jeudi 24 décembre 2015

MOM (1991)


It's Christmas Day chez les Dwyer ! La douce et gentille Emily festoie comme il se doit avec son fils Clay, reporter pour une célèbre chaine télévisée, et la compagne de ce dernier Alice, laquelle profite de l'occasion pour lui annoncer une bonne nouvelle : elle va enfin pouvoir être grand-mère. La dinde est fourrée à la perfection, on s'offre des pantoufles et des serpillères (ah non... ce sont des couvertures en fait), bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la vieille femme. Cerise sur le gâteau : elle a enfin trouvé un locataire pour la chambre d'amis qu'elle avait mise en location en la personne du fringant Nestor Duvalier. Seul petit problème: le gentil Nestor est en fait un loup-garou/vampire/goule (comme il se qualifie lui-même) grand amateur de chair humaine et plus particulièrement de celle des femmes enceintes. Quand Emily découvre accidentellement la véritable condition de son client, celui-ci n'a d'autre solution que de la transformer elle aussi en créature cannibale. A son fils Clay de gérer désormais une mère affamée et enragée et de limiter le nombre de cadavres qui commencent à s'entasser dangereusement dans le jardin de la demeure familiale.


Quoi de mieux qu'un joli conte de noël pour fêter dignement la naissance du pitit Jésus, surtout quand le joli conte en question est une véritable rareté désormais totalement introuvable en VHS chez nos copains ricains et jamais éditée sur support numérique. Inédit en France et dans pas mal de pays, Mom semble être tombé dans l'oubli le plus total depuis les années 90 et ne s'est permis que de rares diffusions sur les networks US.
Écrit et réalisé par Patrick Rand, déjà impliqué dans la post-production de films comme Bill and Ted's Excellent Adventures, Unborn ou Scanner Cop 2, ce pourtant sympathique long-métrage semble avoir signé illico presto la fin de carrière de notre bonhomme derrière la caméra.
Il faut dire que l’œuvre en question est principalement formatée comme un DTV tout ce qu'il y a de plus classique mais n'en demeure pas moins un produit des plus regardables et devant lequel on ne s'emmerde pas un seul instant. Et c'est bien là l'essentiel.
C'est ça l'avantage d'avoir sous le coude un casting aux petits oignons qui permet une empathie immédiate avec chacun des protagonistes.
Le rôle principal, celui de Clay Dwyer, revient à Mark Thomas Miller. Qui est Mark Thomas Miller me direz-vous ? Les plus jeunes l'ignoreront sans doute mais les autres se rappelleront surement de sa présence ultra-charismatique dans la série TV Superminds (Misfits of Science) où il incarnait aux cotés d'une toute jeune Courteney Cox et des regrettés Dean-Paul Martin et Kevin Peter Hall le rocker survolté Johnny Bukowski. Banane, perfecto, rayban, balançant des décharges électriques à tire-larigot, ce personnage reste à coup sûr l'un des plus mémorables qu'ait pu nous pondre la télé US des 80's même si le show en question ne connu qu'une durée de vie assez limitée (seulement seize épisodes en comptant le pilote de 90 minutes).
Par la suite on le retrouve dans divers téléfilms et séries TV (Alien Nation, Sonny Spoon, Les dessous de Palm Beach...) avant qu'un accident en 1991 ne le contraigne à s'éloigner des plateaux de tournage.
Il se reconvertira dans les aménagement pour personnes handicapées avec un succès assez conséquent et se permettra ponctuellement quelques apparitions dans des shows comme Les Dessous de Palm Beach, The Last Frontier ou L.A 7. C'est bien dommage car franchement il avait quand même un sacré potentiel le père Miller, suffit de voir sa prestation dans le film qui nous intéresse aujourd'hui.
Clay Dwyer c'est le gentil fifils à sa maman. Reporter bourré de talents, fiancé attentionné et futur papa, il voue un amour sans limite à sa vieille mère et s'inquiète dés que celle-ci a un pet de travers. Alors imaginez un peu son état quand il découvre celle-ci en train de dévorer à pleines dents le cadavre encore chaud d'un vieux clodo dans une ruelle crasseuse. Accablé devant les nouveaux gouts culinaires d'Emily il va bien essayer de lui faire avaler autre chose que du steak tartare, malheureusement rien n'y fait, la doyenne veut de la barbaque humaine et rien d'autre. Le pauvre n'a alors plus qu'une solution pour éviter que la police, déjà sur le qui-vive, ne vienne la coller sur un bucher : l'enfermer à double-tour dans sa chambre et faire disparaitre les morceaux de cadavres qu'elle laisse sur son sillage quand elle arrive à faire le mur de sa propre casbah en se prenant pour l'incroyable Hulk ou s'en va taquiner des flics undercover dans les bas-fonds de LA.

 "Ça suffit ma p'tite dame, j'vous ai dit que j'étais pas intéressé.
Les cougars grabataires c'est pas mon truc ! Et en plus j'suis en service là.""

 "Allez mon biquet, je sais que tu en crèves d'envie.
J'ai quand même été Miss California... en 1936.
Et puis j'ai toujours eu un faible pour les forces de l'ordre. Viens faire un bisou à tata Emily !"

 "- Ah non, là c'est trop. En 25 ans de service j'ai jamais été confronté à un truc comme ça.
Adieu monde cruel !
- Ben non alors... hé, reviens biquet !"

A force de balancer des bouts de macchabées dans l'océan ou de les faire griller au barbecue, Clay voit dés lors sa santé mentale subir un sacré coup, l'obligeant à descendre toujours plus de binouzes et de sky, à négliger sa fiancée, à mentir à ses proches et à rester en permanence éveiller pour ne pas que sa mémère ne s'envoie un casse-croute une fois la nuit venue. Dés lors on ne sait plus qui est la mère et qui est l'enfant, les rôles s'interchangeant dés que le journaliste réalise qu'Emily a changé.

 "Bon m'man ça commence à bien faire.
Passe encore que tu bouffes n'importe quoi mais faut vraiment que tu arrêtes de laisser des miettes partout dans la baraque.
Alors tu me nettoies fissa ton plumard avant demain matin."

La force de Mom réside finalement dans ça. Dans la relation mère-fils qu'entretiennent Clay et Emily, dans le combat qu'ils engagent contre la maladie et l'accoutumance, sachant que celui-ci est perdu d'avance, la métamorphose de la pauvre femme imposée par le singulier Nestor Duvalier étant irrémédiable et incurable.
Nestor Duvalier, une créature surement millénaire qui a traversé les ages en boulottant du quidam et auquel prête ses traits un Brion James au sommet de sa forme. Tout de noir vêtu, lunettes de soleil et catogan, ce bon vieux Brion, de sa voix rauque et caverneuse, en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir. Putain que ce mec est bon ! On se demande encore comment il a pu un jour se fourvoyer dans une bouse comme Le Cinquième Élément alors que tout le reste de sa filmo est nickel chrome.


 " Ah, mon cher Nestor. Entrez donc !
Regardez un peu le succulent festin que je nous ai préparé."

 "- Ah c'était donc ça cette vieille odeur de chat crevé que je sentais depuis ma piaule.
Laissez tomber, quitte à bouffer de la merde je préfère aller au McDo.
- Oh Nestor, vil flatteur."

Les autres acteurs, exception faite de Jeanne Bates (Emily), même s'ils sont issus du petit monde de la série télévisée, s'en sortent avec tous les honneurs: Mary McDonough (Alice), Art Evans (Hendricks), Maray Eyres (Carla) ou Stella Stevens (la bien fournie Beverly).
Rand, malgré un budget alloué aux SFX visiblement aussi élevé que celui d'une production actuelle de notre copain Charles Band, s'autorise quelques débordements bien sanglants, des maquillages convaincants et deux trois passages bien craspecs sur fond de tripailles dégoulinantes ou de gorges arrachées à pleines dents.


 "Claaaaaaaayy !!!!!! Claaaayyyyyy !!! 
Tu m'avais dit que ta mère était affectueuse mais là c'est un peu abusé.
Hé Claaaaayyyyyyyy tu m'entends ?!"

 "Putain mais elle va la fermer l'autre dinde ! Pas moyen de pioncer tranquille dans c'te baraque.
En tout cas ton Clay, lui, il écrase Cocotte alors ferme-là. C'est pas vrai, quelle vie de chien !"

On regrettera seulement que l'aspect véritable des créatures incarnées par James et Bates ne soit aperçu que quelques millisecondes dans tout le film. Le peu qui nous est autorisé à zieuter, même si pas trop mal foutu esthétiquement, nous fait penser aux classiques masques d'Halloween que l'on peut trouver chaque année dans les bacs de notre Foir'Fouille locale.

 "Oh oui mon gros loup, prends-moi ! 
Par contre enlève tes lunettes, j'aime regarder mes hommes dans le fond des yeux quand je fais crac-crac."

 "Alright baby. Et puis t'as raison, parait que je suis un autre homme sans mes loutches.
Attends-toi à du costaud. T'es prête ? Ferme les yeux, tu vas avoir la surprise de ta vie."

 "- Vas-y mon gros loup. Fais-moi rêver.
- Ok, c'est bon baby. Tu peux les ouvrir."

 "- Surprise ! Alors j'suis pas trop un playboy ?
- Bleeeuuaarghhhh  !!!!!
- Ah ouais marrant, ça fait toujours cet effet-là la première fois. "

Si le premier quart du métrage laisse présager un film mêlant horreur et comédie, le reste sombre dans le mélodrame et annihile immédiatement tout soupçon d'humour surtout si on le compare à certains machins tournés la même période comme My Mom's a Werewolf (1989) ou My Best Friend is a Vampire (1988). Quelques répliques ou certaines scènes prêtent à sourire certes (Emily tricote tranquillement entre deux carnages, la pute Beverly est plutôt marrante...) mais l'ambiance globale est sacrément triste, la vieille Emily, malgré les atrocités qu'elle commet, demeurant une personne âgée très attachante qui mériterait presque qu'on lui pardonne ses écarts de conduite et ce même quand elle commet l'irrémédiable en s'attaquant à sa propre progéniture. Mom, c'est une descente aux enfers familiale, un drame comme il en arrive bien trop souvent quand des enfants sont confrontés à la déchéance physique ou mentale de leurs géniteurs, seuls témoins d'une situation qu'ils savent impossible à résoudre et qui ne pourra se terminer que de la pire des manières. 

 "Ah flute ! Ce gros sac de Garfield a pété comme une prune trop mure quand j'ai croqué dedans.
Je savais bien que je le nourrissais trop ce chat."

 "Non mais là ça devient vraiment du n'importe quoi. Regardez-moi un peu l'état de la vieille.
Et dire qu'elle gueule quand je fous des croquettes à coté de la gamelle au moment de bouffer.
Bon allez, moi j'me casse d'ici avant de finir en hot-dog."

Heu.. en fin de compte, Mom n'est peut-être pas le meilleur film à visionner en famille le jour de noël... Tentez quand même l'expérience mais évitez de balancer la buche glacée à la tronche de grand-mère si par inadvertance elle se met à ronfler au fond de son fauteuil. Mais bon, tant que ça reste de la buche et non pas le couteau pour découper la dinde tout va bien. Je vois d'ici la une des journaux du 26 décembre: "Un quadra accro aux films d'horreur tente d'immoler sa vieille mère persuadé que cette dernière se transformait en loup-garou alors que tout bonnement elle venait de cracher son dentier.
Il affirme avoir été influencé par le visionnage d'un spectacle familial posté sur le dangereux blog Craignos Goods". Mazette !
La version que je vous propose est un Rip Tv que j'avais récupéré je ne sais plus trop où. Faut dire que ça faisait un bail que je bossais dessus, m'évertuant coute que coute à en réaliser les sous-titres de A à Z, trad à l'oreille. La qualité d'image est vraiment pas dégueu même si un léger souffle est perceptible sur la bande son. Rien de bien dérangeant rassurez-vous.
J'espère en tout cas que vous apprécierez ce cadeau de noël offert avec amour. Enjoy !

https://1fichier.com/?k34tgzg24c



TRAILER
video


"Allo Tonton Jack ?
Oui, j'ai bien reçu la paire de serviettes hygiéniques que vous m'avez envoyé pour noël.
C'est très gentil à vous, merci. Si vous saviez comme ça me rappelle le bon vieux temps."

ET JOYEUX NOËL A TOUS !


mercredi 9 décembre 2015

MAIS QU'AS-TU DONC DANS TA HOTTE, FATHER JACK ?

Comment ça, c'est encore à coup sûr des bouteilles de scotch sauvagement importées d'on ne sait trop où ? Meuh non m'enfin, pour qui me prenez-vous ? Il serait dommage de passer noël la tête à l'envers sans avoir eu le temps d'ouvrir les jolis cadeaux jetés le 24 au soir au pied du sapin. Surtout que cette année, rayon offrandes sympas à faire à son prochain, y'a quand même l'embarras du choix. Oubliez les services à raclette pour belle-maman, les parfums qui puent la poule pour madame et autres saloperies pour vos mômes qui finiront au fond des placards dés le lendemain. Gardez vos pépettes pour des choses qui en valent vraiment la peine. Enfin moi je dis ça je dis rien, si vous voulez vous saigner à blanc en merdouilles inutiles sous prétexte qu'elles sont à la mode cette année c'est votre problème. Perso, de mon coté, je vous recommande quelques produits bien sympas que vous pourrez soumettre à votre entourage en guise de présent pour noël, ça mange pas de pain et c'est toujours mieux que de faire semblant d'être ravi en découvrant qu'on vous a encore acheté un pull-over qui pourrait tout aussi bien servir de serpillère ou une paire de chaussettes tyroliennes bien ringardes. Et puis si vous vous en carrer des fêtes de noël vous pouvez toujours vous offrir ces beaux objets pour votre gueule, c'est bon pour le moral et ça permet d'oublier pour un temps la triste actualité du moment.


RAYON LIBRAIRIE


Disponible depuis le 21 octobre, le second volume de l'intégrale Midi-Minuit Fantastique dirigé par Michel Caen et Nicolas Stanzick regroupe les numéros 7 à 11 de la mythique revue. Quel bonheur de pouvoir enfin feuilleter le rarissime numéro 8 "Erotisme et épouvante dans le cinéma anglais". Préfacé par Barbara Steele en personne, jamais fac-similé d'une revue vieille de plus de 50 ans n'a été aussi bien réalisé. Véritable machine à remonter le temps qui nous propulse en plein àge d'or du cinéma fantastique, Midi-Minuit nous ramène à une période où la Hammer, l'épouvante à l'américaine et le gothique transalpin régnaient en maitre sur un genre méchamment dénigré à l'époque. Plus de 700 pages, paré de photos somptueuses et de textes signés par les plus grands noms du milieu, proposant en guise de petit bonus (et comme le premier volume) un DVD rempli à ras la gueule de courts-métrages et de documentaires, ce bouquin massif mérite largement de figurer sur les étagères de tous les amoureux du genre.
Absolument indispensable ! Vivement la suite !


Dans un autre registre mais tout aussi divertissant, voici le premier livre pondu par les fous furieux de chez Nanarland.
Présenté comme une gigantesque cassette vidéo, accentuant encore plus son amour assumé d'un temps où les video-clubs voyaient fleurir sur leurs étals des milliers de titres tous plus déjantés les uns que les autres, Nanarland le livre des mauvais films sympathiques reprend principalement les longs-métrages disséqués sur le site éponyme mais que l'on redécouvre avec plaisir grâce aux textes inédits de François Cau, membre de la Nanarteam. Ce dernier découpe son ouvrage en sept chapitres : les chefs d’œuvres du nanar, les remakes officiels, les super-héros, les monstres, les films d'horreur, les films polissons et le cinéma d'auteur et de passer à la moulinette des merveilles comme Eaux sauvages, Le Führer en Folie, Robowar, Strike Commando (beeuuarghh), L'Homme Puma, Robot Monster, Birdemic, Carnage (mouwahahahaha...), Le Lac des Morts-Vivants, Super Nichons contre Mafia, j'en passe et des meilleurs.....Bruno Mattei, Godfrey Ho, Juan Piquer Simon, Jean Rollin, Philippe Clair, Roger Corman, Lloyd Kauffman, etc... ce volume de presque 300 pages leur rend honneur sans les assassiner froidement comme l'ont si bien fait bon nombre de pseudo-journaleux méprisants le genre. Anecdotes en pagaille, taglines de la mort qui tue, reproductions d'affiches made in France ou de covers VHS, screen captures choisies avec soin dans le seul but de nous faire rire, bref plutôt bien foutu, Nanarland ze Book est le cadeau parfait pour faire découvrir à vos morpions un cinéma nettement plus savoureux que les merdes infâmes qu'il se tape régulièrement dans les salles obscures.


On reste dans les eighties avec un ouvrage tout spécialement destiné aux quadras (dont je fais partie), un ouvrage contant saisons après saisons l'histoire d'une émission télé qui a permis a beaucoup d'entre nous de découvrir au fond de leur canapé des séries comme La Quatrième Dimension, Au-Delà du Réel, Galactica, Le Prisonnier voire même Doctor Who via un passage éclair dans le vaisseau spatial en carton-pâtes des frangins Bogdnanoff. Les jumeaux super intellos en combinaisons allu, qui à l'époque ne ressemblaient pas encore aux créatures extra-terrestres qu'ils rêvaient de rencontrer, ont su émerveiller neuf ans durant bon nombre de têtes blondes lassées des mangas animés de Récré A2 ou des lapins parlants et sautillants de Croque-Vacances. Mêlant SF, fantastique, sciences et culture populaire, Temps X, le premier magazine TV de SF en France, a sans nul doute contribué à modeler les gouts cinématographiques de toute une génération et rien que pour ça il méritait bien qu'on lui dédie un jour un beau bouquin. Tous les sujets qui y furent abordés à un moment ou à un autre y sont, alors pourquoi s'en priver ?


Les nouveaux King of the Bis en France, les petits gars de chez Artus, nous sortent après le fameux Joe D'Amato Le réalisateur Fantôme (incontournable celui-là aussi), un nouvel objet culte de plus de 2 kgs : Jess Franco ou les prospérités du bis signé par Alain Petit, grand défenseur du cinéma bis et véritable encyclopédie vivante du genre. Vous adorez Franco ? Alors jetez-vous vite sur ce qui semble être la bible ultime consacrée à ce réalisateur hors du commun. Vous ne l'aimez pas ? Eh bien procurez-vous le quand même, vous risquez d'être agréablement surpris. Il faut bien avouer que quand Artus sort un bouquin il ne le fait jamais avec le dos de la cuillère et autant dire qu'on attend tous comme des gosses leur prochain titre: Bruno Mattei, itinéraires bis par David Didelot. D'ores et déjà réservé.


Tout beaux et tout dégoulinants de matières cérébrales fraichement extraites de la cafetière des meilleurs auteurs gerbeux du moment, voilà que déboulent les trois derniers titres de la collection Trash. Et on peut dire que les petits copains de la désormais cultissime maison d'édition, digne descendante de la collec' Gore au Fleuve Noire, savent vraiment comment rassasier notre faim en degueulasseries littéraires. Mais je vous reparlerai de ces trois romans une fois digérés, histoire de garder un peu de suspense. D'ici là, ne trainez pas et foncez illico sur le site des joyeux trasheux.


Et pour finir, mon chouchou du moment destiné exclusivement aux péquins qui lisent la langue de shakespeare (et qui la comprennent ça peut aider), ZE bouquin tout spécialement destiné à ceux qui trainent leur guêtres sur ce blog depuis ses débuts et qui ont apprécié mes trads de la série TV Friday The 13th : Curious Goods, Behind the Scenes of Friday The 13th The Series. Rédigé par une fan pure et dure du show, Alyse Wax, ce pavé dissèque un par un chacun des 72 épisodes, nous gratifiant d'une floppée d'anecdotes, de photos de tournage et d'interviews (Louise Robey, John D. LeMay, Steven Monarque, Frank Mancuso Jr., Jim Henshaw, Timothy Bond, Fred Mollin, Rob Hedden, Armand Mastroianni... à l'exception de Chris Wiggins tout le monde a répondu présent). Là aussi il aura fallu attendre presque trente piges pour enfin voir débouler un ouvrage en hommage à cette série mais ça en valait la peine.


RAYON GALETTES

Continuons par nos chères galettes numériques qui, comme chaque année à la même période, émergent à la pelle sur les étals des revendeurs, voire sont carrément bradées sur certains sites. On ne fera pas de pub pour certaines supermultinationales pleines aux as mais plutôt pour les petits éditeurs bien pensants qui eux, savent mieux que quiconque, comment contenter les amoureux de ciné Bis que nous sommes.
Alors vous faites pas chier avec des purges immondes comme le dernier Four Fantastic (jamais vu une telle merde depuis Annabelle) où le Honte-Man made in Marvel et jetez- vous là-dessus.


On commence avec deux Gialli tout frais sortis de la litière du Chat Qui Fume : L'Affaire de la Fille au Pyjama Jaune de Flavio Mogherini avec Ray Milland, la troublante Dalila Di Lazzaro et Mel Ferrer, et Journée Noire pour un Bélier de Luigi Bazzoni avec Franco Nero et Silvia Monti.
Et quand on voit les sublimes packagings présentés ci-dessus on se dit que l'éditeur, qui nous avait déjà offert un Venin de la Peur des plus époustouflants qualitativement parlant il y a quelques mois, a une fois de plus mis les petits plats dans les grands.


Ce dernier nous promet aussi la sortie de l'Antéchrist d'Alberto De Martino pour le début de l'année prochaine, du bluray de La Nuit des Diables de Giorgio Ferroni, ainsi que d'un nouveau Cannibal movie transalpin dont je tairai le nom (le matou toxico a en effet promis de venir chier tous les jours sur mon paillasson si je vendais la mèche). Avec de telles promesses on sait désormais ce que fume le félin, et croyez-moi c'est de la bonne !


Autre boite incontournable du moment : Artus (encore eux ?) qui nous exhume carrément une petite bombe espagnole aux terribles relents italiens, le chef d’œuvre de Jorge Grau, Le Massacre des Morts-Vivants. Dire que l'on attendait impatiemment ce précurseur de la vague zombiesque ritale à venir en ces milieu des 70's est un euphémisme. Une fois de plus une galette particulièrement bien soignée avec en guise de bonus une interview du maestro David Didelot venu tout spécialement nous parler du long-métrage (n'oublie pas mon bouquin sur Mimie Mathy, David). On y ajoute un petit diaporama d'affiches et de photos et emballez c'est pesé, on fonce acheter le bordel sur le site du nounours cinéphile (ah j'ai oublié de vous dire qu'il vous suffisait de cliquer sur le nom de l'éditeur en vert pour y avoir directement accès).


Du coté de chez Uncut Movies on trouve une autre gâterie made in italia, le Madhouse d'Ovidio G. Assonitis où la magnifique Trish Everly (mais pourquoi a-t-elle laissé tomber le cinéma cette déesse ?) a maille à partir avec une frangine chtarbée qui a décidé de lui pourrir son anniversaire en trucidant tout son entourage. Fleurant bon les eighties, ce petit film introuvable constitue un divertissement succulent qu'il serait dommage d'ignorer.
Ah, on les aime encore plus les deux p'tits gars d'Uncut quand ils nous balancent des trucs comme ça, surtout si on n'est pas trop amateurs de barbaques teutonnes et de tortures pelliculées en provenance de chez la mère Merkel.


Encore un Giallo chez Ecstasy of Films et pas des moindres: Qui l'a Vue Mourir ? d'Aldo Lado avec George Lazenby et Anita Strindberg,
où l'ex mister Bond traque un tueur de fillettes au milieu des canaux vénitiens.
Acteurs au top, photographie incroyable, décors à pleurer, musique de Morricone à écouter en boucle, bref que du tout bon de la part d'un éditeur qui nous prévoit pour 2016 le Punisher avec Lundgren et SURTOOOOOUT le Macabro (Baiser Macabre) de Lamberto Bava (avec peut-être même un Blu-ray).
Aaaahhh je t'aime Ecstasy !!!!!!


On passe outre-manche avec la sortie chez 88 Films du très attendu (du moins pour ma pomme) bluray du Zombi 3 signé Fulci/Mattei. J'en vois déjà qui doivent se questionner sur la quantité de produits illicites que peut bien s'enfiler l'éditeur anglais pour oser proposer ce film en HD. Que ces grincheux passent donc leur chemin et laissent les vrais amoureux de bis rital se pignoler de joie devant le somptueux visuel et les multiples bonus que nous offre cette galette bleutée. Avec son italian collection, 88 nous prouve une fois de plus qu'elle a une paire de bollocks grosse comme celle d'un éléphant !


Et puisqu'on en est à parler de pachydermes, Elephant Films, qui ont enfin édité les fameuses suites des Universal Monsters restées pendant bien trop longtemps dans les limbes (du moins chez nous), annonce trois nouveaux opus pour le premier trimestre 2016 : Le Fils de Dracula, La Fille de Dracula et La Maison de Dracula. Trois DVD qu'il était vraiment temps de voir débouler, les versions US étant dispos depuis plus de quinze ans.

Bon normalement après tout ça votre portefeuille doit crier famine mais au moins vous pourrez passer les froids mois d'hiver qui s'annoncent en bonne compagnie. Gardez tout de même quelques brouzoufs de coté pour l'année à venir car croyez-moi elle va finir d'achever votre compte en banque.

vendredi 27 novembre 2015

CONTAMINATION.7 (1990)


Josie, jeune campagnarde, revient dans sa bourgade natale après plusieurs années d'exil dans la grande ville. Au cours du trajet qui la ramène vers sa famille elle rencontre Susan, laquelle cherche à rejoindre Seattle en bus pour retrouver son boy-friend. Cette dernière, lamentablement oubliée sur une station service pendant que le chauffeur était parti soulager sa vessie, est sauvagement tuée par des racines carnivores, résultat improbable du déversage je-m’en-foutiste de déchets toxiques dans la forêt environnante par une centrale nucléaire. A peine arrivée à destination, Josie réalise alors que ces mêmes plantes commencent à boulotter tout son entourage. 
A elle et à son prétendant Matt de convaincre un patelin incrédule et légèrement arriéré que le cauchemar a déjà commencé.

"- J'vous jure ma p'tite dame. Ici on fait pousser des salades grosses comme des Chevrolets.
Et j'vous parle pas des concombres, de vraies matraques. Si ça vous dit j'peux vous en refiler un ou deux.
- Bordel mais qu'est-ce que c'est que ce bled de dégénérés. Il est quand le prochain bus pour Seattle l'ancêtre ?
- Dans trois semaines ma p'tite dame.
- Ouh putaaiiinnnn..... je sens que ça va être long."


Contamination.7, produit en 1990 par Filmirage, la boite de production de Joe D'Amato, est, à l'instar de bon nombre de produits italiens de la même période, connu sous diverses autres appellations. On trouve du "Creepers", du "Crawlers", du "Radice Assassine" et même du "Troll 3" histoire de coller à une autre prod Filmirage de la même année, le délicieusement débile Troll 2 signé Claudio Fragasso, alors que ni le second ni ce troisième opus n'ait un quelconque lien avec le film réalisé par John Carl Buechler en 1986 pour ce bon vieux Charles Band. Pourquoi Troll 3 alors qu'il est ici question de plantes carnivores ? Nul ne le sait et tout le monde s'en fout.
Le fait que ce machin destiné au marché vidéo soit avant tout réalisé par Mister D'amato lui-même (ici sous son pseudo de David Hills) et son poto Fabrizio Laurenti (aka Martin Newlin) constitue le seul véritable intérêt qui pourrait nous pousser à le mater.
Laurenti, les dingos de bis barjot sauce bolo, s'en souviendront surtout pour son Démoniaque Présence" (alias Witchcraft, Witchery, Evil Encounters, Malefiche Presenze, Ghosthouse 2, La Casa 4.... n'en jetez plus, que le dernier ferme la porte en sortant) où le permanenté David Hasselhoff affrontait une Linda Blair une nouvelle fois possédée par on ne sait quel esprit dégueulasse au cœur d'une vieille bâtisse délabrée paumée sur une ile déserte. Un long-métrage pas vraiment inoubliable mais à l'ambiance suffisamment malsaine pour que n'importe quel aficionado de fantastique transalpin daigne s'y attarder (moi perso j'aime bien). Deux ans après ce premier forfait, Laurenti, secondé au scénario par Rossella Drudi (les scripts de Troll 2, Zombie 4:After Death, Robowar... bref, vous m'avez compris) remet donc le couvert avec ce Contamination.7 et autant le dire tout de suite : que ceux qui ont détesté Démoniaque Présence passent rapidos leur chemin s'ils ne veulent pas se crever les yeux au bout des 90 minutes réglementaires imposées par cette merveille, voire limite se percer les tympans histoire de ne plus jamais avoir à entendre de tels dialogues aptes à leur flinguer le peu de neurones qui pourraient leur rester. Car oui, Contamination.7 c'est du lourd. Du très lourd. Et c'est pour ça qu'il mérite d'être vu par nous tous, pauvres masos que nous sommes.

"- On appelle qui ?
- Oui, qui ?
- Je ne sais pas mais nous devons demander de l'aide."

Les propos de ces charmants protagonistes ne vous ont même pas arrachés un sourire ? Normal puisque je ne les ai pas traficotés comme à mon habitude. Tout ce que vous venez de lire provient bel et bien du film dont nous parlons. Avec Contamination.7 nous ne sommes résolument pas chez Audiard. Ici pas de joutes verbales mémorables, tous les dialogues sentent bon le terroir, un peu comme si les réalisateurs tenaient absolument à nous faire partager la consanguinité prononcée qui semble être de rigueur dans cette charmante petite ville de Littleton. Littleton, le paradis du péquenaud trépané, des putes au rabais qui arpentent les bistrots en quête de gogos, des prolos alcoolos, et dont les écoles semblent  visiblement s'arrêter au cours élémentaires afin que le QI moyen de la jeunesse locale ne dépasse pas dans un avenir proche celui de leurs géniteurs. Impossible de nier le fait que la connerie est congénitale chez les Littletonniens. Prenons l'exemple de la petite Josie (la brune Mary Sellers, aperçue dans le Bloody Bird de Soavi, La Maschera Del Demonio de notre copain Lamberto, La Maison du Cauchemar de Lenzi ou le 11 days, 11 Nights du même D'Amato) qui, bien qu'elle ait passé pas mal de temps chez les citadins, voit le naturel revenir au galop une fois rentrée au bercail. Jalouse, capricieuse, râleuse, elle a tout pour plaire; sa relation amoureuse avec le blondinet Matt (Jason Saucier) ferait presque passer Al et Peggy Bundy pour les nouveaux Roméo Juliette. Quand Josie pleurniche qu'elle s'est fait piquer par des orties son copain lui rétorque qu'elle préférerait surement se rouler dedans avec ses amis de la ville plutôt qu'avec lui. Et ce dernier de prendre une grande tarte dans la gueule avant d'aller se taper la première femme de joie venue. C'est comme ça que ça marche à Plouctown. Si l'amour est dans le pré, il sent sacrément le purin. Ou alors est-ce la vision que se fait ce bon vieux Joe d'une love-story, qui sait ? Reconnaissons toutefois que le jeu des acteurs, déjà fortement plombé par un texte au ras des pâquerettes, ne fait rien pour arranger les choses, ceux-ci donnant en permanence l'impression qu'ils sont en train de chercher ce qu'ils ont à dire. On sait que D'Amato était le roi du tournage-éclair mais d'ici à l'imaginer en train de tenir le script caméra au poing devant ses comédiens afin qu'ils ne perdent pas de temps à apprendre leurs dialogues, il faut quand même pas pousser. Si le couple vedette est déjà pas mal en son genre, il n'arrive nullement à la cheville du shérif interprété par un certain Vince O'Neill. Forcément sous tranxène au vu de la lenteur qu'il manifeste pour aligner deux mots (gardez votre calme s'il vous contrôle en bagnole, ça peut prendre un certain temps), ricanant surtout quand ce n'est pas drôle, possédant un égo surdimensionné et entouré d'adjoints encore plus débiles que lui, on se dit qu'heureusement que Littleton n'est peuplée que d'inoffensifs neuneus sinon ce serait un beau merdier.
C'est pas Shérif fais-moi peur mais presque...

"- Et il est où ton cadavre, blondinet ? Hein il est où ?
  C'est qu'faut t'y pas m'prendre pour un bolosse mon mignon. On m'la fait pas à moi.
- Sauf votre respect shérif, je vous rappelle que vous mesurez moins d'un mètre cinquante et que si vous arrivez actuellement à 
me postillonner en pleine face c'est parce que justement vous avez les deux pieds sur le macchabée en question.
- Quoi ? En plus on fait le mariole ? Ton compte est bon, j'te coffre pour outrage à agent p'tit con !"

Pour venir secouer tout ce beau petit monde atrophié du bulbe par autant de défaillance cérébrale généralisée, il fallait bien un vilain entrepreneur peu scrupuleux qui, afin d'économiser quelques pesos, s'en va balancer ses fûts de déchets toxiques dans les bois. Des bois qui ne semblent pas aimer la chose puisque la végétation va dés lors subir une étrange mutation qui pousse les racines de chaque végétal à se métamorphoser en liane assoiffée de sang humain. Ben oui, vous vous rendez pas compte du budget qu'il aurait fallu débourser pour animer des chênes entiers vous. On roule pas sur l'or chez Filmirage. Déjà que le dino en carton-pâte d'Eastman pour son Metamorphosis leur avait couté une blinde alors cette fois pas question de péter la tirelire, quelques tentacules en plastoc animés à l'arrache dans lesquels feront semblant de s'entortiller les comédiens et vogue-la-galère. Bela Lugosi l'a bien fait chez Ed Wood, pourquoi s'emmerder ? Le pire c'est qu'on arrive parfois à y croire, mais pas souvent malheureusement. On pourra quand même noter un défonçage de crâne assez bien foutu où les végétaux pénètrent par la bouche de l'infortuné avant de ressortir par l'œil, c'est toujours ça.
Pourtant, malgré le peu de moyens attribués aux effets spéciaux, les metteurs en scènes tiennent malgré tout à ce que leurs créatures alignent un maximum de cadavres, le dernier tiers du métrage prenant un malin plaisir à flinguer la quasi totalité du casting. Tonton Joe est généreux, mais ça on le savait. Tellement généreux qu'il tente, comme à son habitude, d'apporter une certaine qualité esthétique à son œuvre en exploitant au mieux les verts pâturages mis à sa disposition. Que ce soit lui ou son comparse Laurenti on sent que chacun a voulu apposer sa patte sur le produit fini, d'où bien souvent un aspect décousu où les scènes s'enchainent à une vitesse hallucinante sans réelle signification. L'arrivée de Josie à Littleton est ainsi constamment entrecoupée d'images de camions transportant des déchets radioactifs ou de scènes absolument inutiles et inintéressantes comme celles où Matt joue aux cartes avec son père tout en ne parlant pour ne rien dire. C'est un peu le bordel mais c'est assez marrant.

"- Et là tu vois ce sont des feuilles de Glandouiller que j'ai ramassé la semaine dernière dans la forêt près de la centrale nucléaire.
On les reconnait grâce à leur dentition et à leur faculté à s'entre-dévorer.
J'ai dû les coller sinon elles se bouffent entre elles ces connes. Hé, tu m'écoutes, frangine ?
- Heu... ouais, ouais, très intéressant. Ça te dit pas de regarder Porno Holocaust plutôt ?
Parait qu'ça déchire grave.
- Non, c'est bon je l'ai déjà maté trois fois ce mois-ci."

Tout gourmand que nous sommes, de telles choses nous donnent déjà sacrément l'eau à la bouche. Pourtant ce qui fait la réelle saveur de ce Contamination.7 ce sont ses multiples incohérences et les incroyables réactions des différents personnages face à diverses situations.
Prenons quelques exemples pêle-mêle (bon ok, c'est un peu exagéré mais on n'est pas loin de la vérité):

"- Ça y est les voilà ces fûts de déchets toxiques !
- Où ? J'vois que dalle !
- Ben ouvre les yeux ducon ! Là juste en dessous ! "

"- Ah ouais ! Putain ils étaient bien planqués ces cons-là. Sans l'hélico on les aurait jamais trouvés.
C'est bizarre pourtant je viens me balader tous les jours dans le coin avec mon chien et j'avais rien remarqué.
- Celui qui a six pattes et une teub de 90 centimètres ?
- Ouaip c'est ça.
- Ben merde, je sais pas qui est le plus con. Toi ou ton clébard."

"- Bon, atterris papy, faut aller voir ça de plus près.
Pose-toi au milieu de ce tas de ronces.
- Alright buddy !"

"Arrghhhhh.... nom de dieu  aide-moi, elles essaient de me bouffer ces ronces de m....."

"- Oh mon dieu mais quelle horreur ! 
Ah non mais..... ah merde c'est franchement trop horrible... j'arrive pas à y croire. 
Si je ne voyais pas ça de mes propres yeux je dirais que je suis en train de mater un de ces nom de dieu de nanars ritals dont raffole 
mon crétin de fils... ah non mais c'est dingue... j'te jure j'en reviens pas... c'est vraiment atroce.... ah non mais alors là.... 
- Ta gueule et viens m'aider ! Arrffff....."

"- Hmmmmm... attends... hmmm... chaipas, j'hésite.... est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux que j'aille chercher de l'aide avec l'hélico ? 
C'est qu'elles ont l'air hachement dangereuses ces saloperies... attends je réfléchis.... hmmmmm...
- Cough ! Arffhh... mais magne-toi le cul bordel ! Prends la tronçonneuse à l'arrière de ton coucou ! Vite !"

"Non c'est bon, bouge pas je vais chercher les copains au bistrot du village. J'reviens vite !"

" Arrrrrhh... 'culé ! J'te connais tu vas en profiter pour descendre quelques binouzes avant.
Espèce de..... arghhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!"

Trois heures plus tard
"- Ça y est ma couille, chuis là et j'ai amené des renforts ! Hé, t'es où ?
BUUUURRRRPPPPPPPPPPPPP !!!!!!!!
- Putain c'est quoi ce bruit ? Bon tant pis, allez les bouseux, puisqu'on est là on va en profiter pour nettoyer tout ce merdier !"

"- Yo papy, tu crois pas que c'est dangereux de manipuler tous ces fûts hautement radioactifs comme ça à la main ?
- Meuh non, si ça l'était tu crois que la centrale les aurait balancés comme ça en pleine cambrousse ?
- Yep, t'as raison ! Allez au boulot les potos ! Putain mine de rien c'est lourd ces merdes on en a pour des plombes à tout déblayer !"

"- Ouais t'as raison Paulo. Attends j'vais chercher les bulldozers !
On va enterrer ça vite fait bien fait et retourner s'envoyer des binouzes au bistrot !
- Yeah, t'es trop intelligent papy !
- Que veux-tu, faut bien un cerveau dans ce patelin de consanguins !"

Si tout ça ne vous a pas donné envie de vous jeter furieusement sur ce film alors je n'y comprends plus rien, surtout si vous avez déjà apprécié des machins comme Troll 2 ou Démoniaque Présence. Avec Contamination.7 la connerie ambiante est portée à son maximum et il faut bien reconnaitre que les œuvres abordant le thème des végétaux assassins ne courent pas non plus les rues. L'amateur de bis lambda, élevé aux produits made in Italia, saura faire la part des choses. Il fermera les yeux sur le jeu catastrophique des acteurs, sur les SFX plus que craignos, sur l'action parfois un peu trop mollassonne et se recentrera sur ce que ce film est réellement : l'un des derniers témoignages de ce que nos copains transalpins savaient faire à la fin du vingtième siècle avant que la télévision ne vienne leur couper l'herbe sous le pied et transformer en parmesan râpé toute une culture cinématographique aujourd'hui considérée comme l'une des plus savoureuses. Que l'on frissonne ou que l'on se pisse dessus de rire en regardant un bon bis italien, l'essentiel c'est qu'il ne nous laissera jamais indifférent. Et croyez-moi Contamination.7 est bien placé pour vous le prouver. Merci Big Joe ! Putain, tu nous manques mec !

"Alors si j'ai bien compris vous venez râler parce que D'Amato ne vous a pas assez payés pour son, je vous cite, 
film de merde qui va nous faire passer pour de grosses buses ?"

"- Ouaip mec, t'as tout pigé. Il nous a dit qu'avec cette daube on serait des stars et au contraire on passe pour des grosses burnes.
Alors fuck mon pote, c'est toi le distributeur alors t'assumes les conneries de l'autre blaireau de D'Amato 
et tu craches les thunes ou on te colle un procès au cul.
- Ouais, chuis d'accord avec mon mec, crache le flouze tarlouze !"

"Hé, hé, attendez, j'ai dû mal entendre. Vous avez dit quoi ?
De quoi vous avez traité Joe ? Son film est quoi ? Vous allez faire quoi ?"

"Heu... non respect mec. D'Amato est le meilleur réal au monde. Orson Welles est une fiotte à coté.
On est trop fiers d'avoir joué dans Contaminatruc poinsette, j'te jure. C'était pour rigoler.
On aurait même payé d'notre poche pour jouer dedans. D'ailleurs c'est quand qu'on fait la suite ?"

Le lien que je vous propose provient de My Duck is Dead, le tout agrémenté de sous-titres maison faits de A à Z
(puutaaiiin qu'est-ce que c'est long...):

Bonzaïs sous stéroïdes 



UN TRAILER UN PEU POURRAVE

video

ET QUELQUES AFFICHES BIEN FENDARDES

- Yeah, t'as vu l'affiche de la mort qui tue que j'ai bidouillé pour ce nanar ?
J'y ai collé la ganache qu'on voit sur celle d'Incidents de parcours de Romero histoire que ça pète encore plus.
- D'la balle mec ! Au fait les argentins nous en ont commandé une autre. Tu peux t'en occuper ?
- No problemo amigo !"

- Putain mec, tu t'es planté d'affiche quand t'y as collé le titre !
Les argentins vont encore gueuler !
- Bah, t'inquiète ! De toute façon personne va le mater ce machin débile ! 
Allez, amène-toi, papy nous attend au bistrot pour l'anniversaire de Tonton Jack ! 
Qu'est-ce qu'on va se mettre !"