mardi 11 novembre 2014

L'AUBERGE DE LA VENGEANCE (1987)



Linda, manipulée par son amant Carlo, décide de se débarrasser de Luca, son mari de qui elle attend un enfant. Après l'avoir occis en lui faisant ingurgiter un café empoisonné, les deux assassins l'enterrent près d'un lac.
Huit ans plus tard, Linda et Carlo ont repris l'hôtel-restaurant tenu par Luca et travaillent comme des turcs pour assurer le meilleur service possible à leurs clients. Mais la vie n'est pourtant pas toute rose pour le jeune couple déjà bien bancal : Carlo est de plus en plus jaloux, Linda regrette amèrement d'avoir refroidi son ex tandis que son fils Alex rêve toutes les nuits d'un homme mutilé qui sortirait de terre pour s'en prendre à lui. L'arrivée par un soir d'orage d'un mystérieux auto-stoppeur venu leur demander le gîte et le couvert ne va pas arranger les choses. Ce dernier, prénommé Marco, s'impose rapidement comme un élément indispensable dans la gestion de l'auberge, reléguant petit à petit le colérique Carlo au rôle de larbin de service. Sans parler du fait que le bel inconnu semble en savoir long sur le passé de nos deux amants diaboliques et que Linda lui trouve pas mal de ressemblance avec Luca.


L'AUBERGE DE LA VENGEANCE est, comme vous l'avez surement déjà deviné, le dernier chapitre de la série "BRIVIDO GIALLO" signée LAMBERTO BAVA et DARDANO SACCHETTI.
Le titre original est "PER SEMPRE" (POUR TOUJOURS) et convient bien mieux au long-métrage que celui imposé en France ou que le "UNTIL DEATH" (JUSQU'A LA MORT) que l'on trouve dans les pays anglophones.
En effet, il serait trompeur d'affirmer que l’œuvre en question soit une énième histoire de revenant revanchard qui sortirait de sa tombe pour dessouder ceux qui l'ont envoyé bouffer les pissenlits par la racine. L'AUBERGE DE LA VENGEANCE est certainement le "moins fantastique" des quatre téléfilms de notre ami LAMBERTO, ce dernier évitant ici de mixer horreur et humour comme dans UNE NUIT AU CIMETIERE et ce concentrant sur un seul genre : le thriller, saupoudré toutefois de quelques touches de paranormal. Des touches illustrées en majeure partie par les cauchemars du petit Alex qui, chaque soir, est témoin dans son sommeil du retour de son paternel décrépit, lequel tente inlassablement de l'emmener avec lui. 


                                                    "- Arghhh ! Coucouuu Alexxx.... c'est papaaaa....
                                                        Tu  viens avec moi à la pècheeee.... j'ai des vers à revendreeee.... arrrghhhhhh...
                                                     - Heu... je sais pas trop là.
                                                       Vu comme tu fouettes tu risque de faire fuir les poissons.
                                                     - Arrrrr...... p'tit con, va...."

Et même si on dit au pauvre bambin qu'il n'a rien à craindre, il faut quand même reconnaitre que son papa-zombie se plie en quatre pour lui filer sa dose quotidienne de frissons nocturnes, en apparaissant à chaque fois de manière impromptue. Que ce soit accroché à l'hameçon de la canne à pèche du minot, enfoui sous une balançoire ou emmuré dans une chambre à coucher, Luca le revanchard n'est pas un manche dans l'art de foutre les jetons aux mioches.


                                                                               Scrounch ! Scritch ! Scratch !

                                                                                     "Garde ton calme Alex.
                                                        Maman a dit qu'il y avait surement des souris dans les murs."

                                                                               "Nom de Dieu, elle avait raison  !
                                                                              Regardez-moi la taille de ce mulot !"

Malgré ce petit inconvénient, la belle Linda et le moins beau Carlo auraient pu couler des jours heureux à la tête de leur auberge. Les clients sont sympas, le décor est idyllique, la pêche est bonne et la patronne cuisine la pasta comme une vraie déesse. D'ailleurs les fetuccine doivent être les pâtes préférées de LAMBERTO puisque celles-ci sont quasi omniprésentes et vous apprendrez par ailleurs que la meilleure façon de les cuisiner c'est "al dente" et avec une touche de gingembre dans la sauce. 
Ne rigolez pas, cela pourrait vous servir quand vous inviterez des potes à la maison pour une future soirée bis rital devant votre poste télé.


                                                   "- Vous prendrez bien quelques coquillettes avec votre cacao ?
                                                    - Heu.. maman... elles ont six semaines ces pâtes...
                                                    - Tais-toi ! Ici, pas de gâchis !  J'vous en sers une plâtrée Marco ?
                                                    - Ben... heu, oui... mais dites-moi, pourquoi elles essaient de sortir de mon assiette ?"

Et puis quand on voit le physique affriolant de la charmante Linda, laquelle passe tout son temps à déguster ce genre de plat, on se dit que ça ne peut pas être mauvais pour la santé.

                                         "- Et voilà ! Pendant que moi je me démène comme un bagnard, 
                                             madame se la coule douce en bouffant des pâtes toute la journée.
                                            J'te jure, viens pas te plaindre que tu ressembles à une grosse vache après ça.
                                          - Et alors, à ce que je vois tu as l'habitude de te promener avec des barriques, non ?" 

Quelle grosse buse ce Carlo !
On se demande d'ailleurs pourquoi notre charmante aubergiste perd son temps avec un tel abruti.
Colérique, parano, violent, lâche, jaloux, bête, méchant comme une teigne, adepte du slip kangourou tue-l'amour, ce pauvre Carlo collectionne à lui seul toutes les tares du genre humain.


                                      "- Allez mon Loulou, t'en fais pas, ça arrive à tout le monde ce genre de problème.
                                         Un jour ou l'autre, tous les hommes se voient obligés de porter des slips-kangourous
                                         taille couvre-lit pour masquer l'atrophie de leur engin.
                                         Tu le sais bien que j'adore les nouilles. Et même les gnocchis d'ailleurs...
                                       - Je te hais...."

L'arrivée du séduisant Marco va toutefois faire prendre conscience à Linda des piètres qualités de son concubin, métamorphosant par la même occasion leurs parties de jambes en l'air habituelles en matchs de free-fight.
Et ils ne font pas semblant les bougres !


                                                                "Comment ça t'as oublié de mettre la bière au frais ?
                                                                 Ouh pitin, tu vas déguster salope !"

                                                  "- Lâche-moi grosse poche où je te jure que... 
                                                   - Où tu quoi ? 
                                                     Essaie seulement de te dégager de cette fameuse prise du "casse-bras" que je voie ça."

                                                               "- Ah ouais ?! Et la prise du casse-noix, tu connais ?
                                                                   SCROOOOOUNNNCHHHH !!!
                                                                - Aaaaaahhhh, mes gnocchis !!!!"

                                                      "Tiens, bouffe un peu de fer, ça va t'aider à les faire redescendre !"
                                                                                            SCHPAFFF !!!!

                                                      "Et voilà le travail ducon.
                                                       Ce soir tu vas passer la nuit dans le congélo, ça va te faire les pieds.
                                                       Tu voulais de la bière fraiche ? Eh ben tu vas en avoir."

Pourquoi un tel débordement de tendresse me direz-vous ?
La faute au mignon Marco qui, surgi de nulle part, est venu semer la zizanie de façon assez passive; Carlo se chargeant tout seul de jeter de l'huile sur le feu d'un ménage bien embrasé en accusant l'auto-stoppeur d'être un flic et de vouloir l'envoyer au trou pour le meurtre de Luca.
Les deux-tiers du film sont ainsi axés sur les relations explosives entre le couple Linda-Carlo, les cauchemars récurrents du petit Alex et l'attitude étrange de Marco. Il faudra attendre le dernier quart d'heure pour connaitre enfin les motivations de celui-ci et savoir si ce dernier est réellement un spectre ou un simple profiteur.
Vous qui avez lu ce qui précède vous devez vous demander ce que peut bien valoir cette histoire d'onirisme morbide sur fond de crise conjugale ? Pour ma part je dirais que ce téléfilm se regarde sans déplaisir, sans ennui, en jetant de temps en temps un petit coup d’œil sur le décolleté ou sur la croupe aguichante de la bellissima GIOIA SCOLA (interprète de Linda), une actrice déjà aperçue dans LES PREDATEURS DU FUTUR de RUGGERO DEODATO, dans le CONQUEST de LUCIO FULCI et qui posa en cette même année 1987 dans les pages de Playboy Italie.
Allez hop, photo !



Pour reluquer également sous sa jupe, nous trouvons dans le rôle de Marco, l'acteur URBANO BARBERINI auquel LAMBERTO BAVA avait confié le rôle principal de ce qui restera à coup sûr son meilleur film : DEMONS.
Le bel URBANO y découpait des créatures hargneuses et écumantes à grands coups de sabre tout en chevauchant une moto à fond les bielles, le tout dans une salle de cinéma dévastée suite à la chute d'un hélico (eh ouais, il rigole pas le bellâtre).
Suite à PER SEMPRE, il fera un petit tour du coté de chez DARIO ARGENTO et LUIGI COZZI pour OPERA (1987) et LE CHAT NOIR (1989) et délaissera définitivement le cinéma en 2004 afin de se consacrer exclusivement à la télévision et au théâtre.


                                                    "- Mais dites-donc, c'est mon cul que vous matez comme ça ?
                                                     - Pas du tout, je reluquais seulement sous votre robe.
                                                     - Ah bon, ça va, j'ai eu peur."

Carlo le blaireau porte les traits de DAVID BRANDON que LAMBERTO réutilisera dans LE FOTO DI GIOIA la même année et que l'on a également aperçu (pour rester dans le bis transalpin) dans des œuvres comme ATOR de JOE D'AMATO  (1982), BLOODY BIRD de MICHELE SOAVI  (1987) ou AU-DELÀ DES TÉNÈBRES de CLAUDIO FRAGASSO.
Également auteur et metteur en scène, il est à l'origine de plusieurs pièces de théâtre et de divers livres sur l'opéra et la poésie. Toujours actif au cinéma, on le retrouve en 2013 à l'affiche de NEVERLAKE, un film fantastique signé RICCARDO PAOLETTI. Dernier acteur et également mascotte à temps partiel de LAMBERTO BAVA: le tout jeune MARCO VIVIO. Sale gosse dans LA MAISON DE LA TERREUR (1983) ou mini-vérole aux dents longues dans DEMONS 2 (1986), le petit MARCO poursuivra une carrière cinématographique et télévisuelle particulièrement riche, allant jusqu'à œuvrer dans le doublage de films d'animation ou de jeux vidéo.


                                                    "Ça y est maman, j'ai trouvé comment nous débarrasser des souris !
                                                     Regarde ! Après ça elles sont pas prêtes de revenir !"

Ni pire ni meilleur que les précédents volets de la série BRIVIDO GIALLO, cette AUBERGE DE LA VENGEANCE se consomme donc comme un bon téléfilm du lundi soir sur LA 5; case horaire que ce film a connu pour avoir précédé l'une des émissions de la vénéneuse SANGRIA.
Pas gore pour deux sous, pas très flippant, mais suffisamment attachant pour être suivi sans ennui.... 
Et puis merde quoi, y'a GIOIA SCOLA !!!!!


                                                            "Ah Gioa, quand je te vois je deviens un autre homme !"

A noter qu'à l'image de ses trois petits frères, PER SEMPRE est dispo en DVD italien auprès de NO SHAME.

Une affiche allemande repiquant carrément l'un des persos du ROBOCOP de VERHOEVEN.
Et après on dira que ce sont les italiens les rois du repompage.


Je vous souhaite donc un bon séjour chez l'amie Linda en espérant que mes sous-titres vous conviendront.

11 commentaires:

  1. j'en ai le SPAGHETTI tout dur !!!!!
    ce n'est pas pêché seigneur ?
    "tu n'avais qu'a pas trainner ta nouille dans l'auberge rouge" dit le bon dieu tout furieux.
    Mais j'ai suibis ses règle pourpres seigneur tout puissant des méga burnes célestes à tout faire péter!!!!!!
    "mais toi à quatre patte manant que tu subisses le cierge magique"
    NON mon seigneur , je veux juste voir le film de frère jacques.....
    Dieu dans sa clémence:"soit fiston en ce troisième anniversaire de l'USFCNcF" fait à ta guise"
    merci brother Jack

    http://youtu.be/VBH9tOig7Ms

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  2. Comme j'avais beaucoup aimé revoir Le château de Yurek ainsi que l'Auberge, je replongerai volontiers dans celui-ci !

    Certes, Lamberto Bava s'est fait énormément conspué pour ses quatre téléfilms-ci, mais il a quand même proposé pour les jeunes ados une sorte d'initiation au cinéma fantastique très descente, fun, respectueuse des œuvres passées.
    L'un dans l'autre, il s'agit d'un assez bon exercice périlleux, qui ne franchit jamais la ligne rouge du gore qui ne se serait de toute manière pas passée au petit écran.

    Ton cycle de téléfilms a, à mes yeux, contribué à sa réhabilitation !

    A noter que ceux-ci rencontrèrent à l'époque un succès, ci fait qu'une autre batterie de téléfilms furent réalisés par Lenzi, Fulci et d'autres. Mais comme ils furent jugés trop violents, ils ne furent pas diffusés mais ils sortirent simplement vendus dans les kiosques, en K7, presque trois années plus tard selon un ami italien.

    Il me semble également que Lamberto en a réalisé une paire ultérieurement, dont le fameux Masque du démon 2 !

    Mais il s'agit d'une autre histoire...

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    1. Merci à toi.
      Effectivement, pas mal de réalisateurs se sont essayé à la télévision à la fin des années 80; pour le meilleur ou pour le pire.
      Mais j'aimerais bien quand même mettre la main sur tous ces longs-métrages.

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  3. cooooooooooooooooooooooooooooooolllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  4. A noter qu'il existe sur un autre blog une version MKV 720p de 3go avec VO, VA et VF!

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  5. Vraiment merci pour ces excellents rips de Brivido Giallo oncle Jack, c'est un pur bonheur...

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  6. Bonsoir Tonton.
    Je suis tombé sur ces pages parce que je recherchais Demon 3 L'ogre.
    J'avais ce film en bonne qualité et puis je l'ai perdu dans la débandade d'un autre de mes dd qui s'est fait la valise avec tous mes précieux trésors...
    Tes fichiers pour cette série de Brivido giallo sont tous HS sauf celui-ci et moi, je ne savais même pas que ce démon 3 faisait partie de ces quatre films, mais sur le coups, j'en ai l'eau à la bouche.
    N'ayant pas pu prendre Demon III chez toi, j'ai trouvé sur Liberty un vague truc de remplacement qui n'est pas beau du tout et en VF.
    Par contre, j'ai lu avec attention tout tes posts et j'ai vraiment envie de découvrir ces films, surtout avec ta traduction.
    S'il y avait une possibilité de reupper ça, je serai vraiment le plus heureux des hommes.
    Merci d'avance et faut que je trouve le temps de continuer à lire tout tes délires, je me poile... merci aussi pour ça.

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    1. Tout est possible camarade !
      Ne t'inquiète pas je vais passer en revue tout ce qui est mort en ces lieux dans les semaines à venir et faire une bonne mise à jour.
      Logiquement tout sera de nouveau dispo d'ici la fin du mois. Je publierai un post pour l'occasion.

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  7. Houla... je repassais par là pour voir s'il y avait une réponse. Merci Tonton. Je compte sur toi et je t'en remercie d'avance, j'en ai la bava qui coule déjà aux commissures.

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    1. T'inquiète l'ami. J'ai prévu un gros "réuploadage" de tout ce que j'ai en stock le mois prochain (je vais avoir un peu de temps libre donc...)

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