samedi 11 octobre 2014

LA MAISON DE L'OGRE (1988)


Cheryl, une romancière spécialisée dans les romans d'horreur, son mari Tom et son jeune fils Bob viennent passer des vacances dans un vieux château italien que leur a prêté un ami.
Une fois sur place, la jeune femme réalise que la bâtisse est identique à celle qui hantait un cauchemar récurent qu'elle faisait étant enfant. Un cauchemar où elle découvrait dans la cave du château en question, végétant à l'intérieur d'un cocon répugnant, une créature monstrueuse qui sortait de son sommeil pour la dévorer.
Après l'apparition de plusieurs signes laissant à penser que le monstre en question existe bel et bien, Cheryl se rend compte que la vieille demeure à le pouvoir de donner vie à ses fantasmes les plus morbides, mettant ainsi en danger toute sa famille.


Second téléfilm de la série BRIVIDO GIALLO signée LAMBERTO BAVA, LA CASA DELL'ORCO est le premier des deux longs métrages dits "sérieux" que comprend cette tétralogie.
Ici, pas de jeunes fêtards comme dans UNE NUIT AU CIMETIÈRE, mais une famille tout ce qu'il y a de plus normale : une maman émule de STEPHEN KING, un papa sceptique qui ne croit que ce qu'il voit et un fiston turbulent qui a réponse à tout.
La première scène nous met tout de suite dans le bain en nous révélant que la maitresse de maison est persécutée depuis sa tendre enfance par le même cauchemar où elle se voit traquée par un ogre dégueulasse.
Inutile de dire que le rêve va devenir réalité au moment pile où la charmante blonde se décide à venir faire un séjour en famille dans un vieux château, lieu propice à la manifestation de toutes sortes d'horreurs.
Son bonhomme et son mioche passants leurs journées à faire des ballades en forêt, elle se pensait pourtant peinarde pour écrire son nouveau roman, justement basé sur ses vieux cauchemars, mais l'apparition incessante de multiples indices (traces de mains gigantesques sur les vitres ou dans de la farine, bottes taille 75 dans une remise, présence d'un ours en peluche identique à celui qu'elle avait étant enfant dans la cave du château, disparition de certaines pages de son bouquin...) vont rapidement la pousser à bout de nerfs.
Et pas question de compter sur l'appui du taciturne Tom qui préfèrerait l'envoyer chez un psy plutôt que de croire à ses fadaises, prétextant que ses romans lui lessivent le cerveau.... bref, pas facile la vie d'artiste !

                                          "- Hé m'dame, c'est pas Lamberto Bava, le barbu attablé là-bas ?
                                           - Lamberto qui ? 
                                             Ma no, cé lé patron dé la souperette dou village.
                                             Et pis, yé vous conseillé pas dé l'emmerder parce qu'il vient dé sé faire piquer 
                                             dé la bouff par oune bande dé yeunes cons qui ont filé dans oune van tout tagué."

Autant le dire tout de suite, LA MAISON DE L'OGRE est loin d'être le meilleur épisode des BRIVIDO GIALLO, la faute en partie à un rythme beaucoup trop lent, aux sempiternelles déambulations des différents protagonistes dans les dédales du château et à une apparition tardive du bad guy en titre qui, comme c'était déjà le cas de la faucheuse d' UNE NUIT AU CIMETIÈRE, connaitra une fin expéditive (avec l'emploi d'un mannequin qui n'a jamais autant ressemblé... à un mannequin).
Dommage car notre ogre avait quand même fier allure avec ses griffes acérées et son faciès bien flippant; même si on ne comprend pas vraiment ce qu'il peut bien foutre à l'état larvaire dans un cocon géant suspendu au plafond d'une cave.

                                                                   " Mais... mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
                                                          On dirait un gros œuf dégueulasse.... et en plus ça bouge..."

                                                 " - Hissss... tire-toi blondasse. Laisse-moi pioncer......
                                                   - Pas question de tolérer des saloperies pareilles dans ma cave.
                                                     J'men vais te nettoyer tout ça moi....
                                                   - Ah ouais...hhsss.. ben tiens, nettoie-ça déjà.... Rsschhhh ptiut !

                                          "- Haaaaaa.... j'y crois pas !
                                             Toooooom !!!! Viens vite, y'a un alien tout mal foutu dans un œuf qui m'a craché à la g......
                                           - Mais oui, mais oui, chérie. T'as pris ton xanax ce matin ?"

On apprend également que les ogres sont irrésistiblement attirés par le parfum des orchidées, parfum qui leur rappellerait l'odeur des ogres femelles.
Mais quand on voit la dégaine du spécimen présent dans cette œuvre, on a du mal à croire que les représentants de cette espèce sentent réellement la rose.
Par contre, si on avale cette théorie, on comprend plus facilement pourquoi notre géant se jette comme un gros pervers sur toutes les jeunes filles qui ont le malheur de porter une orchidée sur elle.... ou alors c'est juste un prétexte pour tripatouiller quelques nibards et se farcir du même coup une charmante villageoise.

                                                                " Tiens, jolie madame, tu aimes les jolies fleurs ?"

                                      " Heu... non, merci. Sans façon.
                                        Et puis je sais pas si c'est vous ou votre orchidée mais franchement ça fouette grave."

                                                  "Grrrrrr, on m'avait bien dit que le romantisme était mort.
                                                   Bon, allez, je reviens aux bonnes vieilles méthodes.
                                                   A poil la greluche !"

Si LA CASA DELL'ORCO pêche par son manque d'action flagrant il est d'un autre coté sauvé par deux  bons points essentiels.
Tout d'abord les magnifiques décors de la région de l'Ombrie, située dans le centre de l'Italie, avec ses petits villages pittoresques et le sublime "Castello Massimo di Arsoli", somptueuse demeure du Xème siècle que LAMBERTO BAVA a choisi tout particulièrement pour y installer les personnages principaux de son film.
Et il a fait le bon choix le bougre, car de tels paysages et monuments donnent immédiatement l'envie d'acheter un billet d'avion pour Rome (sur place vous prenez la navette jusqu'à la gare "Roma Tiburtina" puis direction "Arsoli" : 1h40 en train, fingers in ze nose).


Second point positif : la BO signée par le compositeur britannique SIMON BOSWELL, déjà derrière les musiques de PHENOMENA (où il collaborait avec les GOBLIN), de DEMONS 2, du HARDWARE de RICHARD STANLEY,etc....
BOSWELL a travaillé sur les quatre BRIVIDO GIALLO, mais c'est sur LA CASA DELL'ORCO que son travail est le plus remarquable avec une mélodie envoutante difficile à oublier.

                                      "- Coucou, c'est qui ?
                                       - Vu les poils je dirai m'sieur Lamberto ?
                                       - Heu... raté p'tiote. 
                                         Par contre, à la tronche que fait le réalisateur derrière sa caméra je crois que t'es virée."

Pour le casting on retrouve dans le rôle de Cheryl la blonde VIRGINIA BRYANT, une actrice mineure que l'on a pu voir dans les BARBARIANS de RUGGERO DEODATO ou dans DEMONS 2 du même LAMBERTO BAVA (la pute de luxe qui, une fois transformée en démon, escalade à mains nues des cages d'ascenseur, c'est elle).
Difficile de dire si elle est vraiment bonne comédienne ou pas puisque son personnage ne fait ici que de flipper comme une malade à chaque fois qu'elle aperçoit quelque chose de bizarre... ce qui se révèle un peu pénible au bout d'un moment.
La preuve en images:

                                                      "Quelle horreur ! Une feuille séchée pleine de poussière ! Berk !"

                                                              "Quelle horreur ! Une vitre toute crade... berk berk !"

                             "Quelle horreur ! De la confiture de foie de veau, un stylo chelou et une tasse de thé à la menthe !
                               Berk berk berk !"

                                                                "Quelle horreur !  Une vache folle au regard bovin !"

                               "Quelle horreur ! Des nageurs tout moisis dans la piscine de ma cave ! Beeeerkkk de beeerkk !"

                            "Quelle horreur !  Un cadavre tout lacéré qui se vide de son sang sur mon sublime fauteuil Nikea !
                              Berk de be.... ah mais non, c'est mon mari... ça va alors."

Tom, son mari, porte le visage d'un acteur aperçu dans plusieurs films cultes transalpins : PAOLO MALCO, déjà père de famille dans LA MAISON PRES DU CIMETIÈRE de LUCIO FULCI, toubib barbu dans L’ÉVENTREUR DE NEW YORK du même réalisateur, vice président dans LES GUERRIERS DU BRONX 2 et second rôle dans CRIMES AU CIMETIÈRE ÉTRUSQUE de SERGIO MARTINO (pas terrible d'ailleurs celui-là..).
Mais la véritable star du film c'est la sublime SABRINA FERILLI, qui campe la brune Anna, une actrice italienne qui dispose d'une filmographie impressionnante (elle fût même choisie pour interpréter le rôle de la chanteuse DALIDA dans la mini série du même nom sortie en 2005).
Oubliez les orchidées, la seule belle plante ici c'est elle.
LA MAISON DE L'OGRE représente l'un de ses premiers films et, même si elle y apparait comme une villageoise des plus aguichantes, elle n'est pas encore arrivée au stade où elle saura exploiter tous ses charmes comme il se doit.














Ci-dessus : LA MAISON DE L'OGRE.

             
                                                       Ci-contre : après LA MAISON DE L'OGRE... mamma mia !!!!


Certainement contaminés par la mode italienne de l'époque qui voulait que certains longs-métrages soient renommés pour faire croire qu'il s'agissait de suites de films à succès (voir le délire autour de LA CASA, titre italien d'EVIL DEAD), des producteurs étrangers ont cru bon de retitrer LA MAISON DE L'OGRE en un DEMONS 3 : THE OGRE, très certainement pour glaner quelques brouzoufs sur la popularité du diptyque démoniaque du vieux LAMBERTO.
En Allemagne, on a même droit à un GHOST HOUSE 2; nos amis teutons s'étant peut-être aperçus qu'il existait deux autres films intitulés DEMONS 3 (BLACK DEMONS d' UMBERTO LENZI et THE CHURCH de MICHELE SOAVI).
Un beau bordel assez incompréhensible qui n'a d'autre but que de tromper le spectateur lambda un peu naïf sur les bords.













Et si on est un peu bigleux, on peut même se faire gruger avec ce film-là :


Pour faire suite à ce que j'avais signalé dans l'article concernant UNE NUIT AU CIMETIÈRE vis à vis du carnage effectué sur l’œuvre par les doubleurs français, je dois quand même reconnaitre que celui-ci est un peu moins prononcé sur LA MAISON DE L'OGRE.
On a toujours quelques dialogues qui disparaissent sur la VF quand les personnages sont hors champs mais la traduction reste à peu près fidèle au texte d'origine.

Pour le DVD il vous faudra cette fois encore vous tourner vers l'édition italienne parue chez No Shame.

                                                                                               TRAILER


Et on laisse le mot de la fin à la charmante miss FERILLI.


14 commentaires:

  1. Souvenir d'une peloche fort sympathique a la musique obsédante. Merci une fois de plus de me permettre de la redécouvrir dans d'aussi bonne conditions. Merci, merci, merci!

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  2. Quelqu'un aurait-il un lien pour la BO de Boswell ? Je vais aussi chercher de mon coté...

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    1. Ah oui tiens, ça m'intéresse aussi...

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    2. J'ai trouvé 2 liens.
      En cours de DL, je n'ai donc pas encore vérifié la qualité Oncle Jack.

      http://vinylfrontierreefali.blogspot.com/2013/05/simon-boswell-brivido-giallo-ost-1988.html

      http://sun-torrents.name/viewtopic.php?t=589879

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  3. merci beaucoup pour ce film et tout le taf fourni sur cet excellent blog!!! vraiment, merci et bonne continuation! (ps: une prog de prévue pour halloween?)

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    1. Il y a de grandes chances, mais pour l'instant j'hésite entre plusieurs films.

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  4. Ah non, ça y est j'ai trouvé.... attendez vous à du costaud !

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  5. meci pour ce film!!
    nostalgie quand tu nous tiens!!
    vivement halloween pour découvrir ton programme,tonton jack!!

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  6. Un téléfilm assez fantastique, avec quelques touches de psychanalyses féminines, dans une atmosphère de rêve...Mine de rien, Bava jr creusait déjà son sillon qui le mena vers un fantastique familial type La caverne de la rose d'or, qui a fait pour lui sa renommée tout en permettant à une certaine touche de fantastique italien de perdurer...

    Pour Simon Boswell, je l'ai trouvé assez faible, à l'instar des Stefano Manietti de sinistre mémoire (zombie 3), qui faisait surtout au synthé une trop quelconque ambiance plutôt que de créer un vrai thème qui reste dans un coin de notre tête...

    Merci pour la programmation !

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  7. merci pour cette (re)decouverte ... par contre trop bonne la gonzesse en tof... presentez la moi :) lol

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  8. Bonjour,
    Est-il possible de remettre les liens concernant les téléfilms réalisés par Lamberto Bava, de nouveau en activité, s'il vous plaît ? Merci d'avance et un tout grand merci pour ces raretés actuellement indisponibles sur le territoire français :-)
    Christian.

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    1. Bonjour.
      Oui les réuploads sont actuellement en cours. Ce film fait partie de la première vague donc devrait de nouveau être dispo d'ici la fin de semaine.

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  9. Bonjour,
    J'ai pu, effectivement, downloader les trois premiers films de la série. les copies sont vraiment très belles, dans leur format original en 1.66, et en VOSTF s'il vous plaît. Que souhaiter de plus ? Donc, à partir de ce vendredi soir et durant tout le week-end ce sera : marathon Brivido Giallo ! Ne manque plus à l'appel que " L'Auberge de la Vengeance " qui, pour l'instant, n'est pas encore disponible, et mon week-end sera comblé... enfin, si je tiens le coup... ;-) Mille mercis !

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    1. Merci à toi. Concernant "L'auberge de la vengeance" il sera surement dispo d'ici la semaine prochaine (peut être même ce week-end). Ces quatre téléfilms sont à voir impérativement en VOSTFR, la VF étant désastreuse à tous les niveaux et dégage pas mal de dialogues. Concernant les copies elles proviennent de DVDrips effectués à partir des galettes éditées en Italie. Bons films à toi ! ;)

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