dimanche 9 mars 2014

LE LAC DES MORTS-VIVANTS (1981)


ATTENTION ! Les images qui vont suivre sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes.

Maintenant que vous êtes prévenus, on peut se lâcher et déballer le matos. LE LAC DES MORTS-VIVANTS, c'est notre seconde étape dans notre périple à travers les contrées sauvages du nanar. Après un petit tour chez nos amis ricains, c'est dans nos vertes contrées que nous nous rendons aujourd'hui. Le chef d’œuvre en question est un pur produit du terroir, la pièce maitresse de la société EUROCINE, un film d'horreur comme seule la France sait en faire...... dans le but évident de faire marrer les autres pays. Remake des "BIDASSES EN FOLIE" (Non ? Ah bon, j'aurai cru) , LE LAC DES MORTS-VIVANTS a été réalisé par JESUS FRANCO qui, après une dispute avec le producteur MARIUS LESOEUR, a passé la main au maitre de l'horreur made in France JEAN ROLLIN, soit deux metteurs en scènes réunis sous le pseudo clinquant de J.A LAZER.
Mais assez de blabla, cette semaine j'ai jugé bon de vous présenter cette merveille en images (il faut dire que ces dernières sont particulièrement explicites). Immergeons-nous dés à présent dans ce lac aux allures de mare aux canards qui, d'entrée de jeu, accueille une poule d'eau aux courbes affriolantes. Attention... ça tourne !


La pancarte, même si elle a été faite par un gosse de 3 ans, est pourtant claire : "Toi pas nager dans mare dégueulasse sinon toi Kaput !". La charmante donzelle ci-dessus semble décidément s'en taper les miches mais prend tout de même la précaution de virer le panneau avant de filer faire trempette.                   
                                                                                                                     

Forcément, les arguments de notre baigneuse ne pouvaient qu'attirer l'attention  de la faune locale, 
en l'occurrence une poignée de nazis zombies au teint verdâtre.

     Et voilà...comme quoi les panneaux d'interdiction, c'est pas fait pour les dindes.

Vous l'aurez donc compris, ce film nous conte les mésaventures d'un bataillon de soldats allemands qui, lors de la dernière guerre, se sont fait lâchement zigouiller par les pécores du coin avant d'être balancés dans un lac. Particulièrement rancuniers, les bidasses sortent régulièrement de la flotte pour s'en aller croquer quelques donzelles imprudentes. Le maire du village voisin, qui avait déjà participé à l’exécution des teutons, décide de reprendre les choses en main et d'en finir une fois pour toute avec les revenants.


Seul véritable acteur de ce long-métrage, le grand HOWARD VERNON (qui interprète le maire de Ploucville) semble se demander ce qu'il a bien pu venir foutre dans un tel machin. Car oui, LE LAC DES MORTS-VIVANTS est un pur nanar franchouillard qui sent bon la vase et dont le but principal est de nous faire mourir de rire à défaut de nous filer la chair de poule. D'ailleurs le casting, issu d'une France très profonde, y est pour beaucoup.

                                                   "- Ouh, crévindiou, on va s'les faire ces zombies !
                                                    - Oué, cé bin vrai ! 
                                                    - Hé, les p'tits gars, c'est l'heure de l'apéro, tous chez Jojo !
                                                    - Oué, cé bin vrai !"
                                                   (Rigolez pas, je ne suis pas loin de la vérité avec ce genre de dialogue)

Non, non, non, la photo ci-dessus ne provient d'un JT de Jean-Pierre Pernaut !
Comment de tels bouseux ont pu venir à bout aussi facilement de soldats allemands, ça c'est un mystère ! Toutefois, dés qu'on les entend parler, il est vrai qu'on a immédiatement envie de se faire sauter la cafetière. Face à eux se dressent donc les uniques rescapés du 3ème Reich, qui ont bien du mal à assumer leur condition de zombies aquatiques : leur teint verdâtre a tendance à se diluer dans l'eau ou à s'étaler sur la peau des victimes et ils éprouvent de réelles difficultés à rester plus de 10 secondes en apnée.

                                                        "Koff, koff..... ah,Scheiße , faut fraiment que ch'arrête la clope. 
                                                            2 zecondes de plus zous l'eau et che claquai pour de frai."

De plus, un évident problème de scorbut semble leur avoir ruiné les chicots puisqu'ils sont incapables de mordre à pleines dents dans les gorges de leurs victimes. Ça pisse le sang à gros bouillons mais aucune chair arrachée ou même légèrement égratignée....


                                                   "- Et za fous fait rire ? 
                                                      Ezayez, fous, d'arracher de la bidoche zans un râtelier qui tient la route.
                                                      Déjà que che pèle comme un lépreux....
                                                    - Heu, m'sieur zombie, vous pouvez arrêter de me baver dessus.
                                                     J'aimerais qu'on en finisse rapidos, j'ai pas toute la journée, moi."

Et si vous pensez que ce ne sont là que les seules incohérences de ce film, alors vous faites erreur, cette œuvre est un véritable bêtisier à elle toute seule. A se demander si tout cela n'est pas fait volontairement. L'exemple le plus flagrant étant le décor sous-marin du lac en question. Un décor tellement bluffant qu'on a véritablement l'impression d'être au fond... d'une piscine.
La preuve :

                                                                            "Comme vous nagez bien, chef !"
On trouve aussi :
- des stock-shots issus de la 7ème COMPAGNIE (Non ? Bon dieu, j'aurai pourtant juré avoir vu Pithiviers en arrière plan).

                                                                                     "Ja ! Restez groupir !"

-Des figurants qui savent garder leur sang-froid même dans les moments les plus dramatiques :

                                             "- Haaaaa, des bidasses zombies ont  bouffé mes copines qui se baignaient 
                                                à poil dans le lac, haaa, à l'aide !!!!!
                                              - Ho boudiou, z'avez vu ces nénés ! Qu'est-ce qu'elle jacte à propos du lac ?
                                              - Elle dit qu'elle se baignait à poil dans le lac avec ses copines !
                                              - Hou vindiou ! René, prends le polaroid ! Tous au lac !"

                                             "Crotte, elle est tombée dans les pommes ! 
                                              Elle a surement jamais vu autant de mecs virils d'un coup !  Montez-la dans ma piaule !
                                              Et toi, la pouffe à droite, aide-nous au lieu de te marrer comme une cruche !"

- Des effets spéciaux et des maquillages qui feraient passer L'ENFER DES ZOMBIES de FULCI pour un téléfilm ASYLUM :


- Des costumes magnifiques portés par des acteurs charismatiques (dont un incroyable sosie de CHUCK NORRIS):


- Un montage parfait qui ne laisse à aucun moment imaginer que les interprètes des zombies nazis viennent tout juste de s'immerger avant de sortir de la mare :

                                                  "- Marcel, bordel, ça tourne, mets-toi sous l'eau, on voit ton casque !
                                                   - Ben ouais mais j'ai du mal en apnée...
                                                   - Ta gueule et plonge !"

                                                " Okay, bougez plus les mecs, on attend que l'eau soit à peu près plate...."

                                                    "Okay, c'est bon, sortez et prenez un air menaçant. Allez, allez....
                                                      Heu, Marcel, c'est bon, sors maintenant. Marcel ? Maaarceeel !!!!"

- Des plans insolites où l'on se rend compte que même quand on a pied il n'y a pas de fond dans le lac maudit (les images suivantes apparaissent dans l'ordre chronologique et constituent la scène telle qu'elle est réellement à l'écran) :




 


                                          Ah, attendez, je viens de recevoir un com estampillé JFC... je l'ouvre avec vous....


Damned !
Bon, allez, arrêtons les frais avant de subir les foudres de la censure.
Et puis énumérer la quantité astronomique d'aberrations qui parsèment ce film pourrait prendre des plombes.
JEAN ROLLIN est donc appelé en urgence par MARIUS LESOEUR après la démission de FRANCO pour poursuivre le tournage de ce qui allait devenir le PLAN 9 FROM OUTER SPACE du film d'horreur français. Ne sachant pas vraiment dans quoi il s'embarque, il regrette vite d'avoir donné son accord pour mettre en boite un long-métrage dont le producteur (également scénariste) passe son temps à  réécrire le script, ne sachant visiblement pas non plus très bien ce qu'il a à raconter. Dés les premières images, et pour un peu qu'on connaisse déjà les productions de l'ami Marius, une seule phrase nous vient à l'esprit quant à l'identité de celui qui tire les ficelles de tout ce fatras : "pas d'erreur, c'est LESOEUR" (oui, je sais, elle est nulle, mais il fallait que je la place).
Pour toucher la corde sensible, il nous conte également l'histoire d'amour entre l'un des soldats allemands et une jeune villageoise. De cette union naitra une petite fille. Revenu à l'état de zombie (au brushing impeccable), le bidasse ira régulièrement rendre visite à la fillette désormais âgée de 6 ans (interprétée par la petite fille du sieur Marius) et la défendra même contre ses camarades décrépis.
Cela nous vaut ainsi une scène de combat entre cadavres animés digne d'un des meilleurs épisodes de DERRICK :

                                                                    "Arh ! Pourquoi il me rekarde comme za lui ?
                                                                  Rezte-là, zoupinette, che fais lui péter sa gueule !"

                                                                                "Lache-moi, zale facho !"

                                         "45 minutes que ça dure ces conneries. Je vais rater les Cthis à Marly-Gomont, moi."

                                                        " -Et voizi la prize du cobra ! Alors tu abandonnes, hein ?
                                                          - Ja, ja ! Che chette l'éponche ! Ja!"

                                                 "- Et foilà ! T'as vu la branlée que che lui ai collé. Zé ki le plus fort ? Z'est Papa !
                                                  - Y'ta fallu quand même 3h30 pour le coller au sol ! Et j'ai raté les Chtis en plus !
                                                  - Arh, cheunesse ingrate ! "

Après bon nombre de péripéties, nos sympathiques troufions finiront une nouvelle fois par être terrassés par les villageois qui les avaient déjà occis quelques années auparavant. Les péquenots se serviront cette fois de napalm qui transformera les morts-vivants en véritables torches humaines..... ou presque.


Un peu comme la fillette monolithique du film, j'ai versé une larme à la fin de ce film.
Mais ce serait plutôt une larme de joie en voyant que ce truc complètement débile était enfin terminé.

Édité à l'époque par le magazine MAD MOVIES, le DVD était vendu en pack avec deux autres classiques du même style: L'OASIS DES MORTS-VIVANTS et UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS, tous deux signés JESUS FRANCO.

                       Tellement inspiré par cette merveille du septième art, je n'ai pas pu m'empêcher de ressortir mes crayons :

Et pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur EUROCINE, je recommande chaudement le documentaire réalisé par CHISTOPHE BIER : EUROCINE 33 CHAMPS-ELYSEES (DVD dispo chez RDM Edition).


Prochaine étape : "Des Zoziaux Polios Ecolos" alias......... non, je peux pas, c'est trop horrible.....

9 commentaires:

  1. Tu as peut-être un peu trop bien présenté ce classique du nanar bis français tant tu as si bien épluché les scènes, ou du moins leur sel !

    Pas désagréable, pété d'erreurs grossières de scénario, ce Lac des M-V avait assez bien tourné en salles, d'après mes jeunes souvenirs...Il ne s'agissait pas à proprement parler de sortie nationale mais d'un film qui se baladait au coup par coup, dans des villes de province, plus ou moins grandes et qui, à force de séances de minuit, devait quand même finir par être rentable.

    D'ailleurs, il s'agit certainement du titre qui profite encore le mieux à cette firme dont le vétéran Marius Lesoeur caressait réellement l'envie de tourner un remake d'Orloff ! C'est quand même le milieu du fanzinat qui a consacré, à force de répétition qui prenait d'une génération sur l'autre, le culte autour d'Eurociné.

    Quant au documentaire de Christophe Bier, que l'on devine sans peine être LA référence, je n'étais pas au courant !

    Merci à toi !

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  2. Les chroniques d'Oncle Jack, toujours un grand moment de poilade! :D

    Par contre j'ai un message pas très sympa à chaque tentative de récupération de cette pépite du 7ème art : "Non Trouvé (NOT FOUND)
    La ressource demandée n'a pu être trouvée sur ce serveur."... J'ai la maffre ou d'autres utilisateurs y ont eu droit aussi? lol

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    1. Bizarre, je viens de tester le lien et tout semble fonctionner..... 1Fichier serait-il capricieux ou n'apprécierait-il pas les chefs d’œuvre du cinéma français ?
      Si d'autres ont le même problème, qu'ils me le fassent savoir.

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    2. Alors, suite et fin (lol)... J'ai finalement réussi à récupérer le film... Par contre j'ai remarqué un petit détail que je ne saurais expliquer : Lorsque le download foirait, le site (1fichier) était en Français... Et lorsque ça a fonctionné, il était en Anglais... Mysgomme et boule de terre.
      Merci à toi en tout cas, et à bientôt.

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  3. Ach ! Kolossal film ! bon t'imagines bien que celui ci je l'ai bien évidemment bien au chaud à la maison. La rumeur court que Jean Rollin a toujours dit que J.A Lazer existe bel et bien..... Le spectateur ( même averti ) ne peut s'empêcher de se dire en se pinçant violemment à la fin de la projection : Est-ce réel ? Qui a mis des psylos dans ma Valstar ? Merci Oncle Jack

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  4. Suite du cycle "je nage avec mon casque"
    Un must de la nazisploitattion aquatique!!!!!
    On se roule de rire tous à poil dans les algues vertes.

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  5. je me souviens encore quand j'avais par hasard loué ce navet haut de gamme, quel souvenir de dingue ! hallucinant comme les acteurs jouent mal, comme les sfx sont foireux, comme tout est mauvais dans le montage et la mise en scène, grace a toi Oncle Jack, je vais pouvoir redécouvrir cette pépite en présence d'adeptes du nanar qui plus est français ! du très lourd ce film, merci !

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  6. Damned, je me souviens avoir vu ce film à la télévision, il y a quelques années de cela. :/
    Un navet que j'ai eu du mal à digérer... tant j'espérais qu'il y ait quelque chose à en sauver. :(
    Un film dont je me contente depuis de revoir des extraits, ou d'en lire des chroniques, mais à qui je ne me verrais pas donner la chance d'un nouveau visionnage, même si bien de ses défauts se montrent comiques. :D
    Allez, je me referai bien Shockwaves moi. :)
    Poyepolomi75

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