dimanche 7 décembre 2014

Nouveautés TRASH : Magouilles, tango et gore à gogo.

Pour reprendre les mots de DAVID DIDELOT, maestro du fanzine VIDEOTOPSIE, la collection GORE du FLEUVE NOIR constituait dans les années 80 le complément parfait pour tous les amoureux de cinéma fantastique.
La disparition de cette dernière en 1990 a laissé un grand vide dans le cœur de ces derniers et il fallu attendre plus de 20 ans pour qu'un nouvel éditeur prenne le relais.
TRASH, fondée par de véritables fans de GORE, a su s'imposer comme le digne successeur de cette dernière en proposant 9 petits romans bien cradingues en moins de deux ans.
Les trois nouveaux viennent tout juste de sortir et je me suis empressé, comme à chaque fois, de les dévorer avec une impatience non contenue.
La première chose qui me vient à l'esprit une fois le dernier de ces bouquins englouti, c'est qu'à l'image de la défunte collection GORE, la diversité chez TRASH est vraiment de rigueur.... pour notre plus grand plaisir.

                                                               CHAROGNE TANGO de Brice Tarvel

Après "SILENCE ROUGE", BRICE TARVEL est de retour chez TRASH avec un nouveau roman pas piqué des hannetons.
A l'image du Gilbert de "LA CHAIR SOUS LES ONGLES", nous suivons ici les tribulations de Gonzalo, jeune parisien né en Argentine, dont le passe-temps favori est de trucider des danseuses de tango, un genre musical qu'il affectionne tout particulièrement.
Ce bouquin aurait pu être un énième roman nous narrant les boucheries orchestrées par un psychopathe aux goûts particuliers mais il n'en est rien du tout.
Le pauvre Gonzalo jouissant d'une malchance presque digne de celle d'un Pierre Richard sociopathe se retrouve dans des situations impossibles après chacun de ses méfaits, un peu comme si le sort s'acharnait sur lui dés qu'il entreprenait de quitter le droit chemin.
Agissant d'instinct, le jeune homme n'anticipe aucunement les éventuelles conséquences de ses gestes, ne se questionne jamais sur l'identité de ses victimes, n'imagine même pas que la Police puisse un jour s'intéresser à lui.
Tout ceci va bien sûr lui retomber dessus au moment le plus improbable, lui rappelant qu'il n'est pas donné à tout le monde de devenir serial killer; ce qui nous vaudra des scènes loufoques comme celle où Gonzalo a du mal à charger une femme égorgée sur sa moto, regrettant de ne pas avoir emmené un second casque pour éviter un éventuel contrôle routier; ou celle où, en acceptant d'accompagner sa future victime chez elle, se retrouve en présence des gamines chtarbées de celle-ci et d'une panthère faisant office de chien de garde.
Trash oblige, BRICE TARVEL nous plonge à nouveau dans un univers de crasse, de tripes et de viande froide comme on les aime et évite tout temps mort en donnant un rythme effréné à son roman, imposant un schéma bien précis à ce dernier : Gonzalo tue, se retrouve dans une merde pas possible, s'en sort comme il peut, tue à nouveau, se retrouve dans la mouise, etc.....
Et on se surprend, tout comme dans "LA CHAIR SOUS LES ONGLES" à prendre parti pour le meurtrier, nous demandant à chaque fois comment ce dernier va se sortir du pétrin alors qu'il vient de démastiquer froidement une représentante de la gent féminine.
On cautionne ses actions sous le simple prétexte que l’intéressé a une aversion prononcée pour le sexe opposé, que sa vie est bien morne auprès d'une mère et d'une frangine qu'il traine comme de véritables boulets, que ses pulsions meurtrières semblent débrancher son propre cerveau à chaque fois qu'elles se manifestent.
Et ne parlons pas de la belle Patchouli, jeune psychopathe bien allumée elle-aussi, qui, dans tout ce foutoir, tombe éperdument amoureuse de Gonzalo.
Malgré toutes les saloperies que cette dernière cumule également, on espère au fil des pages qu'elle va finalement parvenir à conquérir le cœur de son hidalgo barjot.
La guigne qui accompagne nos protagonistes doit-elle nous laisser penser que pour le sieur TARVEL le crime ne paie pas ?
Que nenni, car au travers tous les emmerdes que rencontre notre tueur, celui-ci, au final, sera récompensé de la plus belle des manières et franchement on est bien content pour lui.
En bref, du très grand TARVEL avec un bouquin digne des meilleurs GORE du FLEUVE NOIR.

                                                                NUIT NOIRE de Christophe Siebert

On passe à la vitesse supérieure avec la réédition de "NUIT NOIRE" de CHRISTOPHE SIEBERT, assurément l'un des summums de la collection en matière d'abject.
Entièrement écrit à la première personne, NUIT NOIRE nous raconte en 150 pages la vie d'un homme dénué de tout sens moral.
Sociopathe, obsédé sexuel, vicieux et sadique, l'individu porté sur tout ce qui normalement rebuterait l'être humain "normal", grandit auprès d'une mère nymphomane qui se sert de lui comme d'un substitut à son défunt mari (ça commence bien), transformant petit à petit un gamin déjà bien à la masse en une véritable machine à tuer.
Sombrant dans une folie progressive qui lui fait voir toutes sortes de créatures infernales répugnantes et perverses, l'homme, gagné par son instinct animal, devient le pire des prédateurs, celui qui marche parmi nous sans éveiller le moindre soupçon, qui commet les pires atrocités sans jamais être découvert ou puni.
Se vautrant constamment dans ses sécrétions, oscillant régulièrement entre le réel et l'imaginaire, reléguant les autres au rang d'objets destinés à satisfaire ses propres besoins, il représente ce qui peut se faire de pire en matière d'inhumanité.
Et croyez-moi, rien ne vous sera épargné si vous vous décidez à suivre les pérégrinations de cette ordure : viol, inceste, pédophilie, nécrophilie, torture, cannibalisme, meurtre....
CHRISTOPHE SIEBERT ne fait pas dans la dentelle et nous pond l'un des romans les plus gerbeux qui soit.
Et pourtant, une fois passées les premières pages qui nous mettent tout de suite dans l'ambiance et qui nous retournent sensiblement l'estomac, on se surprend à ne plus pouvoir lâcher le bouquin.
Hypnotisé par tant d'horreurs, gagné par une certaine envie de voyeurisme ou peut-être tout bonnement désireux de savoir ce qu'il va arriver au protagoniste principal, on assiste impuissants à une enfilade de monstruosités toujours plus poussées au fur et à mesure que grandit leur instigateur.
Tant et si bien qu'au bout d'un certain temps, celui-ci ne nous apparait plus comme le monstre qu'il est mais bel et bien comme un homme malade qui cherche, à sa manière, à calmer ses instincts les plus vils.
Ce livre aurait pu simplement être une compilation de scènes gores repoussant toujours plus loin les limites de l'abject pour nous filer la gerbe et voir jusqu'à quel point l'insoutenable est tolérable, mais c'est sans compter sur l'incroyable qualité d'écriture de l'auteur qui parvient à nous tenir en haleine en nous balançant en pleine gueule les atrocités les plus ignobles sans jamais atteindre le paroxysme de l'insoutenable.
SIEBERT, à grands coups de tripailles, de merde et de sperme, nous envoute d'une façon magistrale qui ne s'était peut-être jamais vue jusqu'à présent (à part dans L’ÉCHO DES SUPPLICIES de JOEL HOUSSIN).
La parution d'un tel livre à la fin des années 80, alors que la collection GORE subissait régulièrement des critiques incendiaires, aurait à coup sûr réinstauré l'autodafé.
Un excellent choix donc de la part des p'tits gars de chez TRASH.

                                                                    MAGIE ROUGE de Philippe Ward

Et pour nous reposer du décapant "NUIT NOIRE", la TRASH Team nous offre en guise de digestif  "MAGIE ROUGE" de PHILIPPE WARD, un écrivain qu'il n'est désormais plus utile de présenter et qui, rappelons-le, est "le" grand gourou des éditions RIVIERE BLANCHE et de ses multiples collections en hommage aux glorieuses années du FLEUVE NOIR.
Il choisit ici comme toile de fond le milieu de la politique avec la guerre que se livrent deux candidats aux élections municipale d'un patelin nommé Campagne-sur-Arize.
Une guerre où tous les coups sont permis, même (et surtout) les plus bas : menaces, tortures, meurtres, la place est chère et se doit être obtenue à n'importe quel prix par nos deux bonhommes à l'ambition démesurée.
Et quand jouer au salopard n'est pas suffisant, pourquoi ne pas s'octroyer les services de sorcières qui, à l'aide de quelques sorts bien placés, enverront ad-pâtres les éventuels gêneurs.
Ce roman aurait tout aussi bien pu s'appeler "Sorcellerie, sexe et magouilles politiques" et PHILIPPE WARD n'hésite pas à dépeindre une image bien lamentable des pratiques utilisées par nos bons dirigeants dans leur quête pour arriver au pouvoir; une image qui n'est au final pas très loin de la réalité quand on voit les scandales politiques survenus ces dernières années (no somment).
En fin de compte on se demande ce que pourrait donner les futures élections présidentielles si les candidats prenaient exemple sur les héros de "MAGIE ROUGE".
Ce ne serait surement pas joli-joli mais en tous cas on se fendrait bien plus la poire que d'écouter leurs discours pompeux et leurs promesses mensongères.
Sur le blog des éditions TRASH nous apprenons qu'en réalité PHILIPPE WARD à écrit ce bouquin il y a 25 ans et qu'il le destinait tout spécialement à la collection GORE.
Tombé dans l'oubli après la disparition de cette dernière, il ressort aujourd'hui sous une superbe couverture signée Willy Favre et, même si le récit à parfois tendance à partir un peu dans tous les sens, a sans conteste le parfum savoureux de cette littérature horrifique des années 80-90 que l'on affectionnait tant.
Indéniablement, "MAGIE ROUGE" aurait largement mérité sa place chez GORE.
Et quant à ceux qui se demande encore comment on peut associer politique et magie noire (ou rouge dans le cas présent), les dernières lignes de ce douzième roman estampillé TRASH, leur démontreront que les deux sont hautement compatibles puisqu'il semble y régner le même état d'esprit. 


Si vous êtes intéressés par ces infâmes petits romans, une seule adresse :
http://trasheditions.wix.com/trasheditions


Si vous voulez en savoir plus sur la littérature horrifique du moment, filez vite chez ZAROFF (auteur du NIGHSTALKER chez TRASH) et LEONOX:
http://gorezaroff.over-blog.com/

                                                                             Et toujours en vente chez ARTUS:
 

6 commentaires:

  1. Nous sommes très heureux que tu aies apprécié cette nouvelle fournée, Oncle Jack.
    Comme nous te l'avons déjà dit, ton indéfectible soutien nous est très précieux.
    Je profite donc de l'occasion offerte par ce superbe article pour t'en remercier une nouvelle fois.
    Parce qu'en cas de force majeure, il convient de ne jamais hésiter à se répéter. Dont acte.

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  2. Merci pour la pub et pour cette magnifique chronique.

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  3. Marrant ce revival néo Gore!!!!
    De la bonne lecture pour les cabinets privés ;)
    le lecteur "inutile de frapper j'ai pas finit mon chapitre."
    l'autre "trop tard j'ai arraché les page hier pour me tor...r."
    "et si tu sorts pas je fais popo devant la porte"
    Après on t'étonne des faits divers du genre "il l'étouffe avec un balais à chiotte en invoquant Mr Propre"
    Alors que planqué derrière la couverture de "Télé Z" ni vu ni connu......^^

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  4. Vu que tu nous sembles être un mec peu recommandable, le lien de ton blog est désormais activé sur le blog de Zaroff & Léonox. En prime, tu as droit à une sucette au coca et un paquet de chips. Pour un modeste chèque de 25 euros, on peut t'envoyer un colis. Bises à toi et merci pour tes merveilleuses chroniques.

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  5. Yeah ! Coca ! Mon parfum préféré !
    Un grand merci à vous !

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