mercredi 17 décembre 2014

JODY, L'INNOCENCE DU MAL (1996)


Ah noël !
Les rues illuminées à outrance qui vont encore faire grimper en flèche vos prochains impôts locaux, le merchandising forcé pour vous obliger à acheter une babiole débile à belle-maman que cette dernière foutra au rebut une fois passées les fêtes, le gavage traditionnel lors de repas qui coutent les yeux de la tête, le génocide de milliers de famille de pauvres sapins qui n'ont rien demandé à personne et que l'on vient travestir et exposer dans son salon à la manière des filles de joies qui se pavanent derrière les vitrines d'Amsterdam, les pères noël alcoolos qui découpent en morceaux de pauvres bulgares fabricants de Doubitchoux et qui s'amusent à refiler les morceaux de ces derniers aux pauvres bestioles injustement séquestrées du zoo de Vincennes, les crétins qui s'entassent dans les supermarchés et qui se foutent sur la courge pour le dernier Transbranleur commandés par leurs mioches....
Car le pire dans ces satanés fêtes de noël ce sont bien tous ces morveux capricieux qui commandent des conneries hors de prix à Santa Claus et que leurs parents se voient contraints d'acheter en flinguant leur compte en banque sous le simple prétexte que leurs charmantes têtes blondes croient encore en l'existence d'un vieux grigou qui, à bord d'un traineau volant, vient une fois par an leur refiler tout ce qu'ils désirent. (Quoi ? Comment ça noël ça me fout les boules ?)
Satanés mioches !
Même le fameux "si t'es pas sage le père noël passera pas" ne marche plus; pensez bien que cela fait des lustres que nos bambins ont compris que ce genre de menace n'était jamais mis en application.
D'ailleurs, la petite Jody du film que nous allons aborder aujourd'hui a très bien assimilé ce concept puisque pour elle le gros barbu ne passe plus depuis belle lurette.

                                                  "Comment ça le père noël il existe pas ?
                                                   Redis-le et je te jure qu'au lieu de cette Barbie pouffiasse que tu voulais
                                                   lui commander c'est d'un nouveau râtelier que t'auras besoin."

Alors que Bashung clamait qu'il n'aurait jamais dû ouvrir à la rouquine carmélite, Don et Barbara Mitchell eux, ont décidé d'en adopter une, à la seule différence que celle-ci n'a jamais dû foutre les pieds dans une église.
Âgée de onze ans, ce poil de carotte en jupon, passablement fêlée de la cafetière, ne recule devant rien pour s'assurer l'amour de ses parents; et tout particulièrement de son père.
Se débarrassant illico presto du moindre gêneur, la petite Jody, passée maitre dans l'art de trucider les gens en toute impunité, aligne les cadavres plus vite que sa copine Esther.
Grand-mères casse-burettes, directrices d'écoles acariâtres, mamans fouineuses, Jody n'est pas du genre à tolérer quiconque viendrait perturber son petit quotidien bien tranquille.
Pourtant, l'arrivée d'une cousine orpheline au sein du cocon familial va très vite menacer les sombres machinations de la petite peste.

                                 "- Mais non Jody, je t'ai demandé le rouleau de ruban pour accrocher les boules sur le sapin !
                                  - Oh désolé papa, j'avais compris le marteau géant pour broyer tes boules.
                                  - QUOI ?!"

Sorti directement chez nous en VHS à la fin des années 90, "JODY, L'INNOCENCE DU MAL" est un sympathique petit film réalisé par MARTIN KITROSSER, déjà responsable du cinquième opus des "DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT" et qui est principalement connu pour son rôle de "script supervisor" sur la totalité des films de QUENTIN TARENTINO.
Il participa également aux scénarios des cinq premiers "VENDREDI 13", d' "X-MEN L'AFFRONTEMENT FINAL" (le plus nul de la série pourtant) et de "DUMB AND DUMBER".
Passant aisément de la comédie graveleuse au film d'action stéroïdé, KITROSSER n'impose aucun de ces deux genres dans l’œuvre qui nous intéresse aujourd'hui.
Ici, on n'est pas là pour rigoler même si la teigneuse JODY se permet, tel le joyeux FREDDY KRUEGER, quelques répliques humoristiques bien placées après chacun de ses forfaits.
Colérique, capricieuse, hypocrite, menteuse et dénuée de tout sentiment envers autrui, la rouquine ne tolère que deux personnes dans sa vie, ses parents adoptifs.

                                           "- Dis donc Jody, je viens de recevoir plusieurs factures assez singulières.
                                              353 $ pour une scie circulaire, 270 billets pour une tenue sado-maso commandée
                                              chez Démonia, 123 $ pour des fouets à clous chez "Whipmyboule", 3200 mètres
                                              de corde à linge à 5 dollars le mètre, 89 $ de sacs poubelles taille maxi...
                                            - Alors là je sais pas du tout papa. Vois ça avec ta nièce. 
                                              Elle se fringue déjà comme une p..., alors ça m'étonnerait pas qu'elles se livrent
                                              à certains jeux olé-olé si tu vois ce que je veux dire. "

Image typique d'une fillette perturbée trimbalée de foyers en familles adoptives suite à un horrible drame familial qui l'a privé de ses vrais parents, Jody fait une véritable fixation sur l'image parfaite que doit donner la famille lambda.
Ainsi, quand la mère de Barbara Mitchell conseille à sa fille de divorcer sous prétexte que son mari est un bon à rien, la gamine règle immédiatement le problème en poussant la vieille peau dans les escaliers.
Ayant trouvé le meurtre comme solution de facilité pour régler tous ses petits tracas, Jody va ainsi mettre le doigt dans un engrenage sanguinaire qui va la pousser à commettre toujours plus d'atrocités, l'entrainant inévitablement à se retourner contre ceux qui l'aiment véritablement.

                                                                            "Hé maman, on joue à chat perché ?"

                                                                  "Perdu ! T'es vraiment nulle à ce jeu-là m'man !"

Depuis "LE VILLAGE DES DAMNES" en 1960, les tueurs en culottes courtes ont toujours tenu une place bien particulière dans le cinéma fantastique.
Revenant parcimonieusement hanter les petits et grands écrans, ils opèrent la plupart du temps en bande (la saga des ENFANTS DU MAIS, EDEN LAKE), sont les victimes d'une étrange contamination qui les transforment en machine à tuer (le sublime LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000, THE CHILDREN, DE SI GENTILS PETITS MONSTRES ou encore LES TUEURS DE L'ECLIPSE), sont des usurpateurs (ESTHER qui fait plus jeune que son âge) ou sont carrément les rejetons de Satan (DAMIEN qu'on ne présente plus); mais ils agissent très rarement dans le seul et unique but de s'octroyer l'amour de quelqu'un.
Jody est donc un cas un peu à part.
Doit-on plus la plaindre que l'incriminer ?
Difficile à dire quand on voit la tête à claque qu'elle se trimballe.
KITROSSER a su en effet trouver la gamine idéale pour incarner son héroïne : GABRIELLE BONI, déjà aperçue dans une tripotée de séries TV et qui poursuivra d'ailleurs sa carrière dans le même registre.
Reconnaissons quand même que la petite rouquine a sacrément grandie et qu'elle n'a plus vraiment un physique à donner envie de décoller des calottes.
Qui a dit qu'elle mériterait quand même bien une fessée ?
Non mais voyons, c'est la photo ci-dessous qui vous fait dire ça ?


Dans le rôle du papa-gâteau fabricant de jouets profondément gaga de sa fifille (le titre original n'est-il pas DADDY'S GIRL ?) on retrouve le blondinet WILLIAM KATT, un acteur particulièrement actif dans les décennies 70 à 90 (CARRIE de DE PALMA, HOUSE de STEVE MINER, le remake version 1995 de PIRANHA, le téléfilm MORSURES et ses serpents à sonnette particulièrement envahissants, etc....).
A ses cotés, en guise de maman surbookée qui doit trimer pour deux afin de nourrir sa famille, se tient une autre habituée des feuilletons ricains: MICHELLE GREEN; tandis que la belle ROXANA ZAL campe une nièce sceptique et débrouillarde qui va tenter de révéler au monde entier que sa cousine n'est pas si sympa que ça.

                                  "Tonton me regarde bizarrement depuis qu'il a parlé à Jody au sujet des factures chéros.
                                   Et puis m'offrir un martinet et une boule-baillon pour mon anniversaire c'est un peu chelou".

N'attendez pas de ce "DADDY'S GIRL" un film de genre tendu comme un string à l'image du "ESTHER" de JAUME COLLET-SERRA; nous nageons ici dans une petite série B sans prétention qui semblait dés le départ destiné au marché de la vidéo.
Jody tue, certes, mais pas question d'effusions de sang à gros bouillons ou de découpage à coups de hachoir.
Les victimes chutent (un peu trop souvent) dans les escaliers, se prennent des objets contondants sur le coin du bocal ou sont défenestrées; pas de quoi révolutionner le genre ou satisfaire les spectateurs les plus exigeants.
Toutefois un rythme plutôt bien mené, qui évite tout temps morts, nous permet de passer une bonne heure et demie sans véritablement s'ennuyer.
Et même si certaines actions de Jody semblent un peu abracadabrantesques (il faut la voir arpenter les rues de son quartier sur son petit vélo tel un fauve aux aguets ou déplacer les objets les plus lourds sans beaucoup de difficultés), l'ensemble du long-métrage reste très recommandable pour tous ceux qui veulent passer un bon moment sans trop se prendre le chou.

                                        "Allo la SAMSE ?
                                         Oui c'est encore Mme Mitchell. Dites-moi j'aurais besoin de deux tronçonneuses pour couper 
                                         quelques bras... heu.. branches pardon, 350 kilos de ciment pour couler une dame...heu..une dalle
                                         et 10 bouteilles de Chloripicrine pour tuer des blaireaux.
                                         Vous mettrez tout ça comme d'hab sur le compte de mon mari.
                                         Oui, je sais que j'ai une voix qui fait plus jeune que mon âge, et alors ?"


Rendez-vous après noël avec un joli conte pour ch'tis n'enfants totalement inédit signé SERGIO MARTINO.


8 commentaires:

  1. Encore une chro bien fendarde , dans ton coté fils de PUTTERS !
    Cette chucky en chair et en os ,effectivement ne casse pas trop des briques , mais toujours mieux qu'une guimauve niaiserie père noël-ienne qui vont affubler sur les ondes ! l'occasion peut etre d'amener gentiment nos petites tetes blondes au genre coté soft !
    En attendant j'ai passé un très bon moment a te lire !

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    1. Fils de Putters ?
      Je n'ai malheureusement pas le talent de ce brave homme mais c'est un joli compliment.
      Je suis content que mon petit article t'ait fait passé un bon moment (c'est le but) et je te souhaite de bonnes fêtes.

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    2. Brave homme mon cul !!!!!!
      Je l'ai croisé un jour furax vaut mieux pas être dans ses pattes......
      mais même lorsqu'il tire la tronche il est trognon^^

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  2. Merci Oncle Jack et Coudinou pour ce film rare.

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  3. Merci pour cette rareté avec sa Punky Brewster psychopathe, excellentes fêtes a tous

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  4. Ah oui dis-donc, la gamine a bien grandi. Non mais je veux dire vraiment très bien grandi ! Je suis volontaire pour lui administrer une fessée..............et la consoler juste après.

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    1. Bonjour Coudinou, pourrais-tu me donner un lien pour telecharger ce film qui me tente bien. Merci d'avance

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  5. Bonjour, le lien est mort :( est-il possible de le réuploadé où de récupérer le film autre part ? Merci part avance.

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