mardi 27 mai 2014

METAMORPHOSIS (1989)


Peter Housemann, jeune scientifique à l'avenir très prometteur, mène des recherches sur l'ADN dans l'université où il enseigne. Alors qu'il s’apprête à mettre au point un sérum destiné à stopper le vieillissement, il est confronté aux doyens de la fac qui ne voient pas d'un très bon œil que ce jeune prodige ne partage pas avec eux le fruit de ses recherches. Ces derniers le menaçant de lui couper les finances, il n'a alors plus d'autres choix que de tester sa formule sur lui-même avant que son projet ne soit repris en main par son rival, le professeur Lloyd.
Après une première injection, Housemann se rend compte que son sérum modifie petit à petit son organisme et le pousse à commettre des actes de plus en plus violents tout en subissant un vieillissement accéléré. Mais ces changements ne sont que le début d'une bien plus terrible métamorphose. 

                                                 "Aaaahhhhh ! Ces cons de lapins du labo m'ont refilé la myxomatose !!!"

METAMORPHOSIS, dont le titre original est DNA FORMULA LETALE, ne doit pas être confondu avec le naveton METAMORPHOSIS THE ALIEN FACTOR (1990) de GLENN TAKAKDJIAN où un savant se transformait en hideuse créature après avoir été mordu par une grenouille de l'espace (non cherchez pas...). Ici, il s'agit d'un film italien réalisé en 1989 par l'acteur GEORGE EASTMAN, connu par tous les amoureux de bis rital (voir post précédent sur BLASTFIGHTER) et qui a tourné de nombreuses fois sous la direction du grand JOE D'AMATO.
On peut d'ailleurs noter que c'est FILMIRAGE, la maison de production créée par d'AMATO en 1980 qui produit ce long-métrage.
EASTMAN en a également rédigé le scénario et même si ce dernier avait coréalisé 2020 TEXAS GLADIATORS en 1982 au coté de son copain JOE, c'est le premier film où il est véritablement crédité en tant que metteur en scène.
Alors, l'ami LUIGI (MONTEFIORI, le vrai nom d'EASTMAN) est-il aussi doué derrière que devant la caméra ? La réponse n'est pas évidente. Laissons l'intéressé répondre par lui-même via une interview qu'il avait donné sur la chaine italienne Rai Due :


"J'avais écris DNA FORMULA LETALE avec tellement d'amour.
On m'avait assuré que les effets spéciaux seraient faits par l'équipe de Lucas et que l'acteur principal aurait été BILL PULLMAN ou CARRADINE.
Comme d'habitude, ARISTIDE MESSACCESI (JOE D'AMATO) promettait monts et merveilles...
On est allé en Amérique et c'est notre maquilleur MAURIZIO TRANI qui s'est occupé des effets spéciaux.
Les acteurs ?
Un Top-model qui n'avait jamais fait un film et pour l'actrice principale, elle était  femme de chambre dans l'hôtel où nous étions descendus. Le film est donc devenu ce qu'il est devenu."




Ouille, sévère l'ami EASTMAN !
Et pourtant, même si ce dernier semble ne pas avoir une grande considération pour le seul film qu'il a mis en boite, le résultat n'est pas si mauvais qu'il veut bien laisser l'entendre.


Concernant les acteurs, s'il est vrai que l’héroïne est interprété par une illustre inconnue du nom de CATHERINE BARANOV, sosie au rabais de NICOLE KIDMAN et qui n'apparaitra dans aucun autre film, le scientifique Peter Housemann lui, porte les traits de l'acteur GENE LEBROCK, une ex-star du soap SANTA BARBARA que l'on retrouvera en 1990 dans le AU-DELA DES TENEBRES (aka LA CASA 5) de CLAUDIO FRAGASSO. Avec ses faux airs de CHRISTOPHER REEVE, LEBROCK se débrouille pourtant plutôt bien en jeune savant qui semble avoir un peu trop regardé LA MOUCHE de CRONENBERG. Tout comme son confrère Seth Brundle, Housemann n'a vraiment pas de chance, déjà qu'il a fort à faire avec certaines de ses élèves qui préfèrent largement devoir se taper leur prof de fac plutôt que de bosser leurs cours.

                    "Alors, miss Cruchovsky, pouvez-vous me donner le nom du savant à l'origine de la fameuse formule E=Mc2 ?"

                                       "- Heu... attendez, heu... je réfléchis. Gnniiiiiiiiiiiiii ! A bon dieu, c'est dur la réléchisation...
                                         Ah  je l'ai sur le bout de la langue. Concentration... gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Hoooooooo....
                                       - Ah bordel ! Mr Schmulbluck, appelez les pompiers! Miss Cruchovsky s'est encore mis le
                                        cerveau en défaut et est tombée dans le coma.
                                      - Encore m'sieur Housemann ? 
                                        Putain, elle nous a déjà fait le coup quand vous lui avez demandé si elle était présente...."

Et l’inoculation de son sérum miracle n'arrangera pas les choses. Victime de pulsions qui le contraignent tout d'abord à fracasser la tronche de la Black Emmanuelle LAURA GEMSER alors que cette dernière s'offrait toute entière à lui (ah, le con !!!!), le pauvre Peter se rend compte qu'il commence à vieillir à vitesse éclair, puis à voir son corps se métamorphoser en une espèce de lézard humanoïde tout droit sorti de V.
En réalité, son sérum a réveillé dans son ADN des racines génétiques endormies remontant à l'origine des espèces.... en bref, le savant se transforme en fossile vivant.


EASTMAN a écrit une histoire assez bien ficelée, qui, un peu comme chez le méchant professeur Lloyd du film, nous pousse à en savoir plus sur la créature que va devenir Housemann au terme de sa mutation. Les maquillages tenant pas trop mal la route quand le jeune scientifique devient un vieillard centenaire à moitié décrépi puis quand il se retrouve avec une tête de saurien à moitié humain, on se dit que le final va balancer sévère. Eh bien, détrompez-vous, c'est un véritable cauchemar qui vient malheureusement plomber l'intégralité du film.
Housemann, au stade ultime (ou presque) de sa régression poursuit l'héroïne et son gamin dans les sous-sols de l'université, ceux-ci hurlant que l'homme est devenu une chose monstrueuse. Bien sûr, on ne voit pas tout de suite le monstre en question mais quand le moment est enfin venu on se dit qu'effectivement C'EST VRAIMENT MONSTRUEUX ! La preuve en image :

                                                   "Ah mon dieu, mais.... mais quelle horreur !!!! Peter, qu'es-tu devenu ?"

                                                        "Coucou, les n'enfants, eh oui c'est moi le chainon manquant !"

Bon ok, c'est pas vraiment ça et je vous laisserai voir par vous-même si je suis loin de la vérité ou pas. Croyez-moi, CASIMIR aurait été plus effrayant que le machin qui nous est balancé.
Hormis ce triste incident, METAMORPHOSIS reste hautement recommandable dans son ensemble et même si la belle LAURA me soutiendra le contraire, il reste assez timide question violence.

                                                       "J't'en foutrai moi de la violence timide ! Enfoiré de Tonton Jack !"

Ne vous fiez donc pas trop aux dires de GEORGE EASTMAN et si ça vous tente allez faire un tour chez DjSafe.

6 commentaires:

  1. Damned !
    Je viens de m'apercevoir que c'était déjà mon centième article !
    Qu'est-ce que ça passe vite quand on raconte des conneries !

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  2. Félicitations pour ton 100ème d'article d'un grand blog qui a tout suite trouvé son identité culturelle et qui l'a très bien travaillée par la suite. Je sais que tenir un site est fatiguant mais, qui sait, j'en espère encore 100 autres !

    Je suis assez d'accord avec certaines de tes réflexions sur notre présent film, notamment l'astucieuse remarque sur le physique de nos acteurs.

    Pour Métamorphosis, je l'avais beaucoup aimé la première fois que je l'ai vu.
    La seconde fois, étonnamment, je n'ai vu que ses défauts.
    A voir donc, avec un repack et une traduction, où penchera la balance pour une troisième fois.

    Acteur dans les années 60, puis acteur et scénariste dans les années 70, George Eastman a toujours su trouver des idées...barrées que ce soit Anthropophageous et Bestialita. Le film de lui en tant qu'acteur que je préfère est "Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau".

    Sous pseudo, et toujours pour Joe D'Amato qui faisait bosser ses collaborateurs réguliers, c'est lui qui a écrit sous pseudo "Bloody Bird", alias "Aquarius" dont Michele Soavi se disait être proche à l'époque. Cependant, George Eastman avait toujours voulu tourner du "vrai" cinéma, d'émotion et de sens et il est possible que Metamorphis ait marqué le point final de ses ambitions, de ce côté-là.

    A noter également qu'un numéro de Toxic, la revue de la fin des années 80/début 90 dédiée au gore lui a consacré une interview réalisée par Patrick Najdar et Bruno Maccarone (directeur de Free Dolphin sauf erreur de ma part et co-auteur d'une belle pile d'interviews des gens du bis de cette époque).

    Bravo pour l'excellente tenue de ton site !

    Amicalement,
    Tinterora

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  3. Après réléchisation...vaut mieux cela qu'une poutre dans l'oeil!!!!! (ou ailleurs^^)
    Ceci dit il faut une sacrée overdose d'humour pour savourer cet ADN de Proust à la recherche du trou perdu :
    "Ah mais j'y vois plus rien!!!!!!
    Avec ses lentilles de reptilien....putain.
    Professeur Lloyd (kauffman?) :
    Arrête le sérhum et le tubby"LSD"lice Mr hyde,,, tu as rendez vous avec un des King de l'undergound VHS .
    Tonton Jack the Ripper de DVDHS!!!!!
    Que j'applaudie jusqu'aux moignons pour cette centaine de pamphlets patatraphysiques si chères à nos zygomatiques et au sous culte du cinémarécage;))))






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  4. bien kitsch et barré!
    un grand merci pour ce film !!

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  5. Voici un petit cadeau pour te remercier pour tes passionnant articles sur ton blog: http://youtu.be/SWIrImd3L24

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