jeudi 23 mars 2017

Ciao Tomas !


Est-il vraiment utile de présenter Tomas Milian, le plus romain des cubains, l'interprète du Commissaire Nico Giraldi, du petit truand Monezza, du sadique Chaco ?
Non... inutile; tout le monde a au moins vu une fois dans sa vie un film avec cet immense acteur.
Le western, le thriller, le poliziottesco, la comédie... Milian était un touche à tout qui excellait dans tous les registres, l'un des comédiens les plus talentueux de sa génération et qui a longtemps contribué au succès du cinéma populaire transalpin.
Aujourd'hui il s'en est allé; là où les artistes de sa trempe deviennent définitivement immortels via l'héritage qu'ils laissent derrière eux.
Ce soir Rome pleure son rejeton préféré mais ce dernier doit déjà, là-haut, faire la fiesta avec son copain Bombolo. Ciao l'artiste, tu vas nous manquer.

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S'il y a un endroit sur la blogosphère qui peut être considéré comme une seconde maison pour le sieur Milian c'est bien l'excellent blog de l'ami Indianagilles :

http://indianagilles.blogspot.fr/

mardi 21 mars 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : All a clone by the telephone

"Bonjour vous êtes bien chez Leon. Je ne peux pas vous répondre alors laissez un message et je vous rappellerai rapidement.
Et voilà, message enregistré. Voyons voir un peu ce que ça donne."

"Bonjour, ici Leon le gros con. 
Je n'ai pas envie de vous répondre alors foutez-vous donc le combiné dans le fondement !"

"Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette merde ?
Ils vont m'entendre à la boutique Curious Goods ! 
Je veux bien qu'ils fassent des "Soldes sataniques sur l’électro-ménager" comme ils disent, mais là c'est vraiment du foutage de gueule !"

Les saloperies maléfiques de tonton Vendredi vous manquent ?
Ce nouvel épisode d'Histoires de l'autre-monde (ainsi que le prochain) va surement vous combler.


 

jeudi 16 mars 2017

NOIRES SONT LES GALAXIES (1981)



La France et ses séries télévisées. On pourrait en parler des heures mais ce serait au risque de se tirer une bastos dans la caboche, surtout si on se décide à aborder le fantastique ou la science-fiction. Allez-y, citez moi un seul show franchouillard qui ait retenu votre attention ?  
Joséphine ange-gardien ? Qui a dit ça ? Le petit Jacques là au fond ? Le fan de Mimie Mathy ? Dégage vite avant que je m'énerve, vaurien !
Par chez nous en effet les séries se cantonnent principalement à conter les aventures mollassonnes de flics narcoleptiques ou ripoux, de magistrates appliquant la loi à la lettre (de la SF...vous croyez ?), d'experts au rabais ou de marseillais vivants apparemment dans une version parallèle de la cité phocéenne. De temps à autre apparaissent quelques incursions intéressantes mais au final force est de reconnaitre que la France est trop souvent incapable de produire de bonnes péloches en lien avec le merveilleux ou l'horreur, que ce soit sur le petit comme sur le grand écran.
Victime d'une malédiction jetée par une société coincée et hypocrite qui gerbe sur le genre tout en se vautrant quotidiennement dans les atrocités balancées par ses chaines infos, le fantastique ne semble être désormais destiné qu'à une tranche de dégénérés boutonneux tout juste bons à se fendre la poire ou a cracher sur les classiques du genre. Pourtant ce ne fût pas toujours le cas. Dans les années 70 et 80 les chaines hexagonales n'hésitaient pas à diffuser à des heures de grande écoute toutes sortes de productions singulières, sans se soucier de savoir si ces dernières pouvaient bien choquer le téléspectateur. On retrouve pêle-mêle des ancêtres de Mulder et Scully avec la série Aux Frontières du Possible en 1971, une Brigade des Maléfices parisiennes (1971 également), un homme mécanique auquel on a greffé le cerveau d'un condamné à mort (La Poupée sanglante en 1976), etc...
Jusqu'au 15 mai 1981, date à laquelle Antenne 2 (future France 2) sort une minisérie qui allait marquer les esprits : Noires Sont les Galaxies.


Si en 1965 le costard noir de Juliette Gréco dans Belphégor faisait méchamment flipper dans les chaumières, il en faut quand même plus au spectateur des années 80 pour être un tant soit peu impressionné. La faute principalement à un septième art qui à cette période n'hésite pas à fracasser tous les tabous instaurés; la violence explose les écrans, renforçant toujours plus la tolérance du cinéphile de base qui ne cesse d'en redemander.
On ne le dira jamais assez : les eighties c'était vraiment le panard ! Fortement influencé par L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman sorti un an plus tôt, Noires sont les Galaxies adapte en quatre épisodes d'une cinquantaine de minutes un scénario de Jacques Armand, lequel avait déjà bossé sur les dialogues de Belphégor et touche ici pour la première fois au domaine de la science-fiction. Daniel Moosman, habitué de ce format TV, passe derrière la caméra et les différents rôles sont confiés à Richard Fontana, Catherine Leprince, François Perrot, Catriona Mac Coll, etc....


C'est en sauvant la danseuse Coretta des griffes d'un tenancier de cabaret complètement psycho que Patrick, jeune interne d'hôpital, se retrouve mêlé à un trafic de cadavres. Mais quand il découvre quelques mois plus tard que les macchabées disparus sont revenus à la vie et qu'ils se baladent comme si de rien n'était au milieu des parisiens, il va se lancer dans une enquête qui le conduira au bord de la folie. Petit à petit Patrick réalise qu'une race extra-terrestre, les Exis, prend possession des morts et s'en sert tels des scaphandres pour vivre sur notre planète sans être incommodée par la pollution. Des êtres à première vue pas véritablement malveillants, mais menacés par une seconde espèce appelée Ninx qui elle, est bien décidée à conquérir notre monde et a posséder tous les êtres humains.
Eh oui, les Body Snatchers ne sont pas loin; et si nos envahisseurs se servent d'appareils importés de leur univers pour transférer leur conscience dans des dépouilles humaines, le coté "végétal qui fait mal"que l'on trouvait dans les chefs d’œuvre de Siegel et Kaufman est bien présent lui aussi.
Les Ninx, afin d'éliminer plus rapidement les Exis, leur font respirer une spore qu'ils ont ramené dans leurs bagages, spore qui se dépose dans l'estomac avant de croitre et de littéralement faire exploser les enveloppes charnelles. Le clin d'œil aux profanateurs chlorophylliens est flagrant, tout comme cette volonté du scénariste d'instaurer un univers hostile et malveillant où il est impossible de se fier à qui que ce soit. Ninx ou Exis, l'ennemi est partout, les jeunes héros Patrick et Coretta l'apprennent à leurs dépens et se retrouvent très vite isolés et contraints de se cacher. Ils seront secondés un certain temps par un couple d'Exis désireux de préserver le semblant de paix qui règne sur Terre, le couple Maubourdin (François Perrot, pointure du ciné frenchy, et la sublime Catriona Mac Coll sortie pour un temps des boucheries du père Fulci), mais celui-ci ne fera pas un pli face aux graines extraterrestres dispensées par les Ninx.


Si noires sont les galaxies, alors sombre l'est également l'atmosphère de cette minisérie. Villages désolés, usines désaffectées et demeures délabrées... une France qui d'un coté se meurt dans des campagnes quasi-désertes et qui d'un autre se complait dans l'insouciance la plus totale et dont la populace se comporte comme un troupeau de moutons déambulant béat dans les artères parisiennes ou sur les quais du métro.
Nul doute n'est permis face aux images qui nous sont proposées : nous sommes bel et bien dans les années 80, et bon sang qu'elle est loin cette époque représentative d'une certaine légèreté d'être, à mille lieues du stress actuel et des dangers permanents qui nous menacent. C'est surement pour cette raison que nos aliens ont choisi ce moment précis pour nous éradiquer, eux qui récupèrent une partie de l'intellect de leurs corps d'emprunt et qui auraient été bien emmerdés en 2017 avec le paquet de têtes vides qu'on se farcit désormais. A partir de là le script signé Jacques Armand semble anticiper de plusieurs décennies la bêtise humaine telle que nous la connaissons aujourd'hui, les paroles de Mme Maubourdin à Patrick trouvent dés lors tout leur sens :"Ce serait très beau la Terre si vous n'étiez pas là, vous les humains". On parle bien entendu d'écologie mais aussi de l'égo surdimensionné d'un être qui ne se rend même pas compte qu'il est en train de flinguer froidement son habitat naturel. Quoi de plus logique qu'il soit remplacé le plus vite possible par une race supérieure, laquelle, contrainte de quitter son monde manu militari, saura prendre soin  de sa nouvelle demeure. Renforcée par une musique jazzy et angoissante, l'ambiance est oppressante à l'extrême mais l'ensemble souffre du syndrome propre à toute production télévisuelle française:  la lenteur exaspérante de la narration. Sur les quatre segments il faudra attendre la fin du second pour que nous soit enfin révélée toute la vérité sur les agissements des Exis, et la conclusion du troisième pour découvrir la présence des Ninx sur terre.
Le rythme est mollasson, de nombreux passages trainent à n'en plus finir et pourrait achever le plus tolérant des spectateurs. Pourtant, bizarrement, impossible de rejoindre Morphée et de lâcher la série; on se dit "putain qu'est-ce que c'est long" mais on a hâte de découvrir ce que peuvent bien manigancer tous ces empaffés d'extra-terrestres aux yeux couleur argent.


Si François Perrot et  Catriona Mac Coll s'en sortent avec les honneurs, il n'en va pas de même pour le couple Fontana/Leprince dont le jeu plus qu'approximatif s'avère très vite irritant. Même si l'interprète de Coretta, malgré un laxisme désarmant lors de certaines scènes dramatiques, se débrouille quand même mieux que son comparse masculin. Fontana n'est pas un bon acteur, ça c'est certain ! Du moins pas devant une caméra.
Il excellait parait-il au théâtre avant de devenir sociétaire de la Comédie Française en 1983. Il poursuivra sa carrière sur les planches jusqu'en 1992, date à laquelle il disparaitra prématurément. L'avoir choisi pour tenir le rôle principal n'était pas le meilleur choix qu'ait pu faire le réalisateur. Exception faite du dernier épisode, on a constamment l'impression que le jeune Patrick ne prend pas toute cette affaire au sérieux et réagit souvent de manière illogique. Jeu très approximatif, sourire en coin permanent, le bonhomme est en parfait décalage face au drame qui se joue autour de lui. Mais ne lui jetons pas la pierre, le montage global du show n'est pas non plus exempt de tout reproche, on a souvent l'impression d'avoir "raté un truc" entre deux scènes. Le charme ringard de la télé franchouillarde en somme.


Qui dit science-fiction dit forcément effets spéciaux et qui dit effets spéciaux à la française dit "my god, mes globes oculaires ont explosé", surtout si l'on remonte plus de trente piges en arrière. Et pourtant, malgré les multiples lynchages que l'on peut lire sur le net à ce sujet, les SFX de Noires sont les Galaxies ne sont pas si mal foutus que ça. Pas nombreux certes mais très convenables. L'immense appareil extra-terrestre que Patrick découvre au fond d'un entrepôt désaffecté et qui sert à "remplir les cadavres" est d'excellente facture et son petit coté retro sympathique nous fait penser à l'intérieur du vaisseau des frangins Bogdanoff dans Temps X. Les monstrueuses plantes qui croissent à l'intérieur des corps humains sont, elles, le petit plus "choc" qui a dû marquer le spectateur des années 80. Les prothèses en latex représentant des thorax, desquels surgissent les énormes lianes verdâtres, font parfaitement illusion. Tout comme cette scène surprenante quand l'arrière d'un véhicule en pleine circulation explose sous la croissance accélérée des végétaux. A se demander si ce n'est pas Noires sont les Galaxies qui a donné envie à nos voisins britanniques de mettre en branle le plus rapidement possible l'adaptation télévisée du roman The Day of the Triffids de John Wyndham (et qui sortira l'année suivante).


Privilège suprême d'une télévision qui en ce temps-là ne se souciait pas encore de ses prudes spectateurs : l'absence de happy end.
Une nouvelle fois calqué sur L'invasion des profanateurs, le final de Noires sont les Galaxies ne cherche pas à épargner ce veau qu'est le terrien. Patrick, tel Kevin Mc Carthy ou Donald Sutherland qui avant lui tentaient d'alerter un monde incrédule que l'invasion avait déjà commencé, se retrouve seul, désarmé et très vite moralement abattu quand il constatera que les Ninx sont tout prêts du but. La séquence dans le métro lors des ultimes minutes est un petit bijou d'angoisse qui vient sceller définitivement le destin des humains.
Noires sont les galaxies... encore plus l'est l'avenir de l'homme. 


Pour visionner cette minisérie il faut donc être d'une tolérance à toute épreuve envers les réalisations d'époque de la télé française: les images sombres et cradingues, les acteurs pitoyables, les dialogues au rabais et la pénible lenteur du récit. Le mieux est encore d'écarter toutes ces tares et de se concentrer sur l'intrigue en elle-même, de se dire que de nos jours les chaines hexagonales sont incapables de produire des trucs aussi gonflés ou les corps humains pètent telles de grosses baudruches sous l'action de plantes extra-terrestres un peu trop envahissantes.
Peu rediffusé sur les petits écrans, Noires sont les galaxies est désormais disponible en coffret 2 DVD depuis février dernier, éditée par Elephant Films, l'une des boites incontournables du moment pour nous avoir déjà offert tous les Universal Monsters restés inédits par chez nous (et pas que...).
Même si l'image peut paraitre parfois un tantinet trop sombre, l'ensemble reste parfaitement regardable et le format 4/3, incontournable de ce type de production, accentue d'autant plus le coté nostalgique du show... enfin pour ceux qui ont eu la chance de le mater sur Antenne 2 à l'époque. Après tout, vu la rareté du machin et son petit coté "OFNI made in France", il serait dommage de faire la fine bouche. Alors remercions le pachyderme et filons lui acheter un gros sac de peanuts !


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vendredi 24 février 2017

KILLJOY (2000)



Il ne fait pas bon être un jeune étudiant tout benêt quand on vit dans un quartier chaud de L.A. C'est ce qu'apprend à ses dépens le pauvre Michael, lui qui chaque jour bave comme un puceau devant la splendide Jeda et qui sert de souffre-douleur à toute une bande de lascars hargneux pas franchement portés sur les études. Lorenzo, le chef du gang et également boyfriend officiel de Jeda, ne supporte pas qu'on vienne marcher sur ses plates-bandes; aussi avec ses copains crétins T-Bone et Baby Boy décide-t-il de donner une bonne leçon à son rival. Malheureusement à force de jouer avec de grosses pétoires sans savoir s'en servir, le petit caïd refroidit par mégarde Michael qui, une fois dans l'au-delà va passer un accord avec un genre particulier de démon : le clown maléfique Killjoy, spécialisé dans la vengeance d'outre-tombe. Un an plus tard, le croque-mitaine rigolard débarque donc dans la téci ricaine pour se débarrasser de la bande à Lorenzo.

"- Yo, ma couille ! C'est moi que j't'ai appelé, alors bouge ton boule et va m'niquer tous ces fils de p....
- Et qui est donc l'infortuné que je dois occire ?
- Zyva, qu'est-ce tu jactes ? J'te d'mande juste de buter des bâtards !"

Les internautes qui viennent régulièrement faire un petit tour sur ce blog le savent très bien, ici on adore les conneries produites par Charles Band.
Que l'on parle de la défunte firme Empire ou de sa petite sœur Full Moon, force est de reconnaitre que toutes les œuvres portant le label de notre sexagénaire californien préféré ont souvent un fumet bien spécifique, signe évident de divertissement assuré ou de séries Z rigolotes. Souvent mais pas toujours comme le prouve ce Killjoy de sinistre mémoire, sorti en 2000. On en a déjà parlé plus d'une fois mais pour les retardataires nous allons revenir cinq minutes sur l'une des périodes les plus sombres dans la carrière de Mister Band.
A la fin des années 90, et comme ce fût déjà le cas du temps d'Empire quand il s'était endetté plus que de raison auprès du Crédit Lyonnais, le bon Charly est dans une dèche phénoménale. Plombé par le déclin du marché vidéo et lâché par la Paramount qui distribuait jusqu'à présent ses films, il tente de sortir toujours plus de métrages, espérant peut-être que l'un d'eux connaisse un succès inespéré et renfloue un minimum son compte en banque à l'agonie. Entre suites bon marché de franchises à succès (Puppet Master), petites ringardises pas déplaisantes mais souvent chiantissimes (The Creeps, Head of the Family, Prison of the Dead) ou grosses bouses imbuvables au scénario rachitique, Full Moon Pictures tire la langue et rien ne semble pouvoir la sauver de la faillite à venir. Pour tenter de donner un coup de collier à sa boutique, Band s'acoquine alors avec JR Bookwalter, réalisateur du sympathique Dead Next Door et big boss de la société de production Tempe Entertainment. L'association des deux bonhommes entraine à ce moment-là un changement majeur pour la Full Moon qui devient la Shadow Entertainment, Charly trouvant que les films qu'il s’apprêtait à sortir s'éloignaient quand même pas mal de l'esprit imposé par sa compagnie lunaire. Horrorvision, Stitches, Witchouse 3 ou le nullisime Jigsaw débouleront sous couvert de cette nouvelle société et prendront de cours tous les fans du réalisateur de Parasite. Fini la folie des glorieuses nineties, les pantins hargneux, les vampires roumains aux pognes à rallonge et les bastons de robots futuristes, la mode est désormais aux sous-scream et aux slashers bas du front. Avec cette volonté manifeste d'en  faire toujours plus histoire de ne  pas tomber dans l'oubli, notre gazier multiplie les labels selon le genre de film qu'il produit : Moonbeam pour les marmots, Torchlight pour ceux qui aiment les films cul-cul avec des gonzesses à poil, Pulp Fantasy pour tout ce qui ne touche pas au fantastique et Big City Pictures qui se concentre sur tout ce qui est horreur urbaine et auquel appartient la clownerie qui nous intéresse ici.



Craig Ross Jr, avant de devenir un metteur en scène spécialisé dans la série TV (Cold Case, Les 4400, Prison Break, Bones...) se fait la main en tentant de mettre en boite cette histoire de démon peinturluré qui sévit dans une sordide cité de Los Angeles. Autant dire qu'il était mal barré pour se faire un nom avec une telle bouse. Budget microscopique, acteurs nullissimes, scénario torché à la va-vite, le pauvre Craig devait se demander dans quelle galère il avait bien pu se fourrer. C'est surement pour cette raison qu'il ne se foule pas trop en filmant le machin comme un gros goret.
Sa caméra semble être tenue par un technicien complètement bourré, l'engin gesticule sans cesse et ne semble pas foutu de se focaliser sur un acteur sans nous coller la nausée. Les scènes sont visiblement cadrées par un aveugle que l'on guiderait par oreillette et des zooms abusifs viennent presque exploser la ganache des persos à chaque fois qu'ils ouvrent la bouche... nous ne sommes plus dans le domaine de l'amateurisme là, mais carrément dans celui du "je m'en foutisme" le plus absolu. Tout semble fait pour plomber les soixante dix petites minutes que dure le film. Car il faut bien le dire, Killjoy c'est le fond du fond du panier percé des prods Band, du même acabit que le lamentable Killer Eye avec son globe oculaire géant qui tripote des donzelles en chaleur pendant plus d'une heure, du Z de chez Z...

"- Hé, c'est quoi ce cadrage foireux ? On voit que dalle !
- On vous avait bien dit que c'était  pas possible d'embaucher un ex-basketteur parkinsonien et alcoolo comme cadreur, m'sieur Craig !"

Pas que l'idée de créer un nouveau croque-mitaine à la punchline facile genre Freddy Krueger soit malvenue mais quitte à se lancer dans ce genre d'expérience au moins faire les choses comme il faut.
Interprété par un Angel Vargas (quelques séries télé et... pas grand chose de plus) visiblement sous coco, Killjoy cabotine en permanence et aligne les pitreries macabres qui trop souvent tombent à plat. Malgré un maquillage pas trop mal foutu, le clown affiche une coiffure façon banane afro surdimensionnée qui le dessert plus qu'elle ne l'avantage, lui conférant un petit coté ridicule qui pour le coup ne lui permettra pas d'entrer au panthéon des clowns psychos à succès aux cotés des Killer Klowns ou du Pennywise de Ça. Comble de la misère pour sa première prestation vidéo, les meurtres qu'il tente de faire passer pour innovants sont d'une pauvreté visuelle à faire chialer, handicapés par un montage qui exclu volontairement toute goutte de sang et massacrés pas des CGI minables.


Dans Killjoy les décors vacillent entre une poignée de scènes extérieures, l'intérieur d'un appartement et une usine désaffectée en guise de monde parallèle où règne en maitre le bozo démoniaque, accentuant d'autant plus l'aspect ultra-fauché du métrage. La banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose, chantait-on dans les années 90; c'est pas faux mais là on pourrait rajouter que la banlieue c'est la loose. On comprend pourquoi tous ces pauvres sauvageons se rebellent constamment contre le système; déjà qu’ils ne sont pas aidés rayon matière grise mais si en plus on les cloitre dans des logements en carton-pâte qui puent la pisse et la gerbe de rat, non là franchement c'est pas possible. Mais tout cela n'est rien comparé au jeu ignoble des comédiens, tous inconnus pour la plupart et dont le doublage franchouillard ne fait qu'aggraver les choses.
Bon, les malheureux ne sont pas aidés non plus avec leur texte, manifestement signé par un rappeur de bas étage.
Wesh gros, mate un peu ce flo qui déchire sa race ! (Attention dialogues authentiques)

"- Tu commences à me gonfler, le clown !
- Ferme ta gueule, l’œuf de Pâques, ou je fais une omelette avec tes couilles !"

"Espèce de bâtard, c'est à moi que tu parles ?"

"- Tu fais quoi ?
- Je vais prendre une douche.
- Allez, reviens te coucher.
- Hé, je fais c'que j'veux.
- Ben allez, va prendre ta douche et me fais plus chier avec tes conneries !
De toute façon tu pues d'la chatte."

Ah ils peuvent s'accrocher les Booba et autres Jul avec leurs proses à deux balles !
J'ai quand même tenu à vérifier si la version originale était du même niveau que la française, des fois que des doubleurs beurrés comme des p'tits Lu se soient amusés à raconter des conneries pour pimenter un film déjà super mal branlé. Eh bien non, même pas, le texte est respecté à la lettre.
Charly se la joue caillera à 100% ! On imagine bien que notre bonhomme, toujours plein d'idées, a certainement voulu mettre en branle une nouvelle franchise basée sur une version hardcore du fameux Grippe-sou inventé par Stephen King, mais la sauce ne prend pas. Quelques petits trucs disséminés ici et là pourrait toutefois se révéler  intéressants : la camionnette de marchand de glace, sorte de Tardis maquillé qui permet aux protagonistes de pénétrer dans l'univers de Killjoy, ou la toute puissance du clown face à des petits caïds beaucoup trop sûrs d'eux. Le scénario pondu par le spécialiste de la blaxploitation gangsta, Carl Washington, s'applique fort heureusement à limiter les temps morts au maximum mais tourne à vide après les 35 premières minutes, une fois refroidi le gang de Lorenzo. Il se rabat alors sur la pulpeuse Jeda, son nouveau copain Jamal et sur leur copine Monique, les jetant dans les griffes du clown sans véritable raison apparente, se permettant même de ramener les lascars dézingués plus tôt sous forme de zombies à la botte de Killjoy. Michael était amoureux de Jeda, pourquoi aurait-il demandé au bozo barjot de la buter elle-aussi ? Et que vient foutre ce gugusse fantomatique qui semble tout savoir sur ce micmac surnaturel et qui divulgue à nos héros toutes les combines pour renvoyer le démon là d'où il vient ? Et pourquoi Ross s'obstine à étirer son final plus que de raison en nous balançant rebondissements sur rebondissements ?
Et pourquoi j'ai maté cette merde, moi ?

 
"- Yo bozo ! Reluque un peu ces pouliches là-bas, elles nous matent depuis dix minutes.
- Hé, hé, hé, c'est moi qu'elles regardent plutôt, parce que toi depuis que tu t'es gerbé sur le marcel t'as plus l'air trop frais."

Manque évident de moyens, violence beaucoup trop timide pour capter notre attention plus de cinq minutes, Killjoy sent des pieds comme c'est pas permis. Et croyez-moi, vu la pointure du clown ça chlingue puissance dix ! Mais prenez-garde, ici l'horreur n'est pas seulement visuelle ou olfactive, elle est surtout auditive grâce à un score hallucinant et surement repiqué à un vieux porno des seventies. On s'attend presque à voir le démon vicelard sortir son gros marteau pour honorer comme il se doit la belle Jeda (si seulement...). 70 minutes de film, 70 minutes à écouter une mélasse dégueulasse propre à vous faire exploser les tympans. Pas une seule seconde de répit ! Le monteur devait fumer des pétards en bossant, je ne vois pas d'autre explication.
Dés lors on se demande comment cette purge a pu suffisamment marcher pour que Band lance deux ans plus tard un Killjoy 2  réalisé cette fois par l'actrice/productrice Tammi Sutton. Quand on voit la qualité de ce premier opus nous sommes en droit de nous attendre au pire, surtout que la franchise en est actuellement à son cinquième épisode ! Généralement les suites cinématographiques se révèlent être de plus en plus calamiteuses au fil du temps, les exemples en la matière ne manquent pas. Mais c'est sans compter sur notre bon vieux Charly qui ne peut jamais faire les choses comme tout le monde. Et c'est tant mieux !
A suivre...

Pour ceux qui désireraient quand même mettre la main sur la galette numérique de cette merveille, sachez qu'Elephant l' a sorti il y a de nombreuses années sous deux éditions différentes : l'une basique et la seconde se présentant sous la forme d'un digipack 2 DVD comprenant Killjoy et Killjoy 2.


Sinon vous avez toujours ce petit lien, la qualité est pas top mais vu que le film ne l'est pas non plus...



lundi 20 février 2017

TALES FROM THE DARKSIDE : Slippage


"- Mais enfin m'man... puisque je te dis que c'est moi ! Richard ! Ton fils ! 
- Barrez-vous, canaille ! On ne me la fait pas à moi ! Je suis peut-être vieille mais je suis pas conne !
J'ai vu sur BFM que vous autres, jeunes bobos, prenez un malin plaisir à violer des personnes âgées avec des planches à repasser !
- Mais... mais... regarde-moi, c'est Richard m'man ! T'as chopé Alzheimer ou quoi ?
- Va falloir trouver autre chose, j'ai pas de fils, petit con ! Maintenant casse-toi ou je lâche mon Yorkshire !
- M'enfin...."

Mais qu'arrive-t-il à Richard Hall ? Une sombre manipulation médiatique aurait-elle réduit le cerveau de sa mère à l'état liquide ?
Ne se tramerait-il pas quelque chose de plus terrifiant encore ? Comment ça, c'est impossible ?
Si vous ne me croyez pas regardez un peu ce nouvel épisode d'Histoires de l'Autre Monde.

https://1fichier.com/?idvb67fyhc

samedi 18 février 2017

Friday The 13 The Series : total réupload !


Avis aux retardataires !
Une nouvelle fois l'intégralité des trois saisons de Friday The 13th sont disponibles via la fiche de la série. Enjoy !