lundi 21 avril 2014

KNIGHT/CHILDER/BLACKSTONE : PROTEUS (1995)

Ultime escale parmi les auteurs de la collection GORE avec cette fois-ci le très méconnu JOHN RAYMOND BROSNAN. Ce nom ne vous dit rien ? Normal puisque l'homme a utilisé tout au long de sa carrière divers pseudonymes comme HARRY ADAM KNIGHT, SIMON IAN CHILDER ou encore JAMES BLACKSTONE. Né en 1947 et décédé en 2005, BROSNAN était un écrivain australien spécialisé dans la science-fiction et le roman d'épouvante; et même s'il n'a pas connu la carrière d'un RICHARD LAYMON ou d'un DEAN KOONTZ, il a signé quelques bons bouquins qui auraient mérité d'être mieux connus par chez nous.


Le premier à être publié par DANIEL RICHE fût TERREUR DELIQUESCENTE (SLIMER) où un groupe de naufragés échoue sur une plate-forme pétrolière dont les employés semblent avoir tous mystérieusement disparu. Ils vont vite découvrir que ces derniers menaient en fait des expériences en génétique dont le résultat, bien entendu, a échappé à leur contrôle. Résultat : une créature informe, croisement improbable entre un requin et un Blob, se balade désormais sur le bâtiment en ingérant tout organisme vivant qui passe à sa portée.
Huis-clos façon ALIEN en mer, TERREUR DELIQUESCENTE est un excellent petit roman d'atmosphère au suspense croissant et dont le petit coté THE THING de Carpenter est des plus savoureux (bon, vous l'aurez compris j'adore ce bouquin).


Second roman publié dans cette collection :  VRILLES ! (TENDRILS) signé SIMON IAN CHILDER. Encore une fois une histoire de bestioles vindicatives, de longs vers préhistoriques en l’occurrence, qui à la suite d'un forage foireux, se répandent par milliers pour aller croquer du péquin. Enfin, croquer n'est pas le terme exact, puisqu'une seule morsure de ces créatures suffit à vous liquéfier carrément de l'intérieur. Ces saloperies tentaculaires ne font pas dans la dentelle et n'hésitent pas à se glissent de partout, même jusque dans vos toilettes. Perso, j'ai eu du mal à poser mon royal séant sur un trône pendant plusieurs jours après avoir lu ce roman. Amis anthelmophobes passez donc votre chemin, et faites de même avec le prochain bouquin publié cette fois dans la collection MANIAC.


Avec LES PARASITES DE LA HAINE (WORM) CHILDER/BROSNAN nous conte les tribulations d'un médecin véreux (?) qui s'amuse à implanter une nouvelle espèce de ténia dans le corps de ses patients. On participe au fil des pages à l'enquête menée par la sœur d'une des victimes et un détective afin de mettre à jour les manigances du toubib. Un peu moins bon que le premier roman signé CHILDER, ce bouquin nous offre quand même une conclusion bien noire qui ne donne pas vraiment envie de se taper du steak-tartare.


BRASIERS HUMAINS (TORCHED) signé JAMES BLACKSTONE est le numéro 76 de la collection GORE, et, si vous passez l'ignoble couverture signée TOPOR, vous vous retrouvez au fil des pages en pleine série B policière sur fond d'auto-combustion. Rapide et sans temps morts, ce livre nous conte ici aussi les magouilles d'esprits peu scrupuleux qui expérimentent le phénomène de la combustion spontanée sur de pauvres cobayes humains.


Et on termine avec le numéro suivant (77) d' HARRY ADAM KNIGHT :  L'IMMONDE INVASION (THE FUNGUS) où un champignon particulièrement agressif créé en laboratoire se répand à vitesse grand V, mettant en péril toute la planète. Un groupe d'experts est envoyé en pleine citée contaminée afin de retrouver la personne à l'origine du carnage et peut-être par la même occasion dégotter un moyen de détruire le germe.
Probablement l'un des meilleurs romans de BROSNAN, extrêmement répulsif, qui, une fois la lecture terminée, vous contraindrait presque à téléphoner illico à votre dermato pour un check-up complet.
La contamination par ce champignon nous offre ainsi des scènes bien dégueulasses ou des quidams en décomposition se comportent tels des zombies décérébrés : viols, massacres, rien n'est épargné aux infortunés encore sains qui croisent leur chemin. Bref, un roman bien crade sous une couv' bien crade elle aussi et sans aucun rapport avec le récit (on rêve de ce qu'aurait pu réaliser le génial DUGEVOY sur un bouquin de ce genre).

























Abordons à présent les films tirés des œuvres de JOHN BROSNAN et autant dire tout de suite qu'elles sont peu nombreuses et qu'elles ne rendent pas vraiment hommage aux récits de l'auteur australien. Existent seulement trois long-métrages : CARNOSAUR (1993), une production CORMAN tirée du roman du même nom (et qui n'a quasiment rien à voir avec ce dernier) où des femmes donnent naissance à des dinos suite à bidouillages génétiques (n'importe quoi et particulièrement nul), NIGHTSCARE (1994) adaptation de BEDLAM (pas vu, pas lu) et PROTEUS (1995). C'est ce dernier que je vous propose d'aborder dans ce post pour la seule et bonne raison qu'il est l'adaptation de TERREUR DELIQUESCENTE.


BOB KEEN, spécialiste en effets spéciaux ayant collaboré sur les trucages de nombreux succès tels qu'ALIEN, STAR WARS, SUPERMAN ou L'HISTOIRE SANS FIN, dirige ce film et nous prouve que si l'on peut exceller en tant que maquilleur on peut aussi être carrément à chier en tant que réalisateur. Suivant malgré tout la trame du roman en question, KEEN nous pond un machin complètement décousu, dénué de tout suspense et dont les personnages passent plus de temps à s'enfiler de l'héro dans les veines qu'à chercher à fuir la plate-forme pétrolière maudite sur laquelle ils ont posé les pieds. Autant dire que Charly, la bestiole vedette de cette œuvre ne va pas avoir trop de mal à décimer la quasi totalité du casting.

                                              " - Oh ma beauté, hein que tu aimes quand je t'astique comme ça, hein ?
                                                  Oh comme ta culasse me fait de l'effet, petite coquine....
                                                - Et allez c'est reparti. 
                                                  Faut vraiment que je me débarrasse de cette pétoire sinon tintin pour crac-crac..."

Le héros, interprété par le mastoc CRAIG FAIRBRASS (CLIFFHANGER), se démène comme il  peut pour comprendre pourquoi ces compagnons disparaissent à tour de rôle; et il n'est pas aidé le pauvre... Entre deux pauvres types complètement toxicos et des donzelles qui n'ont pas inventé l'eau chaude, il va sacrément galérer pendant un peu plus d'une heure avant d'affronter la créature protéiforme en face à face. Ce monstre est d'ailleurs le seul point positif du film. Entièrement réalisé à l'ancienne (no CGI), Charly, le requin modifié génétiquement, a vraiment fière allure avec ses tentacules façon THE THING, sa gueule de squale écorchée et sa taille imposante.

                                                           "Diantre, je me suis encore égaré sur ce satané bâtiment !
                           Et puis il est difficile de se promener dans ces coursives avec une carrure d'athlète comme la mienne !"

                                                    "Ah, vous tombez bien, cher ami !
                                                     Pouvez-vous m'indiquer le chemin de la salle-restaurant ?
                                                     Je dois me presser, on y sert mon plat favori....  le blaireau à l'héro."

Mais la bestiole ne parvient pas à sauver l'ensemble du métrage d'un ennui sévère. Tandis que BROSNAN instaurait dans son livre un suspense permanent et une relative absence de temps-morts, KEEN, lui, filme péniblement ses acteurs en train de déambuler dans les coursives de la plate-forme pétrolière, flingue à la main, sans que même eux ne sachent vraiment ce qu'ils cherchent. Et si la Chose de CARPENTER laissait planer un doute permanent quant au fait de savoir quel protagoniste est susceptible d'avoir été infecté par l'organisme extra-terrestre, ici on sait immédiatement que tel ou tel individu n'est plus humain et qu'il va rapidement péter un câble.

                                          "- Hé, t'es con Roger ! Qu'est-ce que tu m'as encore glissé dans le tee-shirt ?
                                             Si c'est encore une de tes blagues foireuses à coup de poil à gratter, je te jure que...
                                           - Non, tu vas voir, j'ai changé de registre, tu vas t'éclater Paulot !"


On a bien aussi quelques liquéfactions de corps humains suite à l'absorption de ces derniers par Charly mais il faut bien avouer qu'on est loin de retrouver les gâteries sanguinolentes et bariolées d'un STREET TRASH.
Un peu de sang noir ou vert qui dégouline ici ou là et hop c'est expédié...... pas de quoi se vider l'estomac au dessus de sa cuvette de chiotte.

                                                                     Message important des services sanitaires :
                                Évitez à tout prix d'ingérer les repas proposés par la plate-forme pétrolière GERBADONF.
                                La découverte d'un germe singulier pourrait provoquer d'importants troubles digestifs.
                                                              "Pffff, rien à carrer de leur avertissement à deux balles.
                                                                      Je sais quand même ce que je bouffe moi !"

                                                                      " Oh pitin de..... bleeeuuuuaarghhhhhhh !"

Et c'est bien dommage tout ça puisque le manuscrit de BROSNAN permettait de mettre en boite une bonne petite série B du même style que le CRI DANS L’OCÉAN de STEPHEN SOMMERS.
Au lieu de ça il faudra se contenter d'un vulgaire téléfilm tout juste bon à être diffusé en deuxième partie de soirée sur NRJ Bouze entre deux productions Asylum (et ce même si le méchant Charly a plus de gueule que tous les récents requins de synthèse dont on nous abreuve à outrance en ce moment).
Alors, si vous avez un peu moins d'1h30 à perdre ou s'il n'y a rien de bien comestible à la télé en ce moment (ce qui est trop souvent le cas), jetez donc un œil au DVD paru il y a déjà pas mal de temps.                                          


                                                                                           Et n'oubliez pas :
                                                                         Les souscriptions se terminent le 30 Avril.

7 commentaires:

  1. Une coloscopie approfondie de la collection qui force le respect.....
    " Oh pitin de..... bleeeuuuuaarghhhhhhh !"^^
    Un cri ravageur en milieu de nuit.....parmi les tripes qui clapotes au vent maudit après DVD rip.
    Gloire à Uncle Jack prince des taudis maléfiques



    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, Fr@nKeIn$OuNd !
      Chacun de tes coms est un véritable hymne à la décadence et à l'absurde; un poème qui, comme pour notre pauvre damzelle atteinte de trouble gastriques en provenance d'une lointaine galaxie, vous remue l'estomac tout en vous stimulant les zygomatiques.
      J'adore !

      Supprimer
    2. La décadence est elle absurbe????
      Comme une damzelle atteinte de trouble lysergique !!!
      En guise de laxatif pour la galaxie zygomatique.
      Moi aussi j'adore^^

      Supprimer
  2. "Perso, j'ai eu du mal à poser mon royal séant sur un trône pendant plusieurs jours après avoir lu ce roman."

    C'était pas le moment d'avoir la diarrhée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une scéance de "Zombie Ass"( toilet of the deads) chez Dr Zomblard s'impose !!!! ^^

      Supprimer
  3. merci pour cette ode à la collection gore!!
    je vais me remettre à les lire!

    RépondreSupprimer