mardi 30 septembre 2014

UNE NUIT AU CIMETIÈRE (1987)


Robin, Gianni, Tina, David et Micky, quatre jeunes en virée à bord de leur van bariolé, s'amusent à piquer de la bouffe dans un supermarché. Afin d'échapper à un barrage de police, ils empruntent une route barrée qui les conduit au beau milieu d'une contrée sinistre plongée dans le brouillard.
Après que leur véhicule se soit embourbé dans une rivière, ils se retrouvent à la nuit tombée dans une vieille taverne peuplée d'étranges clients qui voient d'un sale œil (rouge) l'arrivée de cette bande de jeunes crétins. Tout en leur servant à manger, le tenancier des lieux leur parle d'un défi local qui consiste à passer une nuit entière dans la crypte située au dessous de la taverne, crypte qui selon lui serait peuplée de créatures maléfiques et sanguinaires. Celui qui réussi le défi se voit remettre un véritable trésor, à la seule condition bien entendu qu'il en revienne vivant. Espérant mettre la main sur le pactole et se disant que le vieux grigou en fait des tonnes avec tous ces "mouwaha ha ha ", les cinq copains acceptent de se faire enfermer dans la crypte sans se douter de ce qui les attend véritablement.

                                               "- Alors, j'vous sers quoi les p'tits gars ?
                                                - Pour moi ce sera un Big Mak, deux giants, une grande frite, 
                                                  un coca et un sunday fraise avec pépites de chocolat.
                                                - Hé ! Ici, on bouffe pas de cette merde !
                                                  Ce sera confit de rat crevé, salade de cloportes à la Transylvanienne, 
                                                  cervelle de singe tartare et pinard pour tous, c'est compris ?
                                                - Heu... ouais, pas de problème... c'est un peu la même chose d'ailleurs."

Comme tout le monde le sait, la fin des années 80 est représentative d'une certaine déchéance du cinéma italien en général et pas mal de réalisateurs décident de délaisser (provisoirement pour certains) les salles de cinéma afin d’œuvrer directement pour la télévision.
C'est dans cette optique qu'en 1986 LAMBERTO BAVA passe un marché avec la société de production RETEITALIA afin de mettre en boite une série de quatre téléfilms : UNA NOTTE NEL CIMITERO, LA CASA DELL'ORCO, A CENA COL VAMPIRO et PER SEMPRE.
BAVA prévoit alors de réaliser ces derniers sur deux tons bien distincts : une approche comique pour UNA NOTTE NEL CIMITERO et A CENA COL VAMPIRO et une beaucoup plus sérieuse pour les deux autres; et de coécrire les scénarios avec le légendaire DARDANO SACCHETTI, le maestro à l'origine des scripts d'une tripotée de classiques du cinéma d'horreur transalpin (L'ENFER DES ZOMBIES, DEMONS, L'AU-DELA...).


L'ensemble de ces quatre œuvres constituera ainsi la série connue sous le nom de BRIVIDO GIALLO et sera diffusée en 1987 sur la chaine italienne CANALE 5,  l'équivalent de notre bonne vieille CINQ.
Chez nous, c'est sur cette dernière que nous pûmes voir ces longs-métrages, et ce en prime time, laissant pas mal de souvenirs dans la tête des nostalgiques que nous sommes.
Pourtant, après avoir revu récemment de vieilles VHS rip en français de ces films, je dois avouer que l'image de bonnes petites séries B que j'en avais gardé s'est rapidement estompée. Les dialogues crétins et un doublage à la limite de l'amateurisme m'avaient laissé pantois.
Malgré tout, je me suis dit que visionner le tout en version originale ne serait pas une mauvaise chose.
Et là, je découvre quelque chose de vraiment différent. Sur le film en français, le doublage se tape le culot d'altérer le texte original (et pas en bien) tout en effaçant purement et simplement de nombreux dialogues. En gros, quand, dans l’œuvre originale, les acteurs s'expriment en étant hors champs, les doubleurs français se permettent de ne rien dire du tout et on se retrouve ainsi avec des blancs qui nous laissent en présence d'un montage quelque peu chaotique. Tout cela ne serait-il pas en fin de compte un pur foutage de gueule typiquement franchouillard vis à vis d'un public qui de toute façon "doit être à moitié demeuré pour regarder ce genre de machin" ?
Ma foi, il y a de grandes chances.

                             "Moi gne comprends pas qu'on diche que cheux qui z'aiment les films d'horreur y chont débiles.
                              Regadez-moi, moi che chuis fan de Trash-Fuck-Metal et che chuis tout che qui a de plus normal.
                              Marre de ches prechuchés à la chiotte. Fuck quoi !"

D'ailleurs en parlant de demeurés, c'est exactement l'image que donne le doublage français vis à vis des cinq protagonistes de UNA NOTTE NEL CIMITERO; la palme revenant au personnage de Robin qui, de sportif courageux se voit transformé en débile profond à la voix nasillarde... du grand art. Sans parler de Gianni, le colérique du groupe qui passe son temps à proférer des insultes et dont
le "mot de la fin "est carrément absent des dernières minutes de la version française... lamentable.

                                         "- Diantre ! Moi, qui ai d'habitude un franc-parler particulièrement chatoyant j'ai été
                                            complètement dénaturé par cette langue françoise, n'est-ce point Robin ?
                                          - Gné ?"

Et encore, ce premier BRIVIDO GIALLO n'est pas celui qui a souffert le plus de cette pratique "je m'en foutiste"; A CENA COL VAMPIRO dégustera bien d'avantage (on en reparlera en temps voulu).
Bref, il était temps de réhabiliter comme il se doit chacune de ces œuvres (mineures certes) de LAMBERTO BAVA en leur permettant d'être visibles en version originale sous-titrée.
Pour traduire cette NUIT AU CIMETIÈRE j'ai commencé à travailler à partir d'un fichier srt récupéré sur un DVD néerlandais, puis je l'ai bidouillé afin d'y insérer tous les dialogues également absents de la version anglaise présente sur le disque (décidément y'a pas que chez nous qu'on s'en branle...).
Toutes les traductions ont été faites "à l'oreille" et je dois reconnaitre qu'il ne fût pas aisé de coller l'intégralité des textes dans les sous-titres sans que ce soit un bordel phénoménal à l'écran (l'italien ayant tendance à parler assez vite) . La belle marquise ci-dessous m'a donc prêté main-forte pour la rédaction du fichier srt, faut dire qu'elle en avait de sacrées paires, la coquine (Comment ça vous n'en comptez qu'une seule de paire ? Mais regardez un peu plus haut bande de vicelards !)


Mais assez parlé technique; voyons plutôt ce que donne le film en lui-même. Certes ce n'est pas un chef d’œuvre mais pour du matériel destiné à la télévision il faut quand même reconnaitre que ça reste assez chiadé. Le point fort est assurément la générosité de monsieur BAVA JR. en matière de créatures répugnantes. On y croise des zombies vicelards, des freaks attablés autour d'un festin de rats crevés, des globes oculaires facétieux, une faucheuse au look bien destroy.... et, alors que les héros passent le plus clair de leur temps à tourner en rond dans les catacombes en repassant cinquante fois dans les mêmes décors, les apparitions ponctuelles de tous ces monstres nous préservent d'un ennui certain.

                                                     "Haaaaa... mariés pendant 40 ans et pas moyen de la toucher.
                                                      Dire qu'il a fallu attendre qu'elle claque pour pouvoir en profiter...."

                                              "- Et ben non, gros viandard, même là tu peux te la carrer derrière l'oreille !
                                                 Tiens, prends ça dans ta sale gueule décrépie !
                                                 SHLAFFFFCK !
                                               - Oh bon dieu, même morte elle continuera à m'emmerder..."

Pour ce qui est des personnages, chacun a son propre stéréotype : Robin est le sportif courageux et s'impose manifestement en leader du groupe, Gianni est le ronchon de service au grand cœur, Tina est la trouillarde à qui il arrive toutes les tuiles possibles, David est le farceur inconscient qui parle toujours avant de réfléchir et sa sœur Micky est une blonde sans cervelle qui semble toutefois posséder certaines capacités extra-sensorielles.
Cinq jeunes cons qui, au final, se révèlent assez attachants.

                                     "Bordel, mais qu'est-ce que je fous au milieu de ce trou puant plein de macchabées ?
                                      Hé... c'est quoi qui bouge dans la flotte ?"

                                                          "Aaaarrrr... je suis Noeinoeilus, seigneur de Troukipu !
                                                            Et je vais dévorer ton cerveau !"

                                                 "Que tu crois mon gros.
                                                  Et puisque tu sembles t'y connaitre en trucs qui puent, tiens, sens-moi ça !"

                                       "Aaaaaarr... keufff keufff... seigneur Lucifer aie pitié...
                                         L'odeur pestilentielle de cette immonde oripeau me fait tourner de l’œil.... bleuaarrrghh !"
 
Niveau casting on retiendra la présence de KARL ZINNY (David), acteur que l'on retrouve dans pas mal de films de LAMBERTO BAVA (LE FOTO DI GIOIA, DEMONS), de LEA MARTINO (Micky) que l'on aperçoit également dans le ZOMBI 3 de LUCIO FULCI/BRUNO MATTEI et de GIANMARCO TOGNAZZI (Gianni), fils d'UGO TOGNAZZI qui connaitra par la suite une carrière cinématographique assez impressionnante.
A noter aussi une petite apparition de LAMBERTO himself dans le rôle d'un patron de supérette.

                                    "- Vous pouvez vous dépêcher m'sieur Lamberto, j'ai pas toute la journée moi ?
                                     - Tais-toi pouffiasse, yé sourveille ces p'tits connards dé drogués au fond dou magasin,
                                       yé suis soûr qu'ils vont encore essayer dé mé piquer des binouzes, ces poyetrons."

                                                "- C'est bon David, j'ai les marshmallows. 
                                                    Prends la Red Bull et les Dragibus avant que Lamberto se réveille !
                                                 - Ouais trop délire. Comme on va s'mettre minable ce soir... "

La photographie est assez bonne et les passages se situant dans les ruines près de la taverne ou dans la campagne plongée dans le brouillard ont un petit aspect gothique bien sympathique. Personnellement, je ne peux pas véritablement dire de mal de ce téléfilm, peut-être à cause du coté nostalgique qui émane de lui ou de l'ambiance purement 80's qui s'en dégage (ambiance renforcée par la chanson pop un peu crétine audible en ouverture et en fermeture).
Seul reproche toutefois : la fin, que je trouve plutôt expéditive, surtout que les errances de nos héros dans les souterrains de la taverne auraient pu être un peu raccourcies, laissant ainsi plus de temps pour l'affrontement final avec la faucheuse..... dommage puisque cette dernière en perd son statut de créature invincible et malfaisante.

                                                  " Non, mais sérieux Lamberto, c'est quoi cette faux à deux balles ?
                                                    A qui je vais faire peur avec ça ? Même pas ça couperait une feuille de papier.
                                                   Comment ça on a pas assez de budget ? Rien à foutre ! Je suis la mort quand même !
                                                   Putain tout se perd...."

A vous de vous faire une idée sur ce premier volet de la série des BRIVIDO GIALLO.
Pour le DVD il faudra vous tourner vers l'édition italienne parue en 2006 chez No Shame (?) et qui propose un master des plus recommandables.
Personnellement, après avoir fréquenté la version originale je suis sûr et certain de ne plus jamais revoir celle en français.

VOSTFR:
https://1fichier.com/?p9zeqyzft9

                                                                                              TRAILER

Et pour les masos qui souhaiteraient voir le film en VF, voici un lien Youtube qui leur permettra de constater l'étendue des dégâts : https://www.youtube.com/watch?v=JAyhv20JRpU

                                                                          La prochaine fois chez tonton Lamberto :

vendredi 26 septembre 2014

Friday The 13th The Series Saison 2 Episode 13



"- Hé, Jack, vous savez où est Ryan ?
  - Oui, après sa triste expérience avec ces sales mioches la semaine dernière, je l'ai envoyé à une vente aux enchères pour récupérer
   une vieille lanterne magique que Lewis avait vendu à un blaireau.
   Ça devrait pas être trop dur.
   J'espère seulement qu'il va pas nous ramener plein de conneries comme la dernière fois; tu le connais avec sa manie des achats
   compulsifs.
- Ouais, d'ailleurs il nous reste encore une demi-palette de nains de jardins à l'effigie de Hollande à refourguer.
   Pas moyen de les vendre ces trucs-là.
- Tu m'étonnes....
- Heu... Jack. Y'a un truc chelou dans ce vieux bouquin d'histoire que je voulais mettre en vente sur ebay.
- Ah, qu'est-ce donc ?
- Pourquoi il y a une photo de Ryan avec deux soldats datant des années 1800 ?
- Fais voir !



- Nom de Zeus.... !
  Le vieux à droite c'est le général Lee, et ça se passe pendant la guerre de Sécession.
- Elle fait quoi cette lanterne magique que vous l'avez envoyé récupérer ?
- Oh, je crois que ça  concerne le voyage dans le temps ou quelque chose comme ça.


- Bordel de m....
- Pas trop dur vous disiez ?"

L'objet de la semaine vous permettra de potasser vos cours d'histoire en toute tranquillité et ce, sans avoir besoin d'ouvrir un seul bouquin.
Moyennant quelques gouttes de sang frais, vous serez immédiatement immergé dans l'époque de votre choix... pratique, non ?
Alors, si comme Ryan, vous êtes un peu à la rue sur les guerres américaines, n'hésitez pas et foncez sur la fiche de la série.

dimanche 21 septembre 2014

CINQ YOU LA CINQ !



Je voulais au départ poster un article sur le film DINOSAUR FROM THE DEEP de NORBERT MOUTIER mais la qualité du VHS RIP que j'avais à disposition m'a quelque peu fait lâcher prise.
Du coup, je me suis dis que depuis le temps que l'on cite LA 5 sur ce blog, il était de bon aloi d'accorder un petit article à ce qui fut la première chaine française privée et gratuite.
Post flashback donc, tout spécialement destiné à ceux qui n'ont pas connu cette époque bénie où la télé ne se cantonnait pas qu'aux émissions débiles de téléréalité et aux fictions françaises insipides.


Je ferai volontairement l'impasse sur le contexte politique de l'époque qui a en quelque sorte été aux origines de la création de cette chaine; ceux qui veulent obtenir ce genre d'infos peuvent facilement les trouver sur le web.
Et puis, moi la politique ça me gonfle alors je préfère largement vous parler des programmes de LA CINQ; programmes qui, comme vous le verrez, ont su marquer pas mal de monde.

Tout commence le 20 février 1986 à 20h30 pétante quand  l'émission "Voilà la Cinq" ouvre le bal en grande pompe en intronisant cette toute nouvelle chaine.
Il faut dire que SILVIO BERLUSCONI et JEROME SEYDOUX, tous deux derrière l'organisation des programmes de la chaine et papas plus ou moins légitimes de celle-ci, tiennent à mettre les petits plats dans les grands : CHRISTIAN MORIN, ALAIN GILLOT-PETRE, AMANDA LEAR et ROGER ZABEL animent le show aux cotés de JOHNNY, GAINSBOURG, AZNAVOUR....
Strass, paillettes, confettis, LA CINQ tient à présenter une image festive, quitte à faire passer les autres chaines pour des ringardes (chose pas très  difficile à faire, me direz-vous).

Pendant un an, la majorité des programmes de la chaine se résumera principalement à des jeux télévisés (le plus souvent repompés sur ceux de la chaine italienne CANALE 5 de tonton Silvio) et à des séries télévisées américaines.

Quel plaisir de revoir tous ces vieux feuilletons largement délaissés par les trois premières chaines : MISSION IMPOSSIBLE, SHÉRIF FAIS-MOI PEUR, STAR TREK... mais aussi de découvrir de nouvelles séries comme K2000, SUPERCOPTER, TONNERRE MECANIQUE, LA CINQUIEME DIMENSION (en fait un remake de LA QUATRIEME DIMENSION mais vu qu'on était sur LA 5...), AUTOMAN, HAPPY DAYS, RIPTIDE, MAX LA MENACE, l'excellente SUPERMINDS, la bien débile CHASSEURS D'OMBRES..etc...
Et question quantité on était gavé à outrance puisque ce genre de programme était diffusé en continu tout au long de la journée.
Impossible de zapper sur LA 5 sans tomber sur une bonne série ricaine.

Petit à petit les films font leur apparition en première partie de soirée (l'un des premiers à être diffusé fût ENFER MECANIQUE d'Elliot Silverstein).


En 1987, plusieurs remaniements au sein de la chaine étoffent rapidement cette dernière : la priorité est donnée à l'information avec plusieurs JT par jour et l'arrivée de figures emblématiques comme JEAN-CLAUDE BOURRET et ses copains extra-terrestres, MARIE-FRANCE CUBADA ou GUILLAUME DURAND.
SEBASTIEN, COLLARO, SABATIER et BOUVARD débarquent également pour assurer la partie animations tandis que MICHEL ROBBE, ex-présentateur de la ROUE DE LA FORTUNE sur TF1, vient nous offrir toutes sortes de jeux télévisés : LA PORTE MAGIQUE, EN ROUTE POUR L'AVENTURE...
LA CINQ fait ce qu'il faut pour attirer toutes les plus grandes vedettes qui officiaient jusqu'à présent chez les chaines concurrentes, n'hésitant pas à mettre la main au larfeuille et à donner aux animateurs carte-blanche quant au choix de l'émission qu'ils devront présenter.

                                                       "Hi, hi, hi, ranafout' de TF1. Moi, dés qu'y a du pognon j'déboule !"

Les têtes blondes s'octroient la case horaire dite "des sorties d'école" avec l'apparition de mangas comme PRINCESSE SARAH, ROBOTECH, OLIVE ET TOM, JEANNE ET SERGE...
Je me souviens surtout de la série CAPTAIN POWER ET LES SOLDATS DU FUTUR, un show futuriste interactif qui permettait, après avoir acheté le flingue adéquat chez un marchand de jouets, de canarder comme des malades les vilains monstres en CGI tout pourris qu'on nous balançait à l'écran.
Bon, ça fonctionnait pas très bien mais on s'en foutait; le but étant d'essayer de marquer des points en aidant les rangers du futur à tirer sur les méchants robots craignos.

                                                    "Quoi, comment ça Craignos ?
                                                     Et R2D2, c'est une poubelle à roulettes et tout le monde l'encense.
                                                     Puisque c'est comme ça, moi aussi je vais vous canarder à travers la télé.
                                                     Z'êtes prêts les mioches ?"

L'un des slogans préférés de LA CINQ est rapidement devenu celui-ci : "La 5, tous les soirs un film".
C'est cette doctrine bien trouvée qui a permis à pas mal d'ados cinéphiles de s'en mettre plein les mirettes sans claquer le pognon de maman au vidéoclub du coin.


Le 15 février 1988 à 20h30, une bombe éclate sur les tubes cathodiques français.
C'est l'apparition des ACCORDS DU DIABLE, une émission consacrée au cinéma fantastique et aux films d'horreur présentée par la ténébreuse SANGRIA (alias CATHERINE FALGAYRAC), un clone de l'américaine ELVIRA, qui vient nous gratifier tous les lundis d'un film de genre.
Mais attention, pas n'importe quels films de genre; du costaud, du lourd, du classique que les autres chaines françaises n'auraient jamais accepté de diffuser en prime-time : ALIEN, HURLEMENTS, THE THING, AMYTYVILLE, les premiers VENDREDI 13, PIRANHAS, HALLOWEEN... du pur bonheur pour les fans de ciné qui tache.
On n'avait pas vu ça depuis la diffusion de LA CREATURE DU LAC NOIR chez Tonton Eddy au début des années 80 (ah les fameuses lunettes 3D vendues avec le programme TV), celle des DENTS DE LA MER à peu près à la même période ou les doses homéopathiques que nous donnaient de temps en temps les émissions "L'AVENIR DU FUTUR" sur TF1 ou "LES DOSSIERS DE L'ECRAN"sur Antenne2.
D'ailleurs, on bavait comme des chiens enragés quand paraissait le nouveau Télé 7 Jours ou Télé Star annonçant la grille des programmes de la semaine suivante, se demandant quel film avait été choisi cette fois-ci par LA CINQ pour bien commencer la soirée du lundi.

"LES ACCORDS DU DIABLE" nous présentait également des œuvres à plus petits budgets, voire des téléfilms dont certains ont laissé des souvenirs impérissables : LA MALEDICTION DE LA VEUVE NOIRE, QU'EST-IL ARRIVE AU BEBE DE ROSEMARY ? , LA NUIT DE L'EPOUVANTAIL, les BRIVIDO GIALLO de LAMBERTO BAVA (la semaine prochaine ici même), etc...
Demandez d'ailleurs à n'importe quel quadra s'il se souvient d'un film fantastique diffusé sur LA 5 et il vous répondra très certainement :
"La malédiction de la veuve noire ! Qu'est-ce que je me suis chié dessus avec ce truc".
Une fois le film terminé, SANGRIA revenait nous présenter l'actualité du cinéma fantastique (ciné, vidéo, bouquins) à travers des bandes-annonces, des interviews  et plein d'autres gâteries.
Son rôle de vamp bien allumée portant des tenues à même d'affoler l'erectomètre des ados en rut que nous étions, représentait la cerise sur le gâteau d'un rendez-vous hebdomadaire qu'il était impossible de manquer.
Pas bon pour toi si tu arrivais au bahut le lendemain sans avoir regarder SANGRIA la veille.
En 1989, débarquent les séries fantastiques  comme LA MAISON DE TOUS LES CAUCHEMARS (un show de la HAMMER), LE VOYAGEUR et son générique bien flippant (les deux dernières saison ont d'ailleurs été coproduites par LA 5), VENDREDI 13 (FRIDAY THE 13TH THE SERIES qu'on ne présente plus en ces lieux) et un peu plus tard LES CAUCHEMARS DE FREDDY.
J'espérais avec impatience que la chaine achète  les deux saisons de WAR OF THE WORLDS, mais ce ne fût hélas pas le cas....


Et même si les ACCORDS DU DIABLE n’excédera pas les deux ans d'existence, LA 5 continuera à diffuser régulièrement toutes sortes de films fantastiques, et ce, n'importe quel jour de la semaine.
C'est de cette manière que j'ai pu découvrir de petits bijoux comme C.H.U.D, APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE, ENFER MECANIQUE, BREEDERS, LES PREDATEURS DU FUTUR, DEEP BLOOD, DR ALIEN, j'en passe et des meilleurs.
En gros, tout ce que j'apercevais dans les pages du magazine MAD MOVIES, LA 5 me le donnait quelques temps plus tard....
Et ne parlons pas de tous ces bons nanars signés PHILIPPE CLAIR ou MAX PECAS ou des comédies à la TERENCE HILL/BUD SPENCER..... une époque bénie je vous dis.

                                     "- Ho... allez mon biquet. 
                                        Si tu m'emmènes au resto tu pourras me faire ce que tu veux une fois à la maison.
                                      - Hmmmm... j'sais pas trop. 
                                        Y'a quand même un classique du cinéma français ce soir sur La cinq : 
                                        ON SE CALME ET ON BOIT FRAIS A ST TROPEZ .
                                        Non, là, franchement j'hésite.... "
  

Mais tout cela ne va malheureusement pas durer.
LA 5 ne cesse de s'endetter en raison de l'échec de pas mal de programmes assez pauvres qualitativement, d'un manque d’émetteurs suffisants qui ne lui permet que de couvrir 40% du territoire, de cachets astronomiques offerts aux célébrités et de pas mal de règlements de comptes à caractère politique.

Pour la petite histoire au sujet de ces émetteurs , je me souviens que ces derniers m'avaient causé moult soucis pour capter la cinquième chaine dans de bonnes conditions.
Il était en effet impossible de recevoir cette dernière si le râteau qui servait d'antenne à l'époque (eh oui, dans les 80's pas de paraboles et encore moins de Ti-N-Ti) restait fixé sur le même émetteur que celui qui nous balançait les quatre premières chaines (TF1, Antenne 2, FR3 et Canal+).
Ce qui me valu de sacrées remontées de bretelle de la part de mes parents à chaque fois que j'allais dans le grenier afin d'orienter le bordel dans la direction souhaitée.
Pour palier à cela j'avais ensuite trouvé l'option dit du "fil électrique, méthode qui consistait à introduire cet objet dans la fiche antenne de son téléviseur et de le bouger de droite à gauche jusqu'à obtenir un semblant d'image.
Bref, ça prenait des plombes et les anciens gueulaient toujours dés qu'il fallait zapper.
Le miracle survint quand je découvris une vieille antenne portative qui, branchée entre le récepteur TV et le râteau du grenier, permettait de mater l'ensemble des chaines sans avoir à effectuer une pléthore de bidouillages.
Mais bon, moi, j'avais quand même la chance de la recevoir cette cinquième chaine, ce qui n'était pas le cas de tout le monde.
J'en étais où ?
Ah oui, LA CINQ s'endette à tire-larigot.

                                     "- Je vous jure, monsieur le juge, c'est la faute à Silvio.
                                        Moi, je savais pas que les chiffres sur les livres de compte étaient en lires italiennes.
                                        J'ai cru qu'on était plein aux as et j'ai claqué sans compter.
                                      - Ma che s'tou raconte, toi ?
                                        Attends oune peu, yé yette oune oeil aux réyistres....
                                        Ouh, mama mia. Stronzo di figlio di puttana ! Ma qu'est-ce t'as foutou avéc lé pépéttes ?
                                       "Embraye bidasse, ça foume. Les branchés à St Tropez. Marché pas sour mes laçets".
                                        Ma cé quoi touté ces connéries  qui coutent oune oeil ? Et y'a même pas oune film dé cou.
                                        Ahlàlà, y'aurais mieux faire dé prendre la Cicciolina comme associée."

Les séries et les films distillés à haute dose coutent un œil et la présence des vedettes françaises actuelles du petit écran finissent de vider les portefeuilles.
Ces dernières, une fois l'euphorie monétaire passée (comprenez par là quand la chaine n'eut plus les moyens de raquer), ont regagné illico-presto leurs chaines de départ.

                                                                                " Hi, hi, hi, ranafout' de la 5. "

1991. Le groupe HACHETTE, persuadé de remettre sur les rails LA CINQ, la reprend en main et la remodèle entièrement, allant jusqu'à complètement la dénaturer.
Même le logo flashy habituel est remplacé au profit d'un machin tout laid.
La preuve :
                                                                                        Pas terrible, hein ?

Les fidèles de "l'ancienne 5" sont déboussolés, ne retrouvent plus leurs séries et leurs films favoris; l'esprit loufoque qui était un tant soit peu de rigueur depuis 1986 disparait au profit de quelque chose de plus classique et de plus froid.
Terminé les présentateurs exubérants, les jeux télévisés à base de blondasses légèrement neuneus sur les bords, adios les frères Duke et les Michael Knight,  bye-bye les litres d'hémoglobine balancés à la gueule du spectateur le lundi soir, arriverderci les nanars franchouillards....
Et à part la diffusion de la série TWIN PEAKS de DAVID LYNCH, le reste de la nouvelle programmation voulue par HACHETTE est tout simplement chiante à en mourir.

                              "- Mais si, agent Cooper, regardez mieux, cette chaine insipide et aseptisée, c'est bien la nouvelle 5.
                               - Non, mais vous vous foutez de moi là. Ça ressemble à rien.
                               - Eh oui. Et en plus, après avoir décalé notre série en deuxième partie de soirée, ils ont
                                prévu de nous balancer à 00h30 à partir de la semaine prochaine.
                               - A croire que nos aventures sont trop compliquées à suivre pour le français moyen.
                                Bon, allez, prenez un accent du ch'nord, on va aller postuler tout de suite
                                pour cette future nouvelle chaine: Dobeule-U  9."

Tous ces changements ont bien entendu un coût qui va creuser un peu plus le trou dans lequel la chaine s'enlise.
Bilan : 1 milliard de francs de déficit et le licenciement de plus de 500 salariés.
Début 1992, JEAN-CLAUDE BOURRET créée "l'association de défense de LA 5" et SILVIO BERLUSCONI en personne vient mettre la main à la pâte.
Mais l'hostilité d'autres chaines comme TF1 ou CANAL +, désireuses de dégager BERLUSCONI du pays et de ne plus voir de chaine commerciale sur le cinquième réseau hertzien ne permettra pas de sauver LA CINQ.
Celle-ci cessera d'émettre le 12 avril 1992 à minuit.


Que reste-il aujourd'hui de LA CINQ ?On pourrait penser qu'une chaine de télé qui n'a pas survécu plus de six ans soit de nos jours tombée complètement dans l'oubli.
Il n'en est rien, bien au contraire.
Je n'ai nulle honte d'avouer qu'elle a largement contribué  à mon éducation cinématographique (peut-être pas l'une des meilleures mais je m'en fous) et que bon nombre de personnes de mon âge diront la même chose.
La 5 nous a façonné, nous, les  férus de bis italien, les amoureux de nanars paillards, les gagas de séries US en tous genres, les fans de ciné fantastique, les blasés de la Télé-poubelle....
Et même si cette chaine fût un véritable fiasco, si les patrons de cette dernière ont eu les yeux plus gros que le portefeuille et que certaines émissions n'étaient pas toujours du meilleur gout, il faut quand même reconnaitre qu'il y soufflait un vent de folie qui nous manque cruellement aujourd'hui.
Alors, comme elle le disait elle-même à travers l'un de ses multiples slogans :
CINQ YOU LA CINQ !


vendredi 19 septembre 2014

FridayThe 13th The Series Saison 2 Episode 12


"- Tu vois, je te l'avais dit, Micki, que c'était pas une bonne idée de faire du baby-sitting à domicile pour payer le loyer de la boutique.
Bon allez, les mioches, ça suffit les conneries...
On a déjà été bien gentils d'accepter de jouer avec vous dans votre cabane alors qu'il y avait un super film à la téloche.
Quand vous parliez de jouer à "La chasse aux sorcières" je croyais que c'était un jeu de société style "Tribal Poursuite" ou "Momopoli"; on s'attendait quand même pas à finir immolés sur un bucher.
Et puis c'est quoi cette cabane d'ailleurs ?
Déjà, elle est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur et y'a plein de mecs chelous qui trainent un peu partout :  un clown avec une tronçonneuse, un mongolo avec un masque de hockey, un gros tout mou tout graisseux qui se prend pour un dentiste et sans parler de cette naine qui nous chante en boucle que la vie fait des erreurs et qu'y faut s'battre seulement pour le meilleur..... non, mais sérieux, c'est quoi ce délire ?
Alors, à moins que vous veniez de Gallifrey ou que vous soyez dans le show-biz, je comprends pas trop ce que c'est que cet endroit.
Elle vient d'où cette baraque ?
- Notre mère l'a achetée à un vieux croulant qui bosse dans une boutique où on vend des trucs tout pourris qui datent de la préhistoire.
Je crois que le nom du magasin c'est Curieuses Bouzes.
- Et merde..... "

Voilà ce qui arrive quand on instaure des rythmes scolaires à la mords-moi-le-noeud aux gosses : ils finissent l'école plus tôt, se font chier chez eux et se lancent dans la torture pour passer le trop de temps libre qu'on leur a imposé.
Et pendant ce temps-là leurs parents bossent comme des mulets pour leur payer des baby-sitters...
En tout cas, évitez de leur acheter des jouets chez Lewis et dites-leur de faire leurs devoirs.

vendredi 12 septembre 2014

Friday The 13th The Series saison 2 Episode 11


"- Hé, c'est bien vous le ministre de l'agriculture, hein ?
   J'vous ai reconnu petit salopiaud !
 - Mais enfin, je ne vous permets pas.
   De plus, que faites vous donc ici ?
   J'aimerais quand même prendre l'ascenseur en toute quiétude pour rejoindre mon bureau.
   Surtout que mon repas à La Tour d'argent a quelque peu empiété sur mon planning.
 - Ah, parce que Môssieur se tape des repas gastros qui coutent la peau du cul pendant que nous autres apiculteurs on est obligé
   de se serrer la ceinture à cause de vos nouvelles taxes à la c....
   D'ailleurs c'est un peu pour ça qu'on est venu gueuler ici avec les copines.
- Les "copines" ?
  Mais enfin, très cher, je ne vois que vous.
- Je parlais de mes copines ouvrières, celles avec qui je bosse.... les abeilles quoi !
  Elles aussi en ont ras-le-bol !
  Entre les pesticides, les restrictions de pognon, la TVA qui grimpe et toutes vos conneries, elles ont plus rien à bouffer.
  Alors du coup y'a fallu s'adapter...
- Mais... qu'est-ce donc que cette chose...
  Mais elle pleine d'abeilles ! Vous êtes fou !
- Ben oui qu'elle est pleine d'abeilles, c'est une ruche, grosse buse !
  Je l'ai acheté y'a trois mois chez le vieux Lewis et il m'a dit qu'avec ça, mes ch'tites copines elles connaitraient plus jamais la famine.
  Vous voulez savoir ce qu'elles bouffent à présent ?
- Non, franchement je m'en contrefous.
  Par contre si vous pouviez éviter de les laisser se balader dans l'ascenseur...
- Eh ben j'vais t'dire c'qu'elles bouffent...."


"- DU SANG, mon gros ! Du sang qu'elles bouffent ! Merci tonton Lewis !
 - Hiiiiiii, arrêtez, je suis allergique aux piqures d'abeilles !
 - T'inquiète, celles-ci elles piquent pas, elles pompent ! Hé, hé, hé...."

C'était à prévoir.
Avec l'été pourri qu'on a eu, tous ces insectes pénibles au dard acéré n'ont pas pu s'épanouir en toute sérénité.
Il était donc logique qu'ils viennent se venger dés l'apparition des premiers rayons du soleil.
Une seule solution : en faire l'élevage grâce à la magnifique ruche portative de chez Curious Goods.
Comme ça vous pourrez emmener vos abeilles partout avec vous pour faire chier un max de monde quand l'envie vous en prend.

dimanche 7 septembre 2014

MUTANT (1984)



Josh et Mike, deux frangins guillerets en balade sur les routes US, sont pris à partie par des bouseux qui envoient leur voiture dans le décor.
Contraints de passer la nuit dans la petite bourgade de Goodland, ils découvrent dans une ruelle le cadavre d'un homme au visage calciné qui semble avoir été vidé de son sang.
Comme tout bon citoyens qui se respectent, ils s'empressent de prévenir le shérif local de leur trouvaille mais ce dernier, qui semble avoir beaucoup de mal à les croire, n'aime pas trop que des étrangers viennent foutre le bordel dans son patelin.
De nouveaux meurtres et  la soudaine disparition de Mike et de pas mal d'habitants du coin va le ramener à de bien meilleurs sentiments.
Parti à la recherche de son frère, Josh va vite se rendre compte qu'une étrange maladie semble être à l'origine de tout ce foutoir.


MUTANT est l'avant dernier film de JOHN "BUD" CARDOS, réalisateur principalement connu pour son sympathique KINGDOM OF THE SPIDERS en 1977 (L'HORRIBLE INVASION en français, avec WILLIAM SHATNER).
Le film fût diffusé chez nous sur LA 5 sous le nom de "LA NUIT DES MUTANTS", la cinquième chaine étant particulièrement friande de toutes ces séries B d'horreur qu'elle nous balançait à foison pour notre plus grand bonheur.
C'est durant cette époque bénie et malheureusement révolue qu'il m'a été permis de voir ce long-métrage pour la première fois et j'en avais gardé un très bon souvenir.
Mais qu'en est-il 25 ans plus tard ?

                            "- Nom de dieu, mais qu'est-ce qu'elle a foutu votre gamine pour se mettre dans un tel état ?
                             - Rien, docteur. D'ailleurs elle ne sort même pas, elle passe ses journées à regarder la télé.
                             - Et elle regarde quoi ?
                             - Oh, les programmes habituels pour la jeunesse actuelle : Les Tanches de la téléréalité, Les Ch'tis à Montluçon, 
                               Débila à l'académie française, Touilaillte......
                            - Ah ben bravo ! Belle éducation ! Faut pas s'étonner si votre môme se transforme en zombie décérébré après ça ! 
                              De mon temps au moins on avait LA 5 et on ne devenait pas des monstres sanguinaires.
                              Bon allez, vous la privez de télé pendant six mois et ça devrait aller mieux.
                              Ça fera 200 boules !"

Le film commence assez mollement et oppose nos deux frangins citadins aux rednecks locaux.
Des rednecks bien débiles sur les bords, probablement élevés au houblon dés leur plus jeune âge et qu'on croirait tout droit sortis d'un épisode de SOUTH PARK.
Bref, on ne peut pas dire que l'air de la campagne soit des plus bénéfiques au cerveau humain chez l'ami CARDOS.

                                       "- Alors comme ça, m'sieur le citadin, y parait qu'on est des bouseux consanguins ?
                                          Dites-donc, z'êtes pas très gentils, vous, les gens de la ville !
                                        - Ah mais non, très cher ami campagnard, pas du tout, vous vous méprenez.
                                          Qui vous a dit ça ?"

                                            " C'est toi, Josh, rappelle-toi !
                                              T'as même ajouté qu'ils devaient surement s'envoyer des chèvres vu comme leurs
                                              bergères ressemblaient à des génisses dégueulasses !"

                                        "- S'il te plait, n'en rajoute pas Mike !
                                           Je t'ai déjà dit que ce n'était pas de leur faute !
                                           Tout le monde n'a pas la chance de vivre dans un coin civilisé comme le nôtre.
                                           Rappelle-toi ce qu'a dit notre président : même les 'sans-dents' ont le droit de s'amuser !
                                         - Oh boudiou de boudiou ! Norbert, passe-moi mon flingue !"

Face à ce ramassis de crétins on trouve WINGS HAUSER, qui interprète ici l'ainé des deux frères.
Un choix assez singulier de la part du réalisateur que de confier le rôle principal à cet acteur.
Ce n'est pas qu'HAUSER soit mauvais, bien au contraire, mais son physique de DAVID HASSELHOFF joufflu ultra-permanenté (plus permanenté qu'HASSELHOFF ? Oui, c'est possible) ne sied pas vraiment à l'image que l'on peut se faire du héros habituel.
On le préfère nettement dans des rôles de méchants (DAR L'INVINCIBLE 2 par exemple).

                                        "- Tu fais chier, Wings !
                                           Combien de fois je vais devoir te dire d'oublier cette audition foireuse pour K2000 ?
                                           Ta bagnole ne roule pas toute seule, mets-toi bien ça dans le crane !
                                         - Oh, ta gueule...."

Ne parlons pas de sa romance avec la belle JODY MEDFORD qui vient à point nommé gratifier notre héros de l'inévitable "damzelle" en détresse propre à la plupart des films du même genre.
Et pourtant, le début de leur relation ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices; il faut bien avouer que l'introduction de la jeune fille se fait un peu comme un cheveu sur la soupe.

                                             " Hi, hi, hi, y vous a pas fait trop mal, tonton Roger ?
                                               Mais c'est vrai qu'c'est pas très gentil c'que vous avez dit sur nous.... hi, hi, hi"

                                            " Non, ça va aller, je viens de me débarrasser des derniers grains de sel, 
                                              je pourrai bientôt m'asseoir de nouveau normalement.
                                              N'empêche, quand je vous vois comme ça avec votre serpillère sur la tronche,
                                              je me dis que j'avais pas vraiment tort en parlant de génisse."
 
                                                          " Ah ben si ça vous dérange, j'peux l'enlever mon foulard.
                                                            C'est mieux comme ça ?"
 
                                " - Heu... bah.. heu.. hagagaga.... raaahhhhh..... toi, zoli madame... beeuuhhh... miam miam...
                                  - Et après c'est nous qu'on traite de débiles, non mais j'vous jure... "

Mais il faut surtout bien préciser que le doublage français ne rend pas non plus justice au talent des acteurs, crétinisant au maximum pas mal de dialogues.
Hormis HAUSER, on aperçoit dans MUTANT une autre bonne gueule : le vétéran BO HOPKINS (une centaine de films et tout plein de séries TV) dans le rôle du shérif de GOODLAND, lequel a plutôt tendance à légèrement abusé de la bouteille (normal me direz-vous, quand vous bossez dans un trou perdu comme Goodland, la seule occupation c'est de picoler).


Pour mettre sous pression tout ce beau monde il y a les bad-guys de service : les habitants du coin qui, contaminés par des déchets toxiques sournoisement dissimulés dans le sol par une société véreuse, se transforment en créatures zombiesques assoiffées de sang humain.
Pour une production datant de 1984, les effets spéciaux s'avèrent plus que corrects et les maquillages assez crédibles; et pas question ici d'infectés déambulant mollement tels les morts-vivants de ROMERO, les créatures en question prenant plutôt exemple sur celles du 28 JOURS PLUS TARD de DANNY BOYLE ou de L'ARMEE DES MORTS de ZACK SNYDER.
Les zombies-vampires carburent comme des malades et il est très difficile de leur échapper.

                                         "- Hiiiiiiiiii... chouchoune !!! Non, mais regarde comme ce mutant a le bras long !
                                          - On s'en fout, tiens le volant ! On t'a déjà dit que ta caisse roulait pas toute seule !"

Sans parler du fait qu'ils ne font pas dans la demi-mesure question victimes : hommes, femmes, enfants, personnes âgées... tout le monde y passe sans distinction aucune.
Ce qui nous vaut d'ailleurs une scène assez gonflée ou le bambin pénible de service (qui d'habitude survit par on ne sait quel miracle aux épreuves qui lui sont infligées) se voit copieusement bouffé par ses petits copains dans les chiottes de l'école.

                        "- Tu vois, chouchoune, je te l'avais dit que vous étiez vraiment des gros cradingues à la campagne !
                           A force de pas nettoyer correctement les sanitaires de l'école voilà ce qui arrive : les gosses choppent des saloperies !
                         - Heu... j'te signale qu'y veulent me bouffer ces mioches !
                          Alors aide-moi au lieu de dire des conneries !"

                                                 " - Aaargghhh.... hagagaga.... zoli madame.. miam miam.... beuhhhh....
                                                   - Tiens, ça me rappelle kekchose c'qu'ils baragouinent....
                                                   - Oh, la ferme et grimpe !"

Si la première partie du long-métrage est assez molle, la dernière demi-heure, véritable survival apocalyptique à petit budget, est particulièrement prenante, et ce même si les personnages ont un peu trop tendance à vouloir visiter tel ou tel bâtiment au lieu de vite foutre le camp du bled maudit.
Mais ce serait vraiment être de mauvaise foi que de laisser ces quelques éléments somme toute assez banals nous gâcher le plaisir de regarder et surtout d'apprécier cette bonne petite série B.

                                                      "- Barrez-vous ! Il est à moi le dernier Kinder Bueno !
                                                       - Non, mais sérieux, y sont tous comme toi, les mecs de la ville ?"

Notre couple vedette va alors déguster sévère et on se demande jusqu'au bout  s'il va réussir à échapper aux baisers enflammés et au toucher brulant des monstres.
Mention spéciale à la scène bien flippante ou l’héroïne est cloitrée dans une auto au beau milieu d'un brouillard épais, se demandant à quel moment les infectés vont se rendre compte de sa présence et s'empresser de vouloir la boulotter.
S'il y a une chose que l'on peut dire sur mister CARDOS, c'est qu'il sait s'y prendre pour distiller une certaine tension et un punch indéniable dans ses films.

                                           "- Ouf... j'me suis enfin débarrassée de c'gros lourdingue de citadin...
                                            - Heu... bah.. heu.. hagagaga.... raaahhhhh..... toi, zoli madame... beeuuhhh... miam miam...
                                            - Et m..... !"

Au final, MUTANT est donc une excellente série B vraiment pas mal foutue et se révèle un excellent cru de ce qui se faisait de mieux dans les années 80.
Bien plus sympa, et surtout bien plus speed que les productions actuelles à base de zombies (SCIFI et ASYLUM en tête), MUTANT mérite amplement l'attention des nostalgiques de la cinquième chaine et des amateurs de films de contaminés en général.

Et un petit DVD Rip en français dégoté sur la toile, un !
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