dimanche 28 décembre 2014

LA REINE DES HOMMES-POISSONS (1995)


En 1979, le réalisateur SERGIO MARTINO, spécialisé depuis une dizaine d'années dans le western, le film policier ou le giallo, s'essaie au genre fantastique avec "LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS", une copie "allo scoglio" de "L'ILE DU DOCTEUR MOREAU" de DON TAYLOR.
Considéré lors de sa sortie comme "un film honnête mais sans plus", "LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS" gagnera au fil des décennies le statut d’œuvre culte chez tous les amateurs de cinéma bis transalpin.
Par la suite MARTINO alternera des longs-métrages du même acabit avec plus ou moins de succès (le sympathique "GRAND ALLIGATOR" ou le pas terrible "CRIMES AU CIMETIÈRE ÉTRUSQUE") tout en tournant quelques sexy-comédies avec EDWIGE FENECH (miam !) ou LINO BANFI (heu... moins miam là) et ce jusqu'en 1983 où il se permettra de copier un autre film à succès (NEW YORK 1997) avec le succulent 2019, APRÈS LA CHUTE DE NEW YORK.
En se basant sur un scénario globalement identique à celui du film de JOHN CARPENTER, le bon SERGIO nous offre un spectacle généreux et totalement fun (j'en connais même certains qui le préfèrent au chef d’œuvre de Big John).
Bref, le réalisateur a toujours un été un des meilleurs artisans du cinéma italien jusqu'en 1993, date à laquelle il ne tournera plus que pour la télévision (à quelques exceptions près).
Et c'est pour cette dernière qu'il met en boite en 1995 cette soi-disant suite au CONTINENT DES HOMMES-POISSONS et, malgré tout le respect que je dois à ce grand homme, ce n'est peut-être pas ce qu'il a fait de mieux.
Une fois terminé, LA REGINA DEGLI UOMINI PESCE (titre original de LA REINE DES HOMMES-POISSONS pour ceux qui ne captent rien à l'italien) restera inédit pendant treize ans avant d'être diffusé pour la toute première fois sur la chaine IRIS puis sur ITALIA 1.
Pourquoi ce film s'est-il retrouvé aussi longtemps au placard ?
La réponse tient probablement dans le fait que LA REINE DES HOMMES-POISSONS est un machin étrange composé à 20% de scènes piquées dans 2019 et dans LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS et de 80 % d'une espèce de conte fantastique pour gamins.

    Hé, c'est 2019, APRES LA CHUTE DE TRUCMUCHE avec son le chinois chtarbé bouffeur de rats !
 
                                                                       Heu... ah ben non, j'aurais juré pourtant....

A la première vision du truc en question, je me suis dit que je m'étais trompé de film.
Tout d'abord persuadé d'avoir mis par erreur la galette de "2019, APRÈS LA CHUTE DE NEW-YORK" dans mon lecteur je me suis vite rendu compte que quelque chose clochait.
Que pouvaient bien foutre ces deux mioches débiles en plein milieu d'une opération de désinfection new-yorkaise menée par les méchants Euraks rebaptisés "Warriors" pour l'occasion ?
Ils chassent des rats pour les bouffer ?
Ah bon, d'accord, soit....
Les deux mouflets nommés Sam et Tom, pourchassés par les Euraks... heu, les Warriors, se réfugient dans le coffre d'une voiture pour y passer la nuit mais pas de bol pour eux, la caisse en question est celle d'un coureur automobile au look destroy qui s'apprête justement à concourir face à un autre adversaire aussi dégénéré que lui (ce qui nous permet ainsi de nous retaper dans son intégralité la course de stock-cars de 2019).
Légèrement secoués, les gamins accompagnent ensuite leur nouvel ami pilote dans sa tentative de fuir New-York au volant d'une super bagnole au blindage de la mort qui tue que même les méchants ils peuvent pas détruire (Et hop, nouvelle scène de poursuite volée dans 2019).


Malheureusement, les vilains auront raison de notre Mad Max du pauvre, obligeant les moutards a trouvé refuge auprès d'un vieil ermite qui campe au bord de la mer.

                                                "- Oh Papy ! C'est pas parce qu'on est en 2022 après l'apocalypse qu'il faut
                                                    qu'on mange toutes sortes de saloperies.
                                                    Comment tu l'appelles le machin que tu cuisines ?
                                                 - Un Big Mac mais vu que les bœufs ont disparu j'ai remplacé la bidoche
                                                   habituelle par du hachis de rat d'égout.
                                                 - Et c'est quoi la différence ?"

Désireux d'accomplir une vieille prophétie trouvée dans un grimoire trimballé par nos jeunes héros, il conduit ces derniers jusqu'à une ile paradisiaque où règne une souveraine diabolique qui a transformé tous ceux qui s'opposaient à elle en hommes-poissons (et hop, c'est parti pour les scènes piquées dans LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS).
Les malheureux sont depuis obligés de hanter les profondeurs marines afin de ramener à la méchante reine un trésor caché dans l'antique cité de l'Atlantide.
Faut dire qu'elle ne prête pas à rire la vilaine : kidnapping de canidé, séquestration de mineurs, recel de vol, maltraitance à animaux, chantage, sorcellerie....
Elle serait pas entourée d'eau qu'elle croupirait déjà au fond d'un cachot.
Pendant ce temps, Pegaso, le prince de l'ile en question, métamorphosé en créature mi-Mimie Mathy mi-poisson à lunettes court de partout afin de libérer sa fiancée victime d'un sortilège qui l'a changée en statue de bois.

                                         " Hého y'a quelqu'un ?
                                           Si vous m'entendez vous pouvez m'enlever ce masque cadenassé à ma tête ?
                                           Ce con d'Olivier Minne m'a attaché ça sur le crane avant de me balancer du
                                           haut du Fort Boyard pour voir jusqu'où je pourrai nager et je dois dire qu'après
                                           deux semaines de brasse je sais pas trop où je me trouve. Hého !
                                           .......putain, je le retiens l'autre avec ces blagues à la c.."

Vous n'y comprenez plus rien ?
Rassurez-vous, c'est normal; le script se modelant au fur et à mesure que MARTINO parvient à caser les scènes tirées des ces précédentes œuvres, plongeant l'intégralité du long-métrage dans le bordel le plus complet et ce jusqu'à un final absolument hallucinant (je vous laisse découvrir cela par vous-même).
Principalement réservé à un public dont la moyenne d'âge ne dépasse pas 10 ans, "LA REINE DES HOMMES-POISSONS" se présente donc comme un véritable patchwork mêlant à la fois science-fiction, héroïc fantasy, comédie enfantine et fantastique; en gros un joyeux merdier absolument indigne du grand SERGIO.
Le fait d'incruster des scènes de "2019" au reste du téléfilm s'avère en grande partie assez réussi et il est difficile pour les spectateurs qui ne connaissent pas les longs-métrages originaux de faire la différence entre les séquences réutilisées et les nouvelles.
Ce qui n'est pas vraiment le cas avec le recyclage du "CONTINENT DES HOMMES-POISSONS"; occasionnant une différence notable entre les bestioles en titre du film de 1978 et celui de 1995.
La preuve :

                                                                                            Version 78

                                                                                            Version 95

Pire encore, la scène où la reine est poursuivie par ses créations nous montre ces dernières comme étant de pauvres figurants au torse nu et seulement vêtus de pantalons noirs, de gants griffus et de masques en carton pâte.




Mais oui chers amis, ces joyeux trublions bondissants sont bien des hommes-poissons qui auraient logiquement dû ressembler à ça :


C'est du propre tout ça signor MARTINO !
Si on ajoute quelques longueurs en milieu de métrage, certains dialogues qui feraient passer Nabilla pour une érudite, de multiples incohérences (un perso ressuscite sans que l'on sache vraiment pourquoi) et une idylle entre le jeune Sam et une sauvageonne qui prête à rire plus qu'elle n'émeut  alors on comprend mieux l raison pour laquelle ce film est resté enfermé pendant des plombes.
Rassurez-nous Sergio, vous étiez endetté... vous deviez payer la rançon de votre belle-mère prise en otage par des copy-cats du tueur de "TORSO".... on a menacé de bouffer votre chien.... il doit bien y avoir une raison à la réalisation de ce machin bon dieu ?
Un gosse nourri aux téléfilms diffusés par Gulli y trouverait peut-être son compte mais certainement pas le fan de la première heure.

                                            "Bonjour je m'appelle Pegaso. Je suis le jeune et beau prince d'une ile paradisiaque
                                             perdue au milieu de l'océan, je suis plein aux as et je cherche une jeune et belle
                                             princesse avec laquelle je pourrais partager mon royaume et plus si affinités.
                                             N'hésitez pas les filles, c'est votre jour de chance."

Seul petit réconfort dans tout ça: la présence dans le rôle titre de la sculpturale RAMONA BADESCU, sublime beauté roumaine et célèbre actrice en Italie qui s'est même lancée dans la politique en 2008 auprès du maire de Rome GIANNI ALEMANNO.
Ah si elle pouvait venir faire un petit tour au gouvernement français, ça nous changerait de nos dinosaures habituels (tu as déjà ma voix Ramona).


"LA REGINA DEGLI UOMINI PESCE" lui permet d'en faire des tonnes dans son rôle de sorcière mégalo et nous donne l'occasion d'apprécier ses talents de contorsionniste lors d'une scène assez gratinée.

                                                  "Alors la gamine possédée descend les escaliers dans cette position
                                                   et se met à gerber partout dans la baraque.
                                                   Puis elle se redresse et s'écrie....."

                                          " BAAAAAAAHHHHH !!!! TA MERE SUCE DES BIGORNEAUX  EN ENFER !!!!"

                                              "Et alors ses yeux s'illuminent couleur vert gerbeux et sa tête commence
                                               à faire des 360 sur elle-même comme si elle avait bouffé des bulots avariés."

                                                      "- Oh comme vous racontez bien les histoires ma reine !
                                                       - Un peu trop bien même, je commence à tourner de l’œil ....
                                                         Je sens que c'est moi qui vais finir par gerber..."

En définitif, est-il bien raisonnable de regarder ce téléfilm ?
Raisonnable peut-être pas mais hautement recommandable si vous voulez vous fendre la poire entre copains.
Ce n'est certes pas très sympa de parler ce cette manière d'une œuvre réalisée par un des meilleurs metteurs en scène italien mais il est impossible de visionner ce truc sans se marrer comme un bossu.
C'est soit ça soit on est affligé devant un tel mic-mac et on balance direct le film à la benne.
Personnellement je me suis beaucoup amusé à chercher quelles scènes étaient issues des premières œuvres de MARTINO et à regarder de quelle façon celui-ci les a réutilisées, ainsi que la manière dont le script s'adapte après chacune d'entre elles pour tenter de garder un minimum de cohérence.
Franchement, si vous laissez de coté l'envie furieuse de distribuer des claques aux deux mioches insupportables et que vous guettez la bave aux lèvres les apparitions de la belle RAMONA, vous pouvez passer un bon moment.


Il n'existe que deux éditions DVD de ce film.
La première est celle parue aux USA chez MYA (pistes anglaises et italiennes sans sous-titres) et la seconde est une édition allemande sortie chez MARKETING comprenant sur un même disque les deux aventures des hommes-poissons de MARTINO (pistes anglaises et allemandes sans sous-titres).
La version proposée ici est un DVD Rip en italien et comme il n'existait aucun fichier srt concernant cette œuvre je me suis tapé la traduction de celle-ci de A à Z (time-code + texte en français).
J'espère donc que tout cela vous permettra d'apprécier cette curiosité à sa juste valeur.

https://1fichier.com/?h1qyypg9uq

Au lieu du trailer habituel dont tout le monde se fout, voici quelques clichés de la charmante RAMONA.



Maintenant que vous vous êtes bien rincés l’œil je vous souhaite à tous de bonnes fêtes !


vendredi 26 décembre 2014

Friday The 13th The Series Saison 2 Episodes 25 & 26 - Fin de saison


La deuxième saison de FRIDAY THE 13TH se termine aujourd'hui avec, en guise de cadeau de noël, les derniers épisodes.

Dans le premier, Johnny, nouveau compagnon d'infortune de nos trois chasseurs d'objets maudits, se retrouve derrière les barreaux.
Soupçonné d'avoir tué son père il va devoir faire tout son possible pour prouver son innocence, le véritable coupable étant bien entendu en possession d'une antiquité vendue par Lewis (en l’occurrence une veste d'aviateur permettant à son propriétaire de devenir invisible).
Le dernier épisode oppose l'équipe de Curious Goods à un coven, association de sorciers et de sorcières, dont la grande prêtresse, ancien bras droit du vieux Vendredi, envoute le pauvre Ryan afin que celui-ci précipite la victoire finale du démon sur nos héros.
Le sortilège dont est victime le jeune homme est en quelque sorte une mise en bouche face à ce qui l'attend dans l'apocalyptique premier épisode de la saison 3 où il sera contraint de laisser définitivement sa place à Johnny.
Que va-t-il lui arriver ?
Pour le savoir il vous faudra patienter quelques mois, le temps de prendre un peu d'avance sur la traduction des 20 derniers épisodes de la série.
J'espère en tout cas  que cette seconde saison totalement inédite vous a permis de mieux apprécier ce show injustement négligé de par chez nous.

Vous pouvez également retrouver l'intégralité des épisodes de cette seconde saison dans la fiche consacrée à la série.


                                         "- Bon, c'est décidé Jack, on ferme la boutique et on se tire en station quelques mois.
                                             Franchement avec ce qu'on a dégusté cette saison on a bien mérité un petit break.
                                             Regardez Micki, elle tient même plus debout avec tous les Martini qu'elle s'envoie et vous,
                                             à force de prendre des beignes, vous allez bientôt ressembler à Ribéry.
                                          - Oui tu as raison Ryan. 
                                            Air frais, ski, tartiflette et vin chaud nous feront le plus grand bien.
                                          - Hic.... tu l'as dit bouffi... hic... za fera du bin un bon vin chaud.... hic !"


 

vendredi 19 décembre 2014

Friday The 13th The Series Saison 2 Episode 24


"- Regardez bien ma chère Gertrude.
Avec ce bel objet issu du folklore indien et que j'ai piqué à mon grand-père Taureau-Couillu, je peux guérir n'importe quelle maladie.



- Ben voyons, prenez moi pour une cruche tant que vous y êtes.
  Vous allez dire que votre machin pourrait... heu, je sais pas moi.... me débarrasser de mon ténia ?
- No problèmo visage pâle, regarde bien ce vieux machin.
  ♪Youkaya Soà Gne Lagross Yaya Kouya ♪
- C'est quoi cette m.... hé, mais...... qu'est-ce qui.....



- Bleeeuuuuaarrrrrrghhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
- Par le grand esprit !
  J'ai oublié que je devais dessouder quelqu'un avant de me servir de cet objet.
  Mais bon, au moins elle a expulsé son ténia.... avec les intestins, mais on n'a rien sans rien."

Quels comiques ces shamans indiens.
Mais si vous en avez ras-le-bol de la médecine par les plantes façon Rika Zarai ou des médocs qui font gerber  recommandés par votre escroc de toubib, vous pouvez toujours rendre une petite visite au guérisseur via la fiche de la série.

mercredi 17 décembre 2014

JODY, L'INNOCENCE DU MAL (1996)


Ah noël !
Les rues illuminées à outrance qui vont encore faire grimper en flèche vos prochains impôts locaux, le merchandising forcé pour vous obliger à acheter une babiole débile à belle-maman que cette dernière foutra au rebut une fois passées les fêtes, le gavage traditionnel lors de repas qui coutent les yeux de la tête, le génocide de milliers de famille de pauvres sapins qui n'ont rien demandé à personne et que l'on vient travestir et exposer dans son salon à la manière des filles de joies qui se pavanent derrière les vitrines d'Amsterdam, les pères noël alcoolos qui découpent en morceaux de pauvres bulgares fabricants de Doubitchoux et qui s'amusent à refiler les morceaux de ces derniers aux pauvres bestioles injustement séquestrées du zoo de Vincennes, les crétins qui s'entassent dans les supermarchés et qui se foutent sur la courge pour le dernier Transbranleur commandés par leurs mioches....
Car le pire dans ces satanés fêtes de noël ce sont bien tous ces morveux capricieux qui commandent des conneries hors de prix à Santa Claus et que leurs parents se voient contraints d'acheter en flinguant leur compte en banque sous le simple prétexte que leurs charmantes têtes blondes croient encore en l'existence d'un vieux grigou qui, à bord d'un traineau volant, vient une fois par an leur refiler tout ce qu'ils désirent. (Quoi ? Comment ça noël ça me fout les boules ?)
Satanés mioches !
Même le fameux "si t'es pas sage le père noël passera pas" ne marche plus; pensez bien que cela fait des lustres que nos bambins ont compris que ce genre de menace n'était jamais mis en application.
D'ailleurs, la petite Jody du film que nous allons aborder aujourd'hui a très bien assimilé ce concept puisque pour elle le gros barbu ne passe plus depuis belle lurette.

                                                  "Comment ça le père noël il existe pas ?
                                                   Redis-le et je te jure qu'au lieu de cette Barbie pouffiasse que tu voulais
                                                   lui commander c'est d'un nouveau râtelier que t'auras besoin."

Alors que Bashung clamait qu'il n'aurait jamais dû ouvrir à la rouquine carmélite, Don et Barbara Mitchell eux, ont décidé d'en adopter une, à la seule différence que celle-ci n'a jamais dû foutre les pieds dans une église.
Âgée de onze ans, ce poil de carotte en jupon, passablement fêlée de la cafetière, ne recule devant rien pour s'assurer l'amour de ses parents; et tout particulièrement de son père.
Se débarrassant illico presto du moindre gêneur, la petite Jody, passée maitre dans l'art de trucider les gens en toute impunité, aligne les cadavres plus vite que sa copine Esther.
Grand-mères casse-burettes, directrices d'écoles acariâtres, mamans fouineuses, Jody n'est pas du genre à tolérer quiconque viendrait perturber son petit quotidien bien tranquille.
Pourtant, l'arrivée d'une cousine orpheline au sein du cocon familial va très vite menacer les sombres machinations de la petite peste.

                                 "- Mais non Jody, je t'ai demandé le rouleau de ruban pour accrocher les boules sur le sapin !
                                  - Oh désolé papa, j'avais compris le marteau géant pour broyer tes boules.
                                  - QUOI ?!"

Sorti directement chez nous en VHS à la fin des années 90, "JODY, L'INNOCENCE DU MAL" est un sympathique petit film réalisé par MARTIN KITROSSER, déjà responsable du cinquième opus des "DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT" et qui est principalement connu pour son rôle de "script supervisor" sur la totalité des films de QUENTIN TARENTINO.
Il participa également aux scénarios des cinq premiers "VENDREDI 13", d' "X-MEN L'AFFRONTEMENT FINAL" (le plus nul de la série pourtant) et de "DUMB AND DUMBER".
Passant aisément de la comédie graveleuse au film d'action stéroïdé, KITROSSER n'impose aucun de ces deux genres dans l’œuvre qui nous intéresse aujourd'hui.
Ici, on n'est pas là pour rigoler même si la teigneuse JODY se permet, tel le joyeux FREDDY KRUEGER, quelques répliques humoristiques bien placées après chacun de ses forfaits.
Colérique, capricieuse, hypocrite, menteuse et dénuée de tout sentiment envers autrui, la rouquine ne tolère que deux personnes dans sa vie, ses parents adoptifs.

                                           "- Dis donc Jody, je viens de recevoir plusieurs factures assez singulières.
                                              353 $ pour une scie circulaire, 270 billets pour une tenue sado-maso commandée
                                              chez Démonia, 123 $ pour des fouets à clous chez "Whipmyboule", 3200 mètres
                                              de corde à linge à 5 dollars le mètre, 89 $ de sacs poubelles taille maxi...
                                            - Alors là je sais pas du tout papa. Vois ça avec ta nièce. 
                                              Elle se fringue déjà comme une p..., alors ça m'étonnerait pas qu'elles se livrent
                                              à certains jeux olé-olé si tu vois ce que je veux dire. "

Image typique d'une fillette perturbée trimbalée de foyers en familles adoptives suite à un horrible drame familial qui l'a privé de ses vrais parents, Jody fait une véritable fixation sur l'image parfaite que doit donner la famille lambda.
Ainsi, quand la mère de Barbara Mitchell conseille à sa fille de divorcer sous prétexte que son mari est un bon à rien, la gamine règle immédiatement le problème en poussant la vieille peau dans les escaliers.
Ayant trouvé le meurtre comme solution de facilité pour régler tous ses petits tracas, Jody va ainsi mettre le doigt dans un engrenage sanguinaire qui va la pousser à commettre toujours plus d'atrocités, l'entrainant inévitablement à se retourner contre ceux qui l'aiment véritablement.

                                                                            "Hé maman, on joue à chat perché ?"

                                                                  "Perdu ! T'es vraiment nulle à ce jeu-là m'man !"

Depuis "LE VILLAGE DES DAMNES" en 1960, les tueurs en culottes courtes ont toujours tenu une place bien particulière dans le cinéma fantastique.
Revenant parcimonieusement hanter les petits et grands écrans, ils opèrent la plupart du temps en bande (la saga des ENFANTS DU MAIS, EDEN LAKE), sont les victimes d'une étrange contamination qui les transforment en machine à tuer (le sublime LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000, THE CHILDREN, DE SI GENTILS PETITS MONSTRES ou encore LES TUEURS DE L'ECLIPSE), sont des usurpateurs (ESTHER qui fait plus jeune que son âge) ou sont carrément les rejetons de Satan (DAMIEN qu'on ne présente plus); mais ils agissent très rarement dans le seul et unique but de s'octroyer l'amour de quelqu'un.
Jody est donc un cas un peu à part.
Doit-on plus la plaindre que l'incriminer ?
Difficile à dire quand on voit la tête à claque qu'elle se trimballe.
KITROSSER a su en effet trouver la gamine idéale pour incarner son héroïne : GABRIELLE BONI, déjà aperçue dans une tripotée de séries TV et qui poursuivra d'ailleurs sa carrière dans le même registre.
Reconnaissons quand même que la petite rouquine a sacrément grandie et qu'elle n'a plus vraiment un physique à donner envie de décoller des calottes.
Qui a dit qu'elle mériterait quand même bien une fessée ?
Non mais voyons, c'est la photo ci-dessous qui vous fait dire ça ?


Dans le rôle du papa-gâteau fabricant de jouets profondément gaga de sa fifille (le titre original n'est-il pas DADDY'S GIRL ?) on retrouve le blondinet WILLIAM KATT, un acteur particulièrement actif dans les décennies 70 à 90 (CARRIE de DE PALMA, HOUSE de STEVE MINER, le remake version 1995 de PIRANHA, le téléfilm MORSURES et ses serpents à sonnette particulièrement envahissants, etc....).
A ses cotés, en guise de maman surbookée qui doit trimer pour deux afin de nourrir sa famille, se tient une autre habituée des feuilletons ricains: MICHELLE GREEN; tandis que la belle ROXANA ZAL campe une nièce sceptique et débrouillarde qui va tenter de révéler au monde entier que sa cousine n'est pas si sympa que ça.

                                  "Tonton me regarde bizarrement depuis qu'il a parlé à Jody au sujet des factures chéros.
                                   Et puis m'offrir un martinet et une boule-baillon pour mon anniversaire c'est un peu chelou".

N'attendez pas de ce "DADDY'S GIRL" un film de genre tendu comme un string à l'image du "ESTHER" de JAUME COLLET-SERRA; nous nageons ici dans une petite série B sans prétention qui semblait dés le départ destiné au marché de la vidéo.
Jody tue, certes, mais pas question d'effusions de sang à gros bouillons ou de découpage à coups de hachoir.
Les victimes chutent (un peu trop souvent) dans les escaliers, se prennent des objets contondants sur le coin du bocal ou sont défenestrées; pas de quoi révolutionner le genre ou satisfaire les spectateurs les plus exigeants.
Toutefois un rythme plutôt bien mené, qui évite tout temps morts, nous permet de passer une bonne heure et demie sans véritablement s'ennuyer.
Et même si certaines actions de Jody semblent un peu abracadabrantesques (il faut la voir arpenter les rues de son quartier sur son petit vélo tel un fauve aux aguets ou déplacer les objets les plus lourds sans beaucoup de difficultés), l'ensemble du long-métrage reste très recommandable pour tous ceux qui veulent passer un bon moment sans trop se prendre le chou.

                                        "Allo la SAMSE ?
                                         Oui c'est encore Mme Mitchell. Dites-moi j'aurais besoin de deux tronçonneuses pour couper 
                                         quelques bras... heu.. branches pardon, 350 kilos de ciment pour couler une dame...heu..une dalle
                                         et 10 bouteilles de Chloripicrine pour tuer des blaireaux.
                                         Vous mettrez tout ça comme d'hab sur le compte de mon mari.
                                         Oui, je sais que j'ai une voix qui fait plus jeune que mon âge, et alors ?"

Si vous pouvez aujourd'hui jeter un œil aux aventures de JODY c'est grâce à COUDINOU qui est venu me proposer un RIP VHS de très bonne qualité, surtout que l’œuvre en question est devenu très difficile à trouver.
Big thanks à COUDINOU !
Et je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de noël (sauf à Jody, elle le mérite pas).

https://1fichier.com/?djx3gr4plo

Rendez-vous après noël avec un joli conte pour ch'tis n'enfants totalement inédit signé SERGIO MARTINO.


vendredi 12 décembre 2014

Friday The 13th The Series Saison 2 Episode 23



"-Bonjour, je me présente, je suis le maestro Anton Pascola, célèbre chorégraphe.
Je me permets de passer une petite annonce sur ce blog diabolique car je recherche ardemment une danseuse pour mon prochain spectacle.
En effet je m'apprète à mettre en scène une adaptation de la vie de Jeanne d'arc et il me faut absolument une jeune vierge prête à s'imprégner du rôle.
Les débutantes sont acceptées car ma dernière acquisition, le Symphonia d'Oncle Lewis  que vous apercevez ci-dessus, leur permettra de danser comme de véritables déesses tout en se mettant dans la peau du personnage.
Je vous ai d'ailleurs concocté une petite représentation avec deux de mes élèves qui vont vous interpréter l'acte final de Roméo et Juliette.
Vous êtes prêts les blaireaux ?

- Oui maestro.
- Je vous ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça.
  Nous sommes entre amis ici.
- Oui, mon seigneur.
- C'est mieux. Allez je démarre le Symphonia. Let's dance !


- Allez, plus vite !
  Bougez-vous un peu le c.. grosses feignasses !
- Oui, mon seigneur.


- Allez bordel !
  C'est à chier tout ça !

- Bon allez, vous êtes des grosses merdes.
  On passe direct au final... la mort des amants.
- Oui sa sainteté.....


- Magnifico !
  Un final à vous laisser sur le carreau !
  Alors vous voyez, ça c'est de la représentation !
  Le seul souci c'est que je dois régulièrement remplacer mes danseurs.
  Alors pour le rôle de Jeanne d'Arc n'hésitez pas, appelez Anton Pascola au  06-66-66-66-66.
  Je vous réserve un accueil chaleureux; et croyez-moi, avec vous je vais foutre le feu à Broadway ! "


Avis donc à tous les jeunes débiles aux dents longues qui en ont ras-le-bol de se faire virer de "La nouvelle star " ou de "L'incroyable talent" !
Avec le Symphonia démoniaque, votre carrière va connaitre une ascension fulgurante.
Mais attention  à la descente.

dimanche 7 décembre 2014

Nouveautés TRASH : Magouilles, tango et gore à gogo.

Pour reprendre les mots de DAVID DIDELOT, maestro du fanzine VIDEOTOPSIE, la collection GORE du FLEUVE NOIR constituait dans les années 80 le complément parfait pour tous les amoureux de cinéma fantastique.
La disparition de cette dernière en 1990 a laissé un grand vide dans le cœur de ces derniers et il fallu attendre plus de 20 ans pour qu'un nouvel éditeur prenne le relais.
TRASH, fondée par de véritables fans de GORE, a su s'imposer comme le digne successeur de cette dernière en proposant 9 petits romans bien cradingues en moins de deux ans.
Les trois nouveaux viennent tout juste de sortir et je me suis empressé, comme à chaque fois, de les dévorer avec une impatience non contenue.
La première chose qui me vient à l'esprit une fois le dernier de ces bouquins englouti, c'est qu'à l'image de la défunte collection GORE, la diversité chez TRASH est vraiment de rigueur.... pour notre plus grand plaisir.

                                                               CHAROGNE TANGO de Brice Tarvel

Après "SILENCE ROUGE", BRICE TARVEL est de retour chez TRASH avec un nouveau roman pas piqué des hannetons.
A l'image du Gilbert de "LA CHAIR SOUS LES ONGLES", nous suivons ici les tribulations de Gonzalo, jeune parisien né en Argentine, dont le passe-temps favori est de trucider des danseuses de tango, un genre musical qu'il affectionne tout particulièrement.
Ce bouquin aurait pu être un énième roman nous narrant les boucheries orchestrées par un psychopathe aux goûts particuliers mais il n'en est rien du tout.
Le pauvre Gonzalo jouissant d'une malchance presque digne de celle d'un Pierre Richard sociopathe se retrouve dans des situations impossibles après chacun de ses méfaits, un peu comme si le sort s'acharnait sur lui dés qu'il entreprenait de quitter le droit chemin.
Agissant d'instinct, le jeune homme n'anticipe aucunement les éventuelles conséquences de ses gestes, ne se questionne jamais sur l'identité de ses victimes, n'imagine même pas que la Police puisse un jour s'intéresser à lui.
Tout ceci va bien sûr lui retomber dessus au moment le plus improbable, lui rappelant qu'il n'est pas donné à tout le monde de devenir serial killer; ce qui nous vaudra des scènes loufoques comme celle où Gonzalo a du mal à charger une femme égorgée sur sa moto, regrettant de ne pas avoir emmené un second casque pour éviter un éventuel contrôle routier; ou celle où, en acceptant d'accompagner sa future victime chez elle, se retrouve en présence des gamines chtarbées de celle-ci et d'une panthère faisant office de chien de garde.
Trash oblige, BRICE TARVEL nous plonge à nouveau dans un univers de crasse, de tripes et de viande froide comme on les aime et évite tout temps mort en donnant un rythme effréné à son roman, imposant un schéma bien précis à ce dernier : Gonzalo tue, se retrouve dans une merde pas possible, s'en sort comme il peut, tue à nouveau, se retrouve dans la mouise, etc.....
Et on se surprend, tout comme dans "LA CHAIR SOUS LES ONGLES" à prendre parti pour le meurtrier, nous demandant à chaque fois comment ce dernier va se sortir du pétrin alors qu'il vient de démastiquer froidement une représentante de la gent féminine.
On cautionne ses actions sous le simple prétexte que l’intéressé a une aversion prononcée pour le sexe opposé, que sa vie est bien morne auprès d'une mère et d'une frangine qu'il traine comme de véritables boulets, que ses pulsions meurtrières semblent débrancher son propre cerveau à chaque fois qu'elles se manifestent.
Et ne parlons pas de la belle Patchouli, jeune psychopathe bien allumée elle-aussi, qui, dans tout ce foutoir, tombe éperdument amoureuse de Gonzalo.
Malgré toutes les saloperies que cette dernière cumule également, on espère au fil des pages qu'elle va finalement parvenir à conquérir le cœur de son hidalgo barjot.
La guigne qui accompagne nos protagonistes doit-elle nous laisser penser que pour le sieur TARVEL le crime ne paie pas ?
Que nenni, car au travers tous les emmerdes que rencontre notre tueur, celui-ci, au final, sera récompensé de la plus belle des manières et franchement on est bien content pour lui.
En bref, du très grand TARVEL avec un bouquin digne des meilleurs GORE du FLEUVE NOIR.

                                                                NUIT NOIRE de Christophe Siebert

On passe à la vitesse supérieure avec la réédition de "NUIT NOIRE" de CHRISTOPHE SIEBERT, assurément l'un des summums de la collection en matière d'abject.
Entièrement écrit à la première personne, NUIT NOIRE nous raconte en 150 pages la vie d'un homme dénué de tout sens moral.
Sociopathe, obsédé sexuel, vicieux et sadique, l'individu porté sur tout ce qui normalement rebuterait l'être humain "normal", grandit auprès d'une mère nymphomane qui se sert de lui comme d'un substitut à son défunt mari (ça commence bien), transformant petit à petit un gamin déjà bien à la masse en une véritable machine à tuer.
Sombrant dans une folie progressive qui lui fait voir toutes sortes de créatures infernales répugnantes et perverses, l'homme, gagné par son instinct animal, devient le pire des prédateurs, celui qui marche parmi nous sans éveiller le moindre soupçon, qui commet les pires atrocités sans jamais être découvert ou puni.
Se vautrant constamment dans ses sécrétions, oscillant régulièrement entre le réel et l'imaginaire, reléguant les autres au rang d'objets destinés à satisfaire ses propres besoins, il représente ce qui peut se faire de pire en matière d'inhumanité.
Et croyez-moi, rien ne vous sera épargné si vous vous décidez à suivre les pérégrinations de cette ordure : viol, inceste, pédophilie, nécrophilie, torture, cannibalisme, meurtre....
CHRISTOPHE SIEBERT ne fait pas dans la dentelle et nous pond l'un des romans les plus gerbeux qui soit.
Et pourtant, une fois passées les premières pages qui nous mettent tout de suite dans l'ambiance et qui nous retournent sensiblement l'estomac, on se surprend à ne plus pouvoir lâcher le bouquin.
Hypnotisé par tant d'horreurs, gagné par une certaine envie de voyeurisme ou peut-être tout bonnement désireux de savoir ce qu'il va arriver au protagoniste principal, on assiste impuissants à une enfilade de monstruosités toujours plus poussées au fur et à mesure que grandit leur instigateur.
Tant et si bien qu'au bout d'un certain temps, celui-ci ne nous apparait plus comme le monstre qu'il est mais bel et bien comme un homme malade qui cherche, à sa manière, à calmer ses instincts les plus vils.
Ce livre aurait pu simplement être une compilation de scènes gores repoussant toujours plus loin les limites de l'abject pour nous filer la gerbe et voir jusqu'à quel point l'insoutenable est tolérable, mais c'est sans compter sur l'incroyable qualité d'écriture de l'auteur qui parvient à nous tenir en haleine en nous balançant en pleine gueule les atrocités les plus ignobles sans jamais atteindre le paroxysme de l'insoutenable.
SIEBERT, à grands coups de tripailles, de merde et de sperme, nous envoute d'une façon magistrale qui ne s'était peut-être jamais vue jusqu'à présent (à part dans L’ÉCHO DES SUPPLICIES de JOEL HOUSSIN).
La parution d'un tel livre à la fin des années 80, alors que la collection GORE subissait régulièrement des critiques incendiaires, aurait à coup sûr réinstauré l'autodafé.
Un excellent choix donc de la part des p'tits gars de chez TRASH.

                                                                    MAGIE ROUGE de Philippe Ward

Et pour nous reposer du décapant "NUIT NOIRE", la TRASH Team nous offre en guise de digestif  "MAGIE ROUGE" de PHILIPPE WARD, un écrivain qu'il n'est désormais plus utile de présenter et qui, rappelons-le, est "le" grand gourou des éditions RIVIERE BLANCHE et de ses multiples collections en hommage aux glorieuses années du FLEUVE NOIR.
Il choisit ici comme toile de fond le milieu de la politique avec la guerre que se livrent deux candidats aux élections municipale d'un patelin nommé Campagne-sur-Arize.
Une guerre où tous les coups sont permis, même (et surtout) les plus bas : menaces, tortures, meurtres, la place est chère et se doit être obtenue à n'importe quel prix par nos deux bonhommes à l'ambition démesurée.
Et quand jouer au salopard n'est pas suffisant, pourquoi ne pas s'octroyer les services de sorcières qui, à l'aide de quelques sorts bien placés, enverront ad-pâtres les éventuels gêneurs.
Ce roman aurait tout aussi bien pu s'appeler "Sorcellerie, sexe et magouilles politiques" et PHILIPPE WARD n'hésite pas à dépeindre une image bien lamentable des pratiques utilisées par nos bons dirigeants dans leur quête pour arriver au pouvoir; une image qui n'est au final pas très loin de la réalité quand on voit les scandales politiques survenus ces dernières années (no somment).
En fin de compte on se demande ce que pourrait donner les futures élections présidentielles si les candidats prenaient exemple sur les héros de "MAGIE ROUGE".
Ce ne serait surement pas joli-joli mais en tous cas on se fendrait bien plus la poire que d'écouter leurs discours pompeux et leurs promesses mensongères.
Sur le blog des éditions TRASH nous apprenons qu'en réalité PHILIPPE WARD à écrit ce bouquin il y a 25 ans et qu'il le destinait tout spécialement à la collection GORE.
Tombé dans l'oubli après la disparition de cette dernière, il ressort aujourd'hui sous une superbe couverture signée Willy Favre et, même si le récit à parfois tendance à partir un peu dans tous les sens, a sans conteste le parfum savoureux de cette littérature horrifique des années 80-90 que l'on affectionnait tant.
Indéniablement, "MAGIE ROUGE" aurait largement mérité sa place chez GORE.
Et quant à ceux qui se demande encore comment on peut associer politique et magie noire (ou rouge dans le cas présent), les dernières lignes de ce douzième roman estampillé TRASH, leur démontreront que les deux sont hautement compatibles puisqu'il semble y régner le même état d'esprit. 


Si vous êtes intéressés par ces infâmes petits romans, une seule adresse :
http://trasheditions.wix.com/trasheditions


Si vous voulez en savoir plus sur la littérature horrifique du moment, filez vite chez ZAROFF (auteur du NIGHSTALKER chez TRASH) et LEONOX:
http://gorezaroff.over-blog.com/

                                                                             Et toujours en vente chez ARTUS:
 

vendredi 5 décembre 2014

Friday The 13th The Series Saison 2 Episode 22


"- Alors comme ça je ne sais pas me servir d'une queue hein ?
  - Arf.... je parlais d'une queue de billard poulette.... arrh....
  - Ah, et quand tu disais 'tu casses les boules', c'était aussi relatif au billard peut-être ?
  - Ben oui..... arrrgh... c'était à toi de commencer la partie..... heurf...
    Bordel, y'a pas à dire, t'es vraiment une bille au billard !
  - Surement, mais comme tu le vois c'est un jeu qui nécessite d'avoir des tripes, et c'est pas ton cas !
  - Feck... c'est la dernière fois que je joue au billard avec une gonzesse... arghhh...
  - Ça c'est sûr."

Qui a dit que le billard était un sport d'homme ?
Même une femme peut exceller à ce jeu.... à condition d'avoir acheté le matériel adéquat chez l'oncle Lewis bien évidemment (je plaisante mesdames).
En tous cas la nouvelle recrue de chez Curious Goods, Johnny, va vite se rendre compte qu'il n'est pas facile de récupérer des objets maléfiques.
Surtout quand ils sont entre les mains d'une jolie donzelle bien pétée de la cafetière.

lundi 1 décembre 2014

LE PORTE DELL' INFERNO (1989)



Le scientifique Maurizio Fessner vient de battre le record de survie en profondeur en ayant passé plus de 70 jours dans une grotte située à une soixantaine de mètres de la surface. Alors que ses collègues s’apprêtent à le faire remonter pour fêter ça, Maurizio semble être soudainement pris de folie, affirmant être menacé par une entité diabolique. Perdant alors tout contact avec lui, ses amis décident de lui porter secours en emmenant avec eux un couple d'étudiants spécialisés en archéologie.
Une fois sur place ils découvrent dans une crypte une inscription murale parlant de sept moines disciples de Satan qui auraient été ensevelis en ces lieux et qui reviendraient tous les 700 ans trucider sept hérétiques. Comme cela fait tout juste sept siècles, les curetons maléfiques sortent de leur repos éternel et commencent à dézinguer notre petit groupe d'aventuriers du dimanche piégés dans les profondeurs de la terre.

                                           "Allo Maurizio ?
                                            Maurizio, tu m'entends ?  Comment ça se passe là en dessous ?
                                            On est un peu inquiet depuis que t'as réussi à capter NRJ Bouze sur un des moniteurs.
                                            On t'avait dit pourtant qu'il était interdit de regarder la télé."

                                             "Oui, je vous entends docteur.
                                              Vous aviez raison, depuis que j'ai regardé pendant 48 heures d'affilée les programmes
                                              de cette chaine je suis victime de sinistres hallucinations.
                                              J'ai peur docteur Jones."

                                                         "Calme-toi mon gros et dis-nous ce que tu as vu exactement."

                                                "Eh bien ça ressemblait à une espèce de succube immonde qui surgissait
                                                 des enfers pour essayer de me découper vif et..... attendez...
                                                 Oh mon dieu, ça recommence... la voilà..... aaaaaahhhhhhhhhhhhhh !!!!"

                             "Nan mais allo Maurizio. T'es spéléo et t'as peur du noir ?"

                                                           "Aaaaaaaaaaaahhhhhh ! Au secouuurrrs ! Docteur Jones !"

                                                   "- Que se passe-t-il ? Allo, non mais allo Maurizio ! 
                                                    - Ça y est elle s'est aussi emparée de votre esprit Docteur ! 
                                                      Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhh !!!!
                                                    - Nom de dieu, il a pété les plombs ! 
                                                     Ah saloperie de télé à la con, va falloir aller le chercher maintenant !"

Un an après "GHOSTHOUSE", UMBERTO LENZI entame une ultime série de films fantastiques qui va venir rythmer ses dernières années de metteur en scène. Estampillé "Lucio Fulci présente", LE PORTE DELL' INFERNO est le premier de ceux-ci et autant le dire tout de suite, pas forcément l'un des meilleurs. La faute en majeure partie au budget anémique alloué à LENZI pour la réalisation de son film.
Pas question de tourner dans des endroits tape-à-l'oeil aux décors onéreux, la quasi-intégralité du métrage se déroule dans un réseau de galeries souterraines qui ont du mal à faire illusion. Oubliez tout de suite le sentiment de claustrophobie que vous avez pu ressentir en visionnant le "DESCENT" de NEIL MARSHALL, la grotte où séjourne Maurizio, le dédale souterrain et la crypte où sont enterrés les moines revanchards ne procurent à aucun moment un quelconque sentiment de malaise.
On remarque assez rapidement que les mêmes galeries sont réutilisées à l’extrême afin de donner une impression de grandeur et tenter de nous persuader que les personnages sont perdus dans un véritable labyrinthe. Les jets de vapeur sortants du sol ou les geysers qui surgissent un peu n'importe quand viennent renforcer ce sentiment de "grotte en toc"; un genre d'effet très spécial que vous pouvez admirer tous les samedis soirs dans votre discothèque locale.

                                              " Bienvenue amis clubbers au Macumba Cave !
                                                Et on commence la soirée avec l'hymne de la boite signé Gérard Blanchard !!!
                                               ♪ Mon amour est parti avec le loup dans les grottes de Rocamadour ♫

Bref, tout semble fonctionner à l'économie et ça se voit; nous contraignant à assister impuissants aux interminables va-et-vient de nos héros dans le réseau souterrain, courant à droite, à gauche, prenant de la fumée en pleine tronche, évitant des rochers qui tombent régulièrement du plafond, se demandant d'où peut provenir tel ou tel bruit, cherchant une sortie....... oui, disons-le, on a un peu tendance à s'emmerder quand même.
Mais il ne faut pas oublier que le caractère instable des lieux ne constitue pas la menace principale du film, non, l'ennemi avec un grand E ce sont les sept moines diaboliques qui attendaient depuis des lustres l'arrivée d'éventuels hérétiques à massacrer.

                                   "- Mais dis-moi Umberto, pourquoi avoir appeler tes méchants curés "les moines noirs" ?
                                      Tu n'as pas peur que S.O.S RACISME nous tombe dessus ?
                                    - Ma no Luigi. Tou es peut-être prodoucteur mas tou n'y connais rien.
                                      Quand yé parle dé "moines noirs" c'est parce qué cé sont des hérétiques, capisci ?
                                    - Ouais mais S.O.S RACISME eux ils vont pas faire la relation.
                                    - Ma on a qu'à leur dire qué ce sont les robes dé nos courés qui sont noires.
                                    - Oui, comme n'importe quelle robe de curé d'ailleurs.
                                    - Ah merda, tou mé les brises Luigi."

                                            "- Bon, et commé ça, c'est bon, on va pas être emmerdé par S.O.S MACHIN ?
                                             - Ah non, pas là. Mais comment on va savoir maintenant que ce sont des moines ?
                                             - Très simplé mio caro Luigi.
                                               Régarde, y'ai conservé les sandales dans leur ténoue vestimentaire.
                                             - Ah oui."

Et quelle aubaine pour nos défroqués que l'arrivée de ce petit groupe d'abrutis.
Imaginez un peu, s'ils avaient tous été de bons chrétiens bien sages, les curetons zombies auraient eu du mal à les punir de leurs péchés;
il était donc nécessaire de leur donner du grain à moudre: des athées, des juifs et même des témoins de Jéhovah, voilà la composition de nos braves aventuriers.
On se demande d'ailleurs si LENZI n'a pas une dent contre les témoins de Jéhovah justement,  liquidant illico presto les deux représentants des cette religion et les ridiculisant à l’extrême quand ceux-ci tentent d’enrôler du monde alors qu'ils sont en train de faire de la spéléo.
Oh, et puis après tout, UMBERTO nous venge de tous ces casse-bonbons qui viennent régulièrement frapper à nos portes et ça c'est quand même appréciable.
Ne croyez pas toutefois que le réalisateur ne se moque de ses personnages qu'en fonction de leurs tendances religieuses: témoins de Jéhovah, juifs ou cathos, pas de différence, les moines noirs s'en foutent et tranchent dans le vif à grands coups de hache ou de couteaux.
Ce qui nous gratifie quand même de bons petits effets gore assez craspec que l'on croirait tout droit sortis d'un film de LUCIO FULCI : un œil gicle de son orbite (bonjour L'ENFER DES ZOMBIES), un crâne est fracassé en deux et..... et puis c'est tout... y'a plus de sous on vous dit !

                                                   "- Hé Paulo, tu m'entends là haut ?
                                                      Tu peux faire descendre ce machin suspendu que j'y jette un œil ?
                                                      Et vas-y mollo, okay ? 
                                                    - No problemo mon pote !"

                                                         "- C'est bon, c'est assez prêt comme ça binoclard ?
                                                          - Arrrghhh ! Un peu moins prêt ça aurait été mieux connard.
                                                          - Eh oh, tu voulais jeter un œil, t'es servi !"

Et quand y'a plus de thunes pour faire couler du sang, LENZI improvise en métamorphosant ses tueurs en araignées venimeuses qui prennent tout leur temps avant de dessouder leur proie dans une scène que l'on croirait tirée d'un épisode de DERRICK.
D'une lenteur hors norme, les bestioles avancent tranquillement en direction du pauvre Maurizio coincé sous une pierre, avancent..... avancent... avancent encore.... avancent.... grimpent sur la jambe de Maurizio...... avancent..... avancent.... avancent.... atteignent la cuisse... avancent..... av...zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz.....
Une scène insoutenable.
En résumé on a donc : pas de pognon, des décors minimalistes, du gore radin, des longueurs à gogo, des tueurs timides.......
Alors quel est l’intérêt de regarder ce film, digne représentant d'une époque ou le cinéma fantastique transalpin n'est plus que l'ombre de lui-même ?
Aucun me diront les cinéphiles actuels.
Mais quand on voit que ces derniers se sont rués dans les salles pour voir des purges comme "ANNABELLE", on se dit qu'ils feraient mieux de fermer leur gueule.
Le bis rital est un genre bien à part dont certains de ses représentants se doivent d'être visionnés avec un regard différent, voire carrément au dixième degré (ou plus); afin d'y chercher les multiples incohérences dans le seul but de se bidonner à défaut de flipper.
Une méthode qui permettra d'apprécier un tant soit peu ces "PORTES DE L'ENFER".
Et croyez-moi les incohérences il y en a à la pelle, suffit de voir les réactions débiles des protagonistes face au danger qui les menace.


Au lieu de rester ensemble pour mieux affronter le péril, ils passent leur temps à se séparer pour des motifs d'une futilité désarmante :
"Allez, il faut récupérer les cartes des souterrains qu'on a laissé dans la crypte", "Vite, allons chercher la trousse de secours qui se trouve à l'autre bout des souterrains", "Zut, j'ai oublié mon portefeuille dans la première grotte qu'on a traversé, bougez pas je reviens"...
De quoi faciliter le boulot de nos curés diaboliques qui eux aussi ne sont pas très logiques : pourquoi tuer un hérétique alors qu'on en est un soi-même ?
Sacrifier de jeunes vierges effarouchées ou des pèlerins pour Lourdes je veux bien mais là, avouez que c'est un peu tiré par les cheveux m'sieur LENZI !
Comment, cher UMBERTO ?
C'est normal, les persos sont des cons et ils méritent leur sort ?
Ah  bon, ben dans ce cas-là.....

                                                                              "Ho ! Barbara ! Tou m'entends ?
                                                                 Merda ! Son cervello s'est encore debranché !"

Il est vrai que le jeu des acteurs n'arrange guère les choses, le texte étant bien trop souvent au ras des pâquerettes.
Le comble c'est que certains d'entre eux ont quand même connu les heures de gloire du cinéma populaire italien, comme le vétéran GIACOMO ROSSI STUART (interprète du pénible docteur Jones) que l'on a pu apercevoir dans bon nombre de westerns, de péplums, de polizioteschi, de films de SF et qui a tourné pour des pointures comme SERGIO CORBUCCI, MARIO BAVA, RICCARDO FREDA ou ANTONIO MARGHERITI.
LE PORTE DELL'INFERNO sera son chant du cygne et le comédien tirera définitivement sa révérence cinq ans plus tard.
L’héroïne, Erna, est quant à elle interprétée par BARBARA CUPISTI, dont la carrière fût lancée à l'âge de 20 ans par le sublime "EVENTREUR DE NEW YORK" de LUCIO FULCI.
On la retrouvera ainsi en 1987 dans BLOODY BIRD de MICHELLE SOAVI, OPERA de DARIO ARGENTO et un peu plus tard dans deux autres chefs d’œuvre de SOAVI : "SANCTUAIRE" et "DELLAMORTE DELLAMORE".
Malgré un talent évident si l'on se fie à sa filmographie, le long métrage de LENZI ne lui rendra pas justice puisque son personnage est une pleurnicheuse pétocharde des plus insupportables.

                                                  "- Allo ! Allo ! Ici Paulo Spaghettialloscoglio ! 
                                                     On est coincé ici depuis dix jours et on a besoin d'aide !
                                                   - Chhrrikkttt.... je vous reçois... cchhhhhhh.. dites-moi ce qu'il vous faut...
                                                   - Hé, demande-lui de nous livrer trois pizzas quatre fromages, un fût de bière 
                                                     et le numéro de téléphone de ZE VOICE ITALIA.
                                                   - Quoi ? Mais vous êtes con ou quoi ?
                                                     Et pourquoi le numéro de ZE VOICE ?
                                                   - T'inquiète, je connais la personne idéale pour nous débarrasser des curés psychos."

                                                                                       "Ciao les spéléos !
                                                                           Bon, y sont où vos pères barjots ?
                                         M'en vais leur faire exploser le cerveau à grands coups de décibels ça va pas trainer !"

Le petit ami d'Erna, Paul, porte les traits de PIETRO GENUARDI, dont c'est ici le tout premier rôle.
Il trainera ses guêtres la même année dans le "PAGANINI HORROR" de LUIGI COZZI et dans le succulent "KILLER CROCODILE" de FABRIZIO DE ANGELIS.
Le reste du casting n'est pas mirobolant, même si l'interprète de Laura, ANDREA DAMIANO, dont ce sera la seule apparition à l'écran, est toute mimi.


En conclusion, en regard des dernières œuvres fantastiques d'UMBERTO LENZI, on préférera largement son "BLACK DEMONS" à ce triste "PORTE DELL' INFERNO"; mais comme ce dernier est inédit en France il serait dommage de ne pas y jeter un coup d’œil question de se marrer un peu entre potes.

Pour ceux qui désireraient se procurer le DVD, sachez qu'il existe une galette britannique sortie sous le titre de "HELL'S GATE" il y a déjà quelques temps chez EC et qui a la particularité de proposer des sous-titres français (parfois un peu trop approximatifs mais ça reste correct).


                                                                                       PICCOLO TRAILER