho qui nous a ressorti du fond de son disque dur ce monument de la comédie franchouillarde pouêt-pouêt et qui m'a rappelé l'existence de ce film propre à laver le cerveau de n'importe quel soldat ennemi du moment qu'on le lui repasse en boucle pendant une période déterminée (logiquement au bout de deux fois la victime est prête à obéir à vos moindres caprices. A la troisième fois son cerveau risque de se liquéfier, donc prudence...). Pour ceux qui n'ont jamais visionné ce truc, prenez garde, vous avez là une véritable arme de destruction massive, à même de lobotomiser à distance n'importe quel spectateur normalement constitué. Philippe Clair, de son vrai nom Prosper Bensoussan, est le spécialiste de la comédie populaire à la sauce pied-noir, de l'humour la plupart du temps assez consternant et des gags qui nous font marrer seulement parce qu'ils sont... pitoyables. Du bon gros nanar bien de chez nous en quelque sorte, dont les acteurs (quand ils le sont... acteurs) sont en roue-libre en permanence et cabotinent à qui mieux-mieux, nous prouvant sans l'ombre d'un doute que si le ridicule ne tue pas il peut s'avérer consternant jusqu'au point de nous faire rire. Un peu à l'image d'une émission de téléréalité sur laquelle vous êtes tombés par hasard (m'ouais, c'est ce qu'on dit) et que vous ne pouvez pas vous empêchez de regarder, hypnotisés par tant de médiocrité intellectuelle et de dialogues dignes de ceux d'un trépané consanguin ayant quadruplé son CP. On sait que c'est immonde et que notre matière grise est mise à rude épreuve, mais on ne peut décrocher son regard des images qui défilent devant nos yeux ébahis. Pire encore, on se surprend à sourire devant ce genre de machin totalement dénué de sens. Mais bon j'exagère, Le Führer en Folie est quand même nettement moins nocif que les aventures télévisées de Débila et consorts, et ce même s'il est à consommer avec une extrême modération.

"- Zig Aïe ! Nous zommes les noufelles recrues de zette emizion merdik de téléréalité.
  Afec nous les taux d'audienze font explozer.
- Hé pétain dé con. Qu'est-ce tu racontes Heidi ? Dégage dé notre loft. 
  Ici c'est Les Marseillais à Nuremberg, pas les Teutons à Petaouchnok.
- Arh ! Fuzillons ze petit con ! Schnell !
- Oh peuchère !"

Après avoir donné l'occasion aux Charlots de jouer dans leur tout premier film (La Grande Java en 1970), transformé Francis Blanche en Al Capone.. heu, pardon.. en Al Cartone dans La Grande Maffia en 1971 (avec aussi Aldo Maccione) et promu Sim et Dufilho au grade de commissaires de la Brigade Financière (les agents Richard et Gropèze... no comment) dans La Brigade en Folie (1972), notre copain Prosper nous balance un an plus tard les aventures d'un Hitler déjanté et accro au foot. Comme si le nabot nazi en question n'avait pas la cervelle assez ravagée, le voilà qu'il se prend pour Ribery maintenant. Son interprète, Henry Tisot semble d'ailleurs totalement investi par le rôle qui lui a été confié. Complètement hystérique, ne parlant jamais sans brailler comme un goret, gesticulant tel un De Funés en plein trip, il monopolise l'image à chacune de ses apparitions et représente la seule vraie raison de visionner le film. En parlant de Louis de Funés, il est bon de savoir que c'est cet acteur qui avait été choisi à l'origine pour interpréter Hitler. Tout juste sorti des Aventures de Rabbi Jacob, il avait lui-même accepté le rôle mais selon Philippe Clair, les américains, coproducteurs du film, préféraient que le succès de l’œuvre revienne exclusivement au réalisateur et non pas à une superstar de la comédie qui n'avait déjà plus rien à prouver. Avec Tisot, il faut bien admettre que l'on ne perd pas au change; jamais le personnage du Führer n'a été ridiculisé de la sorte. Le pire c'est qu'on s'attache très vite à ce petit peintre autrichien survolté, guettant le moment où celui-ci reviendra nous gueuler dans les tympans où fusiller deux trois pèlerins.
Le comble pour un personnage historique aussi méprisable que l'était Adolf Hitler.


Comme Philippe Clair semble laisser carte blanche à ses acteurs, le père Tisot s'en donne donc à cœur joie et parvient même à nous faire rire à plusieurs occasions comme lors de cette succulente scène où, à bord d'une barque, il rame maladroitement sous les hurlements de colère de sa compagne et lui balance un "Ne m'énerve pas ma chérie où je te fous un coup de rame à travers la gueule". On le comprend le pauvre, sa fiancée (Eva Braun pour les incultes) a les traits d'Alice Sapritch et a plutôt tendance à porter la culotte dans le couple.

"- Arf ! Chai enkore des poils coinzés entre les dents ! Heuarff !
 - Ha, za zuffit ! Fous commenzez à me brouter afec vos dégueulazeries. 
Razez-moi zette moustache de facho et arrêtez de nous les brizer.
- Ya, ma choucroute en zucre."

Le Führer est entièrement soumis à la vieille harpie qui passe son temps à le rabaisser et à tortiller du croupion devant les soldats qui composent l'entourage de son fiancé. Soldats qui finissent au peloton d’exécution dés qu'ils ont le malheur de sourire à celle que l'on surnomme la Fuhrine; tonton Adolf ne supportant pas que l'on marche sur ses plates-bandes, même si lui semble avoir un léger faible pour les beaux aryens (d'ailleurs ne confondez jamais les appellations bel aryen et bon aryen, l’intéressé pourrait ne pas apprécier).


Dans l'équipe adverse on trouve les Zazous (comme ils sont crédités au générique): Toto, Harry et Johnny; respectivement Patrick Topaloff, Luis Rego et Maurice Risch. Tous trois également en total free-lance, se disputant la palme du plus gros crétin et avec un texte à assimiler tenant à vue d’œil sur un ticket de métro. La seule chose qu'on leur demande : faire un maximum de grimaces en un minimum de temps. C'est à se demander d'ailleurs si Topaloff ne cherche pas à supplanter Jerry Lewis dans l'emploi abusif de la contorsion faciale.


C'est pas des faciès qui respirent l'intelligence tout ça ?
Parachutés en pyjamas à travers les lignes allemandes, ces demeurés à la coupe de cheveux typiquement 70's (grosse touffe ébouriffée sur le caillou) ne comprennent nullement qu'on les a pris pour des pigeons et ne pensent qu'à une chose: kidnapper Hitler et foncer avec lui aux Etats-Unis afin de jouer du jazz. Vous pigez que dalle ? C'est normal. Sauf que le Adolf, lui, tout ce qui l’intéresse c'est gagner son match de foot, et ce à n'importe quel prix. Malheureusement, prendre trois neuneus dans son équipe ne sera assurément pas une bonne idée. Après plus d'une heure de bordel désorganisé où les comédiens font à peu près tout et n'importe quoi en guignoleries pour passer le temps, vient enfin la rencontre tant attendue entre la France et l'Allemagne; prétexte utilisé par le réalisateur pour nous infliger encore plus de gags affligeants de nullité.


Les footballeurs se croient dés lors dans Shaolin Soccer, sautent dans tous les sens, martèlent le ballon qui semble lui-même doué de vie propre et catapultent dans les airs les autres joueurs à grand renfort de coups de pieds au cul. Du grand naportnawak encouragé par un Philippe Clair qui n'hésite pas à abuser des effets en accéléré ou à repasser la pellicule à l'envers quand le besoin (son besoin) se fait sentir. Hitler, également sur le terrain, pète du coup ses derniers plombs, fusille le restant de son équipe et s'en va terminer le match en solo.
Après cet ultime exploit sportif, inutile de dire que notre santé mentale est sur le fil du rasoir et qu'il est grand temps de mettre un terme à ce chef d’œuvre du septième art qui nous a asséné pendant presque 1h20 une quantité astronomique de conneries toutes moins drôles les unes que les autres et dont vous  pouvez apprécier ci-dessous un bref échantillon (la liste est beaucoup trop longue pour les énumérer une par une).

Leçon numéro 1 : si vous vous retrouvez au peloton d’exécution, une seule solution : louchez comme des cons ! 
Logiquement, ce genre de pratique devrait contaminer vos bourreaux et les forcer à s'entretuer.

Leçon numéro 2 : ne jamais se lancer dans un duel de chars d'assaut. 
Les résultats pourraient s'avérer catastrophiques (surtout pour vos yeux).
"- Allons, ma petite sauzize de Francfort, zoyez raizonnable.
 - Nein, che fous afais dit de ne pas oublier de zortir Keiser !
 - Mais ze chien est con comme un manche, mon strudel d'amour, il chie partout !
 - M'en fous, feignaze ! Préparez-fous, che fais fous explozer !"

Pouf !

"- Mais qui vous a dit de tirer, ezpèce d'abruti !
- Mais enfin, ma flamenkuch....
- Rekardez un peu l'état de nos chars. On dirait fous au plumard ! Allez zortez !"

"Arh ! Ch'arrive mon trézor ! "

"Aaaah ! Bougre d'arschloch ! Un peu de tenue, bordel de scheisse !!!!"

Comme d'habitude, Philippe Clair s'entoure d'une flopée de guest-stars qui viennent cachetonner sans la moindre honte: Michel Galabru qui, pour compenser le fait qu'il est incapable de maitriser l'accent allemand, gesticule comme notre ex-président de la république, Venantino Venantini dans le rôle d'un émissaire de Mussolini dont on se demande encore à quoi il sert, Pierre Doris en colonel français et le sieur Bensoussan lui-même sous la soutane du curé de Baden l'Oued. Du beau monde indiscutablement atteint d'une épidémie d'hystérie collective.

"- Ah la putain de sa mère, mais c'est tonton Jack !
Putain ça me fait plaisir de te voir mon ami de tonton Jack, j'ai tout plein de films à te refiler !
- Heu... ah, c'est gentil Philippe, mais là je sais pas trop si je vais avoir le temps....
- Mais si, mais si, mon copain de tonton Jack. Tu vas voir on va se fendre la gueule. 
Allez viens, j'te paie un canon. Ah putain ça me fait vraiment plaisir tonton Jack !"

Pour les mélomanes ou les accros de bande originales en tous genres, sachez que la magnifique chanson d'introduction du film est interprétée par Patrick Topaloff et mérite une place de choix dans la discothèque de votre belle-mère si vous désirez envoyer celle-ci ad patres le plus rapidement possible. Allez mémère, chante avec moi:
"Je t'envoie le ballon et tu reçois le ballon.
Tu m'envoies le ballon et je garde le ballon. Hum ballon... Hum ballon... Hum ballon !
Mais dans la vie on court toujours après le même ballon... ballon... ballon !
Ballon, c'est rond ! La terre c'est rond ! L'argent c'est rond ! C'est rond c'est rond comme le ballon !
Oui, faut pas trop shooter dedans car ça peut faire un jour une explosion !
Ballon ! Ballon ! Ballooooooonnnn !"
Alors ça déchire pas un truc pareil ? Non ? Ah bordel, vous y connaissez rien à la musique....

"- Il était une fois ein paufre pétit peintre autrichien qui n'afait pas dé chanze.
Quand il était petit, tous les gens ne faizaient rien qu'à l’embêter et ne foulaient pas acheter zes toiles.
Alors lé petit peintre il ze dit qu'il allait défenir le maitre du monde et qu'il allait faire fuziller
tous zes cros cons prétenzieux qui disaient qu'il afait ein pétit zizi.. Et puis....
- Bon, chais pas vous les mecs, mais moi son histoire elle me donne plus envie de me faire sauter la cafetière que de dormir.
Allez habillez-vous, on file boire des bols chez Greta !"

En résumé la question n'est pas de savoir si Le Führer en Folie va vous faire rire ou pas, non c'est plutôt de vous demander pourquoi vous riez connement devant un truc aussi navrant. Ici, on ne s’esclaffe pas devant la qualité de l'humour, on s’esclaffe devant sa nullité absolue. Comment un long-métrage aussi chaotique, interprété par des fous furieux livrés à eux-mêmes et dépourvu de toute mise en scène a-t-il pu trouver son public dans les salles de cinéma en 1973 ? Mystère. Comme quoi le temps a sacrément modifié la personnalité et le gout des spectateurs, pas forcément en mieux quand on voit la qualité de pas mal de comédies françaises actuelles. Avant c'était peut-être nul, mais au moins on se marrait. Le plus triste (ou le plus rassurant) c'est que nous n'avons jamais eu droit à ce fameux "Le Führer cow-boy" annoncé en toute fin du Führer en folie. Dommage, je suis sûr que Tisot avait encore quelques cartouches à griller.

"- Arh, che les ai bien eu tous zes crétins ! Dire qu'ils croient touz que che me zuis suizidé dans mon bounker
 alors qu'en fait ch'ai chanché dé sexe et que che zuis danzeuze à Guanajuato. Ah, ah, ah !
- Oh, fermé-la chiquita et bouye ton coupione !
- Ya ! Ya !"

Si vous n'avez pas peur de détruire quelques neurones qui vous seraient inutiles, n'hésitez pas à vous rendre sur le lien gracieusement offert par l'ami Anacho (un VHS RIP de qualité plus que correcte). Surtout que vous ne trouverez nulle part un DVD du Führer en Folie, il paraitrait que toute tentative de transférer ce film maudit sur une galette numérique se soit soldée par une liquéfaction immédiate du support. A croire que ce dernier préférait se suicider plutôt que de contenir le chef d’œuvre ultime de Philippe Clair.

VHS RIP by Anacho (merci à lui):
http://www.multiup.org/fr/zieg aïe!

 Ballon ! Ballon ! BALLLOOOOOOOOOOOOOOOONNNN !!!!!!!!!!!!!


Et en bonus: le face à face Adolf/Débila.