dimanche 27 avril 2014

BLACK DEMONS (1991)


Dick, accompagné de sa demi-sœur Jessica et de son petit ami Kevin, voyage à travers le Brésil afin de réaliser un documentaire sur la Samba. Si le projet est primordial pour ses deux compagnons, Dick, lui, n'en a strictement rien à secouer. Grand amateur de sorcellerie et de magie noire, il parvient à force d'insistance à assister à une cérémonie vaudou qui modifie radicalement son comportement déjà pas très avenant.
Le lendemain, alors qu'ils traversent la pampa brésilienne, les trois amis tombent en panne de voiture et trouvent refuge dans une vieille résidence tenue par un jeune couple et leur servante. La nuit venue, Dick, grâce à un enregistrement sonore de la messe vaudou à laquelle il a prit part, ressuscite dans un cimetière six esclaves noirs qui avaient été sauvagement assassinés un siècle plus tôt. Ces zombies, une fois réveillés, doivent impérativement tuer six individus de race blanche pour pouvoir trouver la paix. La suite, tout le monde la connait....

                                  "Au nom de N'GOLO-GOLO, GUILIGUILI, AGADOUDOUDOUPOUSSLABANANÉMOULCAFÉ, 
                                                                          je vous invoque, esprits démoniaques !!
                                           Bordel, ça marche pas, c'est vraiment des conneries ces incantations vaudous !"

Le vétéran Umberto Lenzi, réalisateur de plus d'une cinquantaine de films, a su dans la deuxième moitié de sa carrière combler bon nombre d'amateurs de cinéma de genre sauce spaghetti  avec des films qui sont devenus des incontournables du bis italien : La Secte des Cannibales, Cannibal Ferox, L'Avion de l'Apocalypse, Iron Master, etc... Et même s'il a toujours affirmé que ses films d'horreur n'avaient été tournés que dans un but financier,  il faut quand même bien reconnaitre que c'est son Cannibalis Au Pays de l'Exorcisme qui, en 1972, a lancé la grande mode des cannibales dans les productions italiennes. Et rien que pour ça, soyez béni Signor Lenzi !
Après les sympathiques Nightmare Beach et Ghosthouse en 1988, le réalisateur met en boite en 1991 ce qui sera son dernier film d'horreur : Black Demons.


Tout comme Ghosthouse fut retitré La Casa 3 chez nos voisins transalpins (les deux premiers étant Evil Dead 1 et 2.... no comment...), Black Demons connu le même sort et se retrouva affublé d'un "Demons 3" afin de profiter indéniablement du succès des deux Demons de Lamberto Bava. Encore une fois ne cherchez aucun rapport entre les créatures de Bava JR. et celles du long-métrage de Lenzi, il n'y en a pas. Ici, ce sont d'anciens esclaves noirs assassinés 100 ans plus tôt jour pour jour qui sortent de leurs tombes afin d'aller rappeler aux crétins de passage qu'il faut vraiment arrêter de faire chier les morts.

                                                         Un petit air de l'Enfer des Zombies.... ben, tout petit alors...

C'est vrai qu'ils n'avaient rien demandé nos six gaillards. Brulés, aveuglés, pendus, ils ne demandaient qu'à reposer tranquillement en paix et voilà qu'un pseudo-adepte de la magie noire vient les emmerder.... non franchement, y'a plus de respect pour rien.


Affichant un physique assez bien conservé pour des macchabées enterrés depuis un bon siècle, les zombies, dés qu'ils ont une victime potentielle sous la main, ne vont pas se faire prier pour l'énucléer, lui fracasser le crâne à coups de hache et finir le boulot en la pendant (c'est qu'ils ne font pas les choses à moitié, les bougres).

                                                         "Ho...non mais... non mais alors là j'y crois pas mes yeux ! "

Si les maquillages de nos revenants, bien que modestes, se révèlent plutôt réussis, il faut aussi reconnaitre que ceux concernant leurs divers forfaits sont également assez bien torchés : les yeux sautent comme des bouchons de champagne et les haches explosent des crânes comme des pastèques trop mures. Autre point positif : les décors. Lenzi nous fait profiter au mieux des sublimes paysages de Rio et de sa campagne environnante avant de poser ses guêtres pour le restant du film dans une ancienne ferme abandonnée au look peu engageant.


Le réalisateur affirmait il n'y a encore pas si longtemps que ça que Black Demons restait un de ses films préférés mais que le tournage de celui-ci avait été malheureusement plombé par un casting particulièrement médiocre. Et il a raison l'ami Umberto, le jeu des interprètes est, comment dire...... EPOUVANTABLE ! Faisons un petit tour d'horizon des acteurs (?) qui vont mettre à mal nos oreilles pendant une bonne heure et demi :


Sonia Curtis (Jessica), que Lenzi lui-même qualifiait de peu attirante et de très mauvaise comédienne. C'est pourtant la seule actrice de ce film qui connaitra un semblant de carrière en apparaissant dans toute une tripotée de séries TV. Peut-être s'était-elle décidée par la suite à prendre des cours... qui sait ?


Keith Van Hoven (Kevin) et sa tronche de bellâtre benêt qui, même s'il est l'un des "moins pires" de ce long-métrage, disparaitra rapidement de la circulation.


Joe Balogh (Dick), dont la carrière finira de la même manière que la scène ci-dessous :

                                                                                                Buvez !
                                                                                            Dégobillez !

Et le meilleur pour la fin ! Le top du top du mec qui s'est un jour imaginé avoir son étoile sur Hollywood Boulevard mais qui a dû vite se rendre compte qu'il valait mieux pour lui hanter les comptoirs d'un MacDo que les plateaux de cinéma :

                                                 ZE MARVELOUS PHILIP MURRAY alias José le mouton casse-bonbon !

Insipide, énervant et totalement à coté de la plaque, ce type est l'attraction principale du film et reste bien plus dangereux pour la santé que n'importe lequel des zombies revanchards dont il est question ici. L'exemple même du blaireau que tout le monde veut tuer.

                                                                     "- Hé, Kevin, tou mé passes lé couteau ?
                                                                      - No problem, bouge pas surtout !"

Le summum de son jeu étant atteint lors de la scène où il est sauvagement poignardé par Dick.
Ceux qui avaient descendu la pauvre Marion Cotillard au moment où elle calanchait dans le dernier Batman n'avaient certainement jamais vu Black Demons.

                                                   "- Non mais sérieux, ferme ta g.... José, ferme ta g...., j'en peux plus !
                                                    - Ma keské yé encore dit, yé té lé joure ke cé vré  kan yé disais ke 
                                                      la coultoure dé la banane é oune vré bizness et ké l'artichaut é...."

"- Oh bordel, c'en est trop, fais tes prières le frisé !
- Ma... ma keské tou veux faire avec ton couteau ?
Tou sais, la banane s'éplouche avec..."

                                        " - Argh, damned, yé souis morto, argh, cé la fin, mama qué yé mal, arf, jé vois tout noir, yé...
                                          - Putain mais ferme ta g...., FERME TA G.... !!!!!!!!!!!!!!"

Sans l'interprétation lamentable de tous ces amateurs, le film aurait put se hisser au niveau d'une bonne petite série B. Une série B ringarde certes mais bien meilleure que bon nombre d'autres productions horrifiques italiennes de cette triste période où l'horror spaghetti connaissait ses ultimes soubresauts avant de totalement disparaitre. En 1991, le temps des prouesses à la Fulci et autres DEODATO semble déjà loin et le bien débile After Death (aka Zombie 4) où le nullissime Killing Birds (aka Zombie 5.... décidément c'est une manie !) sortis quelques temps plus tôt avaient sacrément commencé à refermer le cercueil sur un genre que beaucoup d'entre nous adulaient.

                                     "Casse-toi connard de zombie, hic, moi, depuis que j'ai vu les morts-vivants mongolos de 
                                       World War Z, j'y crois plus à vos conneries... alors je picole pour oublier... hic !"

Pourtant quand on voit aujourd'hui ce qu'est devenu le cinéma de genre on a envie de hurler à tous ces fiers artisans italiens : " Revenez les mecs, on a vraiment besoin de vous !"
En attendant ce temps qui ne viendra probablement jamais, il ne nous reste qu'à nous consoler avec ce que l'on nous a déjà offert. Aujourd'hui ce sera donc Black Demons en version anglaise avec sous-titres faits maison et ce, dans une copie plus que recommandable en provenance directe du Canard Claqué :

Film:https://1fichier.com/?rqlhrejfqh


  TRAILER
 

lundi 21 avril 2014

KNIGHT/CHILDER/BLACKSTONE : PROTEUS (1995)

Ultime escale parmi les auteurs de la collection GORE avec cette fois-ci le très méconnu JOHN RAYMOND BROSNAN. Ce nom ne vous dit rien ? Normal puisque l'homme a utilisé tout au long de sa carrière divers pseudonymes comme HARRY ADAM KNIGHT, SIMON IAN CHILDER ou encore JAMES BLACKSTONE. Né en 1947 et décédé en 2005, BROSNAN était un écrivain australien spécialisé dans la science-fiction et le roman d'épouvante; et même s'il n'a pas connu la carrière d'un RICHARD LAYMON ou d'un DEAN KOONTZ, il a signé quelques bons bouquins qui auraient mérité d'être mieux connus par chez nous.


Le premier à être publié par DANIEL RICHE fût TERREUR DELIQUESCENTE (SLIMER) où un groupe de naufragés échoue sur une plate-forme pétrolière dont les employés semblent avoir tous mystérieusement disparu. Ils vont vite découvrir que ces derniers menaient en fait des expériences en génétique dont le résultat, bien entendu, a échappé à leur contrôle. Résultat : une créature informe, croisement improbable entre un requin et un Blob, se balade désormais sur le bâtiment en ingérant tout organisme vivant qui passe à sa portée.
Huis-clos façon ALIEN en mer, TERREUR DELIQUESCENTE est un excellent petit roman d'atmosphère au suspense croissant et dont le petit coté THE THING de Carpenter est des plus savoureux (bon, vous l'aurez compris j'adore ce bouquin).


Second roman publié dans cette collection :  VRILLES ! (TENDRILS) signé SIMON IAN CHILDER. Encore une fois une histoire de bestioles vindicatives, de longs vers préhistoriques en l’occurrence, qui à la suite d'un forage foireux, se répandent par milliers pour aller croquer du péquin. Enfin, croquer n'est pas le terme exact, puisqu'une seule morsure de ces créatures suffit à vous liquéfier carrément de l'intérieur. Ces saloperies tentaculaires ne font pas dans la dentelle et n'hésitent pas à se glissent de partout, même jusque dans vos toilettes. Perso, j'ai eu du mal à poser mon royal séant sur un trône pendant plusieurs jours après avoir lu ce roman. Amis anthelmophobes passez donc votre chemin, et faites de même avec le prochain bouquin publié cette fois dans la collection MANIAC.


Avec LES PARASITES DE LA HAINE (WORM) CHILDER/BROSNAN nous conte les tribulations d'un médecin véreux (?) qui s'amuse à implanter une nouvelle espèce de ténia dans le corps de ses patients. On participe au fil des pages à l'enquête menée par la sœur d'une des victimes et un détective afin de mettre à jour les manigances du toubib. Un peu moins bon que le premier roman signé CHILDER, ce bouquin nous offre quand même une conclusion bien noire qui ne donne pas vraiment envie de se taper du steak-tartare.


BRASIERS HUMAINS (TORCHED) signé JAMES BLACKSTONE est le numéro 76 de la collection GORE, et, si vous passez l'ignoble couverture signée TOPOR, vous vous retrouvez au fil des pages en pleine série B policière sur fond d'auto-combustion. Rapide et sans temps morts, ce livre nous conte ici aussi les magouilles d'esprits peu scrupuleux qui expérimentent le phénomène de la combustion spontanée sur de pauvres cobayes humains.


Et on termine avec le numéro suivant (77) d' HARRY ADAM KNIGHT :  L'IMMONDE INVASION (THE FUNGUS) où un champignon particulièrement agressif créé en laboratoire se répand à vitesse grand V, mettant en péril toute la planète. Un groupe d'experts est envoyé en pleine citée contaminée afin de retrouver la personne à l'origine du carnage et peut-être par la même occasion dégotter un moyen de détruire le germe.
Probablement l'un des meilleurs romans de BROSNAN, extrêmement répulsif, qui, une fois la lecture terminée, vous contraindrait presque à téléphoner illico à votre dermato pour un check-up complet.
La contamination par ce champignon nous offre ainsi des scènes bien dégueulasses ou des quidams en décomposition se comportent tels des zombies décérébrés : viols, massacres, rien n'est épargné aux infortunés encore sains qui croisent leur chemin. Bref, un roman bien crade sous une couv' bien crade elle aussi et sans aucun rapport avec le récit (on rêve de ce qu'aurait pu réaliser le génial DUGEVOY sur un bouquin de ce genre).

























Abordons à présent les films tirés des œuvres de JOHN BROSNAN et autant dire tout de suite qu'elles sont peu nombreuses et qu'elles ne rendent pas vraiment hommage aux récits de l'auteur australien. Existent seulement trois long-métrages : CARNOSAUR (1993), une production CORMAN tirée du roman du même nom (et qui n'a quasiment rien à voir avec ce dernier) où des femmes donnent naissance à des dinos suite à bidouillages génétiques (n'importe quoi et particulièrement nul), NIGHTSCARE (1994) adaptation de BEDLAM (pas vu, pas lu) et PROTEUS (1995). C'est ce dernier que je vous propose d'aborder dans ce post pour la seule et bonne raison qu'il est l'adaptation de TERREUR DELIQUESCENTE.


BOB KEEN, spécialiste en effets spéciaux ayant collaboré sur les trucages de nombreux succès tels qu'ALIEN, STAR WARS, SUPERMAN ou L'HISTOIRE SANS FIN, dirige ce film et nous prouve que si l'on peut exceller en tant que maquilleur on peut aussi être carrément à chier en tant que réalisateur. Suivant malgré tout la trame du roman en question, KEEN nous pond un machin complètement décousu, dénué de tout suspense et dont les personnages passent plus de temps à s'enfiler de l'héro dans les veines qu'à chercher à fuir la plate-forme pétrolière maudite sur laquelle ils ont posé les pieds. Autant dire que Charly, la bestiole vedette de cette œuvre ne va pas avoir trop de mal à décimer la quasi totalité du casting.

                                              " - Oh ma beauté, hein que tu aimes quand je t'astique comme ça, hein ?
                                                  Oh comme ta culasse me fait de l'effet, petite coquine....
                                                - Et allez c'est reparti. 
                                                  Faut vraiment que je me débarrasse de cette pétoire sinon tintin pour crac-crac..."

Le héros, interprété par le mastoc CRAIG FAIRBRASS (CLIFFHANGER), se démène comme il  peut pour comprendre pourquoi ces compagnons disparaissent à tour de rôle; et il n'est pas aidé le pauvre... Entre deux pauvres types complètement toxicos et des donzelles qui n'ont pas inventé l'eau chaude, il va sacrément galérer pendant un peu plus d'une heure avant d'affronter la créature protéiforme en face à face. Ce monstre est d'ailleurs le seul point positif du film. Entièrement réalisé à l'ancienne (no CGI), Charly, le requin modifié génétiquement, a vraiment fière allure avec ses tentacules façon THE THING, sa gueule de squale écorchée et sa taille imposante.

                                                           "Diantre, je me suis encore égaré sur ce satané bâtiment !
                           Et puis il est difficile de se promener dans ces coursives avec une carrure d'athlète comme la mienne !"

                                                    "Ah, vous tombez bien, cher ami !
                                                     Pouvez-vous m'indiquer le chemin de la salle-restaurant ?
                                                     Je dois me presser, on y sert mon plat favori....  le blaireau à l'héro."

Mais la bestiole ne parvient pas à sauver l'ensemble du métrage d'un ennui sévère. Tandis que BROSNAN instaurait dans son livre un suspense permanent et une relative absence de temps-morts, KEEN, lui, filme péniblement ses acteurs en train de déambuler dans les coursives de la plate-forme pétrolière, flingue à la main, sans que même eux ne sachent vraiment ce qu'ils cherchent. Et si la Chose de CARPENTER laissait planer un doute permanent quant au fait de savoir quel protagoniste est susceptible d'avoir été infecté par l'organisme extra-terrestre, ici on sait immédiatement que tel ou tel individu n'est plus humain et qu'il va rapidement péter un câble.

                                          "- Hé, t'es con Roger ! Qu'est-ce que tu m'as encore glissé dans le tee-shirt ?
                                             Si c'est encore une de tes blagues foireuses à coup de poil à gratter, je te jure que...
                                           - Non, tu vas voir, j'ai changé de registre, tu vas t'éclater Paulot !"


On a bien aussi quelques liquéfactions de corps humains suite à l'absorption de ces derniers par Charly mais il faut bien avouer qu'on est loin de retrouver les gâteries sanguinolentes et bariolées d'un STREET TRASH.
Un peu de sang noir ou vert qui dégouline ici ou là et hop c'est expédié...... pas de quoi se vider l'estomac au dessus de sa cuvette de chiotte.

                                                                     Message important des services sanitaires :
                                Évitez à tout prix d'ingérer les repas proposés par la plate-forme pétrolière GERBADONF.
                                La découverte d'un germe singulier pourrait provoquer d'importants troubles digestifs.
                                                              "Pffff, rien à carrer de leur avertissement à deux balles.
                                                                      Je sais quand même ce que je bouffe moi !"

                                                                      " Oh pitin de..... bleeeuuuuaarghhhhhhh !"

Et c'est bien dommage tout ça puisque le manuscrit de BROSNAN permettait de mettre en boite une bonne petite série B du même style que le CRI DANS L’OCÉAN de STEPHEN SOMMERS.
Au lieu de ça il faudra se contenter d'un vulgaire téléfilm tout juste bon à être diffusé en deuxième partie de soirée sur NRJ Bouze entre deux productions Asylum (et ce même si le méchant Charly a plus de gueule que tous les récents requins de synthèse dont on nous abreuve à outrance en ce moment).
Alors, si vous avez un peu moins d'1h30 à perdre ou s'il n'y a rien de bien comestible à la télé en ce moment (ce qui est trop souvent le cas), jetez donc un œil au DVD paru il y a déjà pas mal de temps.                                          


                                                                                           Et n'oubliez pas :
                                                                         Les souscriptions se terminent le 30 Avril.

mercredi 16 avril 2014

JOHN RUSSO : MIDNIGHT / THE MAJORETTES

On continue aujourd'hui notre exploration cinématographique des longs-métrages adaptés de romans parus dans la collection GORE (et MANIAC pour l'occasion) en abordant le cas de l'américain JOHN RUSSO.

                                                                                           John Russo en zombie dans LA NUIT DES MORTS-VIVANTS

Quand on parle de JOHN A. RUSSO la première chose qui nous vient immédiatement à l'esprit c'est LA NUIT DES MORTS-VIVANTS qu'il scénarisa au coté de GEORGES ROMERO.
Mais s'arrêter à cet indémodable chef d’œuvre serait une hérésie puisque notre bonhomme a su par la suite laisser son empreinte aussi bien dans le cinéma fantastique que dans la littérature d'épouvante.
Après le succès rencontré par LA NUIT DES MORTS-VIVANTS en 1968, JOHN RUSSO se querelle avec ROMERO au sujet de ce que devait être la suite du fameux long-métrage et décide de se dissocier complètement du réalisateur.


Il  écrit alors sa propre séquelle intitulée RETURN OF THE LIVING DEAD.
ROMERO, de son coté, s'associera un peu plus tard avec DARIO ARGENTO pour nous concocter un ZOMBIE qui deviendra culte par la suite.
Le script de RUSSO embraye ainsi directement sur le film de Big John et nous conte les périples d'un nouveau groupe de survivants face à la prolifération des zombies.
Les droits furent vendus pour une adaptation cinématographique, mais après être passé entre les mains de plusieurs studios le scénario terminera malheureusement sa course aux oubliettes.

RUSSO se rattrapera quelques années plus tard en signant un nouveau script portant exactement le même titre et qui permettra à son nouvel associé DAN O'BANNON de réaliser en 1985 un petit bijou d'humour noir : LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS.

Pour éviter toute confusion dans nos contrées, la première nouvelle sortira chez nous sous l'appellation du REVEIL DES MORTS-VIVANTS tandis que la seconde, en conformité avec le film, conservera l'appellation de RETOUR DES MORTS-VIVANTS.
Hormis les récits à base de cadavres ressuscités amateurs de cervelles fraiches, RUSSO est également à l'origine de plus d'une vingtaine de romans d'épouvante.

Parmi les plus connus on trouve MIDNIGHT (1980) où de jeunes donzelles se retrouvent prisonnières d'un groupe d'adorateurs du démon, MAJORETTES (1979), un slasher à base de collégiennes victimes d'un psycho-killer fanatique, BLACK CAT (1982), AWAKENING (1983), INHUMAN (1986), etc...
En France, seul huit de ses romans ont trouvé le chemin de nos chères librairies :


                                                                         COLLECTION GORE (FLEUVE NOIR)

                                                      LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (NIGHT OF THE LIVING DEAD)
                                                                                              GORE n°1
                                                                  Réédité en 2008 en version intégrale par MILADY

                                                  LE REVEIL DES MORTS-VIVANTS (RETURN OF THE LIVING DEAD)
                                                                                              Gore n° 6
                     
                                                  LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS (RETURN OF THE LIVING DEAD)
                                                                                                 Gore n° 9

                                                                                   ZERO HEURE (MIDNIGHT)
                                                                                               Gore n° 79

                                                                        COLLECTION MANIAC (PATRICK SIRY)

                                                              CREVE, MAJORETTE, CREVE... (THE MAJORETTES)
                                                                                            MANIAC N° 7

                                                                           J'AI LU COLLECTION EPOUVANTE

                                                                              PANTHERE NOIRE (BLACK CAT)


                                                                        L'APPEL DU SANG (THE AWAKENING)

Et parmi ces derniers, deux parvinrent à se frayer un passage jusque sur les rayons de nos regrettés vidéoclubs : MIDNIGHT et MAJORETTES.

                                                                                    MIDNIGHT (1982)


Persécutée par son beau-père alcoolo qui cherche en permanence à abuser d'elle, la jeune Nancy s'enfuit de chez elle et rejoint deux garçons qui traversent le pays à bord de leur camionnette.
Après le meurtre de ses compagnons de voyage par des psychos habillés en policiers, Nancy se retrouve séquestrée par une famille d'adorateurs du démon qui ont prévu de la sacrifier à minuit précise le soir de Pâques.
Parallèlement, son beau-père se lance à sa recherche et ne tarde pas à découvrir le sinistre destin qui attend la malheureuse.

 
Avec MIDNIGHT, RUSSO entreprend d'adapter lui-même son roman au cinéma et prouve que si l'on maitrise parfaitement la plume, il n'en est pas toujours de même quand il s'agit d'une caméra.
Ne disposant probablement que de très peu de moyens, l'écrivain n'arrive pas une seule seconde à nous faire prendre en pitié son héroïne, ni même à éprouver une once de sympathie pour elle
En effet, si le roman parvenait à mettre en valeur la personnalité de l’intéressée et sa détresse au vu de la terrible situation dans laquelle elle se retrouve, le film, lui, nous laisse de marbre quant à ce qu'il peut bien lui arriver.

                                                        " Hé les poufiasses, regardez ce qui vous attend ! Schlaaack !
                                                Hé, hé, hé, vous faites moins les malignes là, hein ? Hé, ho, je vous parle !"

                               "- Ho, gros crado, tu peux gueuler moins fort ? Tu vois pas que je parle avec ma copine ?
                                  Qu'est-ce que je disais déjà ? Ah oui, je te jure, Samantha a galoché Raoul dans les chiottes du lycée!
                                - La salope ! Attends un peu que je lui mette la main dessus à cette chaudasse !
                                  Raoul, c'est moi qui l'ai vu en premier. Putain, j'hallucine. j'ai envie de mourir... snif !"

Le gros défaut de RUSSO c'est de vouloir en arriver au plus vite au moment où vont commencer à s'aligner les cadavres sans prendre le temps de bien poser ses personnages et de les rendre ne serait-ce qu'un minimum intéressants. Les scènes s'enchainent à la va-vite et les acteurs ne semblent être là que pour se faire trucider le plus rapidement possible. Difficile de cette façon de ressentir un quelconque malaise à la vision de ce long-métrage; sans parler de la fin, complètement différente de celle du roman, qui ne vient pas arranger les choses. D'un dénouement sombre et cruel on se retrouve avec un pseudo-happy end complètement crétin et torché à la va-vite.
Ajoutez à cela des acteurs plus qu'approximatifs dans leur jeu et aux réactions parfois plus que douteuses, des dialogues à ras les pâquerettes, une image style "grindhouse made in 70's" et vous comprendrez que ce film n'est pas près de faire de l'ombre au MASSACRE A LA TRONCONNEUSE du père HOOPER.

                                           " Hé, frangin, c'est toi qui a encore laissé maman s'endormir près du radiateur ?"

En ce qui concerne la fidélité vis-à-vis du roman, on peut affirmer que la trame principale du bouquin est bien là : Nancy se tire de chez elle, est capturée par les barjos qui l'enferment dans une cage afin de la sacrifier à Satan, son beau-père part à sa recherche..... Bref, ça colle à peu près jusqu'à ce final foiré qui vient foutre en l'air tout le film... dommage !
Attention, ce n'est pas non plus une bouse phénoménale, n'exagérons pas; c'est juste que l'ensemble de l’œuvre manque cruellement d'humanité et de sentiments, choses que je juge indispensables pour pouvoir s'immerger totalement dans l'intrigue et prendre part au calvaire que subit le personnage central. Restent toutefois quelques égorgements bien sanglants et un ou deux méchants bien débilos.

 

Ninja Tobikage nous offre un splendide repack qui vous permettra de vous faire vous-même une idée quant aux talents de réalisateurs de JOHN RUSSO.
Moi, perso, je préfère quand il écrit...

Repack made in Ninja Tobikage (merci à lui) :
http://www.multiup.org/download/814b431eb37ecedbe29b6cb738e0a9b0/BACKWM.rar

pass rar: lafuguetournemal

                                                                                        Et on poursuit avec :

                                                                          THE MAJORETTES (1986)


C'est l'acteur WILLIAM HINZMAN (le zombie du cimetière de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS c'est lui) qui réalise en 86 cette nouvelle adaptation d'un roman de Russo, laquelle nous conte les mésaventures d'une troupe de majorettes victimes d'un tueur en série qui, après les avoir sauvagement écharpées, les baptise en les plongeant dans l'eau.


Un peu plus fidèle au matériel d'origine que MIDNIGHT, THE MAJORETTES est un énième slasher ni pire ni meilleur que la flopée d'autres titres du même acabit qui pullulaient dans les années 80.
Les meurtres commis par un mystérieux tueur vêtu d'un treillis et d'une cagoule se succèdent à intervalle régulier et la présence d'une pléthore de personnages tous plus suspects les uns que les autres nous permet de cogiter (pas trop longtemps quand même) sur la véritable identité du psychopathe.

                                                  "- Coucou, c'est qui ?
                                                   - Heu.... attendez... heu..... ah, je l'ai sur le bout de la langue... je dirais le shérif Br.....
                                                   - Trop tard ! "
                                                                                  SCHLAAAARKKKKK !

Le principal défaut de cette œuvre ne provient pas du film en lui-même mais plutôt du manuscrit de Russo qui a quelque peu tendance à partir dans tous les sens.
On a d'un coté ce meurtrier à l'arme blanche qui taille dans la lycéenne ramollie du bulbe, d'un autre un groupe de loubards dégénérés qui terrorisent tout le monde, et pour terminer une infirmière manipulatrice et vénale qui profite du handicap de la grand-mère d'une des majorettes pour lui voler son fric (et qui pourrait bien tenir un rôle primordial dans tout ce micmac).
On se retrouve au final avec un mélange de plusieurs genres, le tout allant du slasher basique avec démasticage au couteau, au revenge film avec un étudiant qui pète les plombs et qui part casser du loulou à grands coups de fusil à pompe. Une impression de fouillis qui ne permet pas ici non plus de s'identifier à tel ou tel protagoniste ou d'avoir de la compassion pour ces pauvres majorettes.


Bien moins violent que ne l'est le bouquin de Russo (fini les viols à répétition de la part du meurtrier), ce long-métrage reste tout de même d'excellente facture et se regarde sans réel ennui.


Cette fois encore c'est Ninja Tobikage qui nous prête un de ses repacks maison :
http://www.multiup.org/fr/download/594d2a41d13fb72ef4054a3cffe519f5/OBOJR.part1.rar
http://www.multiup.org/fr/download/4657cce6acc30cc4ca541289c4a11b16/OBOJR.part2.rar 
http://www.multiup.org/fr/download/7bd485f26cb3f625a9735921e88ee5e2/OBOJR.part3.rar       
pass : levestiairedesfilles

Et pour ceux qui s'intéressent à cette mythique collection de bouquins gerbeux, je recommande à nouveau le livre GORE : DISSECTION D'UNE COLLECTION de DAVID DIDELOT qui, précisons-le, a atteint le chiffre des 100 souscriptions et qui sera par conséquent imprimé sous peu par ARTUS FILMS.

                                                                      http://www.ulule.com/gore/



            Même le sieur RUSSO a l'air d'apprécier ce bouquin.
            Regardez-moi un peu cet air enjoué !








Encore merci à Ninja Tobikage sans qui cet article n'aurait pas été possible.