mardi 10 juin 2014

I TRE VOLTI DEL TERRORE (2004)


Carlo, Marco et Sandra, tous trois passagers d'un train, voient débarquer dans leur compartiment un vieux bonhomme un peu loufoque, le professeur Peter Price, hypnotiseur de profession. Afin de démontrer ses talents il invite les jeunes gens à regarder à l'intérieur d'une sphère métallique de sa conception, laquelle aurait la capacité de sonder les tréfonds de l'âme humaine et de lire dans le passé.
A tour de rôle Carlo, Marco et Sandra vont vivre (ou revivre) une histoire singulière et terrifiante.


L'ANNELLO DELLA LUNA
Marco et son copain Fabio sont des pilleurs de tombes. Après s'être aventuré dans une ancienne sépulture étrusque, Marco est entré en possession d'un anneau représentant une tête de loup; un objet très encombrant qu'il n'arrive plus à retirer de son doigt.
Rapidement, le jeune homme devient de plus en plus violent et après qu'il ait sauvagement explosé le crane de Fabio, commencent à se manifester les prémices d'une effroyable métamorphose.


UN VISO PERFETTO
La belle actrice Sandra accompagne sa meilleure amie Barbara chez le docteur Fisher, un éminent chirurgien esthétique. Bien qu'elle soit très belle, Barbara est décidée par dessus tout à ressembler trait pour trait à sa copine. Si cette dernière trouve cela plutôt dérangeant, elle finit toutefois par se ranger à l'avis du médecin qui lui démontre qu'il n'y a aucun mal à vouloir avoir le même physique que quelqu'un d'autre. Mais, l'étrange toubib a des méthodes d'opérer très particulières.


IL GUARDIANO DEL LAGO
Marco, sa petite amie Anna et le futur amant de cette dernière Paolo (?), décident de camper aux abords d'un lac dont l'accès est strictement interdit. Malgré la mise en garde d'un vieux maboul qui leur demande de partir au plus vite, le trio décide quand même de rester dans le coin pour y passer la nuit. Ils vont alors devenir les proies d'une créature gigantesque tapie dans les profondeurs du lac.

                                                   "Non, sérieux, Paolo, arrête la picole....
                                                    Je vois bien deux ou trois nudistes, un cadavre qui flotte, un aileron, 
                                                    mais des tentacules, et dans un lac en plus, là t'abuses grave...
                                                    Paolo, tu m'entends ?"

Vous l'aurez compris, I TRE VOLTI DEL TERRORE se veut un hommage au chef d’œuvre de MARIO BAVA : LES TROIS VISAGES DE LA PEUR (1963), film également composé de trois histoires bien distinctes et mettant en scène des stars telles que BORIS KARLOFF ou MICHELLE MERCIER.
Pourtant, c'est plutôt du coté d'une autre anthologie que lorgne le film ici présent, en l'occurrence celle réalisée par FREDDIE FRANCIS en 1965, LE TRAIN DES EPOUVANTES avec PETER CUSHING, CHRISTOPHER LEE, DONALD SUTHERLAND et MICHAEL GOUGH.
En effet, le fil rouge reliant les sketchs entre eux est quasiment le même que celui du film produit par la firme AMICUS dans les années 60 : un mystérieux scientifique va, à travers le rêve, faire revivre des situations bien particulières à plusieurs personnages, des rêves qui auront au final un impact fatidique sur la destinée des protagonistes.


I TRE VOLTI DEL TERRORE est le second film réalisé par le génie italien des effets spéciaux SERGIO STIVALETTI, qui nous avait déjà gratifié d'un somptueux MASQUE DE CIRE en 1997 avec ROBERT HOSSEIN dans le rôle principal.
Pour ceux qui l'ignoreraient encore, rappelons que STIVALETTI est quand même à l'origine des trucages de petites perles italiennes telles que le diptyque DEMONS de LAMBERTO BAVA, le SANCTUAIRE et le DELLAMORTE DELLAMORE de MICHELLE SOAVI, le PHENOMENA de DARIO ARGENTO, etc...
Autant dire qu'avec un tel palmarès à son actif et malgré un budget tout riquiqui, STIVALETTI nous offre dans ce second long-métrage des effets spéciaux d'excellente facture : un loup-garou assez convaincant (avec une métamorphose lorgnant manifestement du coté de DEMONS), du gore chirurgical du meilleur effet et une créature aquatique assez majestueuse.

                                                   "- La vache, qu'est-ce que ça sent le chien mouillé !
                                                      À tous les coups c'est encore ce con de Yorkshire de la voisine qui a sauté dans la piscine...
                                                    - GRRRRRRRR.....
                                                    - Qu'est-ce que je disais.... 
                                                      Kiki ! Viens là espèce de saloperie que je m'occupe de ton cas..."

Mais à travers cette anthologie, le bon SERGIO semble surtout avoir voulu faire plaisir aux amateurs de  cinéma fantastique et ce, en glissant ici et là de nombreux clins d’œil au genre : la scène du premier sketch ou une jeune fille enfermée dans sa voiture est menacée par un loup-garou rappelle furieusement le HURLEMENTS de JOE DANTE, la deuxième histoire a de gros relents des YEUX SANS VISAGE de GEORGE FRANJU, la troisième fait immédiatement penser au segment du radeau de CREEPSHOW 2 (MICHAEL GORNICK) voire aux DENTS DE LA MER 2 pour le coup du câble électrique.....
Et cerise sur le gâteau, le réalisateur s'octroie même la présence de guest-stars avec le joyeux LAMBERTO BAVA que l'on aperçoit sur le tournage de.... DEMONS 7 (ah, si seulement...) ou le compositeur CLAUDIO SIMONETTI qui prend du bon temps au bord d'une piscine en compagnie d'une charmante donzelle.

                                              "Ma cé pas possiblé, Ginetté ! Sergio i m'a dit qué y'allais fairé DEMONI 7 et yé 
                                               mé retrouve  avec seulément 30 sécondes à l'imagé. Cé quoi cé bordel ?"

                                             "- Ma si poupée, CLAUDIO SIMONETTI ! Lé GOBLIN c'était moi. 
                                                SOUSPIRIA, ZOMBIE, LES FRISSONS DÉ L'ANGOISSE... quand même, tou dévrais connaitre...
                                              - Ah oui, hi, hi, je me souviens ! L'AUTRE ENFER de BRUNO MATTEI, c'était bien toi, non ?
                                              - Ah, maledizione....."

Il y a aussi un acteur que l'on retrouve avec plaisir et qui nous quittera malheureusement quelques années plus tard, mister DIABOLIK en personne : JOHN PHILLIP LAW (LA MORT ETAIT AU RENDEZ-VOUS, BARBARELLA, LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD...).
Ce dernier, outre le personnage loufdingue du professeur Price, tient un rôle dans chacun des segments : il est le milliardaire Monti dans le premier, le toubib chtarbé du second et le vieux borgne du troisième. A chaque fois, grimé de manière différente, LAW incarne des individus haut-en-couleurs et cela de manière tout à fait savoureuse; la palme revenant au trop souriant plasticien d' UN VISO PERFETTO.

                                                                         I QUATTRO VOLTI DEL SIGNOR LAW

A la différence des anthologies habituelles, STIVALETTI ne révèle la chute de chacune des histoires qu'à la toute fin du long-métrage, cela afin de préserver jusqu'au bout le destin qui attend les trois passagers du train. Ont-ils rêvé ? Sont-ils morts comme dans le TRAIN DES EPOUVANTES ?
N'en disons pas plus sinon que la manière dont est monté le film dans son ensemble est des plus originales.


Si vous fouillez sur la toile, vous vous apercevrez rapidement que I TRE VOLTI DEL TERRORE se fait descendre en flammes un peu partout.
Il est vrai que l'âge d'or du cinéma fantastique italien est, en 2004, mort et enterré depuis belle lurette mais considérer ce film-là comme une véritable daube est quelque peu exagéré.
Même si l’œuvre en question à des allures de téléfilm produit par la télé ritale pour combler les plages horaires de fin de soirée et que les trois sketchs ne se valent pas tous (le moins bon restant le deuxième), on passe tout de même un bon moment.
D'une durée respectable de 90 minutes, assez bien construit, sans temps morts, I TRE VOLTI DEL TERRORE aurait largement mérité une sortie chez nous. Reste donc à vous procurer le DVD italien si vous voulez posséder ce sympathique petit film.

                                                                                                 TRAILER


15 commentaires:

  1. merci pour ce film a squetchs que je ne connais pas et que j ai hate de decouvrir !

    RépondreSupprimer
  2. jamais vu!mais très critiqué par la presse comme tu l'as dit .
    je me rappelle de Mad Movies qui l'avait descendu en flammes !
    dommage pour stivaletti surtout après le super "masque de cire"!
    je vais pouvoir me faire une opinion en attendant la sortie de ce film à sketchs annoncé par tous nos chers "papys" italiens (deodato,bava,...)
    honte sur moi ,j'ai oublié le nom du projet.
    bref,merci à toi ,tonton jack pour cette nouvelle découverte!

    RépondreSupprimer
  3. Tu dois vouloir parler du film THE BOOK réunissant DEODATO, BAVA JR, MARTINO, COZZI, CASTELLARI etc...
    Un film dont j'attends la sortie avec impatience.
    Bon sang, ils nous manquent vraiment tous ces mecs-là !

    RépondreSupprimer
  4. Intéressant et éclairé comme choix.

    Mad Movies l'avait assez bien traité en son temps.
    Stivaletti, qui voyait la production fantastique au point mort, sans renouvellement ni tentative de la part des producteurs italiens, avait mis son argent dans le film, avec le concours d'une boite de distribution vidéo. Pas beaucoup, ce qui s'en ressent dans le film mais ce fut un énorme effort pour lui.

    John Pililp Law avait d'ailleurs participé quasi bénévolement au film, lui qui devait initialement succédé à Robert Hossein dans le second volet du Masque de cire, qui ne s'est pas fait à cause des producteurs...S'entendant vraiment bien avec Sergio, il a dit banco quand à sa participation dans cette petite production.

    A l'époque ou presque, Mad Movies encore avait publié une assez belle interview de Law qui clamait un amour assez sincère pour le genre, une fièreté quand à sa participation à Barbarella et à Diabolik, ou encore à Dr Justice.
    Mine de rien, J-P Law fut le premier acteur hollywoodien a se rendre en Italie, Hong-Kong ou encore les Philippines.
    Je ne l'estimait pas avant cette interview, sa mort m'a causé beaucoup de peine quelque temps après sa parution...

    Pour en revenir à la production de cinéma de genre italien, c'est quand même étrange que celle de l'Italie se soit effondrée alors qu'elle fut florissante jadis, tandis que la production espagnole possède une authentique vitalité.

    Merci Oncle Jack pour ta trad' !

    RépondreSupprimer
  5. Très curieux, good !...
    Merci pour ce film inconnu pour moi et félicitation pour les sous-titres.
    Aura-t-on le droit de voir aussi le très fameux "masque de cire" ? Quel dommage qu'un second volet de ce dernier n'ai pas vu le jour, mais, bon... c'est comme ça, c'est la vie.
    Merci Tonton jack.

    RépondreSupprimer
  6. C'est une belle découverte en perspective, merci d'avance, monsieur Jack.

    RépondreSupprimer
  7. je me joins au club des pilleurs de tombes.
    Merci pour ce partage Uncle Tonton Super jack

    (Mad Movies c'est pas la bible ils ont aussi dit des connerie au crayon bis^^)

    RépondreSupprimer
  8. Je vais me faire plaisir à le regarder. Merci une fois de plus pour toutes les trad que tu nous fais partager Oncle Jack.
    Par contre, un peu petit le format de tes sous titres sur ce film. J'ai l'impression que tu ne les as pas incrustés avec le même logiciel utilisé d'habitude.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, en effet je me suis rendu compte après coup que les srt étaient un peu petits malgré le fait qu'ils aient été incrustés avec le même logiciel que d'habitude. Mystère !
      Bref, dés que j'ai un moment je refais l'incrustation.

      Supprimer
    2. Ton logiciel doit provenir de la boutique d'antiquité de Friday the 13th. C'est malin, Oncle Jack is cursed

      Supprimer
    3. Ah oui, c'est surement ça.
      Me reste plus qu'à tremper le PC dans une bassine d'eau bénite... =)

      Supprimer
    4. Ça y est, c'est bon, j'ai mis un nouveau lien.

      Supprimer
    5. Je blagueeeeeeeeeeeeeee

      Merci pour le nouveau lien

      Supprimer
  9. ça fais un bail que je voulais le voir celui-là ! Un grand merci Oncle Jack de l'avoir traduit !

    RépondreSupprimer