mercredi 21 janvier 2015

MIKEY (1992) & THE PAPERBOY (1994)

Après les aventures de la rouquine Jody le mois dernier, on retourne faire un tour au pays joyeux des enfants hargneux avec deux petits films oubliés qui risquent de faire grimper en flèche les ventes de préservatifs.


Mikey est un gamin de neuf ans qui ne cesse de passer de familles adoptives en familles adoptives. Il faut dire que le pauvre bambin n'a pas de chance puisqu' il tombe sans cesse sur des parents qui espèrent lui inculquer un minimum de savoir-vivre. Comme il ne supporte aucune contrariété, le sale mioche est alors contraint de les envoyer ad patres et de retourner trainer ses guêtres dans des foyers dans l'attente que de nouveaux pigeons suicidaires veuillent bien le prendre en charge.
Après ses derniers exploits, Mikey, se faisant une nouvelle fois passer pour une victime des circonstances, est adopté par Neil et Rachel Trenton qui voient cette opportunité comme une véritable bénédiction.
Mais très vite le gamin fait preuve de comportements étranges: il semble se passionner pour tout ce qui a attrait à la mort, harcèle sa voisine dont il est tombé amoureux et tue froidement le chat de cette dernière.
Ses parents adoptifs, aveuglés par l'amour qu'ils portent à leur fils et malgré les avertissements d'une amie institutrice, ne réalisent pas que Mikey met méthodiquement au point un plan machiavélique visant à se débarrasser d'eux.

                                               "- Tu as vu ma chérie comme notre Mikey semble tout de suite avoir
                                                   trouvé ses marques dans notre doux foyer ?
                                                - Oui mon loulou. 
                                                   Il a immédiatement su où se trouvaient les couteaux pour dépecer le chat du voisin. 
                                                  Comme il est chou...."

A la différence de Jody qui cherchait à s'attirer à tout prix l'amour de ses parents adoptifs, Mikey lui n'entend profiter de ces derniers que pour mener une petite vie tranquille sans avoir à subir la moindre contrariété. Mais si qui que ce soit se permet de lui faire une remontrance ou interfère avec certains de ses projets, il n'hésite pas à trancher dans le vif sans faire la moindre distinction entre ses victimes. Maman le punit, Mikey balance un sèche-cheveux dans son bain; sa maitresse lui cherche des noises, il lui explose la cafetière au lance-pierres. Car il faut préciser que l'enfant semble posséder un Q.I très élevé et qu'il est passé maitre dans la maitrise des armes de toutes catégories, dans la mise au point de stratagèmes en toutes sortes et dans l'art et la manière de tordre le cou aux animaux domestiques.

                                 "- Dis donc mon roudoudou, tu saurais pas qui a fracassé la tête du chat de Mme Scmurtzbluck ?
                                  - Ah non m'man, je sais pas du tout.
                                  - Très bien. Bon, va me ranger ce marteau plein de ketchup 
                                    au garage et lave-toi les mains, on va bientôt passer à table."

Vicieux, hypocrite, menteur, sadique et manipulateur, ce mini-Attila fan de Freddy Krueger va même jusqu'à filmer ses méfaits afin de pouvoir les visionner en boucle par la suite. Une vraie vérole ce môme !
Il faut dire que l'intelligence peu développée de ses familles adoptives lui facilite grandement la tâche. Les Trenton par exemple, qui croient pouvoir élever leur fils grâce à des bouquins de psycho, le pourrissent et lui laissent faire quasiment tout ce qu'il veut, tout comme l'inspecteur de Police local à qui il ne vient à aucun moment à l'idée que le bambin pourrait être responsable de la mort de son ancienne famille.
Du pain béni pour notre tueur en culotte courte. Son institutrice, miss Gilder, se doute qu'il y a un problème depuis qu'elle a vu le bambin dessiner des cadavres et des personnes massacrées mais est complètement démunie face à des parents qui considèrent leur môme comme un véritable petit ange. Un problème de société peut-être pas si éloigné de la réalité que ça quand on voit le pouvoir que peuvent exercer certains rejetons sur leurs géniteurs.

                                           "- Vas-y Mikey, épelle-moi et donne-moi la définition du mot réfrigérateur.
                                            - Réfrigérateur. R-E-F-R-I-G-E-R-A-T-E-U-R.
                                              Enceinte isolée thermiquement, dont la température est abaissée et réglée 
                                              au moyen d'une machine frigorifique. Utilisé principalement pour la conservation et 
                                              la dissimulation de parties du corps humain après un démembrement.
                                           - Bravo. 20/20 Mikey !"

Pour la petite histoire il faut savoir que ce film réalisé par DENIS DIMSTER (céki çui là ?) en 1992 a subi les foudres de la censure britannique au moment de sa sortie en Angleterre. En effet, suite au meurtre du petit James Mulger âgé de deux ans par deux gosses d'une dizaine d'années à Liverpool, la BBFC, organisme responsable d'évaluer la classification des films, refusa d'octroyer le certificat nécessaire à la sortie du long-métrage sur le sol anglais. Résultat : Mikey se retrouve purement et simplement interdit de diffusion ou de commercialisation et, à la différence d'autres œuvres qui ont depuis été réévaluées, demeure toujours banni des terres britanniques.

                                                "- Hé m'sieur Kazburrn, je vous parie 10 billets que j'arrive à  faire sauter  
                                                    le premier bouton de votre chemise avec une flèche.
                                                 - Paris tenu, p'tit gars."

                                                                  "- Arffff... espèce de petit c...... arghh...
                                                                   - Ben quoi, je l'ai bien fait sauter ce bouton. 
                                                                     Allez l'ancien, ça fait 10 biftons !"

Le film serait-il violent au point d'inciter d'autres gamins à vouloir trucider leurs petits camarades de classe ? Pas si sûr. Disons plutôt que "MIKEY" s'est pointé à un moment où un fait divers sordide est venu rappeler à la populace que même les enfants pouvaient être des prédateurs sanguinaires.
Ce long-métrage assez sympathique ne comporte pas vraiment de scènes-chocs qui méritaient un tel châtiment de la part de nos voisins anglo-saxons. Mikey est peut-être une machine à tuer mais ses crimes se font la plupart du temps hors-champs. Même s'il est particulièrement doué pour exploser des crânes à la batte de base-ball ou pour embrocher autrui avec des flèches, ses armes favorites restent les appareils électriques qu'il prend un malin plaisir à balancer dans des baignoires et des piscines, se disant surement que la méthode dite "à la Cloclo" restera toujours la plus sûre pour ne pas se faire chopper.

                                                          "- Mais si m'man, ils en ont parlé à la télé.
                                                             Parait qu'en mettant un sèche-cheveux dans l'eau du bain, 
                                                             on peut se friser les cheveux sans efforts.
                                                           - Heu... attends Mikey... nooooooooooooooooonnn !!!!!
                                                             ZZZZZZZZZZZZZZAAAAAAAAKKKKKKKKTTTTTTT !!!!!!
                                                           - Regarde ! Ça marche !"

C'est le jeune acteur BRIAN BONSALL qui fût choisi pour interpréter Mikey, un enfant star qui décrocha son premier rôle à cinq ans dans la sitcom "FAMILY TIES" avant d'apparaitre dans bon nombre de séries TV comme "STAR TREK, LA NOUVELLE GENERATION" ou "PARKER LEWIS NE PERD JAMAIS" ainsi que d'autres films à destination de nos chères têtes blondes. En 1994 il mettra définitivement un terme à sa carrière d'acteur pour se lancer dans la musique Punk. Depuis, comme si l'ombre de Mikey planait sur lui, BRIAN BONSALL accumule les procédures judiciaires pour violences sur sa petite amie et conduite en état d'ébriété.... c'est triste.


Sa mère adoptive est interprétée par MIMI CRAVEN, déjà présente dans "JODY" où elle succombait sous les coups de la petite rousse diabolique. Une actrice également aperçue dans deux films de WES CRAVEN : "LA CREATURE DU MARAIS" et "LES GRIFFES DE LA NUIT". Et n'oublions surtout pas les sublimes ASLEY LAURENCE, héroïne des deux premiers volets de la saga "HELLRAISER", qui vient ici prêter ses traits à l'institutrice de Mikey et JOSIE BISSETT (MELROSE PLACE) dans le rôle de la voisine blondinette dont notre sale mioche tombe éperdument amoureux.

                                     "- Dis donc, t'es pas un peu jeune pour te tripoter devant des filles en maillot de bain ?
                                      - Parce qu'une ado à moitié à poil qui emmène un gamin deux fois moins âgé qu'elle
                                        faire du pédalo, tout ça pour lui proposer de se baigner tout nu tu trouves pas ça chelou, toi ?"

C'est l'ami Coudinou qui nous offre un RIP VHS tout droit sorti de sa crypte, nous permettant ainsi de revoir ce film qui semble avoir disparu de la circulation depuis les années dorées de la K7 vidéo.
Vous pourrez ainsi vous faire une idée sur tout le pseudo-scandale qui entoura la non-sortie du film en Grande-Bretagne et vous vous demanderez à coup sûr comment une toute petite série B sans prétention, pas plus violente qu'un téléfilm diffusé à l'époque dans les "Jeudis de l'angoisse", qui fait passer un bon moment sans toutefois vous coller les miquettes, a pu engendrer un tel bordel niveau censure.

Un big merci à Coudinou:
http://jheberg.net/captcha/mikey/

Deuxième film, deuxième sale gosse.


Johnny McFarley, jeune livreur de journaux de 12 ans, surmonte difficilement la mort subite de sa mère. Afin de pallier à ce vide il décide de tuer sa vieille voisine Mme Thorpe et ce dans le seul but de faire revenir dans sa ville natale la fille de cette dernière Melissa, que Johnny verrait bien comme sa nouvelle future môman. Un plan qui réussit à la perfection puisque quelques jours plus tard la jeune femme débarque en compagnie de sa fillette Cammie afin d'organiser les funérailles de sa maternelle et de prendre possession de la demeure familiale. Dés lors le petit livreur tente de conquérir par la force l'amour de Melissa, quitte si cela s'avère nécessaire à se débarrasser froidement de ceux qui s'opposeraient à son projet malsain.

                                          "- Regarde maman, Johnny m'a acheté un bébé alligator ! Je l'ai appelé Wally !
                                           - Super, chérie. 
                                             Fous-moi ça dans l'aquarium avec les piranhas qu'il t'a offert la semaine dernière
                                             et va te brosser les dents, c'est l'heure d'aller au lit."

Après le rase-motte Mikey on passe à la catégorie supérieure avec cette fois-ci un jeune psychopathe aux portes de l'adolescence.
Souffre-douleur d'une mère autoritaire et violente, Johnny, totalement soumis à cette dernière qu'il considère comme une sainte, n'imagine pas de vivre sans elle; d'où la nécessité urgente de lui trouver une remplaçante.
Pourquoi avoir choisi la belle et douce Melissa dont le caractère semble à l'opposé de celui de sa défunte mère ? Mystère, le gamin semblant bien plus attirer par le physique de l'intéressée que par ses instincts maternels. Particulièrement envahissant, Johnny, malgré la présence de son père limite dépressif et bien trop souvent absent, n'hésite pas à se plier en quatre et à couvrir de cadeaux les personnes qu'il considère déjà comme étant sa nouvelle famille. Mais quand Melissa se rend compte que plusieurs personnes de son entourage semblent victimes d'accidents les laissant soit paralysées soit complètement refroidies, elle commence à se demander si l'obsession du paperboy, qu'elle jugeait jusqu'à présent gênante mais inoffensive, ne serait pas le signe d'un véritable comportement psychotique et meurtrier.
Et elle n'a pas tort puisque Johnny semble ne considérer aucune importance à la vie humaine à partir du moment où l'on vient contrarier son petit plan pas si parfait que ça.
Ses cibles préférées : les petites mamies du quartier; des proies faciles et rapides à éliminer.

                                       "- Non mais je m'en fous espèce de petit con, casse-toi de chez moi !
                                        - Mais enfin madame Tapdur, laissez-moi vous montrer mon dernier tour de magie,
                                          je suis sûr que ça va vous plaire, vous qui dites tout le temps que je ne fais rien de mes journées."

                                    "- Alors pour ce tour je vais prendre comme assistant votre gentil toutou Glandouille.
                                       Viens-la mon gros. Voilà. Je place Glandouille dans ce sac que je referme soigneusement 
                                       avec une corde pour ne pas qu'il s'échappe.
                                     - Fais attention à mon Glandouille, vaurien !
                                     - Vous inquiétez pas m'dame Tapdur il ne craint absolument rien.
                                       Maintenant je place le sac contenant Glandouille sur cette table et je prends une batte de base-ball."

                                               "- Et PAF ! Je défonce le sac ! PIF ! PAF ! Tiens prends ça le sac ! PIF !
                                                - Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!! Mon Glandouiiiiiillllle !!!! Aaaaaaaaaahhhhhh !"

                                                     "- Arghh... mon Glandou..... argh...... heeerk........ PAF !
                                                      - M'dame Tapdur ? Hého, réveillez-vous, vous allez rater le final !"

                                       "- Regardez madame Tapdur, en fait y'avait que des bouteilles de ketchup dans le sac,
                                           je les avais substituées à Glandouille.
                                          Hého m'dame Tapdur ! 
                                          Bordel, tu vas voir que ça va encore être de ma faute si cette vieille bique a calanché....."

Quel comique ce Johnny. Mais attention ce dernier ne fait pas que dans la carte vermeille: baby-sitter nympho ou joli cœur qui fait du gringue à la charmante Melissa, nul n'échappe au jeune homme quand celui-ci est en rogne. Même son propre père comprendra avec pertes et fracas qu'il ne faut pas l'emmerder quand il a une idée en tête.

                                                                     "Hé P'pa, j'peux finir la boite d'esquimaux ?"

                                                                            "Je vois que ça te laisse de glace.
                                                          Bon, qui ne dit rien consent. Merci P'pa ! Hyak, hyak, hyak !"

Ce petit téléfilm particulièrement soft mais assez plaisant à suivre est réalisé par DOUGLAS JACKSON, un spécialiste du téléfilm à base de drames familiaux et mélos à l'eau de rose. Il dirigera également quelques épisodes de séries TV (FRIDAY THE 13TH THE SERIES 3ème saison, LA CINQUIEME DIMENSION ou RAY BRADBURY PRESENTE).
Le rôle de Johnny échoit à MARC MARUT, jeune acteur aperçut dans divers show télé comme CHAIR DE POULE, LES CONTES D'AVONLEA ou TEKWAR et qui, avec sa tête à claque de jeune premier de la classe, s'en sort plutôt pas mal et nous offre à certains moments un jeu complètement halluciné.
La MILF Melissa est incarnée par une brunette que beaucoup se rappelleront avoir vu courir en maillot de bain orange sur les plages de Malibu aux cotés de DAVID HASSELHOFF dans les années 90 (BAYWATCH).

Bon OK, là la vague a été un peu forte et le maillot de la belle n'a pas fait un pli.
Heureusement que Tonton Jack était là pour lui prêter main forte. Comment ça je mitonne ? Ben quoi, on peut toujours rêver non ?
Mais dans THE PAPERBOY c'est un autre playboy qui vient lui tourner autour et que certains ont récemment aperçu ici-même dans "JODY L'INNOCENCE DU MAL". Je veux bien sûr parler de WILLIAM KATT, le Mr.Cobb du "HOUSE" signé STEVE MINER (entre autre).

                                          "Et depuis que j'ai quitté ma femme et que j'ai collé ma gamine Judy en pension dans 
                                           un goulag soviétique je me suis payé un yacht et je culbute des gonzesses aux
                                           quatre coins du globe. La belle vie quoi ! Tu veux voir ma cabine ?"

Même s'il rappelle furieusement la trilogie des "STEPFATHER", "THE PAPERBOY" est prenant du début à la fin et on aimerait vraiment pas avoir comme voisin un sale mioche comme le petit Johnny.
Imaginez le topo: vous rentrez du boulot et une fois passé le seuil de votre maison vous retrouvez une petit con vautré dans votre canapé en train de siffler vos bières tout en se marrant comme un bossu devant Ruquier à la télé.... l'horreur; surtout quand ce gamin n'est pas le vôtre et que vous ne pouvez pas lui foutre votre pied au cul. Ben oui quoi, se marrer devant Ruquier, faut être un peu à la masse quand même !
Eh bien c'est un peu l'impression que donne notre paperboy, un sale morbac qui ne cesse de venir taper l'incruste chez vous, un pauvre gamin paumé traumatisé à vie par des parents qui ne lui ont jamais apporté l'amour dont il aurait eu besoin.

                                            "Moi aussi je connais un tour de magie avec une batte de base-ball mon grand !
                                             Surtout ne bouge pas, je vais faire disparaitre ta tête en moins de deux !"

C'est encore COUDINOU (mais cet homme est une machine !) qui nous offre le très bon rip d'une de ses VHS personnelles et nous l'en remercions grandement puisque ce téléfilm n'a jamais remontré le bout de son nez depuis sa sortie en K7 (que ce soit à la télé ou sur galette numérique).

https://1fichier.com/?bbsqb2wyli

Et si tout ça ne vous a pas passé l'envie de devenir parents alors je vous conseille d'embrayer sur les deux petites perles que sont "LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000" de NARCISO IBANEZ SERRADOR et "LES TUEURS DE L’ÉCLIPSE" d' ED HUNT; normalement après ça vous êtes vaccinés à vie.


mercredi 14 janvier 2015

LE MASQUE DE SATAN (1989)


Un groupe de jeunes partis skier en montagne tombe dans une crevasse au fond de laquelle gît le cadavre de la sorcière Anibas, condamnée au bucher plusieurs siècles en arrière.
Pour avoir osé retirer le masque avec lequel cette dernière fût brulée, notre petit club de sportifs va rapidement sombrer dans la folie au moment même où ils parviennent à rejoindre un petit village perdu et à trouver refuge dans la demeure d'un étrange prêtre.
Celui-ci assure à David, seul garçon du lot qui semble avoir conservé toute sa tête, qu'il doit à tout prix empêcher le retour de la maléfique Anibas. Mais le jeune homme va très vite réaliser qu'il est particulièrement ardu de se débarrasser d'une sorcière, surtout quand on a une petite-amie qui se révèle en être la réincarnation.

                                           "- Bon Josiane, dans 2 minutes je nous considère comme définitivement perdus.
                                              T'es pas d'accord Jean-Claude ?
                                            - Mais non, regardez ! Il y a un paysan là-bas !
                                            - Tu fais erreur c'est un bonhomme de neige. Allez on est foutu.... à poil !"

LAMBERTO BAVA signe en 1989 ce remake actualisé du "MASQUE DU DEMON" en hommage à son père le grand MARIO BAVA, se basant toujours sur le conte fantastique de NICOLAS GOGOL "VIJ". Mais parler de remake n'est pas tout à fait exact puisque LAMBERTO lui-même, à l'origine  du scénario avec MASSIMO DE RITA et GIORGIO STEGANI, a affirmé sa volonté de ne pas adapter à la lettre le chef d’œuvre de son illustre paternel. Une intention confirmée par une interview qu'il avait donnée au magazine italien NOCTURNO :
"Comme le film de mon père, le mien se base également sur "Vij" de GOGOL mais je dois dire qu'il est bien plus fidèle au texte. C'est une histoire de tentations et de possessions de la  part d'une sorcière qui désire s'emparer de l'âme des gens. Il s'agit d'un film auquel je tiens beaucoup."
Et c'est vrai qu'il est différent de son modèle le film du vieux LAMBERTO, ne recréant à aucun moment l'ambiance gothique bien particulière du "MASQUE DU DÉMON".
Ce n'est pas plus mal d'ailleurs, puisqu'à travers une photographie magnifique et des décors de toute beauté il parvient à donner à son œuvre une atmosphère à la fois surréaliste, lugubre et macabre.
Le petit village dans lequel débarquent malgré eux nos héros est en permanence plongé sous une neige éternelle qui ne cesse de tomber, les contraignant à ne pas pouvoir quitter le refuge accordé par les seuls habitants du coin: un prêtre albinos non-voyant et son chien.
Sans oublier cette cathédrale de glace aux immenses piliers et à l'architecture singulière, un lieu qui semble avoir été érigé pour contenir les pouvoirs de la sorcière Anibas mais qui au final ne sert pas à grand-chose une fois que cette dernière n'est plus porteuse du masque en titre. Sa mise à mort sera, à travers une séquence onirique, le seul lien que l'on peut trouver entre ce film et celui de MARIO BAVA; Anibas connaissant un sort similaire à celui infligé à la diabolique Asa (BARBARA STEELE), à savoir un masque en métal enfoncé en pleine poire par un bourreau armé d'un maillet.
Eh oui, à cette époque-là fallait pas déconner au sujet des sorcières; suffisait de bouffer quelques cuisses de grenouilles pour se retrouver illico en train de frire sur un bucher.

                                                  "Bougez pas ma p'tite dame ! 
                                                   Z'allez sentir un léger picotement sur le visage et après ça ira bin mieux !"

                                            "Et voilà ! Alors z'avez rien senti, hein ?
                                             Pour la suite c'est pareil. Z'allez sentir une légère brulure au niveau des orteils,
                                             ça va un peu chlinguer le cochon brulé puis ça ira bin mieux !"

D'ailleurs en parlant de sorcières il y a un petit truc qui me chiffonne. Généralement ces vilaines mégères sont toujours représentées de manière assez peu flatteuse : vieilles, avec des verrues, un pif crochu, édentée.......; alors pourquoi dans la famille BAVA ont-elles toujours des physiques affriolants qui nous inciteraient presque à nous convertir au satanisme ?
La preuve :

                                                                                      Version BAVA Papa

                                                                                       Version BAVA Jr.

Pour succéder à la reine BARBARA STEELE, LAMBERTO confie le rôle de la sorcière à l'actrice italienne EVA GRIMALDI qui débuta dans un film de FEDERICO FELLINI (INTERVISTA) avant d'enchainer les rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre.
Les habitués de ce blog se rappelleront surement de sa prestation dans le "PAGANINI" de KLAUS KINSKI où elle côtoyait la jeune et jolie DEBORA CAPRIOGLIO (alias madame KINSKI à ce moment-là) qu'elle retrouve d'ailleurs dans ce "MASQUE DE SATAN".
La belle DEBORA utilise ici son nom d'épouse et interprète la charmante vierge peu farouche SABINA, réincarnation de la vilaine ANIBAS (ben oui ANIBAS à l'envers ça fait........ LA MERE MICHEL QUI A PERDU SON CHAT... incroyable non ?).
Idéale pour apporter une indispensable touche d'érotisme, l'actrice vénitienne, qui commença sa carrière en se baladant déjà à poil dans le "NOSFERATU A VENISE" avec son mari, parvient à user (voire à abuser) de ses charmes tout en conservant une attitude et des mimiques de gamine innocente à qui on donnerait le bon dieu sans confession.

                                   "- Dis David, tu viens jouer au docteur avec moi ?
                                    - Heu... chais pas trop Debo. La lettre de ton mari qui me dit qu'il me fera bouffer mes testicules
                                      avec de la saucisse de Francfort si je posais juste les yeux sur toi me laisse quelque peu dubitatif."

Femme-enfant désireuse d'être femme-objet, elle va tenter tout ce qui est humainement possible auprès de son boy-friend pour que celui-ci la débarrasse de sa virginité (à croire que de fréquenter ce queutard de Klaus l'a métamorphosée en véritable nymphomane).
Désir personnel ou manipulation diabolique de la part d'Anibas ?
Ça nous ne le saurons jamais puisque, sous l'influence de la sorcière, elle va perpétuellement tenter le pauvre David pour que celui-ci cède au péché de chair, forçant le jeune homme à la tuer dés qu'elle prend l'apparence d'une vieille mégère décrépie quand elle est un peu trop excitée.

                                     "- Rhaaaaa ma beauté, j'attendais ce moment depuis si longtemps.
                                        Tes magnifiques pamplemousses me donnent envie de croquer dedans à pleine dents !"
                                      - Ouais ben vas-y mollo quand même !"

                                   "- Aïe ! Non mais t'es dingue de me mordre comme ça !
                                      Regarde un peu le boulot ! Des implants mammaires qui m'ont couté les yeux de la tête !
                                    - Bordel ! Bon... heu... faut que j'y aille...."

Ceux qui se sont déjà retrouvé au pieu avec des vieilles peaux nymphos qu'ils ont confondus en boite avec des playmates tout ça parce qu'ils avaient biberonné plus que de raison ne trouveront rien à redire à cela. Notre ami David ne se demande pas si lui aussi il n'aurait pas un peu trop abusé du bon vin chaud offert par le curé albinos.

                                                                     "Aaah David, fais-moi l'amour mon biquet !"

                                     "Nom de dieu, faut vraiment que j'arrête de picoler comme un trou quand je vais en boite.
                                      Qu'est-ce que c'est encore que ce truc que j'ai ramené à la maison ?!"

Le bellâtre ci-dessus et héros de surcroit est interprété par GIOVANNI GUIDELLI et le moins que l'on puisse dire c'est que l'acteur, assez inexpressif,  ne parvient pas réellement à donner une quelconque consistance à son personnage; son jeu étant trop souvent approximatif.
Ses compagnons présentent le même défaut et ne sont pas suffisamment détaillés pour que l'on éprouve la moindre sympathie pour eux (pour info l'un d'eux est interprété par le futur réalisateur de BLOODY BIRD et de DELLAMORTE DELLAMORE : MICHELE SOAVI).
Bien souvent insupportables, ils ont, dés le début du film, des réactions peu crédibles les faisant passer pour des gros cons (l'un de nos potes est mort embroché dans la crevasse ? Rien à foutre, tirons-nous vite fait et allons gratter de la bouffe chez l'autre truffe de cureton).
LAMBERTO BAVA ne les voit que comme les larbins d'Anibas, dont le seul but est de persécuter le pauvre curé aveugle où de faire tourner en bourrique leur copain David une fois qu'ils se retrouvent sous l'influence du démon.
Une influence qui va les transformer rapidement en créatures écumantes, perverses et vicieuses.

                                               "- Alors la citadine, elle est bonne c'te foune ? On sent bien le gras hein ?
                                                  Faut manger pour être une vraie montagnarde crévindiou !
                                                - Oui m'sieur.... oh là là ..... heurk....."

                                        "- Mais t'es dingue ou quoi Marie-Thérèse ?
                                           Je t'ai déjà dit de ne jamais avaler ce que te proposaient ces paysans.
                                           Eux le mangent, toi tu peux décaper du carrelage avec.
                                         - Oh la vache ! Ce que j'ai gerbé est en train de passer à travers le bois de la table !"

Le prêtre, interprété par le génial STANKO MOLNAR (déjà en aveugle dans "MACABRE" ou en jardinier dans "LA MAISON DE LA TERREUR" de LAMBERTO BAVA), fera de son mieux pour exorciser ces pauvres brebis égarées en leur balançant de la neige en pleine poire mais rien n'y fera, la sorcière viendra le rappeler à l'ordre en possédant le cadavre congelé d'un des skieurs.

                                 "- Alors, bande de petits salopiauds satanistes, ça vous amuse de balancer de la neige
                                    à un vieil aveugle ? Moi aussi je sais rire, vous allez voir !
                                  - Détache-moi, enc.... de cureton de m..... de la p..... de sa mère !"

                                                                                        SCHPAAAFFFFF !!!
                                                               "Tiens prends ça dans la tronche, vil blasphémateur !
                                                    Bouffe de la neige, cela lavera ta langue des horreurs que tu profères !"

                          "- Ça suffit, curé ! Laisse mes amis tranquilles, on nous attend pour aller manger une tartiflette !
                           - Seigneur Jésus, aie pitié de ces âmes égarées qui festoient avec la nourriture du démon !
                             Et tu oses pénétrer dans une église avec des chaussures de ski aux pieds ! Vade Retro gros charlot !"

Petite parenthèse relative au triste destin qui attend notre curé: si vous regardez attentivement la scène où ce dernier se retrouve plongé en enfer et assailli par toutes sortes de créatures, vous pourrez aisément reconnaitre parmi celles-ci le petit démon rigolo de "DEMONS 2".
Petit clin d’œil ou recyclage malin de la part de LAMBERTO ?
Toujours est-il que le réalisateur, après avoir fait tourner en rond ses personnages pendant les trois quarts du film, nous réserve quand même quelques séquences savoureuses à base de bestioles dégueulasses et de gorgones sataniques au teint charbonneux et à la langue bien pendue, le tout concocté par les bons soins du maitre des effets spéciaux SERGIO STIVALETTI.


Tout comme la série BRIVIDO GIALLO réalisée à la même période, c'est une nouvelle fois le compositeur SIMON BOSWELL qui vient signer la bande originale de l’œuvre et on peut sans nul doute affirmer qu'il a encore su faire preuve de talent (petit bémol quand même pour le générique final que, personnellement, je ne trouve pas très folichon).

                                                   "- Hé les gars, c'est quoi que vous faites cuire là ?
                                                    - Une recette que nous ont refilés les montagnards. 
                                                      Parait que c'est hyper tendance dans les alpages.
                                                      Ça s'appelle des Roubignoles de bouquetin fourrées au reblochon.
                                                    - M'attendez pas pour diner, j'ai vu un McDo dans la vallée."

En résumé, ce "MASQUE DE SATAN" ("LA MASCHERA DEL DEMONIO" en Italien voire parfois même DEMONS 5) est donc une honnête petite série B sans prétention, prolongement parfait de la tétralogie BRIVIDO GIALLO.
LAMBERTO BAVA brouille les pistes en permanence, nous faisant constamment osciller entre rêve et réalité. Au bout d'une heure on en vient à se dire que l'on va finir aussi paumé que ce brave David, lequel n'a de cesse de zigouiller sa gonzesse que pour la retrouver toute pimpante quelques minutes plus tard. Le scénario tourne en boucle (un peu trop même) et ne laisse à aucun moment deviner le dénouement de l'histoire. Et même une fois le générique de fin commencé on se demande encore si tout ce bordel a bien été réel. De quoi donner mal au crâne sans avoir besoin d'y enfoncer un masque satanique.

                                  "N'insistez pas madame, je vous dis que c'est une méprise.
                                    Il faisait très sombre en boite et je pense avoir mal géré les 3 bouteilles de vodka que j'ai ingurgitées.
                                   Et puis votre haleine de marmotte crevée me laisse des plus perplexe."

Produit par RETEITALIA, ce film à petit budget ne fût pas immédiatement diffusé à la télévision italienne, le groupe MEDIASET lui préférant une sortie directe en vidéo afin de profiter de son image de "remake" du "MASQUE DU DÉMON" de MARIO BAVA. 
En France, encore une fois, ce long-métrage reste honteusement inédit sur galette numérique ou en VHS et je ne serais même pas en mesure de vous dire dans quel coin du globe vous pourriez en trouver une édition DVD. La légende raconte qu'il aurait été diffusé sur une chaine française au début des années 90 avant de tomber dans l'oubli.
Pour combler cette lacune voici un RIP en provenance directe de la planète DUCKISDEAD auquel j'ai ajouté des sous-titres maison en français.Une tâche assez difficile puisque je m'étais servi à l'origine du time-code d'un fichier srt anglais avant de me rendre compte que celui-ci était complètement foireux.Du coup l'ensemble du sous-titrage a été fait de A à Z. J'espère en tout cas qu'il vous comblera de satisfaction.

https://1fichier.com/?ozat9urnwl

Et comme d’hab on termine en beauté par de zolies photos des deux stars féminines du film : la toute mimi DEBORA CAPRIOGLIO/KINSKI et la busty-lady EVA GRIMALDI.
Enjoy !




jeudi 1 janvier 2015

API NIOU YEURE !


Si vous n'êtes pas en train de cuver après un 31 un peu trop arrosé où vous avez terminé la soirée la tête dans le ficus de votre belle-mère à évacuer tout ce que  vous avez ingurgité, vous êtes donc suffisamment en état pour lire ce post et recevoir tous mes meilleurs vœux pour cette année 2015.
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes et que papa noël vous a gâté comme il se doit.
Ce qu'il m'a apporté ?
A votre avis.


Bref, que cette nouvelle année vous apporte également tout plein de bonnes choses : bisseries en tous genres, nanars fendards, lectures diaboliques, etc.....
Pour ma part j'ai décidé de prendre quelques résolutions concernant ce blog pour 2015.
Comme cela avait déjà été le cas fin 2014, il me sera difficile de poster des articles aussi souvent que je le voudrais, la faute à une diminution drastique de mon temps libre et au fait que je me sois lancé depuis quelques mois dans les traductions complètes des œuvres que je présente (timecode + texte); un procédé qui, s'il permet de découvrir des films jusqu'ici inédits en France, me prend des plombes à mettre en pratique.
Dorénavant, entre deux partages, vous trouverez de temps à autre des fiches concernant la sortie d'un DTV, d' une éventuelle nouveauté cinématographique débile où d'un bouquin intéressant, juste histoire de continuer à déconner entre gens de bon goût.
La traduction de la série TV FRIDAY THE 13TH se poursuivra aussi avec les vingt derniers épisodes; et à l'attention de tous ceux qui m'avaient demandé en octobre l'intégralité du show TALES FROM THE DARKSIDE (Histoires de l'autre monde), celui-ci serait en cours de traduction ici : http://www.iletaitunefoisdesfilmsfantastiques.com/

Je tiens à remercier également ceux qui me proposent des VHS RIP de films qui n'ont jamais été édités sur support numérique, cela me permet d'alimenter le blog sans me farcir des heures de sous-titrage.
Pour terminer je peux déjà vous annoncer les futures mises en chantier de fichiers srt pour un bon paquet d’œuvres introuvables ou inédites; la majorité étant des curiosités en provenance directe de chez nos voisins transalpins.
Mais tout ça reste encore et toujours une question de temps libre et à moins de remporter le jackpot au prochain euromillions et de prendre ma retraite il va vous falloir patienter un peu.
D'ici là, commencez tranquillement l'année bien au chaud devant votre cheminée (ou votre vieux radiateur, c'est selon), faites attention à ne pas glisser en sortant de chez vous (pas évident de mater de bons films peinard dans son canapé avec un coccyx pété) et soignez bien l'inévitable gastro que votre gamin ne manquera pas de vous ramener de l'école.
Bonne année à tous !