dimanche 27 avril 2014

BLACK DEMONS (1991)


Dick, accompagné de sa demi-sœur Jessica et de son petit ami Kevin, voyage à travers le Brésil afin de réaliser un documentaire sur la Samba. Si le projet est primordial pour ses deux compagnons, Dick, lui, n'en a strictement rien à secouer. Grand amateur de sorcellerie et de magie noire, il parvient à force d'insistance à assister à une cérémonie vaudou qui modifie radicalement son comportement déjà pas très avenant.
Le lendemain, alors qu'ils traversent la pampa brésilienne, les trois amis tombent en panne de voiture et trouvent refuge dans une vieille résidence tenue par un jeune couple et leur servante. La nuit venue, Dick, grâce à un enregistrement sonore de la messe vaudou à laquelle il a prit part, ressuscite dans un cimetière six esclaves noirs qui avaient été sauvagement assassinés un siècle plus tôt. Ces zombies, une fois réveillés, doivent impérativement tuer six individus de race blanche pour pouvoir trouver la paix. La suite, tout le monde la connait....

                                  "Au nom de N'GOLO-GOLO, GUILIGUILI, AGADOUDOUDOUPOUSSLABANANÉMOULCAFÉ, 
                                                                          je vous invoque, esprits démoniaques !!
                                           Bordel, ça marche pas, c'est vraiment des conneries ces incantations vaudous !"

Le vétéran Umberto Lenzi, réalisateur de plus d'une cinquantaine de films, a su dans la deuxième moitié de sa carrière combler bon nombre d'amateurs de cinéma de genre sauce spaghetti  avec des films qui sont devenus des incontournables du bis italien : La Secte des Cannibales, Cannibal Ferox, L'Avion de l'Apocalypse, Iron Master, etc... Et même s'il a toujours affirmé que ses films d'horreur n'avaient été tournés que dans un but financier,  il faut quand même bien reconnaitre que c'est son Cannibalis Au Pays de l'Exorcisme qui, en 1972, a lancé la grande mode des cannibales dans les productions italiennes. Et rien que pour ça, soyez béni Signor Lenzi !
Après les sympathiques Nightmare Beach et Ghosthouse en 1988, le réalisateur met en boite en 1991 ce qui sera son dernier film d'horreur : Black Demons.


Tout comme Ghosthouse fut retitré La Casa 3 chez nos voisins transalpins (les deux premiers étant Evil Dead 1 et 2.... no comment...), Black Demons connu le même sort et se retrouva affublé d'un "Demons 3" afin de profiter indéniablement du succès des deux Demons de Lamberto Bava. Encore une fois ne cherchez aucun rapport entre les créatures de Bava JR. et celles du long-métrage de Lenzi, il n'y en a pas. Ici, ce sont d'anciens esclaves noirs assassinés 100 ans plus tôt jour pour jour qui sortent de leurs tombes afin d'aller rappeler aux crétins de passage qu'il faut vraiment arrêter de faire chier les morts.

                                                         Un petit air de l'Enfer des Zombies.... ben, tout petit alors...

C'est vrai qu'ils n'avaient rien demandé nos six gaillards. Brulés, aveuglés, pendus, ils ne demandaient qu'à reposer tranquillement en paix et voilà qu'un pseudo-adepte de la magie noire vient les emmerder.... non franchement, y'a plus de respect pour rien.


Affichant un physique assez bien conservé pour des macchabées enterrés depuis un bon siècle, les zombies, dés qu'ils ont une victime potentielle sous la main, ne vont pas se faire prier pour l'énucléer, lui fracasser le crâne à coups de hache et finir le boulot en la pendant (c'est qu'ils ne font pas les choses à moitié, les bougres).

                                                         "Ho...non mais... non mais alors là j'y crois pas mes yeux ! "

Si les maquillages de nos revenants, bien que modestes, se révèlent plutôt réussis, il faut aussi reconnaitre que ceux concernant leurs divers forfaits sont également assez bien torchés : les yeux sautent comme des bouchons de champagne et les haches explosent des crânes comme des pastèques trop mures. Autre point positif : les décors. Lenzi nous fait profiter au mieux des sublimes paysages de Rio et de sa campagne environnante avant de poser ses guêtres pour le restant du film dans une ancienne ferme abandonnée au look peu engageant.


Le réalisateur affirmait il n'y a encore pas si longtemps que ça que Black Demons restait un de ses films préférés mais que le tournage de celui-ci avait été malheureusement plombé par un casting particulièrement médiocre. Et il a raison l'ami Umberto, le jeu des interprètes est, comment dire...... EPOUVANTABLE ! Faisons un petit tour d'horizon des acteurs (?) qui vont mettre à mal nos oreilles pendant une bonne heure et demi :


Sonia Curtis (Jessica), que Lenzi lui-même qualifiait de peu attirante et de très mauvaise comédienne. C'est pourtant la seule actrice de ce film qui connaitra un semblant de carrière en apparaissant dans toute une tripotée de séries TV. Peut-être s'était-elle décidée par la suite à prendre des cours... qui sait ?


Keith Van Hoven (Kevin) et sa tronche de bellâtre benêt qui, même s'il est l'un des "moins pires" de ce long-métrage, disparaitra rapidement de la circulation.


Joe Balogh (Dick), dont la carrière finira de la même manière que la scène ci-dessous :

                                                                                                Buvez !
                                                                                            Dégobillez !

Et le meilleur pour la fin ! Le top du top du mec qui s'est un jour imaginé avoir son étoile sur Hollywood Boulevard mais qui a dû vite se rendre compte qu'il valait mieux pour lui hanter les comptoirs d'un MacDo que les plateaux de cinéma :

                                                 ZE MARVELOUS PHILIP MURRAY alias José le mouton casse-bonbon !

Insipide, énervant et totalement à coté de la plaque, ce type est l'attraction principale du film et reste bien plus dangereux pour la santé que n'importe lequel des zombies revanchards dont il est question ici. L'exemple même du blaireau que tout le monde veut tuer.

                                                                     "- Hé, Kevin, tou mé passes lé couteau ?
                                                                      - No problem, bouge pas surtout !"

Le summum de son jeu étant atteint lors de la scène où il est sauvagement poignardé par Dick.
Ceux qui avaient descendu la pauvre Marion Cotillard au moment où elle calanchait dans le dernier Batman n'avaient certainement jamais vu Black Demons.

                                                   "- Non mais sérieux, ferme ta g.... José, ferme ta g...., j'en peux plus !
                                                    - Ma keské yé encore dit, yé té lé joure ke cé vré  kan yé disais ke 
                                                      la coultoure dé la banane é oune vré bizness et ké l'artichaut é...."

"- Oh bordel, c'en est trop, fais tes prières le frisé !
- Ma... ma keské tou veux faire avec ton couteau ?
Tou sais, la banane s'éplouche avec..."

                                        " - Argh, damned, yé souis morto, argh, cé la fin, mama qué yé mal, arf, jé vois tout noir, yé...
                                          - Putain mais ferme ta g...., FERME TA G.... !!!!!!!!!!!!!!"

Sans l'interprétation lamentable de tous ces amateurs, le film aurait put se hisser au niveau d'une bonne petite série B. Une série B ringarde certes mais bien meilleure que bon nombre d'autres productions horrifiques italiennes de cette triste période où l'horror spaghetti connaissait ses ultimes soubresauts avant de totalement disparaitre. En 1991, le temps des prouesses à la Fulci et autres DEODATO semble déjà loin et le bien débile After Death (aka Zombie 4) où le nullissime Killing Birds (aka Zombie 5.... décidément c'est une manie !) sortis quelques temps plus tôt avaient sacrément commencé à refermer le cercueil sur un genre que beaucoup d'entre nous adulaient.

                                     "Casse-toi connard de zombie, hic, moi, depuis que j'ai vu les morts-vivants mongolos de 
                                       World War Z, j'y crois plus à vos conneries... alors je picole pour oublier... hic !"

Pourtant quand on voit aujourd'hui ce qu'est devenu le cinéma de genre on a envie de hurler à tous ces fiers artisans italiens : " Revenez les mecs, on a vraiment besoin de vous !"



  TRAILER
 

25 commentaires:

  1. Merci pour cet inédit que je rêvais de voir depuis la découverte du visuel dans un vieux Mad Movies...

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  2. Chapeau Oncle Jack, je ne pensais jamais le voir celui-ci, ce sera chose faite grâce à toi. Profites bien de ces vacances amplement méritées !!!

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    1. Merci à toi.
      Et si tout se passe bien, je devrais ramener quelques bonnes bisseries ritales bien savoureuses à traduire.

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  3. Ho purée, un gros merci pour ce film, jamais vu de ma vie en plus.

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  4. Merci Oncle Jack de t'être penché sur ce Lenzi inédit en France. J'avais aussi récupéré la VO sur Myduckisdead en espérant, sans trop y croire, qu'un jour, quelqu'un se dévouerait pour le traduire. Je vais enfin pouvoir le découvrir en VOSTF grâce à toi !

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  5. Un slasher d'outre tombe qui m'a l'air à moitié frais....vu ce casting maudit et un scénario bateau.
    Ce brave Umberto se serait il offert des vacances à Rio (comme Claude François)?
    Est ce que ça valait le coup de décapiter un poulet ????
    En même temps dans les lasagnes douteuses de Mr Lenzy il y a de bon morceaux et on ne manque pas non plus de sauce arrabiata .
    Bon séjour en Italie tonton Jack mais pour la canonisation de masse c'est trop tard !!! :(



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    1. C'est la Jeep qui est maudite ou c'est se couillon de Kevin qui sait pas conduire ?
      Dick Balogh il est pas pire que Mitchum Junior il m'a bien fait rire...
      Le clou du film c'est quand même Maria la bonniche ,faut dire qu'elle s'en prend plein la tronche pendant tout le film,et il y a de quoi^^
      A oui j'allais oublier les zombies de Calais avec leurs cordes autour du coup leurs chaïnes (M6..?) les JO c'est pas pour eux heureusement qu'ils sont enterré à 5 cm sous terre.
      Jessica Curtis (le boulet du film) n'a même pas pensé a se désaper pour faire fuirent les démons noirs.
      Au final l'italie bas le brésil au tir au but 2 à 0 en trichant comme des Français^^

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    2. C'est vrai que le coup de la jeep c'est du costaud !
      Mais bon, quand on fait le total des Q.I qui se trouvent à bord de la bagnole on comprend pourquoi cette dernière préfère mettre fin à ses jours en se balançant dans un fossé.

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    3. Faut juste choisir un canasson pas trop suicidaire^^

      http://youtu.be/6CJXJ9TtxXM

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  6. merci pour cette découverte!!

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  7. merci beaucoup oncle jack pour tout le taf de traduction et de rendre enfin cet inédit visible de par chez nous..... perso je le connais pas mais je sens que je vais m'en délecter surtout vu l'humour que tu saupoudre dans ta prose de présentation, ça fait aussi partie de l'envie de découvrir ce film......

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  8. merci à toi, je viens de terminer 2 Lenzi inédits et je voulais passer à autre chose.
    Ce sera déjà une traduction d'économisée.

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  9. Big merci oncle jack pour cet inedit.

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  10. Putain ! Tu sais faire plaisir toi !

    Si cette fin de règne du solide artisan Lenzi constitue la moins bonne partie de sa carrière (sujets commerciaux bateaux, budgets moins, histoires formatées, jeunes acteurs assez statiques, perte de l'identité du réalisateur derrière un produit formaté), il n'en reste pas moins que ses films sont assez plaisants à voir.

    Je recommande d'ailleurs La porte de l'enfer que j'ai pu voir grâce et chez Sébastien Gonzalez, l'antre de l'horreur (avec de la chance, le film est encore disponible).

    J'ai passé un bon moment, assez fun, grâce à un réalisateur accompli qui maîtrise indéniablement des astuces de réalisation en faisant passer des vessies pour des lanternes, et ce à moindre coût ! A tout prendre, j'ai préféré cette Porte de l'enfer aux prétentieux et statiques La secte et Sanctuaire, de gros budgets un rien prétentieux qui tournent à vide, tout en ne supportant aucunement la comparaison avec Fulci.

    Un grand merci pour ce beau cadeau, toujours sélectionné avec soin et goût, cher Oncle Jack !

    Tinterora

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    1. J'ai parlé de ce film au téléphone avec mon ami italien, fan de genre, qui a interviewé des réalisateurs dont Lenzi, notamment pour Spaghetti nightmare. Il s'était longuement entretenu avec Lenzi et ils ont parlé de ce film. Il s'agissait pour Lenzi d'un film mineur, une commande, dont il reconnait la médiocrité des acteurs, la modicité du scénario mais il avait tenté de "sauver les meubles". Il n'en garde pas un grand souvenir mais, en cette toute fin d'ère du cinéma bis, cela représentait un travail dont il s'est acquitté le mieux possible, avec le plus de professionnalisme dans ces circonstances.

      Entre 1985 et 1991, les films fantastiques/horreurs italiens ont vu apparaître à l'écran des jeunes acteurs -au niveau un peu plus élevé que les "comédiens d'AB production" mais pas plus- qui étaient beaux mais médiocres et dont nous n'avons aucune assurance qu'ils suivirent un cursus normal de comédien.
      Cela correspondait en fait à la mode "berlusconnienne" où les acteurs devaient beaux, jeunes et clinquants.
      Je pense que cette mouvance l'emportait davantage sur une identification des jeunes téléspacteurs à des héros de leur âge, quoique cela ne fut pas non plus à négliger. A noter que cette tendance l'emporte de nos jours à Hollywood où il est considéré que les jeunes vont majoritairement au cinéma.

      Quand à notre Black demons, il est sympa, avec les faiblesses que tu as décrites mais il exhale encore bon l'odeur de ce cinéma de jadis pourtant si sympathique.

      Merci encore pour la traduction !

      Tinterora

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    2. Merci pour toutes ces précisions qui viennent compléter à merveille ce post.

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  11. hooo genial un lenzisa ce refuse jamais !!! un grand merci !!! :)

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  12. merci pour cette nouvelle pépite du bis italien! Le genre de film, naze pour certains, totalement incroyable pour d'autres (dont je fais partie)

    merci de préserver notre culture du bis italien!

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  13. Bonsoir et merci pour ce film et bonnes vacances aussi ! Je passe tous les jours rien que pour lire tes commentaires sur les films , c'est extra !

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  14. Ça y est. Pour les interessés, il y aura sous peu un double feature lenzi sur le coin du cinéphile, 008 opération exterminate et la grande bataille. D'autres viendront...

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  15. Merci pour ces sous-titres, Tonton Jack.
    Profite bien de tes vacances et à bientôt pour de nouvelles aventures.

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  16. merci encore oncle Jack de nous dénnicher ce genre de pépite du Z, les extraits de dialogue m'ont bien fait marrer sur tes images ! tres envie de constater le talent évident des comédiens lol !!

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  17. Merci beaucoup pour la selection des fichiers proposés sur ton blog et surtout de tes commentaires avisés.......

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  18. From the zomblard je te remercie, et châpeau bas pour ta présentation !

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